Inception : film plat à plusieurs étages

25 août 2010 | Commentaires (3) | Cinéma

INCEPTION, FILM AMÉRICAIN DE CHRISTOPHER NOLAN avec Leonardo DiCaprio, Ellen Page, Ken Watanabe, Marion Cotillard (2h28)

« Le film de l’été ! », « Le film de l’année ! », « Comme Blade Runner ou Matrix, Inception est le genre de classique instantané qui n’arrive qu’une fois tous les dix ans au cinéma. » Vraiment ?

Film phusique ?

Comme la plupart des films d’actions, Inception est très superficiel : il ne s’occupe que de ce qui peut se voir, se mesurer, et donc se penser en termes rationnels. Loin de toute profondeur phusique, il n’est que le résultat de la foisonnante pensée, logique et idéaliste, de Christopher Nolan. Pensée pressée, stratégique et naïve s’il en est, qui ne fait que surfer sur des concepts confus, dont le but est principalement d’embrouiller pour mieux divertir et assommer d’images. Plus le budget d’un film est gros – et celui d’Inception l’est par-dessus tout –, mieux on est assommé et… diverti. Sans rien en retirer, du moins rien de phusique.

Certes, Christopher Nolan interroge la question du rêve et de la réalité, reprend la vieille idée que « la vie est un songe », mais à vrai dire sans jamais quitter la dimension, humaine, trop humaine, de la réalité, c’est-à-dire le monde de l’état de veille du sujet pensant conscient de soi. Les rêves présentés ne sont que les produits de l’imagination plate des hommes occidentaux aussi éveillés que prisonniers dans leurs schémas de pensée (matérialiste, idéaliste). Au lieu de se (et nous) plonger dans la rationalité propre au rêve, Nolan a fabriqué des couches de rêve à partir de la réalité et de ses propres idées d’homme éveillé.

Au lieu de prolonger et souligner la rationalité illogique, non rationnelle, pleine de fantaisie et de richesse que nous vivons quand nous dormons, il ne fait que jouer les expériences et idées quotidiennes qu’il a sur la réalité, le rêve, ou encore le cinéma d’action. Ce qui peut être pris pour de l’imagination, de la fantaisie – que ce soit dans le monde réel ou ceux du rêve – n’est finalement qu’excroissance fantasmée du réel. Jeu vide et stérile sur les formes. Pur artifice.

Film complexe ?

L’histoire n’est pas complexe, comme on le croit et le dit, mais simplement compliquée. Sophistiquée et compliquée. Bien sûr, il faut s’accrocher pour comprendre ce qu’il en est, où en sont les personnages, dans quel niveau de réalité ou de rêve on se trouve. Mais finalement pour se rendre compte que les situations sont aussi plates les unes que les autres ; les personnages sans le moindre intérêt, la moindre profondeur, sortes de stéréotypes mus par quelques passions aussi réfléchies, occidentales que tristes : avidité pécuniaire, amour idéaliste et sentiment de culpabilité ou curiosité pour les personnages principaux, grégarisme et fonction unique pour tous les autres.

Même si ça pète dans tous les coins et dans tous les sens, si la réalité est soudain malaxée comme du chewing-gum, les personnages sont désespérément plats et ne font que s’agiter dans un monde tout aussi désespérément plat, à tous les étages. Les effets spéciaux tout en volume n’y changent rien.

Vous n’êtes pas d’accord ? Réagissez !

Vous n’avez pas vu le film ? Voici la bande annonce :

Vous voulez voir un bon film ? Regardez plutôt Blade Runner ou Matrix !

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