Les Bacchantes | Prélude

30/03/2012 | Commentaires (0)

Prélude 1 Malcolm – Cadmos et la fondation de ThèbesPOUR NOUS METTRE DANS L’AMBIANCE des Bacchantes d’Euripide, la première chose à faire, c’est de nous rendre en Grèce, la terre de nos célèbres ancêtres les Grecs. Une fois là-bas, il nous faut encore reculer dans le temps. Non seulement de quelques années ou de quelques décennies, ou même de quelques siècles, mais de plusieurs millénaires. Il nous faut reculer jusqu’à cette époque très lointaine, bien différente de la nôtre, marquée par le règne des dieux : une époque où la vie des hommes est tout simplement impensable sans la présence des dieux.   Cadmos et la fondation de Thèbes L’histoire qui nous concerne commence avec un jeune homme du nom de Cadmos. Un jeune homme pas comme les autres en ce qu’il se sent investi d’une mission. Pour la découvrir, il fait ce que tout le monde ferait à sa place : il se rend au sanctuaire de Delphes où siège le plus fameux oracle... Suite

Bacchantes (vers 1-22) | Epiphanie de Dionysos à Thèbes

05/05/2012 | Commentaires (0)

Prologue 1 – Présentation rezoomée ALORS QUE PENTHÉE, LE ROI DE THÈBES, est sur le point d’employer la force pour ramener les femmes en délire sur le droit chemin, pour les faire revenir des montagnes à la ville, de la nature sauvage à leur foyer, de leur sombre folie à la claire raison, un mystérieux jeune homme, à l’allure orientale, aux cheveux longs et aux habits amples, se présente soudain aux portes de la cité, fameuse pour ses sources de Dircé et son fleuve l’Isménos. Dès son arrivée, l’étrange individu dévoile son identité : il se nomme Dionysos ; il est le fruit des amours du divin Zeus et de la mortelle Sémélé, qui n’est autre que la fille de Cadmos, le fondateur de la ville. On le devine sans peine : si le dieu se fait jour sous forme humaine et non divine, c’est pour mieux se faire connaître et reconnaître par les Thébains. La première chose que Dionysos relève en pénétrant dans la cité... Suite

Bacchantes (vers 23-54) | Comment Dionysos se fait reconnaître à Thèbes

26/05/2012 | Commentaires (5)

Prologue 2 – Présentation DÈS QU’IL ARRIVE, DIONYSOS s’empare de la ville de Thèbes. Non pas par les armes, en écrasant de force les hommes et les phénomènes qui lui résistent. Non, Dionysos s’immisce dans la terre, le terreau, la ressource même de la cité : il y déchaîne les femmes ; il en fait ses suivantes, c’est-à-dire des… bacchantes, du nom de Bacchos, une des fameuses appellations de Dionysos – celle reprise par les Romains, qui l’appelleront Bacchus, et le réduiront toujours davantage au dieu du vin, de l’ivresse, des orgies et de la démesure. Pour faire des femmes ses suivantes, Dionysos leur octroie deux de ses symboles : une peau de faon, appelée nébride en grec, signe d’insouciance, de légèreté et de liberté propre au jeune animal sauvage, ainsi qu’un bâton entouré de feuilles de lierre, un thyrse, qui confère à celui qui le brandit force et vigueur. Après avoir pourvu ainsi les femmes de Thèbes, Dionysos leur fait quitter leur statut... Suite

Bacchantes (vers 55-73) | Le chœur des Lydiennes

11/06/2012 | Commentaires (0)

Prologue 3 Prés H4nDIONYSOS N’EST PAS ARRIVÉ SEUL À THÈBES. Il se trouve accompagné de ses suivantes, ses compagnes de voyage regroupées en ce qu’on appelle un thiase – une confrérie de fidèles réunis pour des rites ne faisant pas partie des cultes officiels de la cité. Il s’agit en l’occurrence d’un groupe de Lydiennes qui chante et danse en l’honneur de son dieu. Le chœur qu’elles forment ne se déplace pas les mains vides : il a amené avec lui des « tambourins phrygiens » ; des instruments de percussion d’origine asiatique qui sont caractéristiques en Grèce des cultes dionysiaques – notamment en raison de leur capacité à mettre en transe musiciens et auditeurs. Dionysos relève d’ailleurs qu’il en est lui-même le concepteur ; lui-même et Rhéa, divinité volontiers nommée la Mère des dieux ou Grande Mère ; généalogiquement la fille de Gaïa (la Terre) et d’Ouranos (le Ciel), l’épouse de Cronos (le roi des Titans), la mère de Zeus et donc… la grand-mère de... Suite

Bacchantes (vers 74-104) | Servir le dieu né deux fois

05/07/2012 | Commentaires (2)

74-103 PrésentationAPRÈS AVOIR ORDONNÉ À TOUS LES THÉBAINS de sortir de chez eux et de se rassembler, en silence, pour laisser le chant en l’honneur de Dionysos se déployer de par le monde, le chœur se met à célébrer celui qu’il appelle « le bienheureux » : l’homme à tel point fortuné par les dieux qu’il en vient à se confondre avec eux, à vivre dans la même joie, la même absence de troubles, soudain  épargné par l’incessant va-et-vient des phénomènes qui caractérise son existence de mortel. Mais qu’on se le dise : si tout le monde peut bénéficier d’une telle faveur, elle n’est toutefois pas accordée à n’importe qui. Loin de là : seul celui qui se comporte comme il faut, qui reconnaît et expérimente comme il se doit la puissance des dieux, qui par suite met tout en œuvre pour se purifier de ses idées et réflexes humains, se trouve ainsi gratifié de la fortune des immortels. Initié à la célébration des mystères... Suite

Bacchantes (vers 105-134) | Célébration de Thèbes et des grottes de Crète

07/08/2012 | Commentaires (0)

105-134 PrésentationPRIS PAR UN ÉLAN ENTHOUSIASTE  suite à la célébration de la double gestation et naissance de Dionysos, le chœur s’adresse à la « nourrice de Sémélé », c’est-à-dire à la ville de Thèbes, au sens où la cité est le terreau, la terre nourricière de la mère du dieu. Comme les suivantes de Dionysos, Thèbes doit se couronner de la plante grimpante et exubérante qu’est le lierre. L’enjeu est toujours le même : que toute la ville se consacre au dieu et devienne de part en part bacchante. Or pour ce faire, Thèbes doit s’orner de rameaux de chêne et de sapin, se muer en cette sorte de lierre qu’est le smilax, fleurir en abondance et produire des fruits à profusion. Et pour parachever sa métamorphose, il faut encore qu’elle ceinture de laine en boucles blanches sa nébride, sa peau de faon tachetée portée sur les épaules ; il faut qu’elle la ceinture, afin qu’elle ne flotte ni ne traîne, mais soit marquée... Suite

Bacchantes (vers 135-169) | Joyeuse douceur dionysiaque

20/09/2012 | Commentaires (0)

135-169 – Présentation A LA FIN DE SA PREMIÈRE INTERVENTION, le chœur s’extasie sur la joyeuse douceur de son dieu lorsqu’il initie les célébrations bachiques. Comme il est heureux et doux Dionysos Bromios quand, dans les montagnes, loin de la vie civilisée, il court avec les membres de ses thiases ! Il se confond avec ses fidèles : ensemble, ils foncent à travers bois et clairières une pareille peau de faon sacrée sur les épaules. Mais, tout à coup, le dieu se distingue de sa fervente horde. Il plonge sur le sol, attrape une bête, traque son sang, la saigne tel un bouc sacrificiel et se met à en dévorer la chair crue – joie de l’homophagie ! En procédant de la sorte, le dieu est l’exarque des bacchantes : il donne à ses thiases le signal du commencement du rituel festif. Et voilà que Dionysos et son cortège, où qu’ils soient, se voient transposés dans les montagnes asiatiques de Phrygie et de Lydie. Et voilà... Suite

Tirésias et Cadmos en route vers Dionysos | Bacchantes (vers 170-214)

20/10/2012 | Commentaires (0)

170-214 – Présentation SUITE AU CHANT DU CHŒUR, TIRÉSIAS, le vieux devin aveugle, apparaît aux portes du palais royal de Thèbes. Il annonce avoir rendez-vous avec un homme encore plus vieux que lui : Cadmos, que nous savons être le fondateur de la cité, et que Tirésias présente comme le fils d’Agénor, natif de Sidon, en Phénicie. Conscients de l’importance de Dionysos, les deux vieillards ont prévu de partir rejoindre ses fidèles : de rendre les thyrses vigoureux et resplendissants, d’endosser les peaux de faon, de couronner leur tête de lierre et de participer ainsi aux thiases bachiques dans la montagne. L’attente de Tirésias n’est que de courte durée : voilà que Cadmos arrive déjà, après avoir reconnu de l’intérieur du palais la sage voix de son non moins sage ami. Paré des vêtements du dieu, il est prêt à rejoindre les troupes dionysiaques. Et ce d’autant plus que la divinité récemment revenue dans la ville n’est autre que son petit-fils, le fils de sa... Suite

Penthée face aux nouveaux maux de Thèbes | Bacchantes (215-247)

28/12/2012 | Commentaires (0)

215-247 – PrésentationALORS QUE TIRÉSIAS ET CADMOS sont sur le point de quitter la ville de Thèbes pour rejoindre les femmes parties danser avec Dionysos-Bacchos dans les montagnes, Penthée arrive vers le palais. En voyage loin de sa cité, le roi a été mis au courant des troubles qui agitent Thèbes : il a appris qu’en son absence, les femmes ont quitté leurs maisons, abandonné la ville pour s’adonner dans les montagnes à de soi-disant fêtes bachiques ; qu’elles se sont élancées dans les endroits les plus reculés pour produire des chœurs en l’honneur d’un dieu tout nouveau, flanqué du nom de… Dionysos. De retour à Thèbes, Penthée ne peut retenir ses cris, qui résonnent tout alentours : quoi, après avoir tout mis en œuvre pour rendre sa cité la plus juste, la plus ordonnée, la plus paisible et donc la meilleure possible, elle se trouve en proie à des maux aussi inédits qu’incompréhensibles ? Des maux d’autant plus incompréhensibles que les femmes semblent avoir... Suite

Nouvelle mauvaise surprise pour Penthée | Bacchantes (vers 248-265)

12/01/2013 | Commentaires (0)

247-265 – PrésentationAPRÈS AVOIR CLAMÉ SON DÉSARROI, sa colère et sa soif de vengeance vis-à-vis des maux qui assaillent sa cité, Penthée se rend soudain compte qu’il n’est pas seul. Le voyant débouler, hors de lui, à la porte du palais, Cadmos et Tirésias ont en effet interrompu leur départ pour les montagnes. Curieux de l’entendre, ils sont restés là, dans un coin, et ont écouté ses jérémiades. Forcément, le roi tressaille quand il remarque les deux hommes dans leur accoutrement bachique. Nouvelle mauvaise surprise pour lui : la folie n’a pas seulement pris les femmes de la ville ; les plus sages et nobles aînés ont eux aussi perdu la raison. Et voilà que les cris de révolte de Penthée redoublent. Quoi ? Le devin Tirésias, le plus fameux interprète des signes divins, s’est affublé d’une nébride en peau de faon ? Et quoi ? Son propre grand-père, Cadmos, le célèbre fondateur de Thèbes, se ridiculise lui aussi en tenant dans sa main un narthex,... Suite

Discours de Tirésias

20/02/2013 | Commentaires (6)

Dionysos détail 266-297 – PrésentationAPRÈS AVOIR APPRIS LES TROUBLES QUI S’ABATTENT SUR THÈBES, le rationaliste et moraliste Penthée est revenu au palais. Hors de lui, il a crié à tue-tête sa colère. Et sa fureur a encore redoublé quand il a remarqué que son grand-père Cadmos et le devin Tirésias, les deux hommes les plus sages de la cité, participaient eux aussi aux scandaleux débordements ; et même plus : qu’ils y avaient leur part de responsabilité. Suite à la tentative du chœur de guider le roi sur le bon chemin, de lui faire reconnaître et intégrer l’incontournable Dionysos dans la cité, voilà que Tirésias prend à son tour la parole. En bon prophète qu’il est, Tirésias sait trouver les mots qui conviennent. Il commence par énoncer une généralité : pour un homme sage – sage au sens où il est privilégié, inspiré par les dieux –, il n’est pas difficile de bien choisir ses sujets de conversation, de trouver de beaux thèmes de paroles, et... Suite

Puissance de Dionysos

14/03/2013 | Commentaires (4)

Delphes 1 298-329 – Présentation APRÈS AVOIR INDIQUÉ à Penthée combien ses propos et son refus de reconnaître Dionysos sont insensés, Tirésias présente dès lors un nouvel aspect de sa puissance et importance : en plus d’être le pendant de Déméter-Gaia, l’humide qui vient répondre au sec, en plus de constituer, par le vin qu’il fait couler, l’unique remède aux maux des hommes, Dionysos Bacchos est également un mantis, un devin. En effet, quand il se plonge de part en part dans un corps, quand il lui insuffle sa mania, sa folie bachique, il transmet tout un savoir-faire mantique, tout un art divinatoire : l’homme qui en est la proie dépasse soudain son humanité et rationalité et se trouve capable de prédire l’avenir. Et ce n’est pas tout : Dionysos a aussi son rôle à jouer dans le domaine d’Arès, le dieu de la guerre. Par sa même mania, il est en mesure de frapper de peur n’importe quelle armée en ordre de bataille : de la dissoudre... Suite

Cadmos conseille Penthée

24/04/2013 | Commentaires (0)

236px-NAMA_Actéon 330-342 – PrésentationSUITE à L’EXPOSITION par Tirésias de la puissance et du caractère incontournable de Dionysos, et suite à la ratification de son discours par le chœur, Cadmos prend à son tour la parole pour tenter de détourner Penthée de sa tendance anti-dionysiaque. Après avoir attesté la valeur des conseils du prophète, Cadmos supplie son petit-fils de cesser de filer son mauvais coton et de renouer avec les lois et bonnes mœurs traditionnelles, fondées sur l’écoute, l’harmonie et le bon ordre de toute chose, hommes et dieux compris, au sein du monde. A vrai dire, Cadmos a deviné la nature du mal qui frappe Penthée : il est victime de sa raison, de sa puissante raison ; si puissante qu’elle est devenue hypertrophique. Au point que son esprit s’est mis à se faire des idées, à fantasmer et imaginer quantité de choses tout aussi scandaleuses qu’impossibles ; et voilà qu’il s’est mis à croire qu’on peut comme ça, du jour au lendemain, transformer et... Suite

Révolte de Penthée

24/06/2013 | Commentaires (0)

Autel aux dieux 342-357 – RéalimentationAPRÈS LA VAINE TENTATIVE de Tirésias de remettre le roi Penthée sur le bon chemin, Cadmos est à son tour venu faire entendre à son petit-fils combien il se fourvoie en refusant Dionysos dans sa cité. Notamment en lui indiquant quel danger il encourt de survaloriser la puissance de sa petite raison humaine aux dépens de la grande raison divine. Croyant en toute naïveté être parvenu à le détourner de sa vision simpliste du monde, il s’approche alors de son petit-fils pour lui couronner la tête de lierre et en faire un serviteur du dieu. Mais Penthée ne l’entend pas de cette oreille. Et même plus : complètement sourd aux mises en garde de son grand-père, il réagit de manière on ne peut plus vive et violente : « Non, bats les pattes ! Ne me touche pas ! », s’écrie-t-il irrité, comme s’il craignait d’attraper par seul contact la dangereuse maladie dont est selon lui victime son grand-père. La situation est sans issue : Cadmos et Penthée... Suite

Un Tirésias lucide

09/07/2013 | Commentaires (0)

Bacchant et thyrse 358-369 – RéalimentationEN DÉPIT DES EFFORTS de Cadmos et de Tirésias pour faire entendre à Penthée combien il se méprend dans ses pensées et réactions, ce dernier est resté sourd à leurs mises en garde. Emporté par une inouïe folie vengeresse, il s’est d’autant plus empressé d’organiser sa révolte face aux prétendus responsables des troubles qui frappent sa cité. C’est ainsi que le devin Tirésias, qu’il considère comme l’instigateur éhonté de tous les maux, verra son siège prophétique mis à sac ; et c’est ainsi que l’étranger efféminé qui stimule les pulsions les plus basses de la gente féminine sera arrêté, lapidé et ridiculisé à mort à l’occasion d’une ultime danse macabre. Loin d’être effrayé par l’élan destructeur du roi, Tirésias est bien plutôt résigné. De guerre lasse, il se rend à l’évidence qu’il n’y a plus rien à faire, que le « malheureux obstiné », comme il l’appelle, ne recouvrera pas ses esprits. Si l’entêté Penthée a commencé par perdre son bon sens –... Suite

Le chœur cautionne Cadmos et Tirésias

01/09/2013 | Commentaires (0)

Banquet 370-401 – RealimentationALORS QUE CADMOS ET TIRÉSIAS ont quitté le palais pour rejoindre les Bacchantes dans les montagnes et se mettre au service de l’incontournable Dionysos, le chœur vient faire le point de la situation en invoquant la divine Hosia, « souveraine parmi les dieux » ; Hosia, la déesse qui « porte sur terre son aile d’or », qui prend autrement dit le monde sous sa riche et brillante aile protectrice, garantissant par-là la bonne évolution des phénomènes au sein du tout. Hosia, la divine personnification de l’hosia, de la piété, sainteté, pureté incarne en effet le bon équilibre et l’harmonie qui découle de la fidèle conformité aux prescriptions divines. Si le chœur invoque Hosia, c’est pour qu’elle vienne se prononcer sur l’affaire en cour, à savoir la terrible lutte qui se joue entre Penthée et Dionysos. C’est ainsi que le chœur demande à la déesse si elle entend les propos de Penthée ; si elle entend son hubris, sa démesure, le manque de dévotion et de... Suite

Projet d’exil du chœur

09/09/2013 | Commentaires (0)

Chypres - Aphrodite Realimentation 401-431SOUS PROTECTION DE LA DÉESSE HOSIA – la divine piété, garante de l’harmonie du tout –, le chœur a nettement pris position en faveur de Cadmos et Tirésias dans le conflit qui oppose Penthée à Dionysos au sein de la cité de Thèbes. Le manque de bon sens du roi est flagrant : il se fourvoie face à Dionysos, dont il néglige et l’importance et l’influence ; il pèche par hubris ; ses délirants agissements sont tellement excessifs qu’ils représentent un immense danger pour la cité. Au point que, privé de sa tâche de porte-parole des bonnes mœurs traditionnelles, le chœur en vient à souhaiter quitter Thèbes et s’exiler à Chypre, l’île d’Aphrodite, la déesse de l’amour, de la beauté, des désirs, des plaisirs et des forces irrépressibles de la fécondité ; Chypre, où Dionysos n’est pas relégué aux oubliettes. Loin de la ville de Thèbes prise dans les griffes de la raison et de la morale imposées par Penthée, le chœur souhaite côtoyer les... Suite

Dionysos prisonnier de Penthée

07/10/2013 | Commentaires (0)

Dionysos Reactualisation 432-452A PEINE LE CHŒUR A-T-IL FINI SON CHANT, cautionné la position de Tirésias et de Cadmos et dévoilé son projet de quitter la ville de Thèbes pour l’île de Chypre – où le désir, l’amour et la vie dionysiaques se déploient en toute liberté –, voilà que reviennent les gardes. On s’en souvient : un peu plus tôt, furax, Penthée les avait envoyés capturer le dangereux étranger à l’allure féminine qui sème la zizanie dans la cité. Loin de rentrer bredouilles, ils ont bel et bien réussi à mettre la main sur celui qui avait pourtant été présenté comme une proie particulièrement terrible. Et même beaucoup plus facilement que prévu : en reprenant le vocabulaire de chasse précédemment employé par Penthée pour désigner Dionysos, le chef des gardes souligne en effet, dans un oxymore bien parlant, la « douceur » de l’« animal sauvage » ; indiquant au passage la double nature du dieu, à la fois indomptable, farouche, dangereux telle la panthère, et suave, agréable, savoureux comme... Suite

Tête-à-tête Penthée-Dionysos

03/11/2013 | Commentaires (0)

Dionysos cheveux longs realimentation 453-470OBÉISSANTS, LES GARDES VIENNENT DE lâcher les bras de la curieuse proie efféminée qu’ils ont ramenée au palais. Voilà que débute le tête-à-tête entre les deux adversaires : entre, d’un côté, Penthée, le roi de Thèbes, chantre du bon ordre rationnel et moral au sein de la cité ; et de l’autre Dionysos, le dieu à forme humaine, symbole des mystérieuses forces de vie en général. L’humaine volonté de savoir et de maîtrise va-t-elle l’emporter sur le divin mouvement musical de la vie ? Nous connaissons la réponse depuis le début : l’homme sera finalement dilacéré en punition de son arrogance. Fidèle à sa vision pragmatique du monde, Penthée commence par observer l’étranger ; non sans le regarder avec dédain et faire suivre d’une explication chacun de ses jugements. Il affirme d’abord que le corps de son interlocuteur n’est pas sans beauté ; belle forme, belle apparence qui, si elle n’est pour sûr pas au goût du roi, semble par contre parfaitement adaptée aux critères des femmes ;... Suite

Chacun sa longueur d’onde

09/12/2013 | Commentaires (0)

Henri Michaux-brunidor Realimentation – 471-491DÈS LE DÉBUT, L’ÉCHANGE ENTRE Penthée et Dionysos est un dialogue de sourds. Ils ne sont pas sur la même longueur d’ondes : en juge hautain et éhonté, le roi de Thèbes s’appuie sur sa logique rationnelle, descriptive ; sous les traits de l’étranger, en joueur moqueur et énigmatique à souhait, Dionysos fait entendre sa mystérieuse musique tragi-comique. Jusqu’ici, Penthée s’est montré à la fois agacé et fasciné par l’étranger. Il a commencé par se moquer de la belle apparence, efféminée, de son interlocuteur : de son corps trop gracile, de sa chevelure trop bouclée, de sa peau trop désirable. Puis il l’a interrogé sur son genre, son origine ; avant de passer aux scandaleuses célébrations qu’il a amenées en Grèce. Joueuses et ambiguës, les réponses de l’étranger ont tôt fait de devenir désagréables aux oreilles du roi. Elles évoquent en effet ce qu’il a le moins envie d’entendre : non seulement l’existence et l’importance de Dionysos, comme fils de Zeus et de Sémélé,... Suite

Le ton continue de monter

05/01/2014 | Commentaires (0)

Dionysos assis entre deux yeux Realimentation – 492-518PENTHÉE ET DIONYSOS ont une vision et expérience du monde tellement différente qu’ils ne peuvent s’entendre. D’autant moins que tous deux sont plein de vigueur et défendent leur position non seulement avec verve, mais avec leur spontanéité et logique propres : Penthée, le roi, met tout en œuvre pour mieux structurer la cité selon ses idées, à l’aide de sa sérieuse raison humaine ; sous les traits du Lydien, Dionysos fait pour sa part virevolter sa joueuse nature divine pour garantir la bonne harmonie du monde dans son ensemble. Aussi, à chaque réplique, le ton et l’incompréhension ne cessent de monter. Quand Penthée annonce au Lydien qu’il sera puni pour ses « méchants sophismes », ce dernier rétorque – un sourire en coin – que c’est au contraire lui, le roi, qui paiera pour son ignorance et impiété envers le dieu ; avant de s’enquérir des terribles souffrances qui lui sont réservées. Dans sa réponse en trois temps, Penthée semble se contenter de lister... Suite

Apparition du Dithyrambe

02/03/2014 | Commentaires (0)

Cep de vigne face au soleil Realimentation 519-536TOUJOURS AUSSI FIER ET SOURD aux diverses mises en garde qu’on lui fait, Penthée vient de commettre un énième acte d’hubris en faisant attacher l’étrange Lydien – qui n’est autre que Dionysos – aux râteliers des sombres écuries du palais. Pendant ce temps, un tambour annonce l’arrivée du chœur. De retour sur scène, le chœur s’adresse à la divine Dircé, symbole des pures eaux de Thèbes ; Dircé, la fille d’Achéloos, le plus grand fleuve de Grèce ; Dircé, la souveraine et belle vierge thébaine, divine source qui jadis a reçu et lavé dans ses eaux courantes, dans ses flots jaillissants, le nouveau-né de Zeus, le petit Dionysos ; rejeton fœtal que Zeus lui-même a arraché du brûlant ventre de sa mère, l’humaine Sémélé, foudroyée par le feu immortel de son divin amant quand ce dernier a accepté de se montrer à elle dans tout l’éclat de sa splendeur. C’est donc grâce à elle, Dircé, que Zeus a pu laver et sauver son rejeton... Suite

Appel de Dionysos

11/05/2014 | Commentaires (0)

acheloos Realimentation 537-574IL Y A PEU, LE CHŒUR EST RÉAPPARU sur scène, et s’est adressé à Dircé, symbole de l’originelle pureté des eaux thébaines. Dircé, jadis favorable à Dionysos, aujourd’hui au service de Penthée qui impose ses idées et sa vision du monde jusque dans les moindres recoins de la cité. Voilà que le chœur se prononce sur le roi, dont il relève et commente l’immense et profonde colère, issue de son ascendance chtonienne. S’il aspire tant à la lumière, à la clarté, au bon ordre et à la stabilité, ce n’est pas par hasard – on se le rappelle, jamais, les choses ne se passent par hasard –, mais parce qu’il est indirectement né de Gaïa, la terre. Indirectement, en tant que fils d’Echion, dont le nom est apparenté à échis, la vipère, le serpent, en lien avec la dent de dragon de laquelle ce dernier a surgi, en armes, parmi d’autres guerriers autour de Cadmos – le grand-père de Penthée... Suite

Dionysos s’avance

26/10/2014 | Commentaires (0)

Palais détruit On est à une époque très lointaine, en Grèce. Le roi Penthée vient de rentrer d’urgence dans sa cité de Thèbes, en proie au désordre. Prises de folie, de frénésie, les femmes ont quitté leurs foyers et sont parties célébrer des forces obscures dans les montagnes. On raconte que c’est un dieu, Dionysos, fils du divin Zeus et de la mortelle Sémélé, qui est à l’origine des troubles. Guidé par sa claire raison, Penthée ne s’en laisse pas compter. Pour retrouver l’ordre, il ordonne d’arrêter et d’emprisonner l’étrange et énigmatique étranger, vêtu à l’orientale, les cheveux longs, les habits amples et la langue terriblement bien pendue qui se fait passer pour le disciple du fameux dieu. Sûr de sa vision du monde et de ses manières de faire, le roi est dès lors persuadé qu’il a repris le contrôle de sa cité. Mais c’est sans compter sur la puissance de Dionysos, sur le point d’intervenir en personne dans la cité… * Realimentation_575-603LE CHŒUR VIENT... Suite

Dionysos joueur illusionniste

23/11/2014 | Commentaires (0)

Guerrier Realimentation_604-641DDionysos vient d’intervenir pour la première fois explicitement dans sa cité d’origine. Après s’être fait entendre, de loin, aux bacchantes, il a fait trembler la terre et a lancé un éclair sur le palais du néfaste Penthée. Epouvantées, ses suivantes se sont jetées sur le sol. Mais voilà que l’étrange étranger, qui s’est fait emmener dans les prisons du palais pour s’y faire séquestrer, en ressort tranquillement. D’emblée, il les félicite d’avoir su percevoir, reconnaître et réagir comme il fallait à la toute-puissance que Bacchios vient de mettre en œuvre en secouant et enflammant le palais du roi. Puis, il les exhorte, elles, les « femmes barbares » comme il les appelle – au sens où elles sont étrangères, non grecques, non affiliées à la ville de Thèbes – à se relever et à chasser le tremblement qui a assailli leur corps. Finie la peur, le danger est passé : la confiance est de mise ! Evidemment, les bacchantes ne manquent pas d’exprimer leur enthousiasme : les... Suite

Penthée, l’étranger – et un messager

18/01/2015 | Commentaires (4)

Mur Bacchantes reactualisationPenthée vient d’être victime de toute une série d’illusions. D’abord il a cru avoir ligoté et séquestré l’étrange Lydien, rétablissant par là l’ordre dans sa cité. Puis il a vu son palais en feu. Et enfin il a cru voir son ennemi dans la cour, prêt à se faire embrocher. Après avoir couru dans tous les sens, avoir été affolé et trompé par toute une série de mirages, voilà que le roi arrive, avec ses grosses chaussures, vers les bacchantes et l’étranger. Que dira-t-il ? Que racontera-t-il de tout ceci ?, s’enquiert de son ton calme et rieur le sage et divin étranger. Loin de chercher à s’en cacher, Penthée avoue d’emblée qu’il éprouve des choses terribles, incompréhensibles, qui le mettent hors de lui : l’étranger, qu’il avait pourtant solidement enchaîné aux râteliers, a réussi à se libérer et à s’échapper. La situation est cocasse : révolté par ce qui lui arrive, aveuglé par la colère, le roi ne remarque même pas qu’il se... Suite

Récit du messager

05/04/2015 | Commentaires (0)

Bacchants R Bacchantes 677-713Alors que Dionysos, sous les traits de l’étranger, converse tout sourire avec le furax Penthée devant son palais à Thèbes, un messager, berger des montagnes, arrive en hâte du Cithéron pour raconter ce qu’il y a vu à propos des femmes de la cité. Connaissant la susceptibilité et la violence du roi, le pâtre commence sur la pointe des pieds, tant son récit est incroyable. Mais, curieux, Penthée lui promet de ne pas le punir, quoi qu’il dise. Et le messager de raconter que, tôt le matin, alors qu’il venait de conduire son troupeau de jeunes bêtes à cornes du côté des rochers, alors que les rayons du soleil commençaient à chauffer le sol, il est tombé sur trois groupes de femmes, reconnus comme autant de thiases bachiques. Trois groupes de bacchantes emmenés par les trois dames les plus importantes de la cité : Autonoé et Ino, les tantes du roi, et Agavé, sa mère ! D’abord, toutes dormaient encore, le... Suite

Attaque des femmes

14/06/2015 | Commentaires (0)

déchiquètement Attaque des femmes Nous sommes toujours à Thèbes, devant le palais de Penthée, avec le roi et… Dionysos sous les traits de l’étranger. Tous deux écoutent attentivement le messager-berger en train de narrer ce qui se trame avec les femmes là-haut, dans les montagnes. Dionysos tout sourire, Penthée en même temps furax et curieux. Et le messager-berger de raconter qu’en voyant les actions des femmes, tous les bouviers et bergers présents n’ont pas tardé à se rassembler pour faire le point de la situation ; et arriver à la conclusion que les bacchantes s’adonnent à des actes à la fois tout à fait terribles et mystérieux, étonnants. C’est alors qu’un homme différent d’eux s’est avancé : non pas un campagnard, mais un citadin, qui aime fréquenter la ville, les places publiques, et qui est par suite expert en discours. Or ce dernier leur a proposé de les aider, eux les bergers et bouviers qui habitent les vénérables plateaux des montagnes ; plateaux sauvages, qu’il s’agit... Suite