Archive par mois

janvier 2021

Que faire face à ce qui nous arrive ?

La question est vertigineuse, sans réponse de l’ordre du grand salut mondial.

L’enjeu est de trouver des moyens de s’en sortir, à titre individuel, inter-individuel, collectif. Ne pas rester seul, chercher des traces, trouver des points d’appui, des compagnons de lutte, dans sa sphère familiale, son travail, ce qu’il nous reste de vie sociale, quitte à ce que ce soit sur les réseaux sociaux. Garder le lien le plus étroit possible avec les gens qui nous entourent pour réfléchir, ensemble, aux mesures, aux injonctions, aux possibilités. S’organiser, trouver des moyens de lutte, de résistance ; initier des projets pour se défendre.

Cette réflexivité et organisation collective est notre planche de salut. Elle permet de construire des lieux de partages, d’espoirs, de santé, de liberté et de vie. C'est là une tâche historique.

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Que faire si les citoyens se méfient et s’organisent ?

L’horizon est sombre : la crise du Covid se dévoile toujours davantage comme l’amorce de toute une série de crises, sanitaires, sociales, politiques, économiques, techniques, climatiques.

Difficile, au vu de la gestion actuelle du Covid-19, pour les citoyens, de faire confiance aux élites, aux dirigeants, aux médias, aux structures en place. Un abîme s’ouvre entre le discours politico-journalistique et les aspirations au bon sens, au partage, à la santé et joie de la plupart.

Conséquence : les gens se mettent à réfléchir, à s’organiser, en marge des discours officiels.

Que faire si les citoyens se méfient, se rassemblent et s’organisent ?

Deux possibilités se présentent à nos élites :

  1. Se remettre en question et s’ouvrir à l’intelligence collective
  2. Renoncer à la discussion et à la contestation – et abandonner la démocratie…

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Droit dans le mur ?

La crise révèle nos faiblesses structurelles : les dangers liés à notre tendance à la rationalisation binaire, à la bureaucratie, à la normalisation, à la numérisation, à la peur.

Ce penchant implique une telle mise à l’écart de la sensibilité, de l’intelligence et de la complexité du vivant que la plupart se met à douter du discours officiel, de la parole des élites, scientifiques, politiques ou médiatiques, qui semblent nous guider… droit dans le mur.

Conséquence : la révolte gronde de plus en plus fort chez les gens. En face, les élites se replient sur leurs idées et leurs avantages, renforcent leur position et excluent toujours davantage les visions divergentes. Au lieu de les considérer comme des chances pour mettre les choses en perspective et amorcer de nouveaux chemins, salubres pour la vie de tous.

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Crise : 18% de dépressifs, surtout des jeunes

La crise sanitaire a pour conséquence la démultiplication des dépressions sévères, notamment chez les jeunes. Sans la moindre mise en perspective, la Télévision suisse allemande SRF a diffusé ce mardi 25 janvier 2021 les chiffres très inquiétants de notre Task Force nationale à l’exemple du dénommé Christian.

Le jeune Christian est musicien et artiste indépendant. Depuis le début de la crise, il est la proie de la peur et victime d’une lourde dépression. Au point de ne plus pouvoir pratiquer son métier.

Plus aucune raison de sortir
« Les phases se sont multipliées quand j’ai commencé à remarquer que je n’avais plus aucune raison de sortir, que je n’avais plus de raison de planifier l’avenir – tellement tout est devenu incertain. Tout ne se passe plus que via l’ordinateur. A longueur de journée, tu es assis devant ton ordinateur et néglige tout le reste. »

Christian n’est pas seul dans cet état, écrit SRF. Un sondage national réalisé par la Covid-Task-Force nationale montre que les dépressions sévères ont augmenté de manière massive depuis le début de la pandémie.

Chiffres très inquiétants
Dominique de Quervain, Neuroscientifique à l’Université de Bâle : « Avant la vague de pandémie, le nombre de personnes à forts symptômes dépressifs avoisinait les 3% de la population. Ce dernier a grimpé à 9% durant le lockdown, puis à 18% durant la deuxième vague. Voilà qui nous fait souci. »

Les personnes les plus touchées sont les jeunes, poursuit SRF, ajoutant que la Task Force demande une aide rapide en cas de besoins financiers ainsi que des mesures pour réduire le stress dans les écoles et universités.

Retour à Christian : le stress l’a poussé au blackout. Frustré, il a frappé contre un mur et s’est cassé la main. Aujourd’hui, il essaie de s’en sortir à l’aide de psychothérapie, de médicaments et de promenades à l’air libre.

Absence de mise en perspective sur un chiffre énorme
Ce que SRF a oublié de faire, c’est mettre ces chiffres en perspective : 18% de dépressifs sévères, cela représente 1,5 millions de personnes en Suisse. Un chiffre énorme comparé aux 8500 morts du ou avec le Covid (2,2 millions dans le monde).

Pour éviter d’engorger nos hôpitaux et sauver quelques mois de vie de personnes très âgées et très malades, on est en train de sacrifier – en cultivant la peur et en démultipliant le stress lié aux mesures– une grande part des personnes les plus sensibles de notre société : les plus sensibles, les plus créatrices, les moins inscrites dans le système – et par suite les plus à même d’ouvrir de nouvelles possibilités d’existence.

Lien vers la vidéo de SRF
Lien vers l’étude de la Task Force

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Croyance opiniâtre des élites aux idées progressistes des lumières

Ce qui empêche que la situation se détende, c’est la croyance opiniâtre des élites aux idées progressistes des lumières.

Convaincue de la supériorité de son rationalisme moral, l’oligarchie techno-scientifique, politique et médiatique ne doute jamais de sa tâche face au clair-obscur de la vie. La question ne se pose même pas : tout ce qui n’est pas clair, lisse, propre, beau, bon, sain doit le devenir.

Comment faire ? Tous les moyens sont bons pour se débarrasser des ombres : chaque anfractuosité, chaque saleté, chaque maladie doit disparaître. Tout doit être mis en œuvre pour améliorer le monde et continuer à progresser vers la lumière.

Ce faisant, nos élites font une terrible erreur : se trompent sur la vie, par nature incertaine et ambigüe. Au lieu d’en prendre soin, de l’accompagner productivement, ils veulent la transformer. Ils ne cessent de créer par là des déséquilibres, qui poussent la vie et les gens de bons sens à la révolte.

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Le terme «pandémie» justifie l’inacceptable

Ce que nous vivons est certes une « épidémie » très large, très problématique, très difficile à maîtriser ; un véritable problème sanitaire, compliqué à gérer, pour nos responsables politiques, nos hôpitaux, mal préparés, mal renforcés. Mais ce n’est pas une « pandémie » au sens de l’imaginaire qu’ouvre le mot.

Ce que nous vivons ne nous place pas tous dans un danger de mort imminent, comme le mot « pandémie » le laisse entendre.

Le terme de « pandémie » produit un tel choc, une telle sidération, une telle peur qu’il permet la bascule dans un « régime d’exception ». Le concept lui-même justifie des mesures inédites, il y a peu encore inimaginables, toujours plus restrictives et inacceptables.

A bien y regarder, la bascule qui se joue n’est pas nouvelle, mais en germe depuis bien longtemps, bien avant la crise. La crise n’est qu’un accélérateur hors normes de la transition numérique, de la restriction des libertés, du contrôle de l’information et de la séparation des gens.

A lire : Barbara Stiegler, De la démocratie en Pandémie. Santé, recherche, éducation (Gallimard, 2020)

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Le Covid-19 n’est pas tant une « pandémie » qu’une « syndémie »

Dans un de ses éditoriaux de fin d’année dernière, le rédacteur en chef du Lancet Richard Horton explique dans quelle mesure le Covid-19 n’est pas tant une « pandémie » qu’une « syndémie » ; néologisme qui allie « synergie » et « pandémie » pour signifier la conjonction de plusieurs maladies dont le dommage est plus grand que la simple somme de ces dernières.

Le Covid est au fond un révélateur de l’immense danger que représentent pour nos hôpitaux et la société tout entière les maladies chroniques liées à nos modes de vie : cardiopathies, hypertension, accidents vasculaires, cancer, affections respiratoires, diabète, etc.

Si leur risque et mortalité se trouvent décuplés par le Covid, ils le sont d’autant plus par nos réponses sanitaires.

A lire : Barbara Stiegler, De la démocratie en Pandémie. Santé, recherche, éducation (Gallimard, 2020)

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Nos « élites » ont-elles perdu le sens de la terre ?

Pourquoi le tournant moraliste chez la plupart de nos polytechniciens, dirigeants et journalistes ? Parce qu’ils ont perdu le sens de la terre ?

Plongés dans leurs travaux d’objectivation, de catégorisation, de standardisation, de modélisation, la plupart de nos polytechniciens, de nos dirigeants et journalistes en oublient leur corps, leur sensibilité, leur esprit et… leur bon sens. Victimes du stress, de la sédentarité, de la malnutrition, ils se retrouvent soudain bien malgré eux parmi les plus fragiles, ceux qu'il s’agit partout de protéger...

La tête dans leurs écrans, ils ne se rendent pas compte que leurs idées, leurs schémas, leurs progrès, leurs vérités ne sont le plus souvent que des leurres vis-à-vis de la complexité de la vie ; de dangereuses fictions, dont ils sont d’autant plus sûrs que leur technologie est puissante.

Comment leur faire entendre que leur activité a tendance à les arracher – et à leur suite tout un chacun – de la réalité de la vie, de la terre, où santé et maladie, plaisir et souffrance, richesse et pauvreté, vérité et erreur, vie et mort, tout ce qu’ils ne cessent de séparer, va au fond toujours de pair ?

Sûrs de leurs méthodes, de leurs modèles, de leurs résultats, de leurs institutions, ils se sentent investis d’une mission : rendre le monde conforme à leurs idées. Démesure, arrogance – au nom de l’ancienne morale.

La ressource même de la vie, le caché, le mystérieux, le sensible est oublié, écarté, écrasé – tout comme les conséquences des outrages faits à la vie…

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Bienvenue en Absurdistan

Le 7 mars prochain, les Suisses vont voter pour l’initiative « Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage ».

Cette initiative populaire veut modifier la constitution pour y indiquer que : « Nul ne peut se dissimuler le visage dans l’espace public ».

Les auteurs du texte soumis au vote argumentent : « des questions fondamentales du vivre-ensemble sont en jeu », « la dissimulation du visage symbolise l’oppression de la femme », il « est normal de se montrer à visage découvert lors d’une conversation. »

Cette votation apparaît comme un sommet d’absurdité dans la période que nous vivons.

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Ecoutons les anciens !

Au lieu d’écouter en boucle nos « élites » scientifiques, politiques, médiatiques, tournons-nous vers nos anciens, qui ont tant d’expérience et de sagesse à partager.

«A 25 ans, on a encore le sentiment parfaitement légitime d’être immortel. A 80 (…), on sait qu’on est mortel et on ne supporte pas que les libertés fondamentales de l’être humain soient sacrifiées pour éviter la mort », répond Suzette Sandoz à un internaute suite à son article «Dictature sanitaire» sur son blog « Le grain de sable ».

Loin de peindre le diable sur la muraille, les anciens nous rappelleront l’importance de la santé, de l’ouverture et du courage pour affronter la vie comme elle va et vient, avec ses heurs et ses malheurs. Ils nous apprendront qu’il faut nous battre au quotidien pour défendre nos libertés fondamentales. Ils nous dévoileront leur vœux le plus cher : pouvoir mourir dignement, la conscience tranquille…

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