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Le Val Fedoz depuis derrière la cabane de berger

PHUSIS EST LE LIEU DE RENCONTRE ENTRE UN VIGNERON ET UN PHILOSOPHE-ANIMATEUR.

PHUSIS est une expérience de la nature et de la vie comme union des contraires et enfantin jeu divin. PHUSIS est une gamme de vins et un mouvement philosophique hors des sentiers battus : un attentat contre l’uniformisation, une porte ouverte sur de nouvelles possibilités d’existence.

Cette partie du site présente le mouvement phusique : ce qu’est la phusis, comment le mouvement est né, ce qui le distingue.

Vie phusique

PHUSIS exprime un rapport au monde, une écoute et expérience globale des choses comme union des contraires : toute éclosion et production se jouent à partir du retrait et de la destruction. Chaque victoire provient de quantité de défaites. Toute vie émerge d’un champ de morts. Ce qui se montre à la surface est le fruit de mille choses qui se cachent dans les profondeurs. Le tronc, les branches, les feuilles d’un arbre reposent sur toute une vie intérieure prenant sa source dans ses racines ; vie mystérieuse faite d’incessants va-et-vient microscopiques ; vie cachée en rapport constant avec ce qui l’entoure, de près et de loin, finalement le monde entier : respiration, nutrition, digestion, conservation, croissance, vie, et en même temps rejet, déperdition, mort. Idem pour l’homme et pour tout phénomène de la nature.

PHUSIS : union des contraires

L’un ne va jamais sans l’autre, nulle part, chez personne : tout être vivant, tout phénomène de la nature est en même temps clair et obscur, grand et petit, froid et chaud, riche et pauvre, simple et complexe, sain et malade, fort et faible, beau et laid, amoureux et pas, lent et rapide, lourd et léger, intelligent et stupide, bref vivant et mort. Simple question de perspective, de vision du monde, d’accent, d’interprétation, d’histoires qu’on se raconte. Ce n’est jamais l’un ou l’autre, mais toujours les deux à la fois, l’un et l’autre, et même plus : l’un dans l’autre, avec un côté qui se manifeste plus fort que l’autre. Au fond, l’un éclot de et dans l’autre. Tout n’est que différences de degrés du même : deux versants d’une même réalité, d’une même colline, que nous appelons « phusis », en écho à l’expérience grecque archaïque de la nature, sous l’égide de « Dionysos », dieu grec trop tôt négligé, puis rejeté.

Quête d’équilibre et dépassement de soi

L’équilibre provient de l’union harmonieuse des contraires, du jeu harmonieux entre l’un et l’autre. Non pas de la suppression d’un côté (le laid, le faux, le mauvais) au profit de l’autre (le beau, le vrai, le bon), mais de l’accord dans le jeu interdépendant des deux. Sérénité : conséquence de cet équilibre, de cette harmonie, de ce jeu. Sérénité spontanée de tous les phénomènes de la nature – sérénité à retrouver pour l’homme empêtré dans ses structures de pensée analytiques. Joie : affirmation du jeu, dépassement de soi, accroissement de ses possibilités d’existence : le grand oui à la vie en son caractère problématique et contradictoire ; le grand oui au jeu du monde, tel qu’il est, sans rien y retrancher. Jubilation dans la souffrance. Par-delà bien et mal. A la merci des forces qui nous dépassent – forces que nous appelons « phusiques » et « dionysiaques ».

A l’écoute du monde

Si notre monde a un sens, s’il y a des buts à atteindre, ce ne sont sans conteste pas des buts rationnels, humains, idéalistes, égoïstes, sociaux : un travail lucratif, une femme et de beaux enfants dans une jolie villa, un chalet à la montagne, l’amour sans faille, la santé parfaite, le bonheur perpétuel, la jouissance sans fin, auréolée de médailles, de titres et de puissance. Non : les buts du monde dépassent ceux des hommes en quête de bonheur, de pouvoir et de reconnaissance.

Phusis se met à l’écoute des buts phusiques, dionysiaques qui nous traversent : qu’il s’agit de reconnaître, auxquels il s’agit de se fier, auxquels il s’agit de se plier. Coûte que coûte. Buts bien loin des humanités, de la politique, de l’économie, de l’intelligence de l’homme intelligent, de la richesse du riche, de l’arrogance de l’arrogant. Expérience, affirmation et maîtrise des forces qui nous dépassent ; prolongement de celles-ci et dépassement de soi en harmonie avec le monde dans son ensemble, selon sa cohérence propre. Exemplarité. Prolongement des puissances supra-humaines qui façonnent le monde, loin des aspirations sociales, intelligentes, individuelles.

Tribut et tâche du phusicien

Le phusicien se met à l’écoute des choses. Il accepte d’être à leur merci : tributaire des forces qui le dépassent, il se plonge en lui-même et dans les phénomènes en leurs multiples dimensions pour laisser parler et prolonger la phusis elle-même. Si la conception objectiviste et mécaniste de la nature part du point de vue de l’homme qui cherche à tout saisir, classer, consommer, manipuler et transformer à sa convenance, l’expérimentation phusique de la vie se caractérise par une affirmation complète de la pulsivité phusique, des forces dionysiaques, en même temps chaotiques et harmonieuses, en quête d’équilibre et de dépassement de soi, qui traversent tout phénomène et tout homme.

Enthousiasmé, porté par ces mystérieuses énergies, par cette étonnante musique de la vie, l’homme devient pour ainsi dire le médium de forces surpuissantes : expression de la vie elle-même. Œuvre d’art. Jouet de Dionysos.

Le vigneron phusique

Loin de considérer sa vigne comme un objet traitable et manipulable à sa guise – maximum de productivité pour un minimum de coûts –, le vigneron phusique cherche à se confondre avec elle pour l’épauler dans son évolution. Sensible à son environnement, il est un trait d’union : il est à l’écoute de l’ensemble des influences (terrestres, climatiques, solaires, lunaires, astrales, etc.) dont elle est tributaire. En disciple de Dionysos, selon les besoins, tantôt il les stimule, tantôt il les freine. En se gardant le plus possible d’employer des produits de synthèse. Il cherche à sentir, comprendre et accompagner les forces qui régissent le monde. Il se laisse guider par elles pour produire un vin le plus honnête, authentique et vrai possible, qui fait vibrer la part phusique en chacun de nous.

Le philosophe phusique

Le premier réflexe du philosophe phusique est d’abandonner sa subjectivité individuelle et ses aspirations personnelles pour laisser évoluer, vibrer et résonner, en lui et autour de lui, par ses pensées, ses textes ou ses actes, les puissances dionysiaques qui régissent le monde. En toute honnêteté et authenticité, il cherche à découvrir et libérer de nouvelles possibilités d’existence. Il est un signe vers le monde en sa nature d’enfantin jeu divin. Une porte ouverte sur de nouveaux horizons de pensée et de vie. Il met tout en œuvre pour que l’homme se libère l’esprit – et le corps. Il se bat contre l’abrutissement, la quête de profit, la consommation, le divertissement qui se généralisent. Il est un terroriste de la pensée, ou plutôt de l’absence de pensée.

D’où provient le terme « phusis » ? Vous trouverez la réponse ici.

L’histoire de la découverte du mouvement phusique et la présentation de ce dernier se trouvent .

3 réponses à “Bienvenue”

  • stang dit :

    remarquable, bon chemin de vigne !

  • Laure Gfeller dit :

    Cher Philosophe phusique!

    Quelle magnifique partition que vos textes de présentation!!!Ils sont si vivants, génératifs, éveilleurs!
    De là l’envie irrésistible d’être de continuer à être chacune et chacun dans sa propre vigne une philosophe phusique
    terroriste de la pensée/conditionnement/prison.

    Bonheur, félicitations et…santé!

  • Vanden Eynde dit :

    Bonjour,

    Merci pour votre site ! J’enseigne l’usage du Tarot depuis de nombreuses années. Le Tarot enseigne une vision du monde et de l’homme basée sur l’union des contraires. Carl G. Jung également. Etc. Votre texte d’introduction est la dernière correspondance de sens qui m’est apparue…

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