Météo bizarre

6 janvier 2015 | Commentaires (2) | Chroniques, Clés de lectures, Pensées phusiques

NEIGEMeteo bizarre QC’est quand même pas possible ce temps ! On ne sait pas si on est en été ou hiver. Et si au moins il faisait beau et chaud ça irait encore, mais non : un jour il fait chaud, le lendemain froid, il pleut, il neige, il y a du soleil. On n’y comprend plus rien. Impossible de profiter correctement de la saison de ski ni de faire quoi que ce soit d’autre. On a beau dire, il y a quand même un problème climatique. Alors selon vous, c’est parce qu’on ne fait pas assez attention à l’écologie ?

*

Meteo bizarre RLa météo, le temps qu’il fait : notre sujet de conversation préféré à tous ! Un des seuls sujets dont on peut parler sans avoir peur de se tromper, où on peut dire à peu près tout et n’importe quoi sans risquer de passer pour un con : qu’il fait trop chaud ou trop froid, que rien n’est plus comme avant, que les prévisions sont de plus en plus nulles, que tout fout le camp, qu’il n’y a plus de saison, qu’on n’y comprend plus rien, ou encore que c’est à cause de l’écologie, de la pollution, ou de je ne sais quoi encore.

On peut dire à peu près tout et n’importe quoi sans passer pour un con. Alors qu’on est quand même joliment con, non ?, en disant ça ? Quand, d’une manière générale, on parle de météo, du temps qu’il fait, qu’il devrait faire, qu’il a fait, qu’il aurait dû faire, qu’il aurait pu faire. Avec tous les gens qu’on rencontre : sa voisine, un collègue de bureau, sa copine, son fils, son épouse – avec qui on est d’ailleurs souvent pas vraiment d’accord quand il s’agit de raconter le temps qu’il a fait au retour des vacances…

Ce n’est pas vrai ? N’est-ce pas un peu con de parler de météo, alors qu’il y a tellement de choses intéressantes qu’on pourrait dire, qu’on pourrait se dire, se raconter, partager : sur la vie, la mort, nos sensations, nos doutes, nos problèmes, nos angoisses, nos fantasmes, et bien sûr les manières qu’on a, à la longue, trouvés et développés pour les surmonter.

Et on parle de la météo. On raconte que tout fout le camp et que c’est à désespérer comme on n’y comprend plus rien. Mais est-ce vraiment à désespérer ? Et si, justement, la météo venait nous rappeler que l’homme n’était pas la mesure de toute chose. Nous rappeler que le charme de la vie, le mystère de la vie est justement dans ce qu’on ne comprend pas, dans ce qui n’a pas d’explication rationnelle à toute épreuve ?

Mais oui : si on comprenait tout, si tout était parfaitement compréhensible, la vie ne serait tout simplement plus la vie ! Au lieu de tout comprendre, ce qu’il faut, c’est peut-être plutôt chercher à sentir les choses, apprendre à les aimer, les accompagner, les faire évoluer au mieux.

Bien sûr, la semaine de ski parfaite, pendant les vacances de Noël, avec plein de neige, plein de soleil, des conditions de rêve, personne sur les pistes, bien sûr, la semaine de rêve, ça aurait été parfait. Mais, justement, à bien y regarder, le parfait, le rêve, ça n’existe que dans nos têtes – et pas dans la réalité !

Et l’écologie alors, dans tout ça ? Bien sûr qu’on n’y fait pas assez attention ! Bien sûr que l’homme a une influence grandissante sur l’environnement, une influence excessive, démesurée, néfaste. Pourquoi ? Précisément en raison du rapport erroné qu’on entretient au monde, de notre fâcheuse volonté, outrée, de le rendre parfait, de tout mettre en œuvre pour qu’il soit conforme à nos idées et à nos rêves.

Est-ce que ça veut dire que la nature est mise en péril par l’homme ? Non, affirmer ça est une fois encore faire un trop grand cas de l’homme ; et surtout négliger la puissance de la nature. Oui, avec son arrogance, ses idées démesurées, sa volonté de puissance et de confort outrés, l’homme ne fait à vrai dire que se mettre en péril lui-même …

*

Tous les mardis, PHUSIS donne une perspective phusique à une actualité, un événement, un extrait de texte, une pensée, une sensation, un problème ou n’importe quel phénomène jubilatoire ou inquiétant de notre monde formidable. Le matin, à 6h30, un phusicien poste un bref article, sous forme de question à méditer. Puis, à midi, PHUSIS propose une réponse et mise en perspective.

2 réponses à “Météo bizarre”

What's this?

You are currently reading Météo bizarre at Michel Herren.

meta