Discussions phusiques

Il y a près de deux mille cinq cent ans, Platon écrivait des dialogues, mettant en scène des interlocuteurs qui discutent de divers sujets : la vie, l’amour, la vertu, la cité idéale, le langage, etc. Par le jeu dialectique des questions et des réponses, Platon conduit ses personnages au niveau des Idées stables et constantes : la vérité intelligible, rationnelle de toute chose.

Loin de jouer le jeu dialectique des questions et des réponses, des thèses-antithèses-synthèses et autres démonstrations logiques, le mouvement phusique prône la discussion. Non pas le bavardage, aussi informé ou érudit soit-il, mais la bonne vieille discussion : celle qui amène les interlocuteurs, toujours attentifs à ce qui s’exprime, à trouver des traces, des prises offrant de nouvelles perspectives, de nouvelles possibilités de pensée et de vie.

Au final, la discussion déborde les personnes elles-mêmes, médiums de forces surpuissantes. Elle laisse émerger des propos et pensées insoupçonnées ; elle permet d’ouvrir sur des vérités plus vraies que la vérité : des écarts de pensée, des brèches, des pistes en direction de nouveaux rapports au monde. Vos commentaires nous sont précieux !

Toute question est abordée à la croisée des chemins, tantôt lors d’une promenade, tantôt autour d’un bon repas, toujours au rythme (dithyrambique) de la respiration qui renouvelle la vie. Elle est dépliée, repliée, redépliée, rerepliée, en toute légèreté : elle va et vient comme l’eau sur la plage. Parfois avec calme et douceur ; parfois avec véhémence et fracas. Toujours en déposant, caressant et chatouillant, imperturbable, quantité de coquillages et autres restes sur le rivage ; coquillages et restes prêts à être ramassés par les enfants qui sont dans les parages et qui, volontiers, jouent avec, les emploient pour ressourcer leur imaginaire, leur pensée, leur intelligence, leur existence.

Les discussions ne portent pas seulement sur le vin et la philosophie. Le but est qu’elles se multiplient et donnent des éclairages nouveaux à toute chose : qu’elles libèrent les mystérieuses forces phusiques, dionysiaques emprisonnées par nos modes de vie ; qu’elles fassent office de fleurs qui poussent sur le dallage bétonné d’un parking de supermarché.

Vous trouverez les discussions ici.