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Crise de l'info

« Comment témoigner d’un monde qui va vers sa ruine les yeux bandés et le visage couvert ? »

Dans son petit livre Quand la maison brûle, publié en italien en 2020 et récemment en français chez Payot & Rivages (traduction Léo Texier), le philosophe Giorgio Agamben se demande : que faire quand la civilisation s’effondre ? « Il faut continuer comme toujours, à tout faire avec précision et soin, peut-être de façon plus studieuse encore... » Continuer à faire jaillir les forces de vie, de partage, de vérité que portent la langue, la poésie, la philosophie, les visages. Premiers paragraphes du livre ci-dessous.

Giorgio Agamben est un des plus grands philosophes politiques de notre temps. Il est reconnu depuis plus d’un demi-siècle dans le monde entier pour ses travaux, notamment en biopolitique. Son œuvre principale consiste en une grande trilogie, Homo Sacer, cœur d’ouvrages divers, plus accessibles. Pour le qualifier d’une seule expression, Agamben est le penseur des « formes de vie » : de la « vie nue » (zoè), strictement pragmatique, quantitative, chiffrée, aujourd’hui protégée et contrôlée à tout prix, aux dépens du bios, la vie qualitative, sensible, intellectuelle, spirituelle, sociale, affective, politique. Il est aussi grand théoricien de l’Etat d’exception : de l’écrasement mécanique, historique et contemporain, de l’Etat de droit par le contrôle généralisé et sans limites de la vie nue.

Depuis le début de la crise, Agamben s’engage à la mettre en lumière en regard de la pensée et de l’histoire occidentale. Non sans pointer des similitudes entre l’instauration et la normalisation actuelle de l’Etat d’exception sanitaire avec l’Etat d’exception initié par Hitler à son arrivée au pouvoir en 1933 en Allemagne. En avril 2020, Agamben alertait qu’un seuil avait, par les mesures prises, été franchi dans nos démocraties libérales entre humanité et barbarie (commentaire pour la NZZ traduit de l’allemand par PHUSIS : « Un pays, une culture est en train d’imploser et personne ne semble s’en inquiéter »). La semaine dernière, choqué par l’intervention d’Agamben sur ce qui est en train de se tramer dans une vidéo postée début décembre, le journaliste Andreas Tobler a écarté d’un coup de balais le philosophe dans le Tages Anzeiger et tous les journaux suisses-allemands du groupe Tamedia. Il relève que « le philosophe italien Giorgio Agamben compte parmi les penseurs contemporains les plus importants », mais considère que par son analyse de la crise du Covid, « le voilà qui s’est rendu complètement impossible ». Inquiétant.

Le texte ci-dessous est le début du petit livre d’Agamben Quand la maison brûle, traduction Léo Texier, Payot & Rivages, 2021. Que faire quand la maison brûle ? « Il faut continuer comme toujours, à tout faire avec précision et soin, peut-être de façon plus studieuse encore... » Continuer à faire jaillir les forces de vie, de partage, de vérité que portent la langue, la poésie, la philosophie, les visages.

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« Rien de ce que je fais n’a de sens, si la maison brûle. » Pourtant, alors que la maison brûle, il faut continuer comme toujours, à tout faire avec précision et soin, peut-être de façon encore plus studieuse encore – même si personne ne devait s’en rendre compte. Il peut arriver que la vie disparaisse sur Terre, que plus aucune mémoire ne demeure de ce qui a été fait, ni du bien, ni du mal. Mais toi, continue comme avant ; il est trop tard pour changer, il n’y a plus de temps.

« Ce qui se passe autour de toi / n’est plus ton affaire. » Comme la géographie d’un pays que tu dois quitter pour toujours. De quelle façon, cependant, te concerne-t-il encore ? Maintenant précisément que ce n’est plus ton affaire, que tout semble fini, chaque chose et chaque lieu montrent leurs plus vrais visages, ils te touchent, d’une certaine façon, de plus près – tels qu’ils sont : splendeur et misère.

La philosophie, langue morte. « La langue des poètes est toujours une langue morte […] c’est curieux à se dire : une langue morte qui sert à donner plus de vie à la pensée. » Peut-être non pas une langue morte, mais un dialecte. Que philosophie et poésie parlent dans une langue qui est plus et moins qu’une langue, cela donne la mesure de leur rang, de leur vitalité particulière. Peser, juger le monde à l’aune d’un dialecte, d’une langue morte et, néanmoins, jaillissante, où il n’y a pas même à changer une virgule. Continue à parler ce dialecte, maintenant que la maison brûle.

Quelle est cette maison qui brûle ? Le pays où tu vis ou bien l’Europe, ou encore le monde entier ? Peut-être les maisons et les villes ont-elles déjà brûlé, depuis on ne sait combien de temps, dans un unique et immense brasier que nous avons feint de ne pas voir. De certaines il ne reste que quelques bouts de cloisons, de murs peints à fresque, un pan de toiture, des noms, des noms innombrables, déjà attaqués par le feu. Nous les recouvrons néanmoins si minutieusement de plâtres blancs et de mots trompeurs qu’ils semblent intacts. Nous vivons dans des maisons, des villes consumées de fond en comble comme si elles tenaient encore debout. Les gens feignent d’y habiter et sortent dans la rue masqués parmi les ruines comme s’il s’agissait encore des quartiers familiers d’autrefois.

Aujourd’hui la flamme a changé de forme et de nature, elle s’est faite digitale, invisible et froide, mais par là aussi justement toujours plus proche ; elle rôde et nous encercle à chaque instant.

Qu’une civilisation – une barbarie – sombre pour ne pas se relever, cela est déjà survenu et les historiens sont habitués à marquer et dater les ruptures et les naufrages. Mais comment témoigner d’un monde qui va vers sa ruine les yeux bandés et le visage couvert, d’une république qui s’effondre sans lucidité ni fierté, dans l’abjection et la peur ? Leur aveuglement est d’autant plus désespéré que les naufragés prétendent gouverner leur propre naufrage, ils jurent que tout peut être tenu techniquement sous contrôle, qu’il n’y a besoin ni d’un nouveau dieu ni d’un nouveau ciel – mais seulement d’interdits, d’experts et de médecins. Panique et escroquerie.

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Tribune : « Une nouvelle religion vaccinale est née en Occident »

L’idéologie de la vaccination intégrale et répétée des populations est une sorte de nouvelle religion, avec son dieu, ses grands maîtres argentiers, ses dévots, ses techniques de propagande de masse et ses mensonges éhontés. Des droits humains sont violés, des discriminations sont créées : les citoyens sont dressés les uns contre les autres. Dans une tribune déjà signée par 1500 universitaires, médecins et soignants, le sociologue directeur de recherche au CNRS Laurent Mucchielli décrypte ce qui est en train de se dérouler dans nos sociétés occidentales. Du grain à moudre pour tous ceux qui aiment la vie comme elle va et vient, avec ses joies et ses peines, sa santé et ses maladies.

Le texte ci-dessous a été publié publié ici, sur Quartier Général, Le média libre, le dimanche 12 décembre 2021.

L’idéologie de la vaccination intégrale et répétée des populations est une sorte de nouvelle religion, avec son dieu, ses grands maîtres argentiers, ses dévots, ses techniques de propagande de masse et ses mensonges éhontés. En ouvrant désormais la voie à la vaccination des enfants et en créant par ailleurs entre les citoyens des discriminations inédites pour des régimes réputés démocratiques, elle viole des droits humains que l’on croyait « inaliénables » et dresse les citoyens les uns contre les autres. Plus de 1.200 universitaires, médecins et soignants alertent dans une tribune sur QG, le média libre.

La séquence d’appel à la vaccination des enfants par le gouvernement français ce lundi 6 décembre était écrite d’avance. L’Agence européenne du médicament (EMA) avait autorisé le 25 novembre l’usage des vaccins expérimentaux contre le Covid-19 chez les enfants âgés de 5 à 11 ans, ne faisant que suivre une nouvelle fois la Food and Drug Administration (FDA) américaine (communiqué du 29 octobre). Ceci ne concerne plus désormais que le produit de Pfizer/BioNTech, même s’il faut bien par ailleurs continuer à écouler le stock de celui de Moderna dans les vaccinodromes. En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) lui emboîtait le pas en proposant (le 30 novembre) de vacciner tous les « enfants fragiles », à savoir « tous ceux qui présentent un risque de faire une forme grave de la maladie et de décéder et pour ceux vivant dans l’entourage de personnes immunodéprimées ou vulnérables non protégées par la vaccination ». Elle appelle cela « la stratégie du cocooning », une appellation d’apparence bienfaisante, qui masque le fait que les enfants sont bien moins contaminants que leurs parents et leurs enseignants (comme le montre une étude de l’Institut Pasteur). Et la HAS annonce déjà qu’elle « se prononcera ultérieurement sur la pertinence d’élargir cette vaccination ». Le premier groupe (les enfants « à risque ») concernerait déjà au bas mot 360.000 personnes. Mais, bizarrement, la HAS ne chiffre pas le second groupe, celui des « enfants de 5 à 11 ans vivant dans l’entourage de personnes immunodéprimées ou celui de personnes vulnérables non protégées par la vaccination ». Il faut dire que, selon le gouvernement, le taux de vaccination des personnes de plus de 65 ans dépasse les 92% en France, de sorte que l’on ne voit pas très bien combien de « personnes immunodéprimées ou vulnérables » ne seraient pas encore vaccinées. Mais peu importe en réalité, l’essentiel est de continuer la grande marche en avant vers la vaccination intégrale (et répétée tous les six mois au minimum) de toute l’humanité. Telle est la nouvelle religion qui se répand dans le monde et permet aux grands maîtres argentiers Pfizer et Moderna d’engranger 1 000 dollars de bénéfice par seconde à chaque instant de nos vies, le tout orchestré par leurs vassaux régionaux que sont devenus la plupart des gouvernements occidentaux ainsi que les agences internationales – à commencer par une Commission Européenne emmenée par une Ursula von der Leyen orchestrant la grande opération vaccinale tout en ayant un fils travaillant pour le cabinet McKinsey et un mari directeur d’une entreprise de biotechnologies orientée vers les thérapies génétiques.

En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) propose de vacciner tous les « enfants fragiles », à savoir « tous ceux qui présentent un risque de faire une forme grave de la maladie et de décéder »

Les ressorts éculés de la propagande de masse

Pour y parvenir, ces gouvernements (et les nombreux journalistes qui les suivent au garde-à-vous) utilisent toutes les vieilles ficelles de la propagande. La logique de base est celle qu’expliquait déjà Jacques Ellul il y a 60 ans (Propagandes, 1962) : « En face de la propagande d’agitation [des révolutionnaires, des putschistes, des terroristes], nous trouvons la propagande d’intégration, qui est la propagande des nations évoluées, et caractéristique de notre civilisation. C’est une propagande de conformisation ». En effet, « dans une démocratie, il faut associer les citoyens aux décisions de l’Etat. C’est là le grand rôle de la propagande. Il faut donner aux citoyens le sentiment d’avoir voulu les actes du gouvernement, d’en être responsables, d’être engagés à les défendre et à les faire réussir ». On reconnaît là le fondement de ce qui est appelé nudge de nos jours, un mot anglais à la mode pour désigner de vieilles techniques de marketing et de publicité. C’est en effet aux années d’entre-deux-guerres que remonte cette conception moderne de la propagande. L’un de ses maîtres à penser fut Edward Bernays, dont toute l’œuvre de propagandiste et de publicitaire reposait sur l’idée que « la masse est incapable de juger correctement des affaires publiques et que les individus qui la composent sont inaptes à exercer le rôle de citoyens en puissance qu’une démocratie exige de chacun d’eux : bref, que le public, au fond, constitue pour la gouvernance de la société un obstacle à contourner et une menace à écarter », comme le résume son préfacier français.

Le premier socle permanent de cette propagande est la peur, qui permet de placer les sujets en état de suggestibilité. Après avoir longtemps nié l’existence des variants (sans doute parce que c’est l’IHU de Marseille qui le montrait), le gouvernement s’en est emparé pour renouveler cette stratégie de la peur. Chaque nouveau variant permet ainsi de relancer l’idée simplette des « vagues » successives censées nous submerger, et vient justifier de nouvelles étapes dans l’objectif de vaccination intégrale, tout en détournant l’attention des véritables causes de la mortalité occasionnée par ces virus. Causes qui sont essentiellement d’une part la proportion croissante de personnes atteintes de maladies chroniques environnementales (obésité, diabète, insuffisances cardiaques ou respiratoires, etc.), d’autre part la tiers-mondisation de l’hôpital public.

Vient ensuite la technique de propagande « blouses blanches et galons » bien décrite par Etienne Augé (Petit traité de propagande. À l’usage de ceux qui la subissent, 2007). Elle consiste à « faire appel à des individus disposant de par leur titre, grade ou mandat, d’une autorité sociale susceptible de bénéficier d’une crédibilité sans rapport avec leurs propos et de provoquer chez leur audience une adhésion à leurs idées, arguments ou actions ». Ainsi peut-on constater dans les médias « l’apparition de spécialistes-professionnels, capables d’intervenir sur des sujets dont ils n’ont parfois pas une connaissance suffisante mais sur lesquels ils parviennent à s’exprimer avec un langage convaincant. Leur discours est perçu par la plupart des non-spécialistes comme un avis valant expertise car on a pris soin de les présenter, par exemple par le biais d’un bandeau à la télévision, en mettant en valeur leurs titres, tels que docteur, professeur, général, ainsi que leur domaine d’expertise ». Bien entendu, pour que cela fonctionne, il faut soigneusement dissimuler leurs fréquents liens avec les industries pharmaceutiques.

En outre, les gouvernements comme celui de la France utilisent massivement un autre classique de la propagande d’Etat qu’Etienne Augé appelle « le choix truqué ». Il consiste à « proposer à un public un choix, comme s’il lui revenait de trancher et de choisir la meilleure option, tout en sachant à l’avance quel sera le résultat de cette consultation. Ainsi, le propagandiste met l’auditoire devant l’alternative entre un choix inacceptable qui sera nécessairement rejeté, et une option qui apparaîtra comme peu désirée mais inéluctable devant l’ampleur du danger qui menace ». Vaccinés ou reconfinés ? Vaccinés ou remasqués ? Vaccinés, guéris ou morts ? L’histoire était écrite d’avance pour qui sait la reconnaître: « on utilise le choix truqué principalement pour expliquer des sacrifices ou pour annoncer des mesures drastiques. Il n’est pas rare, dans ces cas-là, que l’on utilise des expressions inquiétantes, car l’objectif est de montrer qu’il n’existe qu’une solution pour prévenir une catastrophe ». Et l’auteur de conclure que le chef politique doit alors« s’imposer dans un rôle de sauveur qui sait apprécier l’altruisme de ses ‘ouailles’. Il peut demander qu’on lui sacrifie certaines libertés primaires afin de mieux garantir la sécurité de chacun dans des temps troublés. Cette technique se retrouve à l’origine de la plupart des systèmes de domination massifs qui conduisent à des dictatures ».

Enfin, arrive la technique de la grenouille ébouillantée dans la célèbre fable : plongez une grenouille dans de l’eau bouillante et elle bondira pour s’échapper, mais plongez-la dans de l’eau froide et portez progressivement l’eau à ébullition, la grenouille s’engourdira et finira par mourir de cette cuisson sans s’en apercevoir. Les gouvernements usent et abusent de cette technique de contrainte en passant leur temps à jurer que telle obligation n’arrivera jamais ou que telle catégorie de la population ne sera jamais concernée, afin de ne pas alarmer la population. Tout en réalisant la chose petit à petit. Ainsi la vaccination fut-elle d’abord réservée aux personnes les plus âgées et aux professionnels de soins. Ensuite, elle a été élargie progressivement aux adultes des tranches d’âge inférieures, avant de passer aux adolescents, puis aux enfants. Aujourd’hui ce sont les enfants réputés « fragiles », pour continuer à jouer le noble rôle de protecteur. Demain, ce sera en réalité la totalité.

La réalité n’a pas grand-chose à voir avec cette propagande

La réalité, elle, se moque de ces manipulations des peuples. Elle se résume en cinq constats.

Figure 1 : Évolution par rapport à 2019 du nombre de décès cumulé selon l’âge

Source : INSEE, état civil. Nombre de décès quotidiens transmis jusqu’au 8 novembre 2021
Note de lecture : manque l’année sur la dernière couleur (1er mars-30 avril 2020)

Le premier est que la prétendue « pandémie du siècle » n’a jamais menacé les personnes âgées de moins de 60 ans. S’il y a bien une catégorie de personnes qui ne risquent rien statistiquement, ce sont les enfants. Les statistiques de mortalité établies par l’INSEE montrent même que les personnes âgées de moins de 25 ans ont connu une sous-mortalité en 2020 et 2021 par rapport à 2019 (Figure 1 ci-contre). Quant à celles âgées de 25 à 49 ans, elles n’ont globalement pas vu la différence. La figure montre aussi que, sur la période actuelle (1er juin – 8 novembre 2021), il n’y a pas non plus de surmortalité chez les 50-64 ans.

Le deuxième constat est qu’il n’est pas justifié d’annoncer systématiquement le pire, aujourd’hui l’imminence d’une « cinquième vague ». La réalité est d’abord qu’il est fallacieux de présenter une courbe des « cas positifs » (qui dépend de nombreux facteurs, à commencer par la fréquence des tests) comme une courbe du nombre de « malades ». L’immense majorité des personnes porteuses de ce virus ont toujours été peu ou pas symptomatiques. Ensuite, les hospitalisations et les décès augmentent certes lentement, mais c’est le cas chaque année à cette période d’entrée dans l’hiver. Les données du réseau Sentinelles (un réseau français qui existe depuis 1984 et qui constitue un échantillon de plusieurs centaines de médecins généralistes faisant remonter leur activité médicale sur les maladies infectieuses) montrent même que le nombre de malades se situe actuellement très en deçà non seulement des deux principales épidémies de Covid (mars-avril 2020 et octobre-novembre 2020), mais aussi des années de plus fortes grippes saisonnières (Figure 2 ci-contre). Ceci signifie que la spécificité de l’épidémie de Covid ne réside probablement pas dans sa dangerosité intrinsèque, mais bien plutôt dans la réponse thérapeutique, ou plutôt l’absence de réponse thérapeutique, qui lui a été opposée par les médecins du fait des consignes gouvernementales qui ont privilégié d’abord des mesures non-pharmaceutiques (confinements, couvre-feux, etc.), ensuite la « solution vaccinale ».

Figure 2 : comparaison du nombre de malades recensés lors des épidémies de Covid (2020-2021) et des épidémies de grippes saisonnières 2019 et 2020

Source : réseau Sentinelles, mise en forme IRSAN

Le troisième constat est que la vaccination se dirige vers 100% de couverture de la population générale sans que cela ne change rien à la dynamique des épidémies successives provoquées par les variants. C’était déjà le cas du variant Delta (Indien) lors de l’été dernier, et c’est à nouveau le cas du variant sud-africain dit Omicron (apparemment moins dangereux que les précédents). La conclusion est fatale : le sauvetage par la vaccination générale est un mythe. Comme toutes les religions, il ne repose que sur la foi des croyants. La réalité, visible depuis plusieurs mois, est que la vaccination n’enraye nullement la propagation de l’épidémie. Et pour cause, il est bien établi que la vaccination n’empêche ni la contamination ni la transmission du virus.

Le quatrième constat est que, comme toutes les idéologies religieuses ou laïques, la vaccination intégrale est une structure psychorigide aveugle à tout effet pervers et sourde à toute remise en cause. En l’occurrence, il est tabou de parler d’effets indésirables graves liés à la vaccination des jeunes. Or la réalité est là, qui ne pourra pas être indéfiniment cachée sous le tapis. Les adeptes de la nouvelle religion ont déployé de grands efforts pour dénier toute pertinence aux données de pharmacovigilance qui étaient disponibles déjà l’été dernier. Ils ne pourront rien contre l’accumulation des publications scientifiques qui documentent notamment les risques inédits de problèmes cardiaques (thromboses, péricardites, myocardites) chez les adolescents vaccinés (voir par exemple iciiciiciici et ). En d’autres termes, le rapport bénéfice/risque est clairement défavorable à la vaccination des jeunes. Pour cette raison, plusieurs pays scandinaves ont déjà renoncé à injecter aux jeunes les vaccins ARNm, rejoints il y a quelques jours par le Japon. Au demeurant, lorsque le gouvernement avait saisi le Comité Consultatif National d’Ethique le 27 avril 2021, ce dernier avait conclu que « la vaccination des enfants de moins de 12 ans ne semble pas éthiquement et scientifiquement acceptable ». Mais qui se soucie encore de l’éthique ?

Enfin, le cinquième et dernier constat est que cette idéologie industrielle et scientiste de la vaccination intégrale fonctionne comme les religions en temps de crise par le passé. Elle a ses grands prêtres et ses dévots, qui monopolisent plus que jamais la parole sur les plateaux de télévision. Elle a son inquisition médiatique qui excommunie les penseurs déviants et rêverait de pouvoir les brûler comme jadis les sorcières. Et elle produit massivement des boucs-émissaires (les non-vaccinés) qui sont traités comme autrefois les pestiférés ou les lépreux, plus récemment les victimes du Sida que J.-M. Le Pen voulait enfermer dans des « sanatoriums ». Situation d’autant plus absurde que tout vacciné est un futur non-vacciné qui s’ignore, puisque tout sera remis en cause pour celui ou celle qui ne fera pas sa troisième dose, avant sa quatrième (déjà actée par M. Delfraissy), sa cinquième, sa sixième, etcetera. Le principe même du « pass sanitaire » a beau reposer sur un mensonge éhonté (répétons que la vaccination ne bloque ni l’infection ni la transmission), sa logique discriminatoire se déploie dramatiquement depuis plusieurs mois. Et comme si la perte d’emploi, le non-accès aux restaurants, aux lieux culturels, etc., ne suffisait pas, les gouvernements européens rivalisent à présent d’imagination contre l’espèce de nouvel ennemi public n°1 qu’est devenu le non-vacciné. A l’image de l’Autriche, il ne suffit plus d’exclure, on voudrait maintenant mettre à l’amende, punir et enfermer. Cette logique discriminatoire morbide, qui viole des droits humains que l’on croyait « inaliénables », dresse les citoyens les uns contre les autres et sera certainement décrite un jour par les historiens comme une sorte de folie collective orchestrée par des personnes ayant perdu tout sens des valeurs démocratiques et des droits de l’homme. Nous ne devons pas nous y résigner et rester muets devant un tel désastre intellectuel et moral.

Vous souhaitez soutenir cette tribune ? Vous êtes chercheur, universitaire ou professionnel de santé ? Vous pouvez signer en envoyant un mail ici (1500 signataires le lendemain de sa publication, le 13 décembre 2021) : tribune.liberte.expression@gmail.com

#OsonsPenser
#ApprenonsDesMeilleurs
#ViveLIntelligenceCollective

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Crise : 18% de dépressifs, surtout des jeunes

La crise sanitaire a pour conséquence la démultiplication des dépressions sévères, notamment chez les jeunes. Sans la moindre mise en perspective, la Télévision suisse allemande SRF a diffusé ce mardi 25 janvier 2021 les chiffres très inquiétants de notre Task Force nationale à l’exemple du dénommé Christian.

Le jeune Christian est musicien et artiste indépendant. Depuis le début de la crise, il est la proie de la peur et victime d’une lourde dépression. Au point de ne plus pouvoir pratiquer son métier.

Plus aucune raison de sortir
« Les phases se sont multipliées quand j’ai commencé à remarquer que je n’avais plus aucune raison de sortir, que je n’avais plus de raison de planifier l’avenir – tellement tout est devenu incertain. Tout ne se passe plus que via l’ordinateur. A longueur de journée, tu es assis devant ton ordinateur et néglige tout le reste. »

Christian n’est pas seul dans cet état, écrit SRF. Un sondage national réalisé par la Covid-Task-Force nationale montre que les dépressions sévères ont augmenté de manière massive depuis le début de la pandémie.

Chiffres très inquiétants
Dominique de Quervain, Neuroscientifique à l’Université de Bâle : « Avant la vague de pandémie, le nombre de personnes à forts symptômes dépressifs avoisinait les 3% de la population. Ce dernier a grimpé à 9% durant le lockdown, puis à 18% durant la deuxième vague. Voilà qui nous fait souci. »

Les personnes les plus touchées sont les jeunes, poursuit SRF, ajoutant que la Task Force demande une aide rapide en cas de besoins financiers ainsi que des mesures pour réduire le stress dans les écoles et universités.

Retour à Christian : le stress l’a poussé au blackout. Frustré, il a frappé contre un mur et s’est cassé la main. Aujourd’hui, il essaie de s’en sortir à l’aide de psychothérapie, de médicaments et de promenades à l’air libre.

Absence de mise en perspective sur un chiffre énorme
Ce que SRF a oublié de faire, c’est mettre ces chiffres en perspective : 18% de dépressifs sévères, cela représente 1,5 millions de personnes en Suisse. Un chiffre énorme comparé aux 8500 morts du ou avec le Covid (2,2 millions dans le monde).

Pour éviter d’engorger nos hôpitaux et sauver quelques mois de vie de personnes très âgées et très malades, on est en train de sacrifier – en cultivant la peur et en démultipliant le stress lié aux mesures– une grande part des personnes les plus sensibles de notre société : les plus sensibles, les plus créatrices, les moins inscrites dans le système – et par suite les plus à même d’ouvrir de nouvelles possibilités d’existence.

Lien vers la vidéo de SRF
Lien vers l’étude de la Task Force

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Mortalité inédite depuis 100 ans ? La RTS en plein biais cognitif

Peu avant le nouveau durcissement des mesures nationales du mercredi 13 janvier 2021, la Radio télévision suisse (RTS) a publié sur son site « La mortalité a atteint en 2020 des niveaux inédits depuis 100 ans ». Un article racoleur et trompeur, rempli de biais cognitifs qui témoignent d’une inquiétante désinformation de la part de notre service public.

L’article signé Valentin Tombez revient sur les chiffres et graphiques publiés par l'Office fédéral de la statistique (OFS). Il en conclut une surmortalité de 11% et vient « définitivement enterrer » l’idée que la pandémie ne tue que des personnes déjà en fin de vie. Conclusion et enterrement biaisés et faux.

Surmortalité de 11% ?
En écrivant que « l’OFS prévoyait environ 68'400 décès » pour 2020, Tombez omet d’indiquer qu’il s’agit là d’une moyenne, entre les 62'117 et 74'760 décès prévus. A compter la surmortalité à partir de la prévision haute, le pourcentage est de l’ordre de 1,5.

Fabien Balli-Frantz indique sur Bon pour la tête que si l’année 2020 a été plus meurtrière que la moyenne de ces 10 dernières années en Suisse, c'est le cas UNIQUEMENT pour les personnes (de plus en plus nombreuses) de 80 ans et plus. Pour les 40 à 69 ans, 2020 s’avère même la moins meurtrière depuis 2010. Passée inaperçue dans la presse, 2012 a pour sa part été plus fatale que 2020 pour toutes les classes d’âge.

La plus grande mortalité de ces 100 dernières années ?
Tombez s’appuie sur le graphique suivant comme témoin de la plus grande mortalité de ces 100 dernières années :

S’il est vrai que seule la grippe espagnole a causé plus de morts que l’an dernier, l’interprétation de Tombez ne tient pas compte du doublement de la population suisse qui apparaît dans le graphique de bas d’article.

Biais cognitif et idéologique
L’article de la RTS relève de la désinformation, ou « Fake news », comme la presse aime à le dire aujourd’hui. L’heure est au « débunkage ».

Le manque de mise en perspective génère une peur-panique en train de faire de cette crise sanitaire une immense catastrophe idéologique à terribles conséquences sociales et humaines.

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Inversion des puissances et des valeurs : Trump réduit au silence par Twitter et Facebook !

Suite aux événements de hier soir à Washington, le Président des Etats-Unis Donald Trump a été réduit au silence par ses deux canaux de communication de prédilection.

Le blocage de Trump a eu lieu suite à une vidéo dans laquelle il affirmait « comprendre ses partisans qui ont envahi le Capitole » ; affirmation considérée par les plateformes comme un appel à la violence. Le Président ne peut, depuis, plus rien partager pendant 12h sur Twitter, 24h sur Facebook.

Inversion des puissances et des valeurs : historiquement, le politique pouvait interdire des moyens de communication ; aujourd’hui, ces derniers musèlent l’homme politique le plus puissant de la planète.

Voilà qui pose d’énormes questions morales, démocratiques et éthiques. Aussi sur la transition numérique : voulons-nous être dirigés par des humains – aussi divers qu'ils puissent être – ou par des géants informatiques et leurs algorithmes ?

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Didier Raoult | Paroles de sagesse en marge du coronavirus (partie 2)

De guerre lasse face aux algorithmes, nous avons, il y a plus d’un mois, interrompu nos séries Didier Raoult et Jon Ferguson.

Alors que l’étau se resserre de nouveau, que l’incompréhension est plus que jamais de mise, PHUSIS revient dans la bataille. D’abord avec l’ensemble des « Paroles de sagesse en marge du coronavirus » de Raoult. Dans le cadre de sa lutte contre la peur, pour plus d’ouverture, de compréhension, de santé et de joie, PHUSIS Philosophie a retenu toute une série de pensées qui permettent de s’élever au-dessus du radotage des imbéciles.

Lien vers la partie 1

ON SE TROMPE SUR L’ÉLITE

Dans son entretien du 29 mai avec Raoult, le journaliste David Pujadas revient sur la position critique du Prof. et expert en virologie vis-à-vis des élites : « C’est quand même vrai que vous n’aimez pas les élites ! Vous pourfendez les élites… », dit-il. Et Raoult de rétorquer : « Je vais vous faire un aveu terrible : je ne pourfends pas du tout les élites. Le problème, c’est que nous n’appelons pas les élites la même chose… » Pujadas ne comprend pas : « Vous pourfendez les… élites parisiennes ». Et Raoult répond, en scientifique cultivé :

« Non, ce que je pense, c’est que le Paris actuel (qui n’est pas le Paris ancien, avec de très grandes gloires) ressemble au Versailles du 18e siècle. Ce que vous vivez (vous, les journalistes, ndlr), ça ressemble beaucoup à Saint-Simon : ces espèces de chuchotements, de babillages, d’excitations pour ce qui s’est passé – la marquise disait ceci, peut-être que le roi couchait avec un tel, etc. C’est un monde… (…) un microcosme déconnecté de la réalité. » Avant de poursuivre : « C’est comme ça que je le perçois. Et ça me gêne… »

Raoult est loin de Pujadas : « Vous, ce que vous appelez l’élite, c’est des gens qui disent : "Nous sommes l’élite !", mais ce n’est pas l’élite pour moi. C’est autre chose… Je n’ai rien contre l’élite. Au contraire : je suis extraordinairement élitiste ! »

Le poste, la renommée journalistique ne fait pas la qualité d’un individu. C’est aujourd’hui même plutôt le contraire, tant il faut être complaisant, se montrer docile, mainstream et avide de courbettes pour obtenir un poste, une interview…

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LE VRAI PROBLÈME, C’EST CELUI DE LA CRÉDIBILITÉ

Comment distinguer les vrais experts, la vraie élite, des imposteurs, des « pieds nickelés », comme les appelle Raoult dans son entretien du 29 mai avec Pujadas ?

« Les mondes dans lesquels on vit (celui des journalistes et celui des spécialistes, ndlr) sont différents, explique Raoult. […] Chacun joue son rôle ou celui qu’il croit pouvoir jouer. C’est un problème de fond, qui se pose depuis longtemps dans le journalisme. Le vrai problème, c’est celui de la crédibilité. Qui est crédible ? C’est une des questions les plus violentes actuellement : est-ce qu’on est crédible parce qu’on est nommé ? Ou parce qu’on est crédible tout court ? »

L’habit ne fait pas le moine : le titre, le statut, le poste ne détermine pas la qualité, le niveau d’une personne. Quel que soit le domaine, les spécialistes ne sont le plus souvent pas nommés pour leurs qualités, leur compétence, mais pour leur adaptabilité au système.

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IL NE FAUT PAS DÉPASSER LES LIMITES DE SA CONNAISSANCE

Dans son entretien du 29 mai avec Pujadas, Raoult présente deux principes de son enseignement. Deux principes peu courants chez les chercheurs valorisés par médias, qui jouent le jeu des médias – et qui s’avèrent bien souvent être… des imposteurs.

Premier principe :

« Ce que j’enseigne à mes étudiants en thèse, c’est à dire "je ne sais pas". Les seules fois où je me mets en colère contre mes étudiants, c’est quand ils répondent à des questions auxquelles ils ne savent pas répondre et auxquelles ils se croient obligés de répondre. Il ne faut pas le faire. Tel est le principe même de la séparation des gens qui ont une connaissance de ceux qui ne connaissent pas : d’être capable de connaître les limites de sa connaissance. »

Deuxième principe, qui corrobore le premier :

« Je suis tout le temps enclin – et je mets au défi mes étudiants toutes les semaines – à ce qu’on me démontre que ce que je dis n’est pas vrai ; et s’ils le démontrent, je dis publiquement : "C’est toi qui as raison : je me suis trompé" ».

L’enjeu est de toujours chercher à avoir raison. Non pas en tordant la réalité, serait-ce pour résonner avec l’opinion commune, mais en progressant sur l’échelle du savoir, en restant toujours ouvert sur l’erreur, la possibilité de se tromper, qui guette partout. Pour exceller, il faut à tout prix éviter les erreurs, mais en sachant qu’on en fait toujours – et en apprenant de chacune d’entre elles, aussi minime soit-elle. De sorte à avoir de plus en plus raison, d’être de plus en plus juste, de plus en plus… vrai.

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LE PROBLÈME DES MÉDIAS, C’EST L’INCOMPÉTENCE DES JOURNALISTES

Dans son entretien du 29 mai avec Pujadas, Raoult bouillonne face à l’incompétence et incompréhension de son interviewer sur la question de l’expertise, des vrais experts. La sommité mondiale en virologie et infectiologie s’avance plus loin qu’il le fait d’ordinaire et laisse tomber ceci, non sans sourire, mais en étant en même temps très sérieux :

« Je pense que moi, je suis l’élite. Je m’excuse de vous dire ça. (…) Je pense que vous avez un problème profond, un très grand problème : vous n’avez pas le degré de performance dans l’analyse scientifique que vous avez probablement dans l’analyse politique. Dans l’analyse politique, je pense qu’il y a de très bons journalistes, c’est mon impression, impression un peu lointaine. Dans l’analyse scientifique, je vois que vous n’avez pas l’usage des outils qui vous permettraient de savoir qui joue en première division, qui est international et qui ne l’est pas. […] Il y a, c’est humain, une échelle logarithmique dans les qualités, dans les niveaux des gens ; simplement, vous ne la connaissez pas. C’est un problème. […] Vous êtes plus compétents pour évaluer les footballeurs que les scientifiques. »

Le problème des médias provient de l’incompétence des journalistes.

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« LE PROBLÈME DES MÉDIAS, C’EST UNE ESPÈCE DE SIMPLIFICATION EXTRÊME »

Dans son entretien du 29 mai, Raoult répond en ces termes à Pujadas qui cherche à lui faire avouer qu’il est trop sûr de lui – et qu’il s’est plusieurs fois grandement trompé durant cette crise :

« Le problème des médias, c’est une espèce de simplification extrême. […] Je commence la plupart du temps à répondre "je ne sais pas", ensuite je vous dis l’hypothèse principale. Ça n’a rien à voir avec de l’affirmation – il faut bien avoir une hypothèse pour répondre à une question. »

Les journalistes ignorent comment fonctionne la recherche : ils ne savent pas qu’en science, on commence par poser une hypothèse, avant de faire des expériences, des analyses et des synthèses, en vue de vérifier critiquement l’hypothèse de départ ; puis on pose de nouvelles hypothèses, qu’on vérifie, rectifie à nouveau, et ainsi de suite, pour aller toujours plus loin dans un domaine. Poser des hypothèses, les valider ou invalider, corriger, reformuler : telle est la base théorique, pratique et critique des sciences. N’en déplaise aux journalistes : les idées doivent toujours être remises en question, on n’en a jamais le cœur net, on n’en a jamais terminé avec ses recherches…

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« L’EXCÈS DE COMMUNICATION NUIT À LA COMMUNICATION »

Dans son Audition devant la commission d’enquête parlementaire, Raoult critique de pair les médias et les politiques. Tous deux pêchent par excès de réactivité idéologique – et donc par manque de réflexion et d’analyse : « Les politiques et les médias vivent dans le même écosystème. Cela amène une vitesse de réactivité qui est problématique ». La pression du temps est dangereuse : elle précipite le débat et empêche toute profondeur d’analyse. A force de flashs, de news feed et autres journaux quotidiens, actualisés chaque heure, chaque minute, du jour et de la nuit, le partage des bonnes informations est impossible : « L’excès de communication nuit à la communication », affirme Raoult en défenseur du temps long de la recherche rigoureuse et sérieuse.

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L’OPINION N’EST PAS LA VÉRITÉ

« Vous, comme beaucoup de gens qui sont malheureusement à la prise de décisions, dit le chercheur Raoult le 29 mai au journaliste Pujadas, vous vous trouvez dans une situation où vous êtes confrontés à des opinions ou des travaux sans savoir les distinguer. »

Le problème du journaliste est le même que celui des décideurs : ils n’ont pas de compétence sur les sujets qu’ils traitent. A la merci des spécialistes, de certains spécialistes, ils sont à la remorque de la distinction entre les « opinions » et « la vérité » fondée il y a deux millénaires par Platon ; tout comme entre les hoi polloi et hoi aristoi, la plupart et les meilleurs qui, respectivement, profèrent les unes et l’autre. Incapables de se rendre à l’évidence que les meilleurs ne sont pas les polytechniciens modélisateurs qui, à force d’abstraction, se trompent tout le temps, mais les hommes de terrains, qui observent les phénomènes, ils se sont fourvoyés – et continuent à se fourvoyer – aux dépens de l’ensemble de la population et civilisation occidentale.

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ACCEPTER LA POLÉMIQUE ET CHERCHER LA NOTORIÉTÉ SONT DEUX CHOSES DIFFÉRENTES

Généralistes, les journalistes sont incapables de faire la part des choses. Ils ne sont pas assez spécialistes pour discerner ce qui vaut de ce qui ne vaut pas, les travaux valables des théories fumeuses, les gens bien des complaisants, les experts des imposteurs. Par facilité – habitude et manque de profondeur –, ils se focalisent sur les seconds, aux dépens des premiers, qui sont à vrai dire les seuls à s’engager dans la bataille pour la connaissance et la vérité. Dépassé par les propos de Raoult, Pujadas abandonne le 29 mai dernier la question de l’expertise et passe à celle, plus dans ses cordes, du look, des cheveux, de la barbe, de la bague de l’infectiologue ; autant de phénomènes qui participent selon lui à la création de son personnage en quête de notoriété. Sidéré, Raoult répond :

« Vous confondez deux choses, parce que vous êtes dans votre métier : vous confondez le désir ou l’acceptation de la polémique et la recherche de la notoriété. Je ne cherche absolument pas la notoriété. Je vous assure, c’est même pesant. La polémique, au contraire, je n’ai jamais dit que je n’en voulais pas. »

Propos qui n’entre pas dans la grille de lecture journalistique : comment peut-on affirmer aimer la polémique, unanimement considérée (par le monde journalistique) comme un mal ? Raoult lui rappelle :

« Il n’y a pas de science sans conflit intellectuel. Voilà qui va vous surprendre (…) : il n’y a pas de progrès scientifique sans polémique. Si vous n’êtes pas dans une polémique scientifique, vous ne faites pas de science ! »

Les imposteurs sont ceux qui ont une position tranchée, qu’ils ne mettent pas en doute, qu’ils ne mettent pas en perspective. Les vrais scientifiques sont ceux qui ne cessent de se battre, avec et contre eux-mêmes, avec et contre leurs confrères, vers une meilleure connaissance, plus de compréhension, plus de vérité. La science est en ce sens athlétique : elle a trait (-ique) à ce que les anciens Grecs ont appelé l’athlon, la lutte, le jeu, le concours vers l’excellence – qui n’a rien à voir avec l’apparence, le faux-semblant, la complaisance.

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« LA SEULE CHOSE QUI COMPTE, C’EST L’ESTIME DE SOI-MÊME »

Dans son entretien du 29 mai avec Pujadas, le Prof Raoult se présente comme stoïcien, redevable de l’école philosophique fondée au 3e siècle avant J.-C. par Zénon de Kition à Athènes : « La seule chose qui compte, c’est l’estime de moi-même. Que vous me trouviez bien ou pas, je m’en fiche. En tant que chercheur, mon but n’est pas de vous plaire, mais de pouvoir garder l’estime de moi-même dans dix ans. Ce que les gens pensent aujourd’hui, je m’en fiche. On n’est pas, vous et moi, dans le même rapport au temps ni à l’estime. »

Contrairement au journaliste, qui est plongé dans le présent de l’actualité, marqué par la notoriété actuelle, le chercheur travaille dans un temps beaucoup plus long. Avec les années, les imposteurs, les complaisants, les médiocres, les frotteurs disparaissent, seuls les meilleurs demeurent, serait-ce à titre posthume. Raoult donne cet exemple : au lieu de chercher la reconnaissance via les médias, il faut, dans dix ans, pouvoir être fier de soi en se retournant sur son travail…

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QUESTIONS SUR NOTRE MODÈLE TECHNOLOGIQUE DE DÉVELOPPEMENT DES MÉDICAMENTS

Dans son entretien du 29 mai avec Pujadas, Raoult interroge notre modèle technologique de développement des médicaments en comparant la mortalité des pays riches à celle des pays pauvres : « La mortalité due à la Covid a été supérieure dans les pays riches à ce qu’elle a été dans les pays pauvres. Si ça ne vous bouleverse pas, ça… Si les gens qui vivent sans le moindre des médicaments que nous avons inventés ces 20 dernières années arrivent à la même espérance de vie que nous, on peut se poser des questions sur le modèle technologique que nous avons de développement des médicaments. »

Raoult en appelle à un « changement de paradigme ». Au lieu de toujours vouloir inventer de nouvelles choses, forcément lucratives, nous devons nous rendre à l’évidence que « nous avons un capital de molécules que nous devons utiliser au mieux », n’en déplaise à big pharma et à ses actionnaires.

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« DES PHÉNOMÈNES CONSIDÉRABLES SE SONT JOUÉS RÉCEMMENT »

Dans son entretien du 29 mai avec Pujadas, Raoult pointe deux phénomènes constitutifs de la crise que nous vivons en Occident : « Le centre de l’innovation est parti en Extrême Orient (comme lors de la Renaissance avec l’Europe). Alors que depuis un siècle et demi, notre civilisation avance avec l’idée du progrès lié à une fantastique augmentation de l’espérance de vie, cette époque est désormais révolue. »

1) Selon Raoult, l’IHU est le seul institut européen à se donner les moyens de rivaliser avec ce qui se fait en Orient, en Chine, en Corée du Sud, à Taïwan. Partout ailleurs, on est très en retard en matière de science, de technologie et de médecine.

2) Si notre espérance de vie a tendance à stagner, voire à baisser, c’est que nos organisations politiques et industrielles ne prennent pas en compte, dans leurs décisions, les principaux facteurs de mortalités que sont la pollution, la sédentarité, la malnutrition, le stress, etc.

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NE PAS COMMENTER CE QUE DISENT LES GENS POUR NE PAS ÊTRE DÉSAGRÉABLE

Dans son entretien du 29 mai, Raoult explique à Pujadas, qui vient de lui demander de se prononcer sur certains propos du ministre de la santé : « Je ne commente jamais ce que disent les gens, parce que je ne veux pas être désagréable. J’ai beaucoup d’indulgence… » Chacun joue son rôle, fait son travail le mieux qu’il peut, selon ses possibilités, ce qu’il a appris, son entourage, ce qu’il considère comme sa fonction, son devoir, etc.

Pour ne pas dire n’importe quoi, commenter les choses à tort et à travers, il faut connaître parfaitement chacun des éléments qui entre en ligne de compte. Or ce n’est possible que sur des sujets qu’on travaille au quotidien.

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« JE NE VEUX PAS PARLER DE CE QUI EST MÉDIÉ »

Après avoir indiqué à Pujadas ne jamais commenter ce que disent les gens, Raoult explique à ce dernier : « Je ne veux pas parler de ce qui est médié ».

Pour ne pas risquer de se fourvoyer, il s’agit de ne se prononcer que sur ce qu’on connaît de source sûre, directe, immédiate. Coup de massue terrible aux médias. Toutes les informations qui nous en proviennent s’avèrent problématiques. Qu’importe le « fait » médiatisé, il l’est toujours via une grille de lecture et d’interprétation. Qu’importe que ce soient des journalistes ou des techniciens, ces derniers mettent en forme et valorisent à leur guise. Alors que tout « fait » brut est déjà incroyablement difficile à exprimer – tant tout est multifactoriel –, le « fait » médiatique s’avère par suite être une pure et simple construction de vérité : une fiction, une interprétation marquée par quantité d’idées et de préjugés.

Si tout le monde prenait à son compte le principe de Raoult, les choses et notre monde seraient bien différents…

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« A QUI SOUFFRE L’EXTRÊME, L’EXTRÊME CONVIENT »

Le 16 septembre, sur le plateau de Darius Rochebin sur LCI, Raoult répond à ce que le journaliste présente comme l’esprit Raoult :

« Le monde est bataille, les idées sont batailles. C’est très frappant depuis le début de cette crise, vous aimez ça. Et même plus : c’est votre conception du monde : tout est sans cesse polémique, controverse, y compris la recherche de la vérité. »

Réponse de Raoult : « Oui, bien sûr. Je n’arrive pas à trouver d’exemple inverse. Il y a une phrase que j’adore de Hölderlin : "A qui souffre l’extrême, l’extrême convient". La vie vous teste et voit jusqu’où vous êtes capables d’aller. Et bien entendu, si vous êtes capables d’aller jusqu’à un certain point, la vie vous teste pour savoir si vous êtes capables d’aller plus loin. Si vous ne l’êtes pas – c’est ce que les gens de ma génération appelaient le principe de Peter –, c’est-à-dire si vous arrivez à un point où vous ne savez plus aller plus loin, c’est que vous n’êtes plus bon pour ce que vous faites. »

La vraie science est comme la vraie vie : sélective, cruelle.

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DOUBLE DISTORSION DE LA RÉALITÉ DANS LES MÉDIAS TRADITIONNELS PAR RAPPORT AUX MÉDIAS SOCIAUX

Sur le plateau de Darius Rochebin sur LCI, Raoult valorise les réseaux sociaux face aux médias traditionnels quant au sensationnalisme morbide.

Reprenant l’évaluation comparative du site www.ourworldindata.org, il relève « le grand brassage d’idées » des réseaux sociaux, « qui amènent un mieux » vis-à-vis des médias de tradition.

Raoult l’illustre à l’exemple du traitement des trois causes de mortalité que sont le suicide, le terrorisme et l’homicide, qui représentent en gros 3% de la mortalité générale. Dans The Guardian et le The New York Times, ils constituent 70% de l’information, alors qu’ils ne constituent que 30% de l’information sur les réseaux.

« Donc la distorsion de la réalité – la différence entre la réalité rapportée et la réalité observée – est beaucoup plus grande dans les médias traditionnels, qui sont soumis à l’audimat, à des forces de pressions multiples. »

Rochebin de demander : « Pour vous, il y a une forme de vérité, de démocratie des réseaux sociaux qui est saine ? »

Raoult de répondre : « Il y a – pour le dire comme on s’exprime nous, avec des courbes de Gauss –, il y a, sur la courbe de Gauss de l’information traditionnelle, des bords beaucoup plus étroits. Et donc il manque ce qu’il y a de plus intelligent et ce qu’il y a de plus bête. Il manque les extrêmes. Et les extrêmes sont extraordinairement importants. »

Le journalisme traditionnel ne véhicule que la moyenne de l’opinion des gens : pas toutes les opinions, mais qu’une partie de l’opinion ; les opinions fortes sont écartées. Or, bien que minoritaires, ces dernières sont capitales : elles seules permettent de mettre les choses en perspective.

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IL NE FAUT PAS MANGER AVEC LE DIABLE

Dans sa discussion avec Laurence Ferrari le 7 décembre 2020, Raoult indique :

« Il ne faut pas manger avec le diable, même avec une très longue cuillère. Il ne faut pas le faire. Parce que, sinon, le diable a quelque chose à vous demander. C’est comme ça. »

Avant de poursuivre : « Je ne veux pas diaboliser le capitalisme de l’industrie pharmaceutique, mais je sais qu’il ne faut pas manger avec, qu’il faut garder une distance, qu’il faut éviter de confondre les bonnes relations que l’on a avec les conseils qu’on est susceptibles de donner. Ou bien alors il faut clairement abandonner l’idée de servir des conseils ou de rapporter des opinions sur des sujets qui sont directement en contact avec ça. »

Son constat est cruel : il est tout bonnement impossible d’être neutre.

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Dossier spécial | Accusations de complotisme. Une mode ?

Covid-19 | Bonne nouvelle : nous ne sommes pas tous morts du coronavirus ! La période aussi sidérante qu'énigmatique que nous avons vécue a par contre révélé quantité d’incohérences structurelles de notre société. Notamment via nos médias, qui ont commencé par faire de la propagande d’Etat, avant d’ignorer les mises en perspective, pour finalement disqualifier hâtivement comme « complotistes » quasi toutes les visions alternatives.

[flipbook pdf="https://phusis.ch/wp-content/uploads/2020/06/Michel-Herren-Accusations-de-complotisme-Juin-2020.pdf"]

Dossier complotisme en version PDF à télécharger

Qu’est-ce qui se cache derrière cette disqualification ? Pour que chacun puisse s’y retrouver dans cette inquiétante chasse aux sorcières et résister aux anathèmes bêtes et méchants, nous avons concocté un dossier de quelques pages sur le « complotisme ».

Vous y apprendrez notamment :

  • Ce qu’est le complotisme et la théorie du complot
  • En quoi leur émergence est liée à la perte de confiance en ce qu’on appelle les « élites »
  • Dans quelle mesure nos compréhensions de la « réalité » et de la « vérité » sont superficielles
  • En quoi le raisonnement complotiste, qui repose sur le caché et le mystère, est somme toute un complément nécessaire à la sèche rationalité positiviste qu’on nous inculque depuis notre plus tendre enfance.

Quelques réflexions en direction d’une meilleure compréhension de notre montre, plus d’ouverture, de tolérance – et de joie !

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Modélisations vs comparatisme

Covid-19 | Comment va évoluer le coronavirus ? S’agit-il d’une maladie saisonnière ? Va-t-il revenir ces prochaines années ou disparaître à tout jamais ? Réponse du Prof. Didier Raoult : « Je n’en sais rien. Je ne devine jamais rien. Je ne prédis jamais rien. Je ne fais pas de modèle de prédictions. Tout ce qu’on peut faire, c’est comparer les choses par rapport à d’autres histoires qu’on a connues ».

Pendant les dernières décennies de sa vie, le philosophe français Michel Serres n’a cessé d’indiquer que l’arrivée des nouvelles technologies a mis notre monde en « crise ». Crise non pas politique, financière, écologique, sanitaire, mais globale, liée à l’émergence de la technoscience, des algorithmes, des données massives, des systèmes experts, de l’intelligence artificielle. Or cette crise globale vient d’éclater au grand jour dans le cadre de la gestion catastrophiste de l’épidémie de coronavirus.

Les modélisations numériques ont provoqué la panique
On le répètera jusqu’à ce que tout le monde ait avalé la pilule : si la crise de la Covid-19 a touché de plein fouet et bloqué comme jamais notre monde occidental, si elle est devenue mondiale, c’est que, mal préparés, nos gouvernements et médias ont été pris de panique en voyant les modélisations numériques prévisionnelles de leurs conseillers, dont la grande majorité sont des polytechniciens dépourvus de connaissances en sciences humaines et de sagesse pratique. Au point d’être eux-mêmes terrorisés par les chiffres, les courbes, les graphiques fabriqués par leurs ordinateurs.

Aux antipodes, le Prof. Didier Raoult de l’Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille (IHU) – que le succès médical a rendu incontournable – prône le bon vieux comparatisme, c’est-à-dire la prise en compte des résultats, des expériences et enseignements que nous donnent les évolutions des maladies et des traitements au fil du temps. C’est ce qu’il a indiqué il y a une semaine dans sa réponse citée en chapeau, extraite de l’émission spéciale coronavirus de Valérie Perez sur i24NEWS. Non sans faire au passage la critique de notre confiance aveugle aux systèmes experts : outils ou logiciels capables de reproduire à grande échelle les mécanismes cognitifs, de les modéliser de sorte à servir d’appui pour les prises de décisions, mais sans contact avec la réalité du terrain.

PHUSIS reviendra ces prochains jour sur le « Bulletin d'information scientifique de l'IHU – Nous avons le droit d'être intelligents ! » de ce lundi 25 mai, où Raoult précise sa position sur le sujet en parallèle avec la crise de l’info.

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Crise de l’info | Sommes-nous devenus fous ?

Covid-19 | Crise de l’info (5/5) | Commentaire final | 500 morts par million d’habitants dans les cantons de Vaud et Genève (215 en Suisse) contre 100 par million jusqu’ici au Brésil. Cela alors même que la gestion sanitaire et socio-économique est incomparablement plus compliquée en Amérique latine que dans nos régions privilégiées. Et nos médias ne cessent de traiter jour après jour le président brésilien Jair Bolsonaro de monstre – et de louer la gestion exemplaire de l’épidémie en Suisse.

Le dirigeant brésilien est certes tout sauf un homme exemplaire : nombre de ses actions et réactions sont effrayantes, mais ce n’est pas une raison pour crier tous les jours au scandale, comme le font nos médias, continuant de préférer les préjugés faciles au travail complexe de mise en perspective. Lors des 7 derniers jours, nos journaux ont titré, condescendants :

  • 18 mai (ATS) : « Le Brésil harangue ses partisans bravant les normes sanitaires »
  • 19 mai (Swissinfo.ch) : « Le coronavirus et Jair Bolsonaro, une telenovela à la brésilienne »
  • 20 mai (Tribune de Genève) : « Bolsonaro s’enfonce dans la crise sanitaire et politique »
  • 21 mai (ATS) : « Plus de 5 millions de cas, la situation empire en Amérique latine »
  • 22 mai (ATS) : « Brésil : plus de 20'000 morts du Covid-19. Bolsonaro persiste »
  • 23 mai (ATS) : « Diffusion d’une vidéo truffée de dérapage du président brésilien »
  • 25 mai (ATS) : « Bain de foule pour le président brésilien malgré le Covid-19 »

Question grave : et si c’était précisément cette attitude distante, condescendante des médias qui a poussé une partie des peuples américains et brésiliens à élire les excentriques Trump et Bolsonaro ?

Si ces élections sont effectivement le fruit d’une révolte populaire face aux « élites » et médias qui se contentent de transmettre les idées qui les mettent, eux, en valeur, la même chose nous pend au nez. Pour que les choses changent, il s’agit de toute urgence de s’adonner à un vrai travail d’analyse, de mise en perspective et de débat ouvert entre les diverses positions existantes.

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Au lieu de s’ouvrir, les médias traditionnels se braquent

Covid-19 | Crise de l’info (4/5) | C’est inquiétant : alors que les médias traditionnels sont en train de perdre leur suprématie, que seule l’ouverture et l’intégration des nouvelles formes de communication semble pouvoir les « sauver », pour une diffusion plus juste, plus ouverte de l’information, ils se braquent.

Comme les membres des gouvernements, les représentants des médias ont, pendant cette crise, été pris de panique sous l’effet des modélisations numériques catastrophistes d’une cohorte de polytechniciens loin de la réalité de la vie. Les faits, les décomptes, les graphiques et autres micro-trottoir anxiogènes ont le plus souvent remplacé l’analyse et la réflexion.

Fourvoiement par conviction et ignorance
Parmi les gens interrogés, ceux faisant échos aux peurs des journalistes ont été privilégiés. Non par mauvaise foi, mais par conviction et… ignorance. Incompétents en matière de virus, de maladie, de médecine, de science, de vérité, et même plus largement de vie et de mort, de nombreux journalistes se sont fiés aveuglément aux mots d’ordre gouvernementaux. Persuadés de la gravité de la situation, ils ont confondu information et prévention, endossant soudain une nouvelle tâche – tout sauf journalistique : celle de sauver des vies. Non sans ignorer ou écarter au passage les voix nuancées, sceptiques, distancées – volontiers qualifiées de « dissidentes » – pour générer, sans imaginer les conséquences, une immense vague de peur.

De longue date coutumiers des prises de positions rapides et superficielles, les représentants des médias en sont venus à oublier que les faits, les chiffres, comme les idées, les convictions et les peurs ne veulent, en eux-mêmes, rien dire s’ils ne sont pas mis en perspective. Au lieu de jouer leur rôle de guides avisés, de 4e pouvoir, de contre-pouvoir, les médias se sont fourvoyés en jouant aveuglément la propagande gouvernementale. Volontiers en jetant l’anathème sur quiconque relève le problème.

Pas d’autocritique face à une mission manquée
Alors qu’on est en voie de déconfinement – heureusement avec un nombre de morts pour l’heure beaucoup moins élevé que prévu –, l’autocritique médiatique se fait attendre. Elle est pourtant indispensable suite à un long zèle servile marqué par une interprétation unique des faits. Durant la pandémie, nos médias ont clairement failli à leur tâche de relativisation, de contextualisation, de mise en perspective. Très tôt, il aurait toutefois été possible d’apaiser les peurs en indiquant que le virus était beaucoup moins grave que prévu pour l'immense majorité – tout en étant terrible pour certaines catégories à risque. L’incapacité de penser et présenter ce paradoxe est la source de dégâts dont on ne mesurera l’ampleur que ces prochains mois, voire années.

Tsunami de terreur, fuite sur les réseaux
Au lieu de faire profil bas, les télévisions se réjouissent d’un succès inédit : selon l’Institut national de l’audiovisuel, les journaux d’info ont atteint jusqu’à 15 à 20 millions de téléspectateurs en France, ce qui représente un record absolu. Succès qui contraste avec leurs difficultés économiques. Si les chiffres ont été meilleurs que jamais, ce n’est pas parce que les télévisions ont évolué à leur plus haut niveau, mais que les gens étaient assoiffés d’informations et de compréhension. A la place de permettre de comprendre ce qui se passe, de saisir les enjeux de la problématique, les TV ont créé plus encore que la presse écrite un tsunami de terreur – et se sont décrédibilisés.

Les choses se sont faites toutes seules : la pêche aux bonnes informations a glissé sur les réseaux qui, bien qu’hétérogènes, foisonnants et rempli de présences fâcheuses, se sont avérés relayer des informations plus vivantes et instructives que le discours univoque des médias traditionnels. Avec pour conséquence que ces derniers, prisonniers de leur vision, de leurs convictions et ignorances, se sont mis à taxer, du haut de leur (ancien) piédestal, dans un dangereux élan binaire, toute voix divergente et alternative, aussi experte et pertinente qu’elle soit, de mensongère (fake news) et complotiste.

Quels perspectives d’avenir ?
La crise a dévoilé quantité incohérences, systémiques, qui exigent de nombreux changements. Pour les médias traditionnels, la situation est simple : soit ils refusent de voir les forces du nouveau paysage médiatique et continuent opiniâtrement sur leur voie – pour perdre toujours davantage en crédibilité et mourir de leur belle mort ; soit ils regardent la réalité en face, changent le fusil d’épaule et s’ouvrent sur ce qui se fait de mieux sur les réseaux pour l’intégrer le plus intelligemment possible à leur travail et système économique.

Seule l’intelligence collective sauvera les médias ; seule l’intelligence collective nous sauvera.

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