Contre l’égalité hommes-femmes

08/03/2016 | Commentaires (2)

humour-antifeministe A l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme – à ne pas confondre avec la journée de la femme, ou des femmes -, PHUSIS vous invite à relire les passages ci-dessous du « Crépuscule de la déesse ? » de Romain Gary. « C’est là un état de chose en vérité fort curieux : tandis que toutes les autres formes de création artistique – littérature, peinture, cinéma – fleurissent comme jamais auparavant, le plus grand médium créatif de toutes, la Femme, a été totalement exclu du champ de l’imagination et réduit à une sorte de sordide réalité. […] Sans doute les femmes en sont-elles partiellement responsables, quand elles se sont lancées dans le plus autodestructeur des combats, la lutte pour les mêmes droits et la même place que les hommes. Un des plus étranges aspects de l’histoire sociale moderne est que ce ne sont pas les hommes qui, par la forme, ont traîtreusement imposé l’égalité aux femmes. Ce sont les femmes elles-mêmes, à commencer... Suite

Nous comprendre ?!

12/02/2016 | Commentaires (1)

laborit-5 Selon Henri Laborit, médecin et biologiste du comportement, toute une socio-culture inconsciente guide dès notre naissance chacun de nos actes. L’ensemble de notre personnalité est bâtie sur un bric-à-brac de jugements de valeurs, de préjugés, de lieux communs socio-culturels qui, à mesure qu’on avance en âge, deviennent de plus en plus rigides et sont de moins en moins remis en question. Nous sommes ainsi la proie d’une drôle de volonté de puissance qui, loin de chercher la maîtrise de soi, cherche inconsciemment la puissance sur autrui : automatisation socio-culturelle des individus, de leur imaginaire, de leurs désirs, de leurs pensées, de leurs réflexes. Au moindre enlèvement d’une pièce, tout l’édifice s’écroule. On découvre l’angoisse, qui ne recule devant aucun mensonge, aucun acte de violence pour préserver le tout. Tant qu’on n’aura pas compris et diffusé à large échelle comment fonctionne notre cerveau, comment on l’utilise, tant qu’on n’aura pas dévoilé et surmonté le fait qu’il y va toujours de dominer l’autre, il y a peu... Suite

David Bowie | Lazarus

29/01/2016 | Commentaires (1)

bowie-blackstar-vice « Lazarus » est un morceau de Blackstar, le dernier disque de David Bowie. Lazare est un compagnon de Jésus-Christ, malade, que ce dernier ressuscite quatre jours après sa mort. David Bowie est décédé le 10 janvier 2016. Quatre jours plus tard, il s’est passé quantité de choses, des belles et des moins belles, mais David Bowie n’est pas revenu. Pourtant, bien que noire, la brillante star est toujours là, parmi nous, en nous ; comme tous les grands qui meurent et laissent derrière eux une œuvre qui nous arrache de notre course effrénée contre le temps qui passe. Prenons le temps d’une chanson, d’un morceau. Plongeons-nous dans Lazarus. Ouvrons tout grands nos oreilles, laissons-nous porter ; mourrons pour mieux vivre avec lui. * D’abord, c’est le silence. LaZarus | Play Puis on pèse sur « Play » et, comme par enchantement, ça commence, ça commence à jouer. Bruits stellaires, avant l’arrivée d’une guitare, pure, et d’une batterie. Deux rythmes : l’un rapide, l’autre plus lent, plus poussif : comme un cœur qui bat, dans... Suite

Tarentino | Les huit salopards

22/01/2016 | Commentaires (2)

ennio-morricone-album-large_trans++qVzuuqpFlyLIwiB6NTmJwfSVWeZ_vEN7c6bHu2jJnT8 Western de Quentin Tarentino, avec Jennifer Jason Leigh, Tim Roth, Kurt Russell, Samuel L. Jackson, Channing Tatum, Walt Goggins. Musique par Ennio Morricone. Film formidablement tendu, violent et… beau, montrant qu’on n’est pas sorti de l’auberge. Actuellement en salles. On est aux Etats-Unis d’Amérique, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, quelques années après la Guerre de sécession. Le film s’ouvre sur des paysages de montagnes, quelque part dans le Wyoming, dans la neige. Soudain, des oiseaux s’envolent. Puis la caméra s’arrête, longuement, sur un terrible calvaire, solitaire, prisonnier dans la neige. Derrière, au loin, arrive une diligence, qui passe. Avant qu’on la retrouve, plus loin, arrêtée par un homme accompagné de trois… cadavres congelés. Dans la diligence, on découvre un ours, humain : John Ruth, qu’on apprend être chasseur de primes. Il est enchaîné à une femme, sa prisonnière : la dangereuse Daisy Domergue, rude comme lui, mais plus maligne, malicieuse, qui va lui rapporter une coquette somme, à Red Rock où il... Suite

La vie très privée de Monsieur Sim

01/01/2016 | Commentaires (2)

La vie très privée de Monsieur Sim Film français de Michel Leclerc, d’après le texte de Jonathan Coe, avec les toujours excellent Jean-Pierre Bacri, Mathieu Amalric, Valeria Golino, Vimala Pons. Musique de Vincent Delerm. Comment, même si c’est la merde, il y a partout des possibilités incroyables dans la vie. Actuellement à l’affiche en Suisse romande. A voir pour bien commencer la nouvelle année. * Je m’appelle François Sim (comme la carte), j’ai la cinquantaine, suis marié, ai un enfant, une fille, de 13 ans. Ça pourrait aller mieux : ma femme m’a quitté il y a neuf mois et, peu après, j’ai aussi perdu mon travail. Je viens de passer une semaine de vacances, seul, en club Lookéa, où ma femme avait réservé des vacances il y a dix mois, un mois avant de me quitter. Là, je vais faire escale à Brindisi, chez mon père, que je n’ai pas vu depuis des années. Vous avez déjà été en dépression, vous ? Moi, ça fait six mois que je suis en plein dedans.... Suite

Comme un avion

16/06/2015 | Commentaires (3)

comme_un_avion_grd Comme un avion Comme un avion – sans ailes –, ça vous dit quelque chose ? Pas la chanson de Charlélie Couture, ou plutôt pas vraiment. Non, le dernier film de Bruno Podalydès, avec… Bruno Podalydès, Agnès Jaoui, Sandrine Kiberlain, Vimala Pons, Denis Podalydès, Pierre Arditi, et plein d’autres encore, ça vous dit quelque chose ? Et Venus, ça vous dit quelque chose ? « Là un dard venimeux, là un socle trompeur, plus loin une souche à demi-trempée, dans un liquide saumâtre, plein de décoctions d’acide, qui vous rongerait les os. Et puis, l’inévitable clairière amie, vaste, accueillante, les fruits à portée de main. Et les délices divers, dissimulés dans les entrailles d’une canopée, plus haut que les nues. Elle est née des caprices, elle est née des caprices : pommes d’or, pêches de diamant, pommes d’or, pêches de diamant ; des cerises qui rosissaient, ou grossissaient, lorsque deux doigts s’en emparaient; et leurs feuilles enveloppantes, la pluie et la rosée, la pluie et la rosée. Toutes ces choses... Suite

La grande Bellezza

12/05/2015 | Commentaires (3)

La grande Bellezza image La grande Bellezza |  J’ai vu que PHUSIS proposait pour ce mardi soir, dans ses « Traces phusiques à la TV », La grande Bellezza, film de 2013 réalisé par Paolo Sorrentino. Moi qui croyais que le cinéma italien était mort, je m’étonne ! Est-ce qu’il serait possible d’en savoir un petit peu plus ? * * La grande Bellezza R Non, même si la plupart des productions cinématographiques italiennes sont des navets et laissent craindre le pire pour la grande tradition du cinéma italien, bonne nouvelle, ce dernier n’est pas mort. Preuve en est La grande Bellezza de Paolo Sorrentino, qui passe ce soir, en fin de soirée, sur RTS un, ou qui existe bien entendu en DVD et se trouve aussi en livestream. Vous verrez, La Grande Bellezza est un film étonnant, dans la veine des plus grands Italiens avec, en tête, Luchino Visconti en personne. Quelle esthétique, quelle sensibilité, quelle beauté, quelle sensualité et quelle bande originale incroyable ! Tout ça pour dire la situation formidable dans laquelle est... Suite

Eléor – ville bienheureuse

19/04/2015 | Commentaires (1)

Eleor image du clip Dominique A – Éléor Quand de tout vous serez lassés, quand vous n’en pourrez plus de l’agitation de ce monde, qui court au plus pressé, vous n’aurez qu’un canal à traverser pour me rejoindre. Où ça ? A Eléor : ville de bord de mer, ville bienheureuse, rythmée par le va-et-vient des vagues. Oui, avant de ne plus avoir de force, avant de ne plus avoir l’énergie de participer à tout ça, avant que la vie se défile, avant de gagner l’autre bord, celui de la mort, épuisés par tous les efforts, toutes les courses, tout ce jeu, tout ce vide, rejoignez-moi à Eléor ! Vous vous y retrouverez comme dans un rêve, dans une vieille maison, en face de la mer. Les vestes pendues aux patères. Et l’immuable bercement de la mer pour seul bréviaire. Traces blanches, au loin, sur la chaussée. Traces d’écume, au loin, sur l’océan. Fourmillement de mille pensées. Galeries d’écumes, de remous, de renflements, de naissances, de vie, de mort,... Suite

Etel Adnan : tout est création

12/04/2015 | Commentaires (0)

SONY DSC Dans l’émission HORS-CHAMPS du 10 avril sur France Culture, Laure Adler s’est entretenue avec Etel Adnan, artiste américano-libanaise touche-à-tout. Née en 1925 à Beyrouth, elle a vécu près d’un demi-siècle en Californie, avant de s’installer à Paris. Elle peint, compose et écrit en français, en anglais et en arabe. Elle parle de la vie comme création, comme continuum de créations. Après audition d’une archive INA où Gaston Bachelard parle de l’oubli par la philosophie de la nuit, du songe, de l’imagination au profit de la pensée claire et distincte du jour, Laure Adler interroge Etel Adnan à propos de l’importance pour elle du songe comme territoire de création. Etel Adnan avec Laure Adler Laure Adler : Est-ce que vous, vous faites appel à vos rêves, à ce qui peut se passer à votre insu ? Etel Adnan : Oui, à mon insu, peut-être… Mais moi je crois que tout est création. La vie est création. On appelle ça penser, parce que c’est plus ciblé que la communication, quand... Suite

Big Eyes

31/03/2015 | Commentaires (1)

Big Eyes net Big Eyes QLa critique n’a pas aimé Big Eyes, le dernier film de Tim Burton (USA), qui rejoue la scandaleuse histoire vraie de l’une des plus grandes impostures de l’histoire de l’art. Ça se passe entre la fin des années 50 et le début des années 60. Le peintre Walter Keane (l’agité Christoph Waltz) connaît un succès phénoménal et révolutionne le commerce de l’art grâce à ses énigmatiques tableaux qui représentent des enfants tristes, avec des yeux immenses. Mais voilà que la vérité éclate au grand jour : ce n’est pas Walter Keane qui peint ses toiles, mais… sa femme, Margaret (la docile Amy Adams). La critique est unanime : Big Eyes est en même temps trop académique, léché et superficiel, mais encore déséquilibré et ambigu. Trop simple et trop compliqué à la fois. Donc on y comprend rien : ni au mystère de la création, ni aux grands yeux, ni au succès des tableaux, ni au personnage de Margaret. Pourquoi ? Parce... Suite

Silly Games

15/02/2015 | Commentaires (1)

81226 Janet Kay ~ Silly GamesHistoire d’amour. D’amour tragique. Jeu de cache-cache. En tension avec l’amour romantique, les idées. Jeu de cache-cache qui dure depuis longtemps, très longtemps. Trop longtemps ? Voilà bien longtemps qu’elle l’aime, qu’elle veut être avec lui, tout près. Et même plus : qu’elle le veut, qu’elle veut le posséder, lui, tout entier. Tellement qu’elle en est possédée, qu’elle en est folle. Folie qui est en même temps une honte : folie et honte que de toujours chercher l’autre, et de toujours être si loin l’un de l’autre. Folie et honte que de s’être laissé prendre au jeu, de s’être laissé piquer comme ça par l’aiguillon d’Eros. A chaque fois qu’elle entend son nom, elle est prise de douleur. Oui, la seule entente de son nom la blesse, à l’intérieur. Pourquoi ? Parce que ça ne joue pas comme elle voudrait. Parce que la réalité n’est pas comme elle le désire. Parce qu’elle n’est pas conforme à son idée. Parce qu’à chaque fois qu’ils... Suite

Supermarché bio

01/02/2015 | Commentaires (0)

Biocoop Sketch de Stéphane Guillon (2008) : « Arrêter de fumer, prendre soin de son corps, manger bio… Vous avez déjà fait vos courses dans un supermarché bio ? On s’attend à voir des gens éclatants, pétant le feu, le tain vif… Eh non, ils ressemblent aux tomates qu’ils vendent : mous, fripés, dégarnis. – Madame, vos tomates, c’est normal ? – Oui Monsieur, elles ne sont pas traitées, sans insecticides, on retrouve le goût ! – Oui, les chenilles ont l’air de les apprécier ! Supermarché bio : silence d’église….. on est pas chez Shopi ! À 15 € le paquet de biscottes, tout le monde fait la tronche ; solidarité avec les tomates ! * * – Vous auriez un quart de pain s’il vous plaît ? – Quelle sorte ? – Bah… euh… avec de la mie à l’intérieur ! – Sésame, sarrasin, blé dur, 4 céréales… ? – Je vais prendre un Big Mac et un Coca, connasse ! Tu sors de là, tu n’as qu’une envie : un bon steak aux hormones arrosé de... Suite

Oiseau malin

04/01/2015 | Commentaires (2)

oiseau Ah, les oiseaux, délicieux êtres ailés, à plumes ! Quelle légèreté, quelle habileté, quelle autonomie ! Quelle vitesse et quelle intelligence ! Comme ils sont vifs, comme ils sont libres ! Comme j’aime les entendre siffloter, les voir picorer, et voleter, danser dans les airs ! Ils ont tant de choses à nous apprendre : ils sont tellement malins ! D’ailleurs, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais il y en a même qui chantent, des oiseaux, qui chantent comme nous, les hommes. Et, parmi eux, j’en connais un tout petit et tout léger, particulièrement joueur, particulièrement avisé, qui n’arrête pas de chanter la même chanson, la même histoire. Une histoire qui, depuis que je l’ai entendue, n’arrête pas de me trotter dans la tête : l’histoire de l’oiseau malin. Bien sûr, pour l’entendre, il faut qu’il n’y ait pas trop de bruit, il faut se taire, tendre l’oreille. Surtout que, malin comme il est, il ne chante jamais longtemps, l’oiseau malin. Très vite, il décolle, il monte... Suite

Whiplash

30/12/2014 | Commentaires (0)

whiplash-jk-simmons-miles-teller Whiplash QComme, sur PHUSIS.ch, vous semblez être aux aguets et au courant des divers signes et autres traces de vie saine, artistique, énigmatique, musicale, ou encore enthousiaste, comme vous le dites, je me demandais : est-ce que vous avez déjà vu Whiplash, le premier long métrage de Damien Chazelle ? Son synopsis me fait penser que ça pourrait vous plaire : c’est l’histoire d’Andrew, 19 ans, qui rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence… * Bande-annonce : * Whiplash QQAh, ma chère Ariane, quel flair extraordinaire ! Whiplash, on l’a vu. Et on a effectivement trouvé que c’était un bon film. Et par maints côtés même un très bon film ! Un film de musique, de jazz : fait rare et... Suite

Jeu de formes | jeu de la vie

14/12/2014 | Commentaires (0)

three-worlds Maurits Cornelis Escher (1898-1972), mieux connu sous le nom de M. C. Escher, n’est pas, comme le disent les érudits et comme on peut le lire sur Wikipédia, un dessinateur, un lithographe, mais un chercheur, un poète. Un homme aux aguets qui, loin de mettre les choses dans des boîtes, loin de les manipuler, met toute son intelligence, tous ses sens, toute sa force imaginative, tout son art au service de la vie. Pour ouvrir les phénomènes à leur dualité, leur ambiguïté, leur multiplicité, leurs faces cachées. Les schémas, les idées, les concepts qui nous guident habituellement ne l’intéressent pas. Sinon pour découvrir ce qui se joue derrière, au-delà, en-deçà. Dans son travail, M. C. Escher creuse et exprime tout un monde, tout le monde, toujours en train de se produire et de se détruire. Par le dessin et la lithographie, il multiplie les perspectives, les points de vue, joue avec les évidences, déjoue les idées reçues. Il explore les contours,... Suite

Presque comme le blues

16/11/2014 | Commentaires (2)

LeonardCohen1 Drôle de musique de la vie. J’ai vu des gens mourir de faim. Il y avait des meurtres, des viols. Des villages en feu. Des personnes qui couraient dans tous les sens, qui essayaient de s’échapper. Comme je ne pouvais rien faire, je n’ai pas même osé croiser leurs regards. Je me contentais de regarder mes chaussures. Tout ça était acide. Tout ça était tragique. Drôle de musique de la vie. C’était presque comme le blues. C’était presque comme le blues. A force de vivre tout ça, de ne pas pouvoir faire autrement que de penser à tout ça, tous les jours, je dois mourir un peu. Entre chaque intrigue meurtrière, entre chaque nouvelle catastrophe, je dois mourir un peu. Et quand j’en ai fini de penser, c’est même pire : je dois mourir beaucoup. Je ne peux pas faire autrement : soit je pense à tout ça, à la mort, à tout ça, soit je meure à mon tour sans me rendre compte... Suite

Bird people

13/07/2014 | Commentaires (0)

Bird People Bird PeopleVOUS AVEZ ENVIE DE VOIR UN BON FILM, rafraichissant et libérateur ? Procurez-vous Bird people, le dernier opus de Pascale Ferran (FRA/2014), avec la délicieuse Anaïs Demoustier, et l’excellent Josh Charles ! Il vous donnera des couleurs. Voire même des ailes. A la surface, dans notre monde, tout est beau, tout est pratique. Humain, très humain, voire trop humain : pragmatique, idéaliste, autrement dit quadrillé, bétonné, air-climatisé. Nous-même y compris. En-dessous, pourtant, il y a toute une vie qui gronde, vie pleine, non seulement claire, mais encore obscure, remplie de mystère, d’innocence, de magie, de fantaisie, de rêve. Habitués à bien faire les choses – comme on nous l’apprend depuis notre plus jeune âge –, on est amené à oublier de vivre vraiment. Nous voilà prisonniers de mille et une structures, sociales, professionnelles, familiales, morales, qui n’ont somme toute rien à voir avec notre existence profonde. Qui canalisent nos possibilités d’existence, nos désirs, écrasent notre sensibilité, notre ouverture, notre curiosité, notre imagination. Qui font... Suite

Only Lovers left alive

16/03/2014 | Commentaires (0)

"only lovers left alive" FILM DE JIM JARMUSCH, avec John Hurt, Tilda Swinton, Mia Wasikowska, Tom Hiddleston, USA, 2014. Lutte des forces musicales dans un monde aux abois. A ne pas manquer. Adam et Eve, tout le monde les connaît ; ou en a en tout cas entendu parler. Adam, c’est l’homme que Dieu a modelé à son image, dans l’Eden, le paradis terrestre. Eve, c’est la femme que Dieu a créée à partir d’une côte d’Adam, pour que ce dernier ne soit pas tout seul. Dans la vision chrétienne du monde, Adam et Eve forment le premier couple humain. Couple bienheureux. Jusqu’à ce qu’ils succombent à la tentation de connaissance. Avec pour conséquence d’être expulsés du paradis et de se mettre à peupler la terre. Si cette histoire, tout le monde la connaît, seuls ceux qui ont vu le dernier Jim Jarmusch savent que loin de n’être que des personnages bibliques, des figures symboliques, antédiluviennes, mortes depuis longtemps, Adam et Eve existent bel et bien encore.... Suite

Jeu de la vie

06/03/2014 | Commentaires (1)

alain_resnais_sur_la_bouche-700x508 SI ON EN CROIT LES CHIFFRES, on est aujourd’hui plus de 7’200’000’000 de personnes sur notre bonne vieille planète terre. 7’200’000’000 de personnes à être nées ; et donc, en conséquence, 7’200’000’000 de personnes vouées à disparaître. A ce qu’on dit, il y a chaque jour quelque 170’000 personnes qui meurent. Chaque jour. Ce qui fait évidemment beaucoup – beaucoup de larmes, d’enterrements, de tristesse, etc. – mais ce qui fait en même temps pas tant que ça si on considère le nombre d’importuns et de fâcheux qui peuplent notre monde. Quel bonheur ce serait si les arrogants, les lèche-bottes, les êtres veules, qui ne font, dans leur vie, que chercher leur confort et gloire médiocres et écraser les possibilités d’existence de ceux qui cherchent à exprimer les forces surpuissantes qui nous traversent tous, quel bonheur ce serait si ces personnes-là périssaient un peu plus facilement ! *Jeu de la vie par Michysos * Nous, c’est en tout cas ce qu’on se dit, ces jours, depuis qu’on... Suite

Nymph()maniac, Part 2

03/02/2014 | Commentaires (0)

ob_931c54_nymphomaniac-poster DEUXIÈME PARTIE DU DERNIER OPUS DE LARS VON TRIER, avec Charlotte Gainsbourg, Shia LaBeouf, Stacy Martin, Uma Thurman, Stellan Skarsgard, Christian Slater, Connie Nielsen. Expression de la folie furieuse qui gronde au fond de nous (bis). Films à ne pas manquer. Voilà bien longtemps qu’on sait que Lars von Trier est fou : qu’il est pris de mania, de folie. Et voilà bien longtemps qu’on a remarqué que sa folie n’est pas une maladie mentale, clinique, purement humaine, mais qu’elle découle du fait qu’il se laisse posséder par des forces divines, qui le traversent de fond en comble. Puissances qui le détournent de la vie quotidienne, de la compréhension générale et le plongent dans l’intériorité la plus profonde et la plus secrète de l’existence et du monde. Dans le fond abyssal de la vie Or cette dernière, qui n’est autre que le fond abyssal de la vie, est largement marquée par le mystérieux et incessant désir d’apparaître à la lumière à partir des profondeurs cachées. Par... Suite

Nymph()maniac, Part. 1

12/01/2014 | Commentaires (0)

nymphomaniac_de_lars_von_trier_6112_north_640x440 PREMIÈRE PARTIE DU DERNIER OPUS DE LARS VON TRIER, avec Charlotte Gainsbourg, Shia LaBeouf, Stacy Martin, Uma Thurman, Stellan Skarsgard, Christian Slater, Connie Nielsen. Expression de la folie furieuse qui gronde au fond de nous. Voilà bien longtemps qu’on sait que Lars von Trier est fou : qu’il est pris de mania, de folie. Et voilà bien longtemps qu’on a remarqué que sa folie n’est pas une maladie mentale, clinique, purement humaine, mais qu’elle découle du fait qu’il se laisse posséder par des forces divines, qui le traversent de fond en comble. Puissances qui le détournent de la vie quotidienne, de la compréhension générale et le plongent dans l’intériorité la plus profonde et la plus secrète de l’existence et du monde. Dans le fond abyssal de la vie Or cette dernière, qui n’est autre que le fond abyssal de la vie, est largement marquée par le mystérieux et incessant désir d’apparaître à la lumière à partir des profondeurs cachées. Par l’énigmatique énergie dionysiaque qui anime... Suite

Le cinéma : de l’art à la vie

02/12/2013 | Commentaires (4)

DSCN1294 PHUSIS a été invité par la Société nantaise de philosophie à présenter son travail dans le cadre de son cycle de conférences internationales 2013/2014 sur le cinéma. Trouvez-en ci-dessous le résumé proposé par Joël Gaubert suite à la présentation. Cinema – resume * L’exposition succincte de la phusis poïétique ou musique tragique de l’existence a débouché sur un certain nombre de remarques préliminaires ainsi que le dévoilement du parcours proposé. Les gens ont ensuite eu l’occasion de s’installer confortablement dans leur fauteuil et… le film a commencé… * Cinema … par un extrait d’un petit texte de Tanguy Viel, qui s’appelle Hitchcock par exemple (Naïve, 2010). Extrait de texte que Tanguy Viel a repris et complété dans son spectacle Nos images élaboré avec Mathilde Monnier et Loïc Touzé. Il distingue le cinéma français du cinéma américain. Et ce en écho aux recherches qu’il a faites autour de la littérature américaine pour son dernier roman – roman qu’il appelle « américain » – et qui a pour titre La disparition... Suite

Art de lire, art de vivre

01/10/2013 | Commentaires (0)

Discipline QUEL QUE SOIT LE DOMAINE, si on veut arriver à quelque chose, il faut se construire de bonnes bases, puis s’entraîner régulièrement, très régulièrement. S’imposer une discipline de fer. Toujours renforcer sa sensibilité, son intelligence. Multiplier ses armes, sa ténacité. Etre aux aguets. Et forer corps et âme, sans relâche, la surface ; pénétrer dans les profondeurs et remonter de l’ombre à la lumière. Pour comprendre un texte par exemple, un grand texte, on doit l’étudier quotidiennement, comme un viatique : toujours de nouveau, sans jamais partir d’idées préalables, sans jamais se contenter du premier degré, sans jamais chercher d’explication globale, sans jamais vouloir absolument avancer pour passer à la page, au chapitre ou au livre suivant. Pour comprendre un grand texte, il faut aimer le sur-place, le forage. Sans cesse tout mettre en œuvre pour approfondir sa compréhension, découvrir dans chacun de ses détails ce qui se cache à la vue : les significations latentes qui se trouvent sous les mots, sous les... Suite

Vin et Philosophie

27/09/2013 | Commentaires (0)

Satyre et thyrse PHUSIS prépare deux soirées thématiques autour du vin et de la philosophie. Et si vous vous inscriviez ?  * Vin et Philosophie – Dionysos : dieu du vin ? En ouverture du cycle « Vin et philosophie » animé conjointement par S. Bettschen et M. Herren, PHUSIS propose d’interroger l’incontournable figure du monde du vin qu’est Dionysos – ou […] ... Suite

False Idols

09/06/2013 | Commentaires (1)

Tricky NOUVEAU DISQUE DE TRICKY, vecteur de forces surpuissantes : libération musicale de nos corps et de nos esprits à partir des tréfonds de l’existence, par-delà nos fausses idoles, idées et images artificielles. Voilà près de vingt ans que Tricky, le Bad Boy de Bristol – une ville du Sud-Ouest de l’Angleterre –, fait parler la poudre dans ses bientôt dix disques et ses milliers de concerts. Loin de faire la star, de jouer les idoles, de jeter de la poudre aux yeux, il ne cesse de se plonger au plus profond de lui-même. Loin de défendre, nier, ou simplement faire ronronner nos vieilles valeurs éculées, il se confond avec l’intimité du monde et laisse émerger les énergies qui affluent. Pour mettre le feu aux poudres : animer nos cellules, stimuler nos organes, affiner et exalter nos sens, libérer nos corps et nos pensées des jeux formels – et réalimenter nos vies. « Tricky » est incernable : un de ces phénomènes délicieux qui débordent nos catégories de... Suite

The Grandmaster

19/05/2013 | Commentaires (4)

header-domestic-trailer-for-the-martial-arts-film-the-grandmasters FILM MAGISTRAL de Wong Kar-Wai, avec Zhang Ziyi, Tony Leung, Chang Chen, etc. Chine, 2013. Expression et voie de grand style. Actuellement en salle. Les articles présentent le film comme une biographie esthétisante d’Ip Man (Tony Leung), grand maître chinois de kung-fu des années 1930 à 1950, entre la fin de l’empire, l’occupation japonaise, la guerre mondiale et l’après-guerre. Mais l’histoire n’a au fond guère d’importance, pas davantage la grande que la petite. Bien plus que narrer la vie et les coups du mentor de Bruce Lee dans cette époque périlleuse, Wong Kar-Wai dévoile, deux heures durant, comme personne ne l’a jamais fait avant lui ; entre réalité et fiction, surface et profondeur, les forces surpuissantes qui nous traversent et dépassent tous : forces de vie, de lutte, d’amour, de maîtrise et de dépassement qu’il s’agit d’accompagner jusqu’à la plus grande maîtrise. Indistinction énigmatique de la vie Le générique nous immerge dans une indistincte et énigmatique ivresse. En train de frôler un tissu coloré, qui... Suite

Cloud Atlas

17/04/2013 | Commentaires (1)

Cloud atlas FILM PROTÉIFORME de Tom Tykwer, Lana et Andy Wachowski, adapté du roman de David Mitchell, paru en 2004, avec Tom Hanks, Halle Berry, Jim Mroadben, Hugo Weaving, Hugh Grant, etc. USA/GER, 2013. La musique du monde face à l’ordre du monde. Six histoires, six époques, six lieux Six histoires hétérogènes, dans six époques et six lieux différents. Six histoires dans lesquelles on est catapulté de manière abrupte, alternativement, scènes après scènes. Tantôt très courtes, tantôt un peu plus longues. 1849, Pacifique Sud : la question de l’esclavage. 1931, Edimbourg : homosexualité et musique. 1973, San Francisco : énergie nucléaire et investigation dangereuse. 2012, Angleterre, embrouille littéraire et cacochyme ; 2144, Néo-Séoul, clonage et totalitarisme ; 2312, technologie et retour aux sources. Six histoires dans lesquelles on est immergé à un rythme tellement effréné qu’on n’y comprend d’abord rien du tout. Il est question de voix, de mystère, de liens, de vérités, de forts, de faibles, de partage, d’amour, de puissance, de liberté, de volonté, de dévoilement, de production,... Suite

Sens, but et limites de l’histoire traditionnelle

28/01/2013 | Commentaires (3)

LE MOT « HISTOIRE » provient du grec historia, substantif du verbe historein, qui signifie être témoin, enquêter, s’informer, interroger, faire des recherches au sujet de quelque chose qui a eu lieu afin de le connaître et de le raconter. * La première réflexion sur l’histoire se trouve chez Aristote, l’élève de Platon qui, dans la Grèce du IVe siècle avant J.-C., a fondé notre tradition et par suite notre vision du monde. Pour et depuis Aristote, l’histoire concerne les faits singuliers tels qu’ils se sont passés dans un certain lieu et à un certain moment. Pour les connaître, l’historien part des témoignages relatés par des témoins qui, soit ont vu les événements en question de leurs propres yeux, soit en ont entendu parler de la bouche d’autres témoins. Un tel témoin, les Grecs l’appellent histôr — d’où le terme historia : mot apparenté au verbe eidénai, qui veut dire avoir vu quelque chose et par suite en posséder un savoir. Faisant recours à... Suite

Bonjour tristesse

12/12/2012 | Commentaires (2)

RAYMOND, ELSA, ANNE ET CÉCILE sont les personnages principaux du roman de Françoise Sagan Bonjour tristesse, adapté au cinéma par Otto Preminger. Vous n’avez pas lu le livre ni vu le film ? Pas grave : les forces qui les prennent, de Paris à la Côte d’Azur, sont les mêmes que celles qui nous traversent tous. Comme nous, les quatre personnages font leur possible dans le monde dans lequel ils sont tombés, entre pulsions et raison, joies enfantines et tristesses adultes. Raymond : le grand enfant Malgré ses quarante ans bien tassés, Raymond est un grand enfant. II est gâté ; il a tout pour plaire : il est beau, intelligent et riche ; charismatique, charmeur et frivole. En tant que membre de la haute société, il n’a pas le moindre souci, pas le moindre problème : alors que la plupart des gens travaillent, peinent et souffrent, il passe, lui, sa vie dans le délassement, le confort, l’amusement et la jouissance. Avec lui, rien ne semble vraiment sérieux ; tout... Suite

The Show Of Life

03/12/2012 | Commentaires (0)

CLIP DU DISQUE « FUTURE VINTAGE » D’ARNO, en concert au Rocking-Chair de Vevey ce mercredi 5 décembre. Paroles : Wake up, rise up, don’t fall asleep. We’re ok with nothing, but rather with something, We’re the best, better than the rest, We’re ready for the show, the show of life. Let the mon(k)ey die, let the money die. We gone dream for the things we want, We gone fight for the things we need, We’re the best, better than the rest We’re ready for the show, the show of life Let the monkey die, let the money die We have seen everything, but live in nothing, Today and yesterday, we’ll be that tomorrow, We’re the best, better than the rest, We’re ready for the show, the show of life Let the monkey die, let the money die We gonna dance with the man, the man with that tail We gonna sing for a man, the man with no plan We’re the best, better than the rest We’re ready for the show, the show of life Let the monkey die, let the... Suite

No church in the wild

25/11/2012 | Commentaires (3)

CLIP DE ROMAIN GAVRAS, morceau du disque Watch the Throne des deux stars du rap américain Jay Z & Kanye West. * Quand l’injustice et le déséquilibre triomphent, la tension est à son comble : peu s’en faut pour que la violence court-circuite nos idéaux de calme, de confort et de bonheur. Crise des valeurs. La révolte gronde. Les idées toutes faites et la bonne conscience ne servent plus à rien. Les structures stérilisantes volent en éclat. Les forces de l’ordre artificiel entrent en conflit avec les puissances musicales d’en-bas. La beauté de surface dévoile une esthétique abyssale. C’est la guerre : retour de l’instinct animal. Pour la sauvegarde de la vie. * Pas d’église dans un état sauvage Paroles : Expression foisonnante de sensations d’un monde absurde, sans horizon, où l’homme risque à chaque instant de dégénérer en animal. Traduction : [Frank Ocean] Des êtres humains dans une foule Qu’est ce qu’une foule pour un Roi? Qu’est ce qu’un Roi pour un Dieu? Qu’est ce qu’un Dieu pour un non-croyant Qui ne croit en rien? On... Suite

La mélancolie

14/11/2012 | Commentaires (3)

JE PENSE QUE LA MÉLANCOLIE est le mythe le plus grandiose que, durant vingt-quatre siècles, la civilisation occidentale a élaboré. Personne ne l’égale : ni Apollon, ni Dionysos, ni Hermès, ni le Christ (parce que le Christ est aussi un mythe) : personne n’a sa vitalité, sa multiplicité, son incompréhensibilité, sa force de contradiction ; personne n’est si infini. Le paradoxe est que la mélancolie est née en Grèce et s’est diffusée surtout en Europe : c’est-à-dire dans une civilisation qui a toujours cherché à s’étendre, à se dilater, à conquérir ou au moins à illuminer et posséder avec l’intelligence toutes les choses de l’univers. Peut-être est-ce l’ombre de l’active et brillante lumière occidentale : à moins que la vraie lumière d’Europe soit précisément elle – la nocturne, la ténébreuse mélancolie, avec ses chauves-souris, ses comètes, ses creusets alchimiques, ses herbes magiques, ses chiens désolés. En premier lieu, la mélancolie se distingue par trois gestes : le menton sur la main, le coude sur le genou, l’œil... Suite

Fifty shades sans nuances

30/10/2012 | Commentaires (1)

LA RÉCENTE SORTIE DE FIFTY SHADES OF GREY, premier tome de la trilogie à succès d’E.L. James, a fait événement. Vendu à plus de 40 millions d’exemplaires en Angleterre et aux Etats-Unis, le livre se trouve partout. Qu’est-ce qui se cache derrière ce titre à consonance phusique ? Le mot « shade » signifie à la fois l’ombre et la nuance. Il exprime tout l’intérêt et le mystère inhérent à la vie phusique : ce qui n’est pas en pleine lumière, pas complètement éclairé et éclairci ; ce qui est clair-obscur, marqué par une certaine ambiguïté. Des « shades », le titre du livre d’E.L. James en annonce exactement cinquante. Mais s’agit-il de cinquante nuances de gris ? Ou alors des cinquante ombres de Grey, le jeune milliardaire qui se trouve avec l’étudiante Anastasia Steele au centre du roman ? Projecteurs aveuglants… Si le terme de « shades » peut être adéquat pour exprimer la vie, on voit mal comment il peut fonctionner comme titre d’un livre qui s’est déjà vendu à plus de 40... Suite

Vous n’avez toujours rien vu

14/10/2012 | Commentaires (0)

ORPHÉE ET EURYDICE sont les deux personnages principaux de Vous n’avez encore rien vu, le dernier film d’Alain Resnais. Suite à la présentation de la mise en abyme qui s’y joue (que vous trouverez ici), voici quelques clés permettant de saisir l’enseignement que nous donnent les deux figures mythiques. Orphée : le musicien par excellence L’Orphée de la mythologie est un demi-dieu. Il est le fils du roi de Thrace Œagre et de la Muse Calliope. Sa haute naissance lui fait bénéficier à la fois d’une grande intelligence et maîtrise humaines et d’une puissante inspiration musicale. Maître incontesté de la lyre et du chant, il est connu pour la justesse et la force enchanteresses de sa musique. Au point qu’il charme – et même plus, méduse – le monde entier : les hommes et les femmes, bien sûr, mais aussi les dieux, les animaux, et même les plantes et les pierres. Un jour, alors qu’il partage – comme il a l’habitude de le faire –... Suite

Vous n’avez encore rien vu

07/10/2012 | Commentaires (0)

FILM D’ALAIN RESNAIS, avec Sabine Azéma, Pierre Arditi, Lambert Wilson, Mathieu Amalric, Michel Piccoli, etc. (FRA, 2012). Epoustouflante mise en abyme de la version moderne du mythe grec d’Orphée et d’Eurydice, de l’écran jusque dans nos propres abîmes. Même si on n’y connaît rien en matière de mythes. Actuellement dans les salles. « Je vous appelle pour vous faire part d’une sombre nouvelle » Le film s’ouvre sur une sorte de diaporama a priori kitch de figures grecques flottant dans le ciel : on commence par reconnaître un Dionysos ( !), avant d’apercevoir divers Orphée et Eurydice. Puis on tombe sur une série de coups de téléphone, à un, deux, trois, et finalement treize acteurs connus, et même très connus, filmés à fleur de peau. Chacun répond sous sa vraie identité, avec son ton, son expression et ses manières propres. « Je vous appelle pour vous faire part d’une sombre nouvelle… », leur indique une voie lente, quelque peu maniérée. Leur ami Antoine Anthac, metteur en scène monomaniaque de... Suite

Volonté et vague

17/09/2012 | Commentaires (1)

CETTE VAGUE, COMME ELLE S’APPROCHE AVEC AVIDITÉ, comme s’il s’agissait d’atteindre quelque chose ! Avec quelle hâte anxiogène elle se glisse dans les angles les plus intimes des gorges rocheuses ! Il semble qu’elle veuille y devancer quelqu’un ; il semble qu’il y a là quelque chose de caché, qui a de la valeur, grande valeur. — Et voici qu’elle revient, un peu plus lentement, encore toute blanche d’excitation, — est-elle déçue ? A-t-elle trouvé ce qu’elle cherchait ? Simule-t-elle la déception ? — Mais déjà s’approche une autre vague, plus avide et plus sauvage encore que la première. Et son âme semble elle aussi remplie de secrets et de convoitise des trésors ensevelis. Ainsi vivent les vagues — ainsi vivons-nous, nous autres êtres voulants ! Friedrich Nietzsche, Gai savoir, IV, 310. Erol Alkan & Boys Noize jouent Waves avec Chilly Gonzales en Piano Remake. ... Suite

Nourrir sa vie

07/09/2012 | Commentaires (0)

LA SCÈNE SE PASSE, COMME SI FRÉQUEMMENT EN CHINE ANCIENNE, entre un prince et le sage qu’il reçoit à sa cour. Le prince demande : « J’ai entendu dire que votre maître avait appris [à nourrir] la vie, qu’en avez-vous retenu ? » […]. L’autre lui répond, réservé : « Je maniais le balai à la porte du maître, que voulez-vous que j’en aie retenu ? » On pourra croire à une dérobade de la part de l’hôte ou considérer qu’il fait montre de trop de modestie, mais tel, je crois, n’est pas le cas. D’abord, parce qu’on sait bien, en Chine, que ne pas répondre, c’est déjà répondre en faisant entendre à l’autre qu’il n’est peut-être pas en mesure de comprendre ; et qu’il devra donc progresser par lui-même s’il veut accéder à la réponse attendue. Mais surtout balayer à la porte dit déjà, de façon élémentaire, me semble-t-il, qu’il n’y a qu’une chose à faire pour affranchir et entretenir sa vitalité : débarrasser au fur et à mesure ce... Suite

Jouer avec les enfants

14/08/2012 | Commentaires (1)

IL Y A QUELQUES TEMPS, EN ANGLETERRE, on a mené une enquête parmi des milliers de parents d’enfants entre cinq et quinze ans. Les parents anglais (comme certainement les parents italiens) ne savent pas jouer avec leurs enfants : ils s’asseyent à côté d’eux devant un jeu vidéo, se taisent et s’ennuient profondément. Lorsqu’ils sont interrogés, ils ont toujours une excuse toute prête : ils n’ont pas le temps, ils souffrent de stress (mot horrible), ils sont préoccupés par la crise économique, par la guerre en Afghanistan, par les prochaines vacances en Italie, par la santé de leur mère, par les prochaines élections politiques, par une partie de bridge avec un cousin ; et s’ils ont plus d’un enfant, ils les accusent d’être incapables de jouer ensemble parce qu’ils se disputent sans cesse. Et naturellement, quoi qu’il arrive, c’est toujours la faute de la société. L’enquête anglaise révèle une vérité terrible. Bien qu’ils se proclament intelligents et en progrès, les hommes des années 2010... Suite

Cul par-dessus tête

15/07/2012 | Commentaires (0)

RÉCIT SONORE D’UNE EXPÉRIENCE EN APESANTEUR dans l’Airbus 0G du CNES (Centre national des études spatiales)…dans le cadre de la résidence des écrivains en impesanteur de l’Observatoire de l’Espace du CNES. * Réalisation : François Christophe et Pierre Meunier. Musique originale de Jean-François Pauvros. * « Il n’y a qu’à monter en l’air et y rester un peu de temps », disait Nijinski. Je n’ai qu’une certitude : la terre m’attire ; ma mère la terre m’attire. Possessive à l’extrême, notre mère rugueuse ne tolère aucun éloignement. Toute prise de distance, toute tentative d’élévation est illico sanctionnée par un brutal retour au lieu d’origine. Mort ou vif ; ma mère la terre me veut mort ou vif. Elle me veut moi, tout contre elle. Elle ne peut se passer de moi. Je lui importe énormément. Microbe d’un jour, je suis le voulu, le sans cesse réclamé, l’enfant entravé de sa mère. Ça nous tombe dessus au sortir de l’utérus, comme nous crions de nous sentir soudain peser, condamnés... Suite

Rebonds

20/06/2012 | Commentaires (0)

CRÉATION DE PIERRE MEUNIER (texte) ET HÉLÈNE SAGE (musique et instruments originaux). Créé le 27 mai 2011 aux Bouffes du Nord à Paris pour le Festival « Jazz Nomades ». * « Dès l’enfance, faire goûter au rebond. Au rebond haut, au rebond. S’il y a bond, il y a rebond. A bon bond bon rebond. Au rebond, il y a bon puis rebond. Il faut du bon bond, pour qu’il y ait du rebond. Dès l’enfance, faire goûter au rebond. Heureux bond. Heureux bond. Plus j’approche des hauteurs, plus mon élan se meurt. A l’endroit où j’arrive, vidé de toute force, mon poids me ré-habite, c’est donc là le sommet. (…) Il n’y a que monter en l’air, et y rester un peu, disait Nijinski » * Production : Oléo FIlms • © Festival Jazz Nomades / La Voix est Libre – L’onde & Cybèle / Armor TV/ Cinéplume/TVM et Oléo Films 2011 ... Suite

Dark Shadows

20/05/2012 | Commentaires (2)

NOUVEL OPUS DE TIM BURTON, avec Johnny Depp, Eva Green, Helena Bonham Carter, Michelle Pfeiffer, etc., USA, 2012. Lutte exemplaire des « obscures ombres » qui imprègnent nos esprits et nos vies. Actuellement dans les salles. A ne pas manquer ! Synopsis En 1752, étouffés dans la misère de la vieille Angleterre, les Collins traversent l’Océan pour commencer une nouvelle vie en Amérique. L’application rigoureuse de nos vieilles valeurs a tôt fait de porter ses fruits : vingt ans plus tard, le fils Collins, Barnabas (Johnny Depp), se trouve à la tête d’une florissante entreprise de pêche. Alors qu’un avenir radieux lui semble promis, le côté sombre de la vie vient soudain jouer les trouble-fêtes, par l’intermédiaire de la servante familiale Angélique Bouchard (Eva Green). Orgueilleuse, cette dernière aspire depuis son enfance à changer de statut social et gagner l’amour de Barnabas, avec lequel elle vit quelques aventures torrides. Mais quand ce dernier rencontre la douce et pure Josette, qui lui fait découvrir l’amour tendre, heureux, voire... Suite

La nuit

01/05/2012 | Commentaires (0)

FILM DE MICHELANGELO ANTONIONI (1961), avec Marcello Mastroianni, Jeanne Moreau et Monica Vitti. Long dévoilement, sur le mode du rêve – beau, envoutant et terrible à la fois – des forces qui travaillent à l’ombre de notre conscience. Le film s’ouvre sur un traveling descendant le long d’un gratte-ciel milanais, symbole du progrès, de la brillance et de l’aspiration au septième ciel qui imprègne notre civilisation occidentale. Les fenêtres reflètent la ville, le grouillement de la ville ; les interstices dénotent le gris et l’épaisseur du béton. La descente est lente, apparemment inexorable. Puis on se retrouve abruptement dans une chambre d’hôpital : un médecin injecte de la morphine à un patient qui souffre le martyre. Entouré de livres, on y reconnaît un intellectuel. Il s’agit d’un philosophe, ami proche des deux personnages principaux que sont Giovanni Pontano (Marcello Mastroianni) et à sa femme Lidia (Jeanne Moreau), qu’on rencontre juste après, ensemble, dans la rue, justement en chemin pour rendre visite à leur ami... Suite

High Low Middle

17/04/2012 | Commentaires (1)

MORCEAU ET CLIP DE MY BRIGHTEST DIAMOND, extrait du disque All Things Will Unwind , sorti en 2011. Shara Worden, doux oiseau phusique : moineau à la force de l’aigle. * When you’re privileged you don’t even know you’re privileged When you’re not You know When you’re happy you don’t even know you’re happy When you’re not You know Righteous, heathen Blinded and seeing You’re next you’re before You’re pompous you are poor You’re hungry yet strangely You’re working like crazy Selling, buying Laughing and crying High, low, middle High, low, middle middle High, low, middle Keep yourself low, but not too low Saving, wasting Dying for a tasting Banging for a buck And you’re shit and out of luck Are you fat or are you eating up your hat Are you fat Are you High, low, middle High, low, middle middle High, low, middle Keep yourself low, but not too low Lord help you when you’re growing old Lord help you when you’re tired and cold Lord help you when the dealin’s done Lord help you when the gettin’s gone Lord help you when you’re growing old Lord help you when you’re tired and cold Lord... Suite

Tous touristes

04/04/2012 | Commentaires (2)

LIVRE DE MARIN DE VIRY, publié en 2010 chez Gallimard. « Qu’est-ce qu’un touriste ? Un curieux, un importun, un adepte de la fraternité universelle ? Un voyeur ? Pourquoi 800 millions de personnes embarquent chaque année pour un ailleurs ? Sans but de guerre ni intérêt commercial, sans être contraint à l’exil ou pour raison philanthropique ? Soi-disant pour s’aérer, s’amuser, se distraire, se reposer… ». De Viry est lauréat du prix Cioran en 2007. Il affectionne les aphorismes du genre « Le monde va si mal que les abrutis n’ont pas même l’air cons ». Tous touristes est un essai-fiction doucement satirique et ironique sur la conception dominante du tourisme – globalement festif, mécanisé; manichéen et stupide. Loin d’élever le touriste « intelligent », qui enrobe ses envies (farniente, bonne bouffe et autres jouissances de tout genre) de prétextes culturels, de Viry ne dégomme pas non plus les moutons qui partent tranquilles, sans souci, encadrés du matin au soir, du repas aux musées. De Viry cherche simplement à comprendre. Il pointe. Il... Suite

Nouveau chantier sur Dionysos

18/03/2012 | Commentaires (1)

GRÂCE À L’ENGAGEMENT ENTHOUSIASTE de nouveaux collaborateurs, PHUSIS a le plaisir d’ouvrir un double chantier sur Dionysos, dieu artiste de la phusis, noyau générateur de tout phénomène vivant. Une partie consistera à présenter, traduire et (ré)actualiser – court passage après court passage – les Bacchantes : tragédie grecque d’Euripide consacrée à Dionysos. L’autre fera de même avec les multiples témoignages du dieu qui nous sont parvenus à travers les âges. L’enjeu est de taille : permettre à Dionysos de se dévoiler à nouveau, comme formidable clé de lecture et ressource de notre pensée et de nos vies.   Euripide : initiateur d’une nouvelle tendance artistique En Grèce ancienne, au 5e siècle avant J.-C., Euripide est un tragédien à part. Alors que ses collègues expérimentent avec enthousiasme la vie ou phusis dionysiaque et prolongent celle-ci en son ivresse productrice, il reste quant à lui à l’écart. Sobre, distancé et réfléchi, il refuse de se laisser porter par les puissances créatrices et destructrices de toute chose. Loin de faire... Suite

Interview et clip de Jean-Louis Murat

06/03/2012 | Commentaires (0)

JEAN-LOUIS MURAT S’EXPRIME sur France Culture. Après avoir sorti Grand lièvre, son vingt-quatrième album, en fin d’année dernière, l’Auvergnat Jean-Louis Murat a fait le détour de France Culture pour se laisser interviewer par Frédéric Taddeï. Alors que l’hebdomadaire musical britannique Mojo voit en lui le Léonard Cohen français, il se considère pour sa part comme un petit artisan. Amoureux de la nature, de la campagne, du cyclisme, de l’esprit de conquête et de la dimension épique de la vie, il déteste les bruits des villes et voit partout des salauds aux oreilles bouchées. Son regard sur notre monde est pour le moins acéré, que ce soit à propos des médias, de la politique, de l’économie, de l’art, y compris The Artist et Intouchable qu’il vilipende gaiement. Côté travail, loin de la chanson expérimentale, il fait une musique centriste, « pour le bien des organes », dit-il : le cerveau, le cœur, l’estomac. Il joue, chante et parle avant de réfléchir, en laissant les forces... Suite

Matador

25/02/2012 | Commentaires (1)

MORCEAU ET CLIP DE MICKEY 3D, extrait de l’album Matador, sorti en 2005. * Je n’ai pas peur des Américains, Ni des cons, ni des politiciens, Mais j’ai peur de t’attraper la main Et que tu me m’esquives encore Je ne sais pas si cet amour est fort Ou s’il ressemble à la chasse au trésor Si t’en veux pas sache que je le déplore Et que je m’excuse encore Je n’ai pas peur de la mort Mais que tu m’évites encore Je te préviens matador Qu’un jour je t’aurai alors On a vu des taureaux aimer les toreros On a vu des taureaux aimer les toreros Je n’ai pas peur des ordinateurs Ni des virus exterminateurs J’ai défoncé tellement de gladiateurs Qu’ils ont disparu alors J’aimerais bien t’emmener sur le port Te refaire le coup du conquistador J’ai peur que tu joues les toréadors Et que tu m’esquives encore Je n’ai pas peur de la mort Mais que tu m’évites encore Je te préviens matador Qu’un jour je t’aurai alors On a vu des taureaux aimer les toreros On a vu des taureaux aimer les toreros Clip : ... Suite

Hors Satan

15/02/2012 | Commentaires (0)

FILM DE BRUNO DUMONT (FRA), avec David Dewaele et Alexandra Lematre, 1h50. Film sauvage, enivrant et puissant. A la fois sec et humide, tendre et violent, chaud et froid, court et long, quasi sans paroles, quasi sans pensée, il met nos sens en éveil. Actuellement dans les salles. A ne pas manquer ! On est dans le Nord de la France, à la campagne, vers un petit hameau, entre des herbes et des genévriers qui tremblent sous le vent, des dunes ensablées, des marais, le soleil, les nuages, la pluie et… la mer, infinie, au loin. A quasi chaque plan, on entend un souffle, une présence, lourde et légère à la fois. Forte présence, le plus souvent sur le mode de l’absence. Mystérieux justicier phusique On passe du temps avec un homme d’une quarantaine d’années (David Dewaele), le visage ravagé, la démarche en même temps chancelante et assurée. Il vit hors des sentiers battus, dehors, dans les dunes, de quasi rien. Il entretient un... Suite

La Fessée

07/02/2012 | Commentaires (1)

GEORGES BRASSENS, MORCEAU EXTRAIT DU DISQUE Supplique pour être enterré à la plage de Sète, 1966. Chanson paillarde. La veuve et l’orphelin, quoi de plus émouvant ? Un vieux copain d’école étant mort sans enfants, Abandonnant au monde une épouse épatante, J’allai rendre visite à la désespérée. Et puis, ne sachant plus où finir ma soirée, Je lui tins compagnie dans la chapelle ardente. Pour endiguer ses pleurs, pour apaiser ses maux, Je me mis à blaguer, à sortir des bons mots, Tous les moyens sont bons au médecin de l’âme… Bientôt, par la vertu de quelques facéties, La veuve se tenait les côtes, Dieu merci ! Ainsi que des bossus, tous deux nous rigolâmes. Ma pipe dépassait un peu de mon veston. Aimable, elle m’encouragea : « Bourrez-la donc, Qu’aucun impératif moral ne vous arrête, Si mon pauvre mari détestait le tabac, Maintenant la fumée ne le dérange pas ! Mais où diantre ai-je mis mon porte-cigarettes ? «  A minuit, d’une voix douce de séraphin, Elle me demanda si je n’avais pas faim. « Ça le ferait-il revenir, ajouta-t-elle, De pousser la... Suite

Le cheval de Turin

30/01/2012 | Commentaires (0)

FILM RADICAL ET ÉPURÉ DE BÉLA TARR, qui présente une phusis au bout du rouleau, sur fond de musique lancinante de Mihály Vig (à écouter en cliquant sur la deuxième vidéo ci-dessous – pourquoi pas tout de suite, en lisant le texte qui suit). Actuellement dans les salles. Prologue Le 3 janvier 1889, alors qu’il est à Turin, dans la période la plus bouillonnante et productive de sa vie, Friedrich Nietzsche – philosophe du renversement des valeurs traditionnelles – ne supporte pas de voir un cheval maltraité par un cocher. Il s’approche de l’animal, l’enlace et éclate en sanglots, avant de perdre connaissance. Terrible crise de pitié pour celui qui, justement, a tout mis en œuvre pour libérer l’humanité de la morale et des idéaux chrétiens, tant ceux-ci sont néfastes pour la vie en sa nature et exubérance propres. Terrible, unique et ultime crise de compassion de la part du penseur de la vie dionysiaque en sa surabondance tragi-comique. Suite à... Suite

D.Quichotte et les éoliennes

06/01/2012 | Commentaires (0)

CLIP DU DERNIER MORCEAU DE BESTAIRE, DERNIER DISQUE DE PHILIPPE CRAB, sorti fin 2011. * Ecrit et composé par Philippe Crab Interprété par Philippe Crab (guitare, voix, accordéon) Léonore Boulanger (voix) * Images extraites de « Don Quijote » d’Orson Welles et de Jesus Franco, montée par Aurélien Merle.   Voici le clip : ... Suite

Losing My Religion

29/12/2011 | Commentaires (1)

LE PLUS GROS TUBE DE L’IMMENSE GROUPE QU’EST R.E.M. Extrait de l’album Out of Time (1991). « Losing my religion » est à entendre au sens de « perdre son calme », « perdre confiance » (vieille expression du sud des États-Unis). Michael Stipe – leader et chanteur du groupe – présente le morceau comme expression d’une désillusion amoureuse. Du monde idéal que promet notre tradition ? * Paroles : Life is biggerLa vie est plus grandeIt’s bigger than youPlus grande que toiAnd you are not meEt tu n’es pas moiThe lengths that I will go toLes longueurs que j’atteindraiThe distance in your eyesLa distance dans tes yeuxOh no I’ve said too muchOh non, j’en ai trop ditI set it upJe l’ai provoqué That’s me in the cornerC’est moi dans le coinThat’s me in the spotlightC’est moi sous le feu du projecteurLosing my religionPerdant mon calmeTrying to keep up with youEssayant d’être à ta hauteurAnd I don’t know if I can do itEt je ne... Suite

Roads

21/12/2011 | Commentaires (0)

MORCEAU DE DUMMY, DISQUE DE PORTISHEAD SORTI EN 1994. Paroles : Oh, can’t anybody see, We’ve got a war to fight, Never found our way, Regardless of what they say. How can it feel, this wrong, From this moment, How can it feel, this wrong. Storm, In the morning light, I feel, No more can I say, Frozen to myself. I got nobody on my side, And surely that ain’t right, Surely that ain’t right. Oh, can’t anybody see, We’ve got a war to fight, Never found our way, Regardless of what they say. How can it feel, this wrong, From this moment, How can it feel, this wrong. How can it feel this wrong, From this moment, How can it feel, this wrong. Oh, can’t anybody see, We’ve got a war to fight, Never found our way, Regardless of what they say. How can it feel, this wrong, From this moment, How can it feel, this wrong. Clip : ... Suite

7 seconds

14/12/2011 | Commentaires (1)

TUBE DE YOUSSOU N’DOUR ET NENEH CHERRY réalisé en 1994. * Au fond des corps, Au fond des cœurs, Sur les visages d’enfants, Des millions de voix Qui disent l’innocence, Le jeu, la joie possibles Du monde. * Clip : Paroles: Couplet 1 : Youssou N’dour (en wolof/Senegalais)] Boul ma sene,Ne me regarde pas de loinBoul ma guiss madi re nga fokni maneNe regarde pas mon sourire, en pensant que je ne sais pasKhamouma li neka thi sama souf ak thi guinawCe qui est au-dessus et sous moiBeugouma kouma khol oaldine yaw li neka si yawJe ne veux pas que tu me regardes et pensesMo ne si man, li ne si mane moye dilene diapaleQue ce qui est en toi est en moi, ce qui est en moi est là pour les aider [Neneh Cherry]Roughneck and rudeness,Fureur et dureté,We should be using, on the ones who practice wicked charmsNous devrions nous bouger, loin de ceux qui pratiquent les mauvais sortsFor the sword and the stonePour le soleil et la pierreBad to the boneMauvais jusqu’au... Suite

Double nature du langage

06/12/2011 | Commentaires (1)

LE LANGAGE EST UN PHÉNOMÈNE DE PREMIÈRE IMPORTANCE : il nous permet d’exprimer nos pensées et sensations et par là de partager notre vie et rapport au monde. Depuis l’aube de notre civilisation, le langage est considéré comme le principal trait distinctif de l’homme vis-à-vis de l’animal. C’est ainsi qu’en Grèce ancienne, les premiers philosophes ont défini l’homme – en démarcation des autres phénomènes de la nature, et en particulier de l’animal –  en termes d’« être vivant » qui se différencie du fait qu’il est « doué de langage ». A bien y regarder, le langage possède aujourd’hui une place et une puissance géographiquement et historiquement inégalées. Il apparaît comme un axe et pivot non seulement de nos expériences et pensées individuelles, mais encore, à bien plus grande échelle, du mouvement de mondialisation de notre vision du monde. La globalisation des processus scientifiques, techniques, économiques, politiques, industriels, sociaux, moraux, etc. se joue en effet par le biais du langage. Ou plus précisément dit par... Suite

Lettre du voyant

29/11/2011 | Commentaires (0)

EXTRAIT DE LA LETTRE ADRESSÉE PAR ARTHUR RIMBAUD à Paul Demeny le 15 mai 1871. Sur la tâche du poète, du vrai poète qui ne se contente pas d’alimenter le romantisme fadasse. * « La première étude de l’homme qui veut être poète est sa propre connaissance, entière ; il cherche son âme, il l’inspecte, Il la tente, l’apprend. Dès qu’il la sait, il doit la cultiver ; cela semble simple : en tout cerveau s’accomplit un développement naturel ; tant d’égoistes se proclament auteurs ; il en est bien d’autres qui s’attribuent leur progrès intellectuel ! – Mais il s’agit de faire l’âme monstrueuse : à l’instar des comprachicos, quoi ! Imaginez un homme s’implantant et se cultivant des verrues sur le visage. Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant. Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en... Suite

Le sens

21/11/2011 | Commentaires (0)

DOMINIQUE A, « LE SENS », paroles et clip du morceau de l’album La Musique (2009). Et si, au lieu de chercher désespérément le sens, on se mettait à s’interroger sur la valeur ? * Paroles : J’ai tout essayé J’ai pas trouvé le sens J’ai cherché dans la rue J’ai écrit « j’ai aimé » J’ai voyagé, j’ai cru J’ai nié des évidences J’ai nagé nu, mais désolé J’ai pas trouvé le sens J’ai pas envie de sauter J’ai pas envie d’une balle Je préfère exister Même si c’est pour que dalle J’aime bien respirer J’aime bien me sentir sale J’aime avoir de la chance Et me faire embrasser Mais bien sûr si j’y pense Tout ça n’a pas grand sens Mais bien sûr si j’y pense Aujourd’hui, braderie J’offre tout ce que j’ai Je donne tous mes objets Mes souvenirs aussi Contre un sens à ma vie Même un qui fait son temps Même un peu décevant Même que pour les vacances Même que le temps d’une danse J’ai tout essayé J’ai pas trouvé le sens On dit que pour beaucoup C’est la même béance En ont-ils tous conscience Tout le temps ou pas à-coups Peut être... Suite

Repos du guerrier

16/11/2011 | Commentaires (1)

L’ART DES MUSES EST D’UNE TOUTE-PUISSANTE RICHESSE PHUSIQUE : comme le révèle la première Pythique de Pindare, après les fidèles efforts, les forces de la magie, de l’amour, du sommeil, de la possession, de la vie et de la mort finissent par se conjuguer. * Ayant relâché des deux côtés son aile rapide Sur le sceptre de Zeus, l’aigle s’endort. D’un nuage au sombre aspect, Doux fermoir des paupières Le son de la musique A enveloppé sa tête courbée. Endormi, le roi des oiseaux balance son dos onduleux Au rythme des poussées de la musique. (Pindare, Pythique, I) * L’aile véloce de l’aigle est relâchée. Posé sur le sceptre du dieu des dieux, la tête baissée, le roi des oiseaux se laisse envahir, enivrer, embrumer par le son de la musique. Enveloppé par des élancements semblables aux souffles du vent, au va-et-vient des vagues et de tout phénomène, l’oiseau de proie s’assoupit, plonge dans un sommeil profond. Paisible, docile, il balance sans s’en rendre compte son dos onduleux au rythme des ondes mélodiques... Suite

Devant la loi

07/11/2011 | Commentaires (0)

FRAGMENT DU PROCÈS DE FRANZ KAFKA, publié en 1925. Introduction à l’excellent film The Trial, réalisé par Orson Welles en 1962 (avec Anthony Perkins). * Devant la loi se dresse le gardien de la porte. Un homme de la campagne se présente et demande à entrer dans la loi. Mais le gardien dit que pour l’instant il ne peut pas lui accorder l’entrée. L’homme réfléchit, puis demande s’il lui sera permis d’entrer plus tard. «C’est possible», dit le gardien, «mais pas maintenant». Le gardien s’efface devant la porte, ouverte comme toujours, et l’homme se baisse pour regarder à l’intérieur. Le gardien s’en aperçoit, et rit. «Si cela t’attire tellement», dit-il, «essaie donc d’entrer malgré ma défense. Mais retiens ceci: je suis puissant. Et je ne suis que le dernier des gardiens. Devant chaque salle il y a des gardiens de plus en plus puissants, je ne puis même pas supporter l’aspect du troisième après moi.» L’homme de la campagne ne s’attendait pas à... Suite

Alors on danse

29/10/2011 | Commentaires (4)

MORCEAU DE STROMAE, EXTRAIT DE L’ALBUM CHEESE, sorti en 2010. Clip officiel et genèse phusico-musicale du buzz avec Jamel Debouze. * Alors on d… Qui dit étude dit travail, Qui dit taf te dit les thunes, Qui dit argent dit dépenses, Qui dit crédit dit créance, Qui dit dette te dit huissier, Lui dit assis dans la merde. Qui dit Amour dit les gosses, Dit toujours et dit divorce. Qui dit proches te dit deuils car les problèmes ne viennent pas seuls. Qui dit crise te dit monde dit famine dit tiers- monde. Qui dit fatigue dit réveille encore sourd de la veille, Alors on sort pour oublier tous les problèmes. Alors on danse… Et la tu t’dis que c’est fini car pire que ça ce serait la mort. Quand tu crois enfin que tu t’en sors quand y en a plus et ben y en a encore! Est-ce la zik ou les problèmes, les problèmes ou bien la musique. Ca t’prend les tripes ca te prend la tête et puis tu pries pour que ça s’arrête. Mais c’est ton... Suite

Du fond des gorges

22/10/2011 | Commentaires (1)

NOUVEAU SPECTACLE DE PIERRE MEUNIER, créé début novembre prochain à Dijon, avant une tournée dans toute la France. Avec Pierre Meunier, François Chattot et Pierre-Yves Chapalain. Provocateur et perturbateur musical : Alain Mahé. Courez-y ! * Texte de présentation de Pierre Meunier : « Ce qui distingue la poésie de la parole machinale, c’est que la poésie justement nous réveille, nous secoue en plein milieu du mot. Ce dernier se révèle alors à nous d’une étendue bien plus vaste que nous ne l’imaginions, et nous nous souvenons soudain que parler veut dire : se trouver toujours en chemin. » (Ossip Mandelstam) * Il s’agirait d’ouvrir un chantier de travail autour de la question du rapport conflictuel entre le mot, le sens et la pensée dans l’enceinte du corps qui parle. Ou qui voudrait pouvoir parler. Et qui s’étonne que ça n’aille pas de soi. Cette bataille incessante entre les mots qui voudraient être dits pour eux-mêmes, pour se déployer dans toute leurs dimensions, et la pensée qui... Suite

Subjectif, le jugement du goût ?

15/10/2011 | Commentaires (0)

V et P s’interrogent sur le jugement du goût en dégustant une Humagne Blanche. Quelle est la valeur d’une affirmation en matière de goût ? En quoi le jugement d’un expert est-il plus pertinent que celui de Monsieur tout le monde ? Le jugement du goût est-il toujours subjectif ? Ou peut-il avoir une portée objective ? Le dialogue de V et de P propose de distinguer jouisseurs, amateurs, spécialistes et imposteurs en matière de vin. * Le texte se trouve à vrai dire depuis la naissance de PHUSIS.CH dans les profondeurs (cachées) de sa partie VIN ET PHILOSOPHIE ; partie dans laquelle vous trouverez – faut-il le rappeler ? – le noyau phusique de nos travaux. * V : Cette Humagne Blanche de Marie-Thérèse Chappaz est vraiment excellente ! P : Oui, je la trouve moi aussi très bonne. V : C’est un vin équilibré : le nez est sur les fleurs blanches avec de petites nuances végétales nobles ainsi qu’une touche de fumée froide. En bouche, le corps présente une matière souple, ample,... Suite

To be or not to be

09/10/2011 | Commentaires (5)

EXTRAIT DE L’ACTE III, SCÈNE 1 D’HAMLET DE SHAKESPEARE. D’abord en traduction française, en anglais ensuite, puis dans l’interprétation de Kenneth Branagh dans son film éponyme. Hamlet incarne l’homme dionysiaque par excellence : s’il n’agit pas, c’est qu’il a plongé son regard dans les tréfonds de la vie, parce qu’il en possède une connaissance vraie, profonde, tragique – et qu’il refuse de se voiler la face. La leçon d’Hamlet est aux antipodes de la sagesse à bon marché de Hans le rêveur qui, en bon moderne, n’agit pas non plus, mais quant à lui parce qu’il est incapable de se décider parmi les trop nombreuses possibilités qui découlent de son excès de réflexion. * To be, or not to be, that is the question. Whether ’tis nobler in the mind to suffer The slings and arrows of outrageous fortune, Or to take arms against a sea of troubles, And, by opposing, end them. To die, to sleep, No more, and by a sleep to say we end The heartache, and... Suite

Ça pousse !

30/09/2011 | Commentaires (1)

MOUVEMENT FILMIQUE DE PIERRE MEUNIER extrait de « Et ça continue ! », © La Belle Meunière et Baíacadez Films, 2007. * Ça pousse, ça résiste, ça écrase, ça aplatit, ça nie la forme, ça ne voudrait plus rien voir, ça voudrait s’allonger, et puis que ça se termine, que ça se termine – assez tenu debout ! « Ça s’y prépare, ça le redoute, la tombée du grand, heureux, là, ça résiste, ça résiste, c’est ce qui s’appelle résister, manifester de la résistance, exister en résistant, affronter l’ennemi en résistant, lui résister, et être ensemble pour résister, parce que tout seul, pris un à par un, bien sûr, ce serait une rigolade, pour le grand là, de les écraser, de les écrabouiller, de les aplatir. Non mais s’ils restent ensemble, puisqu’ils restent ensemble,  puisqu’ils se tiennent ensemble, même si le lien qui les groupait, qui en faisait un bloc, le lien, la mer l’a emmené déjà, la mer n’a qu’un but c’est de... Suite

Habemus papam

22/09/2011 | Commentaires (1)

FILM DE NANNI MORETTI, avec Michel Piccoli, Nanni Moretti, etc. (ITA, 2011, 1h44). Actuellement dans les salles. * Suite aux funérailles du pape, le Conclave se réunit pour élire son successeur. L’excitation est grande, à tous les étages de la fusée de faux-semblants nihilistes : tout en bas, du côté des réacteurs, le peuple qui ressemble davantage à une foule de supporters de football de divers pays qu’à de pieux fidèles ; en-dessus, au premier étage, des journalistes, pantins médiocres aussi paradeurs qu’incultes ; plus haut encore, au deuxième étage, l’homme d’importance qu’est le Chef communication du Vatican, sorte d’Hermès dégénéré, Polonais rempli de vide et de ruses bas de gamme pour cacher la vérité ; et, finalement, tout en haut, dans le cockpit, les cardinaux, électeurs et papables qui, loin de tenir les commandes de l’engin spatial, apparaissent comme une bande de gentils vieillards cacochymes et médicamentés. Les habits et gestuelles sont grandioses, les individus terriblement creux. Lors du Conclave, les cardinaux ne sont pas tant... Suite

23 | live

05/09/2011 | Commentaires (1)

MORCEAU LIVE DU DISQUE 23 DE BLONDE REDHEAD (2007). Les belles rencontres – profondes, intenses, sans faux-semblants – sont rares. Tellement rares qu’elles sont de véritables fêtes. Il y en a qui disent qu’elles ne se font pas avec des gens, mais uniquement avec les choses, les phénomènes. Parce qu’ils ne trichent pas, parce qu’ils sont sincères, montrent toujours le maximum de ce qu’ils cachent. Qu’y a-t-il de plus beau, en effet, que de rencontrer un arbre, un brin d’herbe, une coccinelle, une fourmi ? Sans triche, d’égal à égal ; et de se rendre compte que nous sommes, au fond, le même. Juste un peu plus compliqué, juste un peu moins honnête, juste un peu moins capable de se dire, de se partager, bref un peu moins ouvert à… la rencontre. Et pourtant de telles rencontres existent aussi avec des gens ! Quelle fête ! Quel bonheur ! Toi et moi, ensemble, le même, traversés par les même forces, de fond en comble. Amour fusionnel ? Si... Suite

Melan-cholia

24/08/2011 | Commentaires (4)

FILM DE LARS VON TRIER, avec Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg, Alexander Skarsgard, Charlotte Rampling, John Hurt, etc. (FRA/DAN/SWE/GER/2011, 2h16). Actuellement dans les salles. « Dans un quelconque coin perdu de l’univers s’écoulant de manière scintillante en d’innombrables systèmes solaires, il y eut une fois un astre sur lequel des animaux intelligents inventèrent la connaissance. Ce fut la minute la plus orgueilleuse et la plus mensongère de l’“histoire universelle”, mais ce ne fut cependant qu’une minute. Après quelques souffles de la nature, l’astre se figea et les animaux intelligents durent mourir » (Nietzsche, « Vérité et mensonge au sens extra-moral ») Prologue Sur fond de prélude tonitruant du Tristan und Isolde de Wagner – annonce d’une périlleuse attirance amoureuse –, on voit apparaître en grande pompe une succession d’images d’une beauté sublime, à la limite du surnaturel : alternance de mouvements oniriques en hyper-ralenti, d’un fameux tableau de Bruegel en train de brûler et de l’inquiétant déplacement spatial de deux immenses planètes. Le ton et la clé du film... Suite

Rehab

04/08/2011 | Commentaires (0)

TOUS LE MONDE LE SAIT : AMY WINEHOUSE est morte le 23 juillet dernier. Ce que personne ne sait, c’est où s’en est allé la force qui portait sa divine et étrange voix. En guise d’hommage, nous vous proposons Rehab, fameux titre de 2006. Rehab signifie désintoxication, réinsersion, réhabilitation. A méditer. Comme toujours, vous trouverez les paroles sous la vidéo. Paroles : They tried to make me go to rehab but I said ‘no, no, no’ Yes I’ve been black but when I come back you’ll know know know I ain’t got the time and if my daddy thinks I’m fine He’s tried to make me go to rehab but I won’t go go go I’d rather be at home with Ray I ain’t got seventy days Cause there’s nothing There’s nothing you can teach me That I can’t learn from Mr Hathaway I didn’t get a lot in class But I know it don’t come in a shot glass They tried to make me go to rehab but I said ‘no, no, no’ Yes I’ve been... Suite

La révolution des crabes

22/07/2011 | Commentaires (0)

COURT-MÉTRAGE D’ARTHUR DE PINS, FRA, 2003. La révolution, ça veut dire… tourner. « Dans les eaux marronâtres de l’estuaire de la Gironde, entre les rochers repeints au fuel et le sable vaseux qui abrite les meilleures huîtres du monde, personne ne se doute de la tragédie qui nous frappe depuis 120 millions d’années, nous les pachygrapsus marmoratus, appelés communément chancres mous, ou plus souvent crabes dépressifs… » Vous trouverez le site d’Arthur de Pins ici. ... Suite

Les statues meurent aussi

14/07/2011 | Commentaires (0)

FILM RÉALISÉ PAR ALAIN RESNAIS ET CHRIS MARKER en 1953. « Quand les hommes sont morts, ils entrent dans l’histoire. Quand les statues sont mortes, elles entrent dans l’art. Cette botanique de la mort, c’est ce que nous appelons la culture. » C’est ainsi que commence le documentaire court-métrage réalisé par Resnais et Marker sur l’anthropologie et la muséification de l’art. Si le propos concerne avant tout l’art africain, il traite en somme la question du rapport qu’entretient l’Occident avec l’« autre », et par suite avec tous les phénomènes de la nature : rapport d’objectivation, de canalisation et de stérilisation des puissances mystérieuses qui façonnent et guident le monde ; forces que nous appelons… phusiques. Réalisé en pleine expansion de l’anthropologie, Resnais et Marker en critiquent l’ethnocentrisme, forme de colonisation, germe de la mondialisation, à l’occidentale. Jugé scandaleux, le film a fait l’objet d’une interdiction de plusieurs années en France. Aujourd’hui encore, on ne le voit et trouve guère. Vous en trouverez ci-dessous la vidéo en trois parties et,... Suite

Publique

04/07/2011 | Commentaires (2)

MATHILDE MONNIER A CRÉÉ PUBLIQUE À MONTPELLIER EN 2005. Avec Germana Civera, Ondine Cloez, Corinne Garcia, Natacha Kouznetsova, I Fang Lin Lemoisson, Ana Sofia Neves Gonçalves, Avelen Parolin, Filiz Sizanli Voilà bientôt vingt ans que Mathilde Monnier explore, en archéologue de l’âme et du corps, les aspects insolites du corps et du mouvement. A chaque spectacle, elle démantèle la matière pour parvenir à une nouvelle approche. De l’isolement social à la différence en passant par les phénomènes de masse : langage du corps qui exprime le monde d’aujourd’hui. Publique est le premier volet d’un dyptique. Sur fond de musique de PJ Harvey. ... Suite

Give me the words

24/06/2011 | Commentaires (1)

NOUVELLE VAGUE 1, « In A Manner Of Speaking », reprise de Tuxedomoon, 2004. * Paroles : In a Manner of speaking I just want to say That I could never forget the way You told me everything By saying nothing In a manner of speaking I don’t understand How love in silence becomes reprimand But the way that i feel about you Is beyond words Oh give me the words Give me the words That tell me nothing Oh oh oh oh give me the words Give me the words That tell me everything In a manner of speaking Semantics won’t do In this life that we live we only make do And the way that we feel Might have to be sacrified So in a manner of speaking I just want to say That just like you I should find a way To tell you everything By saying nothing. Oh give me the words Give me the words That tell me nothing Oh oh oh oh give me the words Give me the words That tell me everything Oh give me the words Give me the words That tell me nothing Oh oh oh oh give me the... Suite

John Gabriel Borkman

15/06/2011 | Commentaires (0)

SPECTACLE PUISSANT, D’UNE ÉBLOUISSANTE FORCE de profondeur et de jeu. Pièce d’Henrik Ibsen (1896), mise en scène par Thomas Ostermeier (Dir. du Schauspielhaus de Berlin). En tournée à Kléber-Méleau (Lausanne) jusqu’au 19 juin 2011. En allemand surtitré. Tragédie familiale, contemporaine : la fierté, le pouvoir, l’argent, la gloire, la rancune, l’esprit de vengeance l’emportent sur tout sentiment humain, toute vie équilibrée. Jusqu’à l’escroquerie. Jusqu’aux cris. Jusqu’à la maladie. Jusqu’à la mort. Un plateau couleur de givre, envahi par une fumée basse. Murs et plafonds blancs. Salon… scandinave. Chic, sobre, froid, comme bon nombre de nos salons : très inconfortable. Climat d’oppression. D’étouffement. Propice à la révolte de… Dionysos. John Gabriel Borkman est un célèbre banquier : rationaliste assoiffé d’or, de puissance et de gloire. A tel point qu’il a non seulement négligé les siens mais a fini par se retrouver cinq ans durant derrière les barreaux. Le voilà sorti depuis huit années, ruiné, ruminant sans cesse, à peu de chose près seul, tel un loup... Suite

Des bisoux

14/06/2011 | Commentaires (2)

NOUVEAU MORCEAU DU DERNIER DISQUE de Philippe Katerine Des bisoux On est là pour quoi On est là pour qui Dans les magasins A se prendre la tête Au fond qu’est ce qu’on veut Au fond qu’est ce qu’on cherche Quand on s’prend la tête Mais qu’est ce qu’on attendDes bisoux… Quand on se dit fuck J’te défonce la gueule Tout en insultant Les papa les maman Au fond qu’est ce qu’on veut Au fond qu’est ce qu’on cherche Quand on se dit fuck Mais qu’est ce qu’on attend Des bisoux… De façon générale Et très globalement En définitive Mais qu’est ce qu’on attend Pour se faire Des bisoux…   ... Suite

Le travail du critique

02/06/2011 | Commentaires (2)

PIETRO CITATI SUR L’INTERPRÉTATION DE TEXTES. Citati nous dit à peu près tout ce qu’il faut savoir et mettre en œuvre en matière de littérature. En toute légèreté, porté qu’il est par Hermès, son dieu à lui, dieu aux pieds ailés : dieu des brigands, du vol, du secret, du mystère et de la ruse ; messager de Zeus qui traverse volontiers l’abîme qui sépare vivants et morts ; divinité des frontières et des passages ; dieu qui brise les tabous ; patron des bergers, des voleurs, des fossoyeurs et des hérauts. Tous les phusiciens s’y retrouveront. « Le critique ne peut compter que sur la constance, la patience, la dureté quasi maniaque de son attention ; pas un instant il ne peut perdre de vue le livre qu’il étudie, lit, relit et relit et relit encore, en espérant qu’il se lassera de défendre son secret. Si les dieux le protègent, et plus particulièrement le petit Hermès enfant qui est son dieu personnel, lui aussi peut parvenir... Suite

Rouvrir

24/05/2011 | Commentaires (2)

DOMINIQUE A, « ROUVRIR », morceau du disque L’horizon, 2006. * Toute ma vie Je n’ai fait que rouvrir Des fenêtres et des portes claquées Ni poignées ni serrures Ne m’ont fait reculer C’est étrange qu’aujourd’hui Je me mette à faiblir C’est ce bruit Qu’aura fait la dernière Porte claquée, c’est ce bruit Il était différent Il était Plus sévère Tu as fermé si fort En sortant. Et cette porte Je ne peux pas l’ouvrir Car si j’ouvre et que rien ne m’attend ?… Mais tu vas revenir Je le sens. Jusqu’ici Je n’ai fait que rouvrir Mais cette fois C’est sur toi que je compte ardemment Assise face à la porte Je t’attends Mais peut-être attends-tu Que je vienne t’ouvrir ? * Essai de clipEssai Reouvrir Dominique A di lagneau13 ... Suite

L’écologie en bas de chez moi

17/05/2011 | Commentaires (7)

IEGOR GRAN, L’écologie en bas de chez moi, livre publié chez P.O.L. en 2011. « Voici qu’un soir de mai 2009, en rentrant dans l’immeuble où j’habite, j’aperçois une drôle de petite réclame sur le tableau des informations, ce carré de liège où l’on annonce les coupures d’eau, les pendaisons de crémaillère, les gants perdus et les adolescents disponibles pour le baby-sitting, le coin sympa du voisin sympa, la fenêtre de tir de la sociabilité obligatoire. Ecrit à la main, en capitales, on y lit ceci : « Ne manquez pas ! Le 5 juin, projection du film Home de Yann Arthus-Bertrand, sur France 2. Nous avons tous une responsabilité à l’égard de la planète. Ensemble, nous pouvons faire la différence. » En bas est agrafée une pastille bleue : la photo de la Terre vue de très loin, que des mains prosélytes ont grossièrement découpée aux ciseaux, probablement dans un magazine télé. Comprenez : l’heure est grave, la Terre elle-même a paraphé l’appel,... Suite

Y’a d’la haine

10/05/2011 | Commentaires (1)

LES RITAMITSOUKO, « Y’A D’LA HAINE », morceau du disque Système D, EMI, 1993. * On n’a pas que de l’amour Ça non ! On n’a pas que de l’amour à revendre Ça oui ! Y’a d’la haine On n’a pas que de l’amour Ça non ! Y’a d’la haine La haine aussi Faut qu’elle se répande Sans que ça freine Y’en a même un sacré bon paquet Eh ouais Ouais quand même Quand même On n’a pas que de l’amour Ça non ! On n’a pas que de l’amour à revendre Ça oui ! Y’a d’la haine (…) * Clip : ... Suite

Enivrez-vous

01/05/2011 | Commentaires (5)

CHARLES BAUDELAIRE, « ENIVREZ-VOUS », XXXIIIe poème des Petits poèmes en prose. Le spleen de Paris, 1869. *** Enivrez-vous Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve. Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous. Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront : « Il est l’heure de s’enivrer ! Pour n’être... Suite

Il faut que tu respires

24/04/2011 | Commentaires (2)

MICKEY 3D, RESPIRE, morceau du disque Tu ne vas pas mourir de rire (2003). Paroles Approche-toi petit, écoute-moi gamin, Je vais te raconter l’histoire de l’être humain Au début y avait rien au début c’était bien La nature avançait y avait pas de chemin Puis l’homme a débarqué avec ses gros souliers Des coups d’pieds dans la gueule pour se faire respecter Des routes à sens unique il s’est mis à tracer Les flèches dans la plaine se sont multipliées Et tous les éléments se sont vus maîtrisés En 2 temps 3 mouvements l’histoire était pliée C’est pas demain la veille qu’on fera marche arrière On a même commencé à polluer le désert Il faut que tu respires, et ça c’est rien de le dire Tu vas pas mourir de rire, et c’est pas rien de le dire D’ici quelques années on aura bouffé la feuille Et tes petits-enfants ils n’auront plus qu’un oeil En plein milieu du front ils te demanderont Pourquoi toi t’en as 2 tu passeras pour un con Ils te diront comment t’as pu laisser... Suite

Tricky, Really Real

14/04/2011 | Commentaires (2)

TRICKY, « REALLY REAL », in : Mixed Race, Domino Recording, 2010. * Printemps artificiel. Eclosion idéaliste. En cherchant à se hisser au niveau de la beauté idéale, On finit par devenir comme elle, Pure forme, simple surface. Objet de toutes les convoitises, certes, Mais image vide de contenu. Non sans que Dionysos gronde çà et là. * Paroles: Pas trouvées. Si quelqu’un les découvre, c’est évidemment volontiers. ... Suite

Dansez et vivez !

06/04/2011 | Commentaires (4)

PINA, FILM DE WIM WENDERS avec Pina Bausch, Regina Advento, Malou Airoudo, Ruth Amarante, Jorge Puerta Armanta, Rainer Behr (FRA/GER, 2011, 1h43). Dès aujourd’hui au cinéma. Film documentaire prévu « sur » la fameuse chorégraphe Pina Bausch. Décédée en été 2009, elle contraint le réalisateur Wim Wenders à interrompre son travail avant de le reprendre et l’accomplir « pour » Pina Bausch avec ses danseurs de l’Ensemble du Tanztheater Wuppertal. Est-ce de la DANSE, est-ce du THÉÂTRE, ou simplement LA VIE ? L’AMOUR, LA LIBERTÉ, LA LUTTE, LE DÉSIR, LA JOIE, LE DÉSESPOIR, LA RÉCONCILIATION, LA BEAUTÉ, LA FORCE. « Dansez, dansez… sinon nous sommes perdus » L’article sera sans doute complété. ... Suite

Les jeunes pousses

30/03/2011 | Commentaires (3)

FRANÇOIZ BREUT, LES JEUNES POUSSES, morceau du disque A l’aveuglette (2008). Ici : en session acoustique en plein air. Vous trouverez les paroles sous la vidéo. * * La vie, un enfant qui joue. Le jeu, l’inutile, comme idéal de ce qui est comblé de force. L’enfance de dieu, παῖς παίζων. Notre enfance à tous. * * Paroles « Ils ne demandent qu’à courir dans l’herbe tendre cheveux au vent, bourgeons fougueux et rayonnants ivres de cris et pleins d’élans. Dans les cours toutes ratatinées, ils se défoulent à perdre haleine. Les trottoirs sont toujours trop étroits pour tant d’énergie qui se déploie. On aimerait qu’ils soient sans limite, que leur course n’ait jamais de fin. Qu’ils puissant prendre leurs jambes à leur cou et hurler comme des loups. Les jeunes poussent à toute allure bien étourdis par l’air cinglant. La sève déborde, les branches s’allongent vers la lumière qui ne fait que passer. Ils rêvent ... Suite

Carré magique

23/03/2011 | Commentaires (1)

MYSTÉRIEUSE PERFECTION LANGAGIÈRE. Palindrome. Les lettres sont inscrites dans un carré de 5 cases sur 5, de telle façon qu’elles puissent être lues de haut en bas, de bas en haut, de gauche à droite et de droite à gauche. * S      A      T      O      R A      R      E      P      O T      E      N      E      T O      P      E      R      A R      O      T      A      S * Le semeur (SATOR) Arepo tient dans ses mains (TENET) l’œuvre (OPERA) et les roues de la fortune (ROTAS) » * La plus ancienne représentation du carré a été trouvée dans la villa de Proculus dans les ruines de Pompéi. Elle date au moins de 79 apr. J.-C. Le palindrome se retrouve par la suite un peu partout dans le monde. A méditer. ... Suite

Bull Fight

08/03/2011 | Commentaires (3)

CLIP NON OFFICIEL de Massive Attack, Splitting The Atom, 2009. Phusis et idéalisme Courber l’échine Sang de taureau Brillance et arrogance de l’homme Chant du bouc Danse à mort Art de vivre Paroles The baby was born Nettles and Ferns The evening it chokes The candle it burns This disguise covers Bitter lies Repeating the joke The meaning it dies Pass me a coat I’m not a- ‘fraid to leave I’m letting you know I know what you need I’ll turn you around This beautiful town And then you’ll believe it when your eyes then deceive you Its easy, dont let it go Its easy, dont let it go Its easy, dont let it go Don’t Lose It Its getting colder outside Your rented space They shadow box and they Paper chase It never stops And we’ll never learn No hope without dope The jobless return The bankers have bailed The mighty retreat The pleasure it fails At the end of the week You take it or leave Or what you receive To what you receive Is eternited leave Its easy, dont let it go Its easy, dont let it go Its easy, dont let it go Don’t lose it Incandescent light at doors In adolescent menopause In little... Suite

Black Swan

01/03/2011 | Commentaires (8)

BLACK SWAN, FILM DE DARREN ARONOFSKY avec Natalie Portman, Vincent Cassel, Mila Kunis (USA, 2010, 1h43). Nina (Natalie Portman) compte parmi les meilleures ballerines du prestigieux New York City Ballet. Elle a grandi et vit dans un cocon rose-clair, tout de douceur, de peluches, de boîtes à musique et à bijoux, de pureté, de beauté, d’amour. Cocon très occidental. Trop occidental. Couvée par une mère ambitieuse, ancienne danseuse frustrée, son rêve d’enfant est de devenir une grande danseuse, meilleures que toutes les autres, plus belle, plus brillante : une danseuse étoile. Ambiance de conte. Dès le début, le film est marqué par une présence inquiétante, menaçante, dans le dos de Nina. Comme si une force occulte, un monstre fantomatique cherchait à la traquer ; de plus, elle souffre d’étranges éruptions cutanées. On le comprend très vite : l’œuf idéaliste est sur le point de se briser. La petite fille en quête de perfection est assaillie de toute part, de l’extérieur et de l’intérieur. La vie... Suite

Cinéma FRA – USA

27/02/2011 | Commentaires (2)

SCÈNE D’IMPROVISATION DANSÉE. Tanguy Viel, écrivain dont on aura l’occasion de reparler ici, commence par lire un texte, entouré par Mathilde Monnier et Loic Touzé, deux grands chorégraphes et danseurs. Puis il laisse tomber ses feuilles et se met à faire du mime gestuel avec ses compères. Le texte de Viel parle de cinéma. De la différence entre le cinéma français et le cinéma américain. Et de la différence entre la mentalité française et américaine. Tout simplement. Tout naïvement. En proférant des énormes vérités. « Nous autres Français, nous n’avons peut-être pas de très bons cinéastes, mais nous avons de très bons critiques. Dès lors qu’on appartient à un pays qui a passé des siècles à faire salon, qui a inventé à peu près toutes les formes de fauteuils pour faire la conversation, il n’y a pas d’alternative. C’est même pour ça que nous sommes meilleurs critiques que les Américains. Mais c’est aussi pour ça qu’on est moins bons cinéastes […] » Voilà comment débute... Suite

Pindare, Hyporchème phusique

21/02/2011 | Commentaires (4)

PINDARE EST UN CHANTEUR-POÈTE DE LA GRÈCE ARCHAÏQUE, celle des VIIIe au Ve siècle avant notre ère. Un chanteur poète de cette époque à laquelle le savoir et la sagesse n’étaient pas encore l’affaire des scientifiques, des intellectuels, des professeurs et autres journalistes, mais des artistes. C’est à eux que revenait la tâche d’éduquer les hommes : par leurs œuvres, par leurs compositions, ils guidaient leurs semblables dans la vie, leur indiquant les chemins à prendre et à éviter. Le poème ci-dessous est un fragment d’« hyporchème », chant en l’honneur d’Apollon et d’Artémis, dieux frère et sœur qui incarnent deux faces du même : Apollon le dieu solaire de la belle forme, des arts et de la civilisation ; Artémis la déesse lunaire de la chasse et de la nature sauvage. Le passage en question est tout ce qui nous est parvenu de ce chant. Il consiste en une remarque de Pindare concernant la puissance du divin : * θεῷ δὲ δυνατὸν μελαίνας ἐκ νυκτὸς ἀμίαντον ὄρσαι φάος, κελαινεφέϊ δὲ σκότει καλύψαι... Suite

PJ Harvey : live webcast

13/02/2011 | Commentaires (0)

LE 14 FÉVRIER à 21h00, PJ HARVEY EN DIRECT. Pour célébrer la sortie de son dernier disque, Let England Shake, PJ Harvey nous donne rendez-vous lundi 14 février à 21h00 pour une messe noire à la Maroquinerie à Paris. Rendez-vous à ne pas manquer ! Pour voir le concert Deezer Offline de PJ Harvey du 14 février à 21h00 en direct de la Maroquinerie, cliquez ici. Let England Shake est en outre en écoute intégrale là. ... Suite

Homme expliqué

09/02/2011 | Commentaires (7)

L’HOMME EXPLIQUÉ AUX FEMMES. L’avenir de la masculinité, Flammarion, 2010 (240 p.). Livre étrange d’un philosophe-écrivain prolixe, auteur d’essais sur des thèmes aussi divers que variés, toujours à la mode : racisme, loft, réforme de l’orthographe, violence, amour, bonheur et, dans son dernier livre… l’homme, expliqué avant tout à partir de la sexualité. Il intervient régulièrement dans les débats de société, fait des conférences dans le monde entier. Philosophe vitaliste et provocateur. Ouvreur de portes et de fenêtres. Libérateur phusique ? Épigraphe : « Avoir une belle femme qu’il pourra montrer, jouir d’un métier où l’on décide des choses : telle sont les obligations qu’il a remplies. Il a eu tout ce qu’il voulait, tout ce qu’il avait appris à vouloir. Et maintenant, quoi. Maintenant, rien. Il ne lui reste plus qu’à gagner encore plus de bons points à l’école : brillante carrière, belle destinée. Il n’imagine pas d’autre vie que celle-là, qu’il édifie avec amertume, en vue de l’amertume. Une plénitude malheureuse. » (Christian Bobin, La... Suite

Dithyrambe

31/01/2011 | Commentaires (7)

DITHYRAMBE | NAISSANCE DE LA VIGNE Court-métrage de Brice Tourneux, musique de Maurilio Cacciatore. Site Internet de Brice Tourneux Site Internet de Maurilio Cacciatore ... Suite

Professeur Rollin

23/01/2011 | Commentaires (2)

« COMMENT FAIRE POUR RETENIR LES QUATRE CHIFFRES qui constituent le secret de VOTRE votre carte bancaire ? » Vous voulez savoir ? Ça tombe bien : c’est justement à cette question que répond le Prof. François Rollin. François Rollin. Drôle de personnage. Difficile à cerner. Cultivateur de décalage. Et de vie. Guerrier en lutte contre la connerie. Au Festival du rire de Montreux, il avait fait scandale dans un spectacle limite d’insolence (voir la seconde vidéo). Ici, François Rollin nous donne donc son truc mnémotechnique pour garder notre code bancaire en mémoire sans peine et sans risque de se faire déposséder. François Rollin (a) fait plein de choses : ancien journaliste au Monde, puis chroniqueur dans les revues Vu de gauche et Fluide glacial, il est auteur, acteur et comédien. Il a travaillé avec plein de monde, dont Edouard Baer et l’équipe des Guignols de l’info. On peut actuellement l’entendre tous les jours de la semaine à 17h55 sur France Culture (L’Œil du larynx). Il intervient aussi dans des émissions... Suite

Mourir à plusieurs

05/01/2011 | Commentaires (3)

MORCEAU D’ARNO, EXTRAIT DU DISQUE Jus de box, sorti en 2007 chez EMI. Jus de box est le 32e disque ( !) d’Arno, tête brûlée de la chanson française. Arno : sorte de fou, voyant inspiré loin de toute érudition, de tout papier glacé et de toute aseptisation. Force brute qui laisse gronder des plus informes profondeurs les plus grandes beautés musicales, qui joue avec les contraires, les larmes et les sourires, le noir et le blanc, toujours pour faire parler la vie. Arno ou : comment écrabouiller un éléphant avec le petit doigt, comme ça, en passant, mine de rien. Les petites oreilles sauront apprécier. D’abord le clip, non sans résonances avec certains passages du Zarathoustra, ensuite le texte. Puis, en bonus, un autre clip et un autre texte, d’un tout autre genre… Paroles de « Mourir à plusieurs » Des frigos, des multi robots Des huiles de vidange, des gaz à gogo Des liquides toxiques pour bien qu’elle astique Et du silicone pour être esthétique Ca fait moins peur De mourir à plusieurs Avec ardeur,... Suite

PJ | The Last Living Rose

26/12/2010 | Commentaires (0)

BIENTÔT UN NOUVEL ALBUM DE Polly Jean HARVEY ! Let England Shake sort le 14 février 2011. Album co-produit par PJ Harvey, Flood, John Parish et Mick Harvey, enregistré dans le Dorset, dans une église du XIXe siècle. Pour se mettre l’eau à la bouche, un clip est apparu sur le site officiel de PJ Harvey. Il s’agit du premier des 12 clips réalisés par Seamus Murphy, photographe très inspiré, lui aussi (à découvrir ici). Oui, lui aussi : PJ ne semble pas avoir perdu son inspiration. Tout porte à croire qu’elle continue son bonhomme de chemin de chercheuse et de trouveuse musicale. Vers la limite. Vers le caché. Vers l’équilibre, précaire. Vers la multiplicité de possibilités. Toujours sur la pointe des pieds. Toujours en union avec les contraires. Toujours avec une puissance inouïe dans les soubassements. Le grand style : maîtrise du chaos que l’on est. Le morceau qui donne le titre à l’album, Let England Shake, PJ l’a présenté à la TV en... Suite

Citati | Le journal de Nijinsky

05/12/2010 | Commentaires (0)

PIETRO CITATI, LA MALATTIA DELL’INFINITO. LA LITTERATURA DEL NOVECENTO, « Le journal de Nijinsky » Camille Semenzato (trad.), Milano, Mondadori, 2008, p. 206-211. Comment peut-on parler d’un danseur – le plus célèbre de tous les danseurs – presque un siècle après qu’il ait cessé de traverser les scènes de l’Europe et du monde ? Nous pouvons parler d’un texte littéraire, même s’il n’en reste que des fragments que nous rassemblons avec peine : ou d’un tableau, bien que nous en regardions des copies et des reproductions. Mais de quelqu’un qui s’exprimait dans un bond, dans un vol, dans un geste, dans une expression de la tête ou du bras ? Sur Vaslav Nijinsky, né en 1890, mort fou en 1950, nous avons d’infinis témoignages : les signes d’un ébahissement et d’une stupeur sans égal : de très belles photographies et dessins ; mais le reste a disparu un jour de 1917, lorsqu’il est monté pour la dernière fois sur scène. Il avait un pied comme la griffe... Suite

Tricky | Wanna die

23/11/2010 | Commentaires (0)

TRICKY, MAKES ME WANNA DIE, in Pre-Millenium Tension, Island/PolyGram Records, 1996. En concert au Bierhübeli de Berne ce jeudi 25 novembre. Voilà déjà quinze ans que Tricky fait gronder Dionysos. Un fou qui joue le jeu du monde. Qui incarne le monde. Les forces contradictoires du monde. Par-delà bien et mal. L’expérimentation, toujours, coûte que coûte. No more no less. Sus à l’analyse, à l’objectivation, à la ratiocination, à la stratégie et au jugement qui dominent notre drôle de monde ! Vous n’y croyez pas en voyant le clip ci-dessous ? Réécoutez le morceau en vous occupant des paroles. Paroles : Follow where Mary goes Cherish the things she knows Says if I change my stride Then I’ll fly She makes me wanna die Change my stride Then I’ll fly Look to the sun See me in psychic pollution Walking on the moon How could you dare? Who do you think you are? You’re insignificant A small piece, an ism No more no less You try to learn the universe Can’t even converse in uni-verse You know it’s ironic smoking hydroponic She makes me... Suite

Sexamor au théâtre

15/11/2010 | Commentaires (1)

SEXAMOR, DE PIERRE MEUNIER ET NADÈGE PRUGNARD, mise en scène Pierre Meunier. Au Centre dramatique national de Besançon du 7 au 11 décembre. Courez-y ! « Une femme et un homme sur le plateau du théâtre, entourés de mécanismes et de matières animés, vont s’affronter, se séduire, se provoquer, s’exciter, se confier, se défier, s’abandonner, se rapprocher, se moquer… Jusqu’à épuisement de leurs forces. Il s’agira également de rendre compte par le discours de l’activité de la pensée, voire de son affolement, lorsqu’elle s’efforce de cerner ce qui la dépasse de toute façon. Tentatives d’approfondir et de rendre présent cela, qui tient à la fois de l’énigme, de l’imaginaire, du récit impossible. Il... Suite

Israel Galvan | La curva

09/11/2010 | Commentaires (0)

LA CURVA (TABULA RASA), SPECTACLE D’ISRAEL GALVAN, avec Israel Galvan, Inés Bacán et Sylvie Courvoisier, du 7 au 19 décembre 2010 au théâtre de Vidy/Lausanne. A ne pas manquer ! Un immense danseur de flamenco (Israel Galvan), une chanteuse des origines de la terre (Inés Bacán « cante jondo ») et une grandiose pianiste (Sylvie Courvoisier). Trois univers pour une grande jubilation phusique. Spectacle à ne pas manquer. Attention : il n’y a déjà presque plus de places ! Site d’Israel Galvan ... Suite

Houellebecq, La carte et le territoire

06/11/2010 | Commentaires (0)

MICHEL HOUELLEBECQ, LA CARTE ET LE TERRITOIRE, Paris, Flammarion, 2010, 428 pages. Prix Goncourt 2010. Livre moins agressif, moins polémique que les précédents de Houellebecq, un des plus grands auteurs français contemporains. Pas de critique acerbe de l’islam, pas de crachat sur le christianisme, pas de coup de balais du monde occidental en général. S’il s’en prend à quelque chose, c’est à la formidable petite sphère du people culturel parisien, et donc aux journalistes qui l’alimentent. En toute froideur, sinon indifférence. Plume comme toujours très souple, bien acérée, qui fait parler un état d’esprit fatigué, épuisé. A vrai dire celui de Houellebecq lui-même, qui intervient d’ailleurs dans le roman ; d’abord discrètement, puis toujours plus, jusqu’à l’excès, avant de disparaître, déchiré, déchiqueté. Et pourtant La carte et le territoire n’est pas une autofiction. Houllebecq n’y est qu’une sorte de supplément du personnage principal, qui s’appelle Jed, et qui est un artiste plastique honnête, travailleur, porté, traversé par de mystérieuses forces créatrices auxquelles il obéit.... Suite

Kassovitz | La haine

28/10/2010 | Commentaires (0)

LA HAINE, DE MATHIEU KASSOVITZ, avec Vincent Cassel, Hubert Koundé, Saïd Taghmaoui (FRA, 1995, 95’). Le 28.10.2010 sur Arte. Film français culte des années nonantes. Chronique de deux bavures policières en banlieue. La haine passe d’abord par les mots. Si elle se matérialise, c’est à la suite d’un engrenage. De circonstances. De bêtise. De peur. Et finalement de colère. Synopsis : Trois copains d’une banlieue ordinaire traînent leur ennui et leur jeunesse qui se perd. Ils vont vivre la journée la plus importante de leur vie après une nuit d’émeutes provoquée par le passage à tabac d’Abdel Ichah par un inspecteur de police lors d’un interrogatoire. Notre jour viendra s’en est inspiré, avec le même Vincent Cassel… 15 ans plus tôt. Quand la violence (face terrible de Dionysos) court-circuite la parole. ... Suite

Drôle de jeunesse

28/10/2010 | Commentaires (0)

KABOOM, DE GREGG ARAKI AVEC THOMAS DEKKER, Haley Bennet, Chris Zylka (GBR, 2010 1h26). Première Queer Palm de l’histoire du Festival de Cannes. En salles actuellement. La jeunesse dans tous ses états, en plein nihilisme, tragi-comique : entre rêve et réalité, idéalisme et matérialisme, peurs et désirs, plongée dans des hallucinations terrifiantes, des pulsions bigarrées, des pouvoirs diaboliques et une kyrielle de mystères insensés : Kaboom, « cocktail d’homosexualité, de teen-movie, de comic fantasy », dit-on çà et là. Le tout finalement sous-tendu par l’idée d’un complot global. « Twin Peaks (David Lynch) à l’université », selon Araki lui-même, qui n’hésite pas à proclamer qu’il cherche à revivifier le cinéma, selon lui sinon mort du moins en train de mourir dans le conservatisme des idées et des images toutes faites. Synopsis : Smith mène une vie tranquille sur le campus – il traîne avec sa meilleure amie, l’insolente Stella, couche avec la belle London, tout en désirant Thor, son sublime colocataire, un surfeur un peu simplet –... Suite

Bashung – Arno | Petits amis

22/10/2010 | Commentaires (0)

J’AI TOUJOURS RÊVÉ D’ÊTRE UN GANGSTER, de Samuel Benchetrit (FRA, 1h48, 2002). Extraits. Rencontre improbable entre deux montres sacrés de la chanson française, Alain Bashung et Arno, en tournée. Dans un restoroute. Pour un échange délicieux, marqué par quelques actes manqués, phusiques ? 1.       Retrouvailles aux toilettes 2.       Discussions, sur eux, une chanson, l’art, la création. Si on est honnête, et fidèle à son travail, on finit toujours par ressembler à son meilleur ennemi. ... Suite

Hommes sans dieux

15/10/2010 | Commentaires (2)

DES HOMMES ET DES DIEUX, de Xavier Beauvois avec Lambert Wilson, Michael Lonsdale (FRA, 2h00, 2010). Grand Prix et Prix du jury œcuménique du Festival de Cannes 2010. On est dans les années 1990. Dans un monastère cistercien perché dans les montagnes du Maghreb, non loin d’un village musulman. Huit drôles de moines chrétiens français y habitent, vaquent à leurs occupations, simples, domestiques, de jardinage et de chants. Contre toute attente, ils apparaissent d’emblée très humains, très artificiels, très peu portés par Dieu. Davantage comme des paumés qui ont fui notre monde que des religieux suivant un appel divin, de spiritualité, d’humilité, de paix intérieure. La seule vertu théologale qui se fait jour est celle de la charité. Les moines s’engagent pour autrui, font le bien, à commencer par Luc (Michael Lonsdale – fidèle à lui-même dans sa drôlerie), le médecin. Les deux autres vertus théologales, la foi et espérance, leur sont quasi étrangères. Mis à part Luc, et à la longue aussi Christophe... Suite

Larry Clark censuré

08/10/2010 | Commentaires (3)

LARRY CLARK EST UN DES PLUS GRANDS PHOTOGRAPHES américains de l’histoire. Il présente prochainement à Paris une rétrospective de l’ensemble de son œuvre qui, depuis quelques 40 ans, imprègne non seulement la photo et la publicité, mais aussi le cinéma et l’art en général. Sa spécialité ? L’adolescence : sa beauté, ses doutes, ses dérives. Ses photos sont toujours réalistes, touchent volontiers la question du sexe, de la drogue, de la violence et de la mort. Les quelques films qu’il a fait ces dernières années (Kids, Bully, Ken Park), portent eux aussi sur l’adolescence. Films à succès, notamment auprès des adolescents. Nous vivons une époque formidable. Dans un climat de chasse aux sorcières. A l’heure des derniers préparatifs de l’exposition, les avocats de la Mairie de Paris ont estimé que certaines œuvres risquaient de tomber sous le coup de loi de la protection de l’enfance (articles 227-23 et 227-24). L’exposition a donc été interdite aux moins de 18 ans, le public précisément auquel elle... Suite

11’09″01 | Sean Penn

03/10/2010 | Commentaires (6)

11’09″01 (2002) EST LA RÉUNION DE ONZE RÉALISATEURS du monde entier, invités à présenter un court-métrage sur les attentats du 11 septembre 2001 à New York. Chaque film avait pour unique consigne de durer 11 minutes, 9 secondes, et 1 image. Le résultat présente de nombreuses perspectives alternatives à la vision unique des médias. Le film proposé est celui de Sean Penn, immense acteur américain, plein d’idées, et pas inintéressant non plus comme réalisateur. Et si le terrorisme était tantôt une révolte de Dionysos face à notre monde malade, factice et desséché ? ... Suite

Notre jour viendra

25/09/2010 | Commentaires (0)

NOTRE JOUR VIENDRA de Romain Gavras, avec Olivier Barthelemy, Vincent Cassel (FRA, 2010, 1h35). Actuellement sur les écrans. Auteur de deux clips qui ont agité le petit monde culturel (Stress de Justice et Born Free de M.I.A.) parce que violents et amoraux, le fils de Costa-Gavras passe au long métrage avec Notre jour viendra. Allégorie de notre époque formidable, sur fond de racisme anti-roux. Présentation d’un monde de misère. Puis un cheminement vers la révolte, la libération, l’affirmation de soi, jusqu’à l’excès. Étrange fraternité, violence et beauté tragiques. En vue de sortir du nihilisme – ou alors de s’y enfoncer. Grande maîtrise technique et esthétique. « Ma démarche consiste à m’attaquer à la morale explicative, présente partout. Ce n’est d’ailleurs jamais le réalisme des scènes violentes qui suscite les plus fortes réactions mais l’absence de mode d’emploi : je ne dis jamais ouvertement ce qui est bien et mal. Pas plus que je ne m’explique quand il y a polémique. Mon avis sur la question... Suite

Katerine | La banane

21/09/2010 | Commentaires (2)

PHILIPPE KATERINE EST UN OVNI. La banane est le tube de son dernier disque, qui s’appelle… PHILIPPE Katerine (sortie le 27 septembre chez votre disquaire – s’il existe encore d’ici-là). Chez lui, la phusis dionysiaque prend de drôles de masques. En même temps popu, branché, intello, sot, agaçant, attirant, superficiel, profond, etc. Il est incernable, mais toujours léger. La banane s’annonce comme le tube de cette fin d’été. Tutube qui, comme tous les tutubes, a quelque chose de bien mystérieux, et de bien envoûtant. Vous trouverez le site internet de Philippe Katerine en cliquant ici. ... Suite

Meunier | Chambord

14/09/2010 | Commentaires (1)

COURT-MÉTRAGE EXTRAIT DU DVD « ET ÇA CONTINUE ! » DE PIERRE MEUNIER, un film en 11 mouvements de matière. Il y reprend une partie de son spectacle intitulé « Au milieu du désordre ». Seul, devant la caméra. Sans public. Pour une étonnante réflexion phusique. Tout le monde le sait : le château de Chambord est un des plus fameux et stupéfiants de la Loire. Château de toutes les démesures, chef d’œuvre de la Renaissance française et du génie de l’homme. Que convient-il d’y faire avec un enfant ? L’y emmener pour lui inculquer la notion de beauté universelle, témoin du génie humain, quitte à ce que ce soit à coup de taloche ? Ou alors le laisser nous guider vers les secrets oubliés, par exemple d’un tas de cailloux derrière le parking ? Et hop hop hop: voilà que Pierre Meunier fissure quelques dalles de bétons dans nos têtes. ... Suite

Radiohead au Japon

08/09/2010 | Commentaires (0)

RADIOHEAD : IMMENSE GROUPE DE (POST-)ROCK ALTERNATIF Etape japonaise de sa tournée 2008. Concert immense à Saitama. 1h28 sur Youtube ! Grand moment phusique, devant des milliers de personnes. Fusion avec Dionysos – et ce dans un contexte complètement socratique  ! ... Suite

Inception : film plat à plusieurs étages

25/08/2010 | Commentaires (3)

INCEPTION, FILM AMÉRICAIN DE CHRISTOPHER NOLAN avec Leonardo DiCaprio, Ellen Page, Ken Watanabe, Marion Cotillard (2h28) « Le film de l’été ! », « Le film de l’année ! », « Comme Blade Runner ou Matrix, Inception est le genre de classique instantané qui n’arrive qu’une fois tous les dix ans au cinéma. » Vraiment ? Film phusique ? Comme la plupart des films d’actions, Inception est très superficiel : il ne s’occupe que de ce qui peut se voir, se mesurer, et donc se penser en termes rationnels. Loin de toute profondeur phusique, il n’est que le résultat de la foisonnante pensée, logique et idéaliste, de Christopher Nolan. Pensée pressée, stratégique et naïve s’il en est, qui ne fait que surfer sur des concepts confus, dont le but est principalement d’embrouiller pour mieux divertir et assommer d’images. Plus le budget d’un film est gros – et celui d’Inception l’est par-dessus tout –, mieux on est assommé et… diverti. Sans rien en retirer, du moins rien de phusique. Certes, Christopher Nolan interroge la question... Suite

Winter Vacation

20/08/2010 | Commentaires (0)

WINTER VACATION EST LE DERNIER FILM du cinéaste Chinois Li Hongqi, Léopard d’or au tout récent Festival de Locarno 2010. Récompense surprise pour une étonnante œuvre cinématographique, en même temps d’une grande beauté plastique et d’une profondeur impressionnante. L’histoire n’importe guère : une bande d’adolescents désœuvrés, dans leur Chine à eux, prolétaire, inquiétante, durant les vacances. Nous sommes en plein nihilisme : le but fait défaut, la réponse au pourquoi fait défaut, les valeurs suprêmes se dévalorisent, comme dit l’autre. Que ce soit en Chine ou chez nous, qu’importe : le nihilisme est mondialisé. Il ne s’agit que de variations du même vide, du même néant. Plongés qu’est le monde dans l’absence de sens, le cinéma qui marche est aujourd’hui le cinéma d’action : les films d’action. Il faut qu’il se passe des choses, plein de choses, que l’histoire tienne debout, et surtout qu’on ne s’ennuie jamais. Fuite en avant, pas qu’au cinéma d’ailleurs. Fuite devant soi-même, les autres et le monde. Vous allez au cinéma ? Vous... Suite

Skate et philo

12/08/2010 | Commentaires (3)

SKATE ET PHILOSOPHIE Petite vidéo trouvée dans la poubelle de Dailymotion. Skateurs inconnus, philosophe très connu : Gilles Deleuze, parmi les plus importants et stimulants du XXe siècle. Interrogation sur la question du style : qu’est-ce que le style ? Dans la vie de tous les jours, en sport, en littérature. Et à quoi ça sert ? Comme toutes les grandes œuvres, artistiques et philosophiques : à nuire à la bêtise. Ne manquez pas de laisser un commentaire ! ... Suite

Chine – Europe : conférence de François Jullien

09/08/2010 | Commentaires (3)

TRANSFORMATIONS SILENCIEUSES EST LE TITRE D’UN DES DERNIERS LIVRES DE FRANÇOIS JULLIEN, sans doute le penseur vivant le plus proche du mouvement phusique. Philosophe et sinologue de formation, François Jullien est l’auteur de nombreux livres, sur la Chine d’abord, puis sur notre tradition à partir de la pensée chinoise. Un de ses derniers ouvrages, peut-être le meilleur, s’intitule Les transformations silencieuses. Il est publié chez Grasset en 2009 et – bonne nouvelle – vient de sortir en poche. Le travail de Jullien consiste à réinterroger notre tradition à partir de la pensée chinoise. En faisant le détour de la Chine traditionnelle, il parvient à découvrir et valoriser de nouvelles possibilités de pensée pour l’Europe, depuis Platon prisonnière du dualisme métaphysique (théorie/pratique, modélisation/réalisation, fin/moyen, intelligible/sensible, etc. ). Le détour par la Chine lui permet de dépasser la réification ou essentialisation qui triomphe dans nos sciences humaines. Il brise le moule de la pensée paresseuse, faible, s’affranchit de la rhétorique de l’universalisme facile... Suite

I Put a Spell on You

08/08/2010 | Commentaires (1)

SCREAMING’ JAY HAWKINS, I Put a Spell On You (1954) Vieille ballade métamorphosée en célébration de folie et d’ivresse dionysiaque de Jalacy Hawkins. Détail et précision de fou. Paroles : I put a spell on you Because you’re mine I can’t stand the things that you do No, no, no, I ain’t lyin’. No I don’t care if you don’t want me ‘Cause I’m yours, yours, yours anyhow Yeah, I’m yours, yours, yours I love you I love you I love you I love you I love you I love you Yeah! yeah! yeah! yeah… I put a spell on you Lord! lord! lord!… ‘Cause you’re mine, yeah I can’t stand the things that you do When you’re foolin’ around I don’t care if you don’t want me ‘Cause I’m yours, yours, yours anyhow Yeah, yours, yours, yours! I can’t stand your foolin’ around If I can’t have you, no one will! I love you, you, you! I love you I love you I love you! I love you, you, you! I don’t care if you don’t want me ‘Cause I’m yours, yours, yours anyhow ... Suite

Chutes d’Iffigen

30/07/2010 | Commentaires (4)

ON A BEAU CROIRE, on a beau dire, on a beau faire, l’homme n’est pas la mesure de toute chose. Loin de là ! Tous les phénomènes de la nature (phusis) nous le rappellent, y compris les Iffigenfälle entre la Lenk et Iffigenalp. Un peu d’érudition. « L’homme n’est pas la mesure de toute chose » est une reprise inversée de « L’homme est la mesure de toute chose », la plus fameuse phrase du vieux grec Protagoras (Ve siècle avant J.-C.), un des premiers sophistes de notre tradition, autrement dit un des premiers hommes à penser qu’il y a autant de sagesses que de penseurs… En grec, la phrase s’énonce : « Pánton khremáton métron eînai ánthropon ». Depuis Protagoras, tous les vers desséchés dans les livres et toutes les grenouilles pensantes l’ont toujours en tête, et souvent en bouche. Interprétation platonicienne (Cratyle de Platon [386 a1-4]) : les choses apparaissent à chaque individu en leur être, comme elles sont. Interprétation moderne, subjectiviste : étant... Suite

Époque romantique, aussi en sport

27/07/2010 | Commentaires (2)

À PROPOS DU DÉBAT SUR L’ATTRACTIVITÉ DU TOUR DE FRANCE La chaîne de Schleck qui coince, Contador qui en profite pour placer une attaque plus ou moins décisive, qui lui offre en tout cas le maillot jaune et un bel avantage psychologique. C’est à peu de choses près ce problème technique qui a été la grande star du Tour 2010. Suite à quelques premières journées turbulentes, le spectacle a ensuite manqué. Le niveau quasi identique de Schleck et de Contador avait beau être gage de suspens, il n’a pas engendré les flamboyants duels escomptés. Schleck s’est montré moins entreprenant en course que ce qu’il laissait entendre à l’interview. Au point que les critiques n’ont pas tardé à observer chez lui un manque de courage et d’esprit d’initiative. Non sans que reste un peu floue, chez ces mêmes gens à l’esprit tout pur, la double exigence d’un sport en même temps propre et attractif – l’attractivité ne devant pas forcément reposer sur la tricherie.... Suite

Putain ça penche

22/07/2010 | Commentaires (1)

ALAIN SOUCHON, Putain ça penche, in : La vie Théodore (2005) Clip officiel de la version techno du titre. Putain ça penche, on voit le vide à travers les planches. C’est dans le vide que naît le plein. ... Suite

L’athlétisme, les diamants et nous

07/07/2010 | Commentaires (1)

Diamond League-Guillaume Chronique de Guillaume Laurent Comme chaque année, en juillet, se déroule à Lausanne ATHLETISSIMA : le meeting de tous les superlatifs. Meeting désormais fièrement membre de la prestigieuse Diamond League. Comme chaque année, les gentils organisateurs sont obligés de mettre le paquet pour faire venir les meilleurs athlètes du monde sur le Stade olympique de la Pontaise. Comme chaque année, ça leur coûte très cher. Donc ils sont obligés de faire venir beaucoup de personnes très importantes et très riches, d’accord de mettre le paquet pour être elles aussi dans le Stade olympique de la Pontaise. Comme cette année, le meeting est désormais fièrement membre de la prestigieuse Diamond League, il faut qu’il y ait plus de personnes très importantes et très riches qui mettent un plus gros paquet encore que les autres années. Ce qui n’est pas sans conséquences. Pour que de plus en plus de personnes très importantes et très riches soient d’accord de mettre un plus gros paquet encore que ces... Suite

Augiéras : hideuses, les pensées humaines

01/07/2010 | Commentaires (2)

Peinture d'Augiéras, 1956 Hideuses pensées humaines « C’EST DONC AVEC UNE FAROUCHE VOLONTÉ DE M’ÉLOIGNER DES HUMAINS que je suis retourné cet après-midi dans ma grotte. Je n’ai pas rencontré de gendarme en chemin, ce qui ne prouve rien. On a demandé des informations ; elles arriveront ces jours-ci, et l’on avisera alors au sujet de la surveillance à établir autour de mes faits et gestes et comportements. Il est possible aussi que je m’inquiète à tort, et que, dans l’avenir, je sois bien le dernier des soucis de la gendarmerie. Les corbeaux, quant à eux, planent au-dessus de la vallée de la Dordogne, cette antique terre de magiciens, de sorciers et de saints. Une pluie légère tombe drue, cachant les sombres collines du Sarladais et masquant la rivière. Comme hier, je me suis arrêté au bord du précipice : il est bien certain que je n’aie pas l’envie de me tuer, mais celle, tout au contraire, de vivre sur cette planète comme nous vivons ailleurs, sans... Suite

El brau blau

29/06/2010 | Commentaires (1)

EXTRAIT DU FILM ESPAGNOL EL BRAU BLAU de Daniel V. Villamedina (2008). Un homme fou de tauromachie (Victor J. Vasquez) s’adonne, seul, dans une maison de campagne, à son étrange passion. Totalement isolé de la société moderne, du bruit des foules et des gens, il s’est construit, loin des regards, un espace où l’imagination et la création peuvent s’exprimer librement. Drôle de danse et de jeu, auréolée d’une étrange odeur de mort. Tout l’art est dans la précision du geste, fruit d’un travail de titan. Bien qu’officiellement sélectionné au Festival de Locarno 2009, le film (éminemment phusique) n’est jamais sorti dans nos salles. Seule la folie donne la force nécessaire pour travailler suffisamment pour parvenir à atteindre le grand style : la maîtrise du chaos que l’on est. Toujours très loin au-dessus de sa petite personne et de ses vaines ambitions. ... Suite

Finki : foot français

22/06/2010 | Commentaires (5)

NICOLAS DEMORAND A REÇU LUNDI dans le 6h30/10h de France Inter, Alain Finkielkraut, philosophe, professeur à l’École Polytechnique sur la question des épisodes récents survenus en Afrique du Sud avec l’équipe de France de football. Pour le philosophe,  l’atmosphère « empoisonnée » au sein de l’équipe « bande de 11 petites frappes« , « voyous milliardaires«  avec ses « clans » et « ses divisions ethniques » laissait présager un tel épilogue. Mettant en lien l’état du football et de l’enseignement français, il en vient à la conclusion que « cette équipe renvoie à la France le spectacle de sa désunion et de son implacable déliquescence« . Ne manquez pas de laisser un commentaire ! ... Suite

Heaven Can Wait

08/06/2010 | Commentaires (1)

CHARLOTTE GAINSBOURG, Heaven can Wait, in IRM, 2009 IRM, le deuxième disque de Charlotte Gainsbourg, a été réalisé en collaboration avec l’immense Beck. Le résultat : une perle de superficialité par profondeur. Le morceau Heaven can Wait n’en est qu’un exemple. Le clip aussi. Le site internet de Charlotte Gainsbourg se trouve ici. Paroles de Heaven can Wait She’s sliding, she’s sliding down to the dregs of the world She’s fighting, she’s fighting the urge to make [] of pearls Heaven can wait and hell’s too far to go somewhere between what you need and you know And they are trying to drive the escalator into the ground She’s hiding, she’s hiding on a battleship with baggage to roam There’s thunder, there’s lightning and an avalanche of faces you know. Heaven can wait and hell’s too far to go somewhere between what you need and you know And they are trying to drive the escalator into the ground And you left your credentials in a Greyhound station with a first aid kit and a flashlight going to a desert unknown Heaven can wait and hell’s too far to go somewhere... Suite

Pyramid Song

29/05/2010 | Commentaires (1)

RADIOHEAD, « Pyramid Song », Amnesiac, (2001) Plongée dans les profondeurs marines. « There was nothing to fear and nothing to doubt » Paroles: I jumped in the river and what did I see? Black-eyed angels swam with me A moon full of stars and astral cars All the things I used to see All my lovers were there with me All my past and futures And we all went to heaven in a little row boat There was nothing to fear and nothing to doubt I jumped into the river Black-eyed angels swam with me A moon full of stars and astral cars And all the things I used to see All my lovers were there with me All my past and futures And we all went to heaven in a little row boat There was nothing to fear and nothing to doubt There was nothing to fear and nothing to doubt There was nothing to fear and nothing to doubt ... Suite

Dopage | Landis vide son sac

21/05/2010 | Commentaires (2)

LA NOUVELLE A FAIT GRAND BRUIT : dans une série de mails, le coureur cycliste professionnel Floyd Landis a avoué s’être dopé, non sans égratigner au passage pas mal de beau monde. La NZZ (Neue Zürcher Zeitung) en dit plus long que nos médias romands. Sur Landis, sur Rhis, sur Armstrong, sur l’UCI, sur St. Moritz. Nous vous proposons la traduction rapide de l’article du 21 mai 2010. Est-ce une volonté trop tardive de se faire pardonner ? Ou le désespoir face à l’absence de perspective dans son combat contre le dopage ? Quatre ans après avoir été convaincu de dopage à la testostérone suite à sa victoire dans le Tour de France, l’Américain de 34 ans Floyd Landis a avoué dans une série des mails à des représentants de fédérations ses longues années de pratique du dopage : EPO, transfusions sanguines et injection de testostérone, etc. Les mails sont datés du 30 avril au 6 mai 2010, le « Wall Street journal » en a... Suite

Thursday Child

14/05/2010 | Commentaires (1)

CLIP DE DAVID BOWIE. Faut-il présenter l’immense icône du rock qu’il est ? Nous nous contentons de dire qu’il est protéiforme. Un de ses trucs à lui, c’est le changement. Changement de direction, de style, d’aspect, de rythme, de forme. Toujours en restant le même. Dionysos. L’énigmatique Thursday’s Child est extrait de l’album Hours (1999). « Doing my best with what I have » –  devise phusique ! Thursday’s Child All of my life I’ve tried so hard Doing my best with what I had Nothing much happened all the same Something about me stood apart A whisper of hope that seemed to fail Maybe I’m born right out of my time Breaking my life in two [CHORUS] Throw me tomorrow Now that I’ve really got a chance Throw me tomorrow Everything’s falling into place Throw me tomorrow Seeing my past to let it go Throw me tomorrow Only for you I don’t regret That I was Thursday’s child Monday Tuesday Wednesday born I was Monday Tuesday Wednesday born I was Thursday’s child Sometimes I cried my heart to sleep Shuffling days and lonesome nights Sometimes... Suite

Black Hearted Love

05/05/2010 | Commentaires (0)

PJ Harvey est peut-être notre sœur phusique la plus proche. Voici un premier titre de sa part : Black Hearted Love, issu du disque qu’elle a fait en 2008 avec John Parish. Enfantine, joueuse, énigmatique et terriblement féminine, elle n’a de cesse de faire jubiler Dionysos à chacun de ses disques, à chacun de ses concerts, à chacune de ses interviews. A tel point qu’il se reconnaît bien souvent en elle comme dans un miroir. I think I saw you in the shadows I move in closer beneath your windows Who would suspect me of this rapture? And who but my black hearted love And who but my black hearted love When you call out my name in rapture I volunteer my soul for murder I wish this moment here forever And you are my black hearted love And you are my black hearted love In the rain, in the evening I will come again I’d like to take you; I’d like to take you to a place I know My black hearted Régulièrement, nous vous... Suite

Noureev : Le Corsaire

05/05/2010 | Commentaires (1)

« Je ne croirai qu’en un dieu qui sache danser ! » Rudolf Noureev, le maître des maîtres, mis en scène par Margot Fonteyn en 1963. « La danse est la preuve de la vérité » ... Suite

Deleuze : Le couple déborde

05/05/2010 | Commentaires (0)

Ecoutez le texte « On fait parfois comme si les gens ne pouvaient pas s’exprimer. Mais, en fait, ils n’arrêtent pas de s’exprimer. Les couples maudits sont ceux où la femme ne peut pas être distraite ou fatiguée sans que l’homme dise : « Qu’est-ce que tu as ? Exprime-toi… », et l’homme sans que la femme, etc. La radio, la télévision ont fait déborder le couple, l’ont essaimé partout, et nous sommes transpercés de paroles inutiles, de quantités démentes de paroles et d’images. La bêtise n’est jamais muette ni aveugle. Si bien que le problème n’est plus de faire que les gens s’expriment, mais de leur ménager des vacuoles de solitude et de silence à partir desquelles ils auraient enfin quelque chose à dire. Les forces de répression n’empêchent pas les gens de s’exprimer, elles les forcent au contraire à s’exprimer. Douceur de n’avoir rien à dire, droit de n’avoir rien à dire, puisque c’est la condition pour que se forme quelque chose de... Suite

Beckett : Premier amour 1

04/05/2010 | Commentaires (2)

Ecoutez le texte « J’associe, à tort ou à raison, mon mariage avec la mort de mon père, dans le temps. Qu’il existe d’autres liens, sur d’autres plans, entre ces deux affaires, c’est possible. Il m’est déjà difficile de dire ce que je crois savoir. Je suis allé, il n’y a pas très longtemps, sur la tombe de mon père, cela je le sais, et j’ai relevé la date de son décès, de son décès seulement, car celle de sa naissance m’était indifférente, ce jour-là. Je suis parti le matin et je suis rentré le soir, ayant cassé la croûte au cimetière. Mais quelques jours plus tard, désirant savoir à quel âge il était mort, j’ai dû retourner sur sa tombe, pour relever la date de sa naissance. Ces deux dates limites, je les ai notées sur un morceau de papier, que je garde par-devers-moi. C’est ainsi que je suis en mesure d’affirmer que je devais avoir à peu près vingt-cinq ans lors... Suite

Meunier : Long travelling

04/05/2010 | Commentaires (0)

Pierre Meunier a réalisé le travelling le plus long de l’histoire du cinéma. Un travelling qui a pour particularité de suivre les mouvements de la vie (phusique) en son va-et-vient constant, en son perpétuel devenir, en son caractère tragi-comique, problématique et drôle à la fois. Pour une autre approche du cinéma. Non pas à partir de nos idées préfabriquées, mais à partir de la vie elle-même. Pierre Meunier, Et ça continue !, un film en 11 mouvements de matière, I : « Le travelling le plus long de l’histoire du cinéma ». ... Suite

27/03/2010 | Commentaires (0)

Tous les dimanches, PHUSIS jette un regard sur le programme TV de la semaine. Quels jours n’est-il pas inadéquat d’allumer la télévision ? PHUSIS vous donne quelques pistes. Un film par soirée au maximum. Exclusivement sur les chaînes publiques. * Du 17 au 22 mars 2016  * LUNDI ★ 21h00 sur TV5MONDE : François Truffaut, Vivement dimanche (FRA/1983). * Légende : ★ Perspectives phusiques★★ Arrière-fond phusique★★★ Film phusique ... Suite

The Limits Of Control

13/01/0201 | Commentaires (3)

THE LIMITS OF CONTROL, DE JIM JARMUSCH AVEC ISAACH DE BANKOLÉ, Alex Descas, Jean-François Stévenin, Tilda Swinton, Gael García Bernal, Bill Murray, John Hurt, (USA, 2009, 1h56). Film où il ne se passe a priori rien. Mais où le rien est source de tout : victoire de l’imagination sur la rationalité, de la subjectivité sur l’objectivité, de la multiplicité… phusique sur l’unicité du réalisme pragmatique. Toujours sur la pointe des pieds. Tout en musique. Film envoûtant, qui aboutit à un meurtre. Film terroriste. Histoire d’un homme, anonyme et solitaire (Isaach De Bankolé), qui accomplit, à travers une Espagne pleine de mystères archaïques, une mission énigmatique et dangereuse de libération. Loin de toute logique rationnelle, son chemin est tracé par d’étranges rencontres, poétiques, plastiques, cinématographiques, musicales et humaines. Chacune découle sur un message secret soigneusement caché dans une boîte d’allumettes « Le Boxeur ». Grâce à sa concentration, sa maîtrise, sa contemplation, sa force d’imagination et de pénétration, l’homme parvient finalement sans peine, non seulement à décoder... Suite