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Dark Shadows
20/05/2012 | Commentaires (0)
NOUVEL OPUS DE TIM BURTON, avec Johnny Depp, Eva Green, Helena Bonham Carter, Michelle Pfeiffer, etc., USA, 2012. Lutte exemplaire des « obscures ombres » qui imprègnent nos esprits et nos vies. Actuellement dans les salles. A ne pas manquer !
Synopsis
En 1752, étouffés dans la misère de la vieille Angleterre, les Collins traversent l’Océan pour commencer une nouvelle vie en Amérique. L’application rigoureuse de nos vieilles valeurs a tôt fait de porter ses fruits : vingt ans plus tard, le fils Collins, Barnabas (Johnny Depp), se trouve à la tête d’une florissante entreprise de pêche.
Alors qu’un avenir radieux lui semble promis, le côté sombre de la vie vient soudain jouer les trouble-fêtes, par l’intermédiaire de la servante familiale Angélique Bouchard (Eva Green). Suite
Amour, amour, amour…
16/05/2012 | Commentaires (0)
L’AMOUR, C’EST APPAREMMENT TOUTE UNE HISTOIRE. Après être resté seul à la maison parce que ses parents sont sortis « en amoureux », Bboul parle d’amour avec Ludo.
*
- Hier soir je suis resté tout seul à la maison, parce que mes parents sont sortis « en amoureux ».
- « En amoureux » ? Ça veut dire quoi ça ?
- Je ne sais pas du tout, c’est mon papa qui a dit ça. Et quand il l’a dit, il avait son sourire bizarre, le sourire qu’il fait quand il veut cacher quelque chose.
- Et alors t’as découvert ce qu’il cherchait à te cacher ? Suite
Hésiode | Dionysos, fils brillant et immortel
13/05/2012 | Commentaires (0)
HÉSIODE EST UN CHANTEUR GREC DU 8e SIÈCLE AVANT J.-C., auteur de plusieurs textes, dont un chant très fameux, intitulé la Théogonie – titre qui signifie littéralement la naissance des dieux. Il y célèbre les événements les plus importants à l’origine de l’univers : les diverses unions, apparitions, luttes et autres prises de pouvoir divins qui ont rythmé l’établissement du monde grec.
Parmi toutes les divinités, le puissant Zeus occupe une place capitale, également dans la Théogonie. Hésiode nous apprend comment, grâce à sa force et à ses frères et sœurs, le dieu parvient à vaincre les divinités originelles, instaurer l’équilibre sur terre et dans le ciel puis établir son règne. Suite
De l’esprit de lourdeur
08/05/2012 | Commentaires (0)
1.
MA LANGUE BIEN PENDUE – EST CELLE DU PEUPLE. Tellement que je parle de manière trop grossière et trop cordiale pour les gens de bien, les lapins sans cœur mais au pelage de soie. Et mon langage résonne de façon encore plus étrangère aux oreilles des plumitifs, des poissons qui barbotent dans l’encre et autres gratte-papiers dont la plume est aussi rusée qu’un renard.
Ma main – est une main de bouffon. Elle ne peut se retenir de dessiner : malheur à toutes les tables, toutes les parois et tout ce qui a encore de la place pour des ornements et des gribouillages de bouffon !
Mon pied – est un pied fourchu. Suite
Bacchantes (vers 1-22) | Epiphanie de Dionysos à Thèbes
05/05/2012 | Commentaires (0)
ALORS QUE PENTHÉE, LE ROI DE THÈBES, est sur le point d’employer la force pour ramener les femmes en délire sur le droit chemin, pour les faire revenir des montagnes à la ville, de la nature sauvage à leur foyer, de leur sombre folie à la claire raison, un mystérieux jeune homme, à l’allure orientale, aux cheveux longs et aux habits amples, se présente soudain aux portes de la cité, fameuse pour ses sources de Dircé et son fleuve l’Isménos. Suite
La nuit
01/05/2012 | Commentaires (0)
FILM DE MICHELANGELO ANTONIONI (1961), avec Marcello Mastroianni, Jeanne Moreau et Monica Vitti. Long dévoilement, sur le mode du rêve – beau, envoutant et terrible à la fois – des forces qui travaillent à l’ombre de notre conscience.
Le film s’ouvre sur un traveling descendant le long d’un gratte-ciel milanais, symbole du progrès, de la brillance et de l’aspiration au septième ciel qui imprègne notre civilisation occidentale. Les fenêtres reflètent la ville, le grouillement de la ville ; les interstices dénotent le gris et l’épaisseur du béton. La descente est lente, apparemment inexorable.
Puis on se retrouve abruptement dans une chambre d’hôpital : un médecin injecte de la morphine à un patient qui souffre le martyre. Suite
Des trois maux 2.
25/04/2012 | Commentaires (0)
APRÈS S’ÊTRE RÉVEILLÉ DE SON DERNIER RÊVE DU MATIN, dans lequel il se voyait peser le monde, Zarathoustra poursuit de jour son aventure en plaçant les trois plus grands maux du monde humain sur une balance : la volupté, la manie de dominer et la manie de soi – autrement dit le plaisir des sens, le despotisme et l’égoïsme. Le voilà qui les présente, tant bien que mal, selon diverses perspectives.
Volupté, plaisir des sens : une épine et même un pieu pour tous les contempteurs du corps en pénitence, pour tous ceux qui dénigrent la dimension charnelle de la vie, qui se réfugient dans la seule pensée et visent le paradis. Suite
Voyage organisé
20/04/2012 | Commentaires (0)
ON EST DANS UN CAR POSTAL. On roule depuis un bon moment. Les gens bavardent. On parle, de tout et de rien, comme on le fait d’habitude. Et voilà que le car se met à ralentir : « We are arriving to the most beautiful place of our tour folks. Five minutes, you’ve five minutes to take a picture. »
Le car s’arrête. Les portes s’ouvrent. Les gens sortent avec leur appareil photo à la main, comblés de pouvoir mettre sans effort le magnifique paysage dans la boîte avant de s’exclamer : « Ah, c’est vraiment très beau ! ». Puis ils remontent dans le car et se remettent à bavarder comme avant, de tout et de rien, comme on le fait d’habitude. Suite
High Low Middle
17/04/2012 | Commentaires (1)
MORCEAU ET CLIP DE MY BRIGHTEST DIAMOND, extrait du disque All Things Will Unwind , sorti en 2011. Suite
Des trois maux 1.
13/04/2012 | Commentaires (0)
CE MATIN, DANS MON DERNIER RÊVE, je me trouvais au-delà du monde, sur un promontoire montagneux. Je tenais une balance à la main et pesais le monde.
Oh, dommage que la jalouse aurore soit venue si tôt ! Son rougeoiement m’a réveillé, m’empêchant de terminer mon rêve ! Les braises de mon dernier rêve du matin la rendent toujours jalouse.
Mais voilà comment mon rêve a trouvé le monde : mesurable pour celui qui a du temps, pesable pour le bon peseur, atteignable pour les ailes puissantes, devinable pour les êtres divins qui savent casser les noix et découvrir ce qui se trouve caché sous les coquilles. Suite
Education physique et sportive
09/04/2012 | Commentaires (1)
BONNE NOUVELLE : BBOUL ET LUDO, DEUX ENFANTS qui sont tombés par hasard sur phusis.ch, ont accepté de nous épauler dans notre tâche d’exprimer la phusis. S’ils se sont reconnus dans de nombreux articles postés ici même, ils ont cependant considérés certains textes très compliqués, voire « chiants ».
Pour répondre à leurs remarques, PHUSIS leur a proposé de mettre la main à la pâte. N’étant pas des experts en écriture, c’est en s’enregistrant à divers moments de la journée qu’ils alimenteront phusis.ch en partageant leurs expériences de la vie dionysiaque. Un vent frais sur le site !
Leur première contribution concerne l’EPS, ce qu’on appelait à l’époque la gym. Suite
Tous touristes
04/04/2012 | Commentaires (2)
LIVRE DE MARIN DE VIRY, publié en 2010 chez Gallimard. « Qu’est-ce qu’un touriste ? Un curieux, un importun, un adepte de la fraternité universelle ? Un voyeur ? Pourquoi 800 millions de personnes embarquent chaque année pour un ailleurs ? Sans but de guerre ni intérêt commercial, sans être contraint à l’exil ou pour raison philanthropique ? Soi-disant pour s’aérer, s’amuser, se distraire, se reposer… ».
De Viry est lauréat du prix Cioran en 2007. Il affectionne les aphorismes du genre « Le monde va si mal que les abrutis n’ont pas même l’air cons ». Tous touristes est un essai-fiction doucement satirique et ironique sur la conception dominante du tourisme – globalement festif, mécanisé; manichéen et stupide. Suite
Les Bacchantes | Prélude
30/03/2012 | Commentaires (0)
POUR NOUS METTRE DANS L’AMBIANCE des Bacchantes d’Euripide, la première chose à faire, c’est de nous rendre en Grèce, la terre de nos célèbres ancêtres les Grecs. Une fois là-bas, il nous faut encore reculer dans le temps. Non seulement de quelques années ou de quelques décennies, ou même de quelques siècles, mais de plusieurs millénaires. Il nous faut reculer jusqu’à cette époque très lointaine, bien différente de la nôtre, marquée par le règne des dieux : une époque où la vie des hommes est tout simplement impensable sans la présence des dieux.
Cadmos et la fondation de Thèbes
L’histoire qui nous concerne commence avec un jeune homme du nom de Cadmos. Suite
Le retour à la maison
24/03/2012 | Commentaires (0)
OH SOLITUDE ! TOI, SOLITUDE, MON CHEZ MOI ! Alors que la plupart des gens est triste de se retrouver en ta compagnie, moi, c’est sans la moindre larme à l’œil que je reviens chez toi. Oui, je suis resté tellement longtemps – trop longtemps – parmi les hommes, en sauvage, dans le lointain sauvage des hommes, que c’est un bonheur de retourner chez toi ; bonheur synonyme de retour chez moi, à la maison.
Tu peux bien, désormais, me menacer du doigt, comme menacent les mères ; me sourire, comme sourient les mères ; me demander : « Qui est jadis parti de moi en coup de vent, comme un vent tempétueux ? Suite
Intelligence: clarification
21/03/2012 | Commentaires (0)
CHRONIQUE PHUSIQUE DE CLARIFICATION de la dernière chronique, qui a osé venir critiquer ce qui fait la fierté de l’homme occidental, à savoir son intelligence rationnelle, montrant que celle-ci, loin d’être la panacée, l’assurance d’une vie idéale, n’est qu’un moyen de conservation qui a dégénéré en moyen de dissimulation et de tricherie chez cet être vivant particulièrement inadapté à la vie qu’est l’homme occidental.
Quand l’intelligence devient pure rationalité
Si l’intelligence est bien d’abord une force ou un produit de la phusis – qui permet à l’homme de survivre malgré ses manques et faiblesses, par exemple en lui permettant de fabriquer des abris, des outils, de cultiver la terre, etc. Suite
Nouveau chantier sur Dionysos
18/03/2012 | Commentaires (1)
GRÂCE À L’ENGAGEMENT ENTHOUSIASTE de nouveaux collaborateurs, PHUSIS a le plaisir d’ouvrir un double chantier sur Dionysos, dieu artiste de la phusis, noyau générateur de tout phénomène vivant. Une partie consistera à présenter, traduire et (ré)actualiser – court passage après court passage – les Bacchantes : tragédie grecque d’Euripide consacrée à Dionysos. L’autre fera de même avec les multiples témoignages du dieu qui nous sont parvenus à travers les âges.
L’enjeu est de taille : permettre à Dionysos de se dévoiler à nouveau, comme formidable clé de lecture et ressource de notre pensée et de nos vies.
Euripide : initiateur d’une nouvelle tendance artistique
En Grèce ancienne, au 5e siècle avant J.-C., Euripide est un tragédien à part. Suite
Des renégats
13/03/2012 | Commentaires (0)
LOIN DE TOUTE FRAÎCHEUR PRINTANIÈRE, les choses et les gens rencontrés par Zarathoustra sur les chemins détournés le conduisant à sa caverne étaient marqués par l’automne. Se rappelant son labeur d’abeille butineuse réalisé par le passé, il s’est soudain demandé en soupirant :
Ah, tout ce qui, sur cette prairie, était récemment encore vert et plein de couleurs s’est-il déjà fané et est-il déjà devenu gris ? Combien de miel de l’espoir n’ai-je porté d’ici à mes ruches ! Tous mes efforts ont-ils été vains ?
Comme ces jeunes cœurs sont déjà vieux ! Ou non, je me trompe : ils ne sont pas vraiment vieux, mais seulement fatigués, communs, commodes ! Les voilà qui disent : « Nous sommes redevenus pieux ». Suite
Intelligence rationnelle
09/03/2012 | Commentaires (2)
CHRONIQUE PHUSIQUE SUR LE PHÉNOMÈNE peut-être le plus stupéfiant de la nature : l’intelligence rationnelle. Alors qu’elle a été absente de la surface de la terre pendant des éternités, elle est progressivement apparue dans la tête d’un genre d’animal pour le moins spécial : cette drôle de sorte de singe qu’est l’homme.
La question est de savoir comment il se fait que ce soit précisément en lui qu’elle ait émergé ? Les réponses intelligentes courent les rues : les chrétiens prétendent que c’est le Bon Dieu qui l’a accordée à l’homme ; les pragmatiques qu’elle représente ni plus ni moins l’accomplissement final, le couronnement suprême de l’évolution de notre espèce. Suite
Interview et clip de Jean-Louis Murat
06/03/2012 | Commentaires (0)
JEAN-LOUIS MURAT S’EXPRIME sur France Culture.
Après avoir sorti Grand lièvre, son vingt-quatrième album, en fin d’année dernière, l’Auvergnat Jean-Louis Murat a fait le détour de France Culture pour se laisser interviewer par Frédéric Taddeï.
Alors que l’hebdomadaire musical britannique Mojo voit en lui le Léonard Cohen français, il se considère pour sa part comme un petit artisan.
Amoureux de la nature, de la campagne, du cyclisme, de l’esprit de conquête et de la dimension épique de la vie, il déteste les bruits des villes et voit partout des salauds aux oreilles bouchées. Suite
Du fait de passer son chemin
04/03/2012 | Commentaires (0)
cheminant lentement à travers de nombreux peuples et toutes sortes de villes, que Zarathoustra retournait vers sa montagne et sa caverne. Et voici que, ce faisant, il est inopinément arrivé à la porte de la grande ville. Là, un bouffon écumant a bondi sur lui les mains écartée et s’est mis en travers de son chemin. Ce n’était nul autre que l’individu que le peuple appelait… « le singe de Zarathoustra ». Pourquoi ? Parce qu’il reprenait à Zarathoustra sa manière et le ton de ses discours et ne manquait jamais, dans ce qu’il disait et faisait, de puiser dans le trésor de sa sagesse. Suite
La vie est un miroir
29/02/2012 | Commentaires (0)
CHRONIQUE PHUSIQUE SUR UN POÈME. La poésie n’est pas seulement un divertissement de pédants ou une torture scolaire, mais peut aussi, dans certains cas, faire office de guide de vie.
En tant que prolongement poïétique, musical, de la phusis en l’homme, la poésie nous indique comment vivre, comment faire pour avoir un rapport moins aliéné, moins chosiste, moins tordu, moins manipulateur au monde ; comment faire pour entretenir une relation plus honnête, plus équilibrée, plus harmonieuse aux phénomènes. Suite
Matador
25/02/2012 | Commentaires (1)
MORCEAU ET CLIP DE MICKEY 3D, extrait de l’album Matador, sorti en 2005. Suite
Sur le mont des oliviers
21/02/2012 | Commentaires (0)
DURANT L’HIVER, UN HÔTE DIFFICILE vient s’installer chez moi à la maison : le froid. Dès qu’il arrive, il me sert la main en signe d’amitié – et voilà que j’ai mes mains qui virent au bleu.
Certes, comme toute chose, je l’honore, cet hôte difficile, mais je le laisse aussi volontiers assis seul chez moi. Oui, il me plaît de l’abandonner. Et c’est là chose aisée : pour se défaire de lui, il suffit de se mettre en mouvement, de marcher, de bien marcher ! Et pas seulement en pensées…
C’est les pieds chauds et les pensées chaudes que je quitte la maison et avance me mettre à l’abri du vent, vers le coin ensoleillé de mon mont des oliviers. Suite
L’adhésivité
17/02/2012 | Commentaires (0)
CHRONIQUE PHUSIQUE SUR L’ADHÉSIVITÉ. Alors que certaines langues de vipères prétendent qu’il y a des êtres adhésifs qui fréquentent phusis.ch, l’heure est à l’interrogation.
Grâce à l’exemple pédagogique du scotch, il se dévoilera que seuls les sots – les personnes scotchées à la pure logique rationnelle – peuvent taxer leur con-génères d’être adhésifs. Bien que for(midablemen)t nombreux, ils se fourvoient.
Regardez donc autour de vous et en vous ! La sagesse phusique s’expérimente et se vérifie partout : il n’y a pas de contraire, mais uniquement des différences de degrés du même.
Attention de ne pas glisser sur la mauvaise pente et de se retrouver soi-même adhérent à la catégorie des… sots ou des… adhésifs.
Hors Satan
15/02/2012 | Commentaires (0)
FILM DE BRUNO DUMONT (FRA), avec David Dewaele et Alexandra Lematre, 1h50. Film sauvage, enivrant et puissant. A la fois sec et humide, tendre et violent, chaud et froid, court et long, quasi sans paroles, quasi sans pensée, il met nos sens en éveil. Actuellement dans les salles. A ne pas manquer !
On est dans le Nord de la France, à la campagne, vers un petit hameau, entre des herbes et des genévriers qui tremblent sous le vent, des dunes ensablées, des marais, le soleil, les nuages, la pluie et… la mer, infinie, au loin. A quasi chaque plan, on entend un souffle, une présence, lourde et légère à la fois. Suite
De la vertu qui rapetisse 3
11/02/2012 | Commentaires (1)
QUAND JE ME MÊLE AUX GENS DU PEUPLE, je ne reste pas silencieux mais laisse entendre maintes paroles. Et pourtant les gens passent à côté de ce que je dis : ils ne savent ni saisir ni garder mes déclarations.
Ils sont surpris de me voir comme je suis. Ils s’étonnent que je ne sois pas venu parmi eux en moraliste, pour les dénigrer, et dénigrer en particulier ce qui touche au corps, aux plaisirs et aux vices ; et pour les mettre en garde de manière générale devant ce qui pourrait leur nuire. En vérité, ils sont même surpris que je ne sois pas venu pour leur dire de se méfier des pickpockets ! Suite
Retour des chroniques
08/02/2012 | Commentaires (3)
APRÈS QUELQUE DIX-HUIT MOI D’ABSENCE, les chroniques phusiques font leur retour sur notre site.
Au plus froid de l’hiver, Michysos reprend son masque et son ton de bouffon pour tenter de briser un peu la glace qui nous entoure et nous envahit.
Depuis le 14 juillet 2010, date de la dernière chronique phusique, nous avons reçu tellement de téléphones, de lettres, de mails, de sms, de mms et autres messages, cadeaux et même chèques d’encouragement en faveur du retour des chroniques phusiques sur www.phusis.ch que nous ne pouvons faire autrement que nous y remettre.
C’est donc reparti pour un tour. Si possible une fois par semaine. Sur des sujets aussi divers que variés. Suite
La Fessée
07/02/2012 | Commentaires (1)
GEORGES BRASSENS, MORCEAU EXTRAIT DU DISQUE Supplique pour être enterré à la plage de Sète, 1966. Chanson paillarde.
La veuve et l’orphelin, quoi de plus émouvant ?
Abandonnant au monde une épouse épatante,
J’allai rendre visite à la désespérée.
Et puis, ne sachant plus où finir ma soirée,
Je lui tins compagnie dans la chapelle ardente.
Je me mis à blaguer, à sortir des bons mots,
Tous les moyens sont bons au médecin de l’âme…
Bientôt, par la vertu de quelques facéties,
La veuve se tenait les côtes, Dieu merci !
De la vertu qui rapetisse 1 et 2
03/02/2012 | Commentaires (0)
QUAND ZARATHOUSTRA ÉTAIT DE NOUVEAU SUR LA TERRE FERME après son voyage en mer, il n’est pas retourné directement dans ses montagnes et sa caverne, mais a emprunté quantité de chemins déjà bien connus. Curieux de voir ce qui s’est passé avec l’homme, il a refait son trajet de jadis en sens inverse. Non sans sonder les choses et se poser de nombreuses questions. Procédant ainsi, il s’est lui-même taxé en plaisantant de « fleuve tortueux qui remonte vers sa source ! » Comment l’homme a-t-il évolué depuis son premier passage ? Est-il devenu plus grand ? Ou au contraire plus petit ? Quelle ne fut pas sa surprise quand il est tombé sur une rangée de nouvelles maisons, qui venaient visiblement d’être construites ! Suite
Le cheval de Turin
30/01/2012 | Commentaires (0)
FILM RADICAL ET ÉPURÉ DE BÉLA TARR, qui présente une phusis au bout du rouleau, sur fond de musique lancinante de Mihály Vig (à écouter en cliquant sur la deuxième vidéo ci-dessous – pourquoi pas tout de suite, en lisant le texte qui suit). Actuellement dans les salles.
Prologue
Le 3 janvier 1889, alors qu’il est à Turin, dans la période la plus bouillonnante et productive de sa vie, Friedrich Nietzsche – philosophe du renversement des valeurs traditionnelles – ne supporte pas de voir un cheval maltraité par un cocher. Il s’approche de l’animal, l’enlace et éclate en sanglots, avant de perdre connaissance. Suite
Avant le lever du soleil
26/01/2012 | Commentaires (4)
Ô CIEL AU-DESSUS DE MOI, TOI LE PUR ! Toi le profond ! Toi l’abîme de lumière ! Je frissonne de désirs divins en te regardant comme ça, à l’aube, tant tu es intense, puissant et serein dans l’équilibre de tes contraires.
Me lancer dans ta hauteur – voilà ma profondeur ! Me cacher dans ta pureté – voilà mon innocence !
Comme le dieu voile sa beauté, c’est voilé de pureté que tu caches tes étoiles. Et comme le dieu, tu n’as pas besoin de parler pour me témoigner ta sagesse.
Muet au-dessus de la mer mugissante, tu t’es aujourd’hui ouvert à moi. Suite
La nature comme phusis : éclosion ou fabrication ?
21/01/2012 | Commentaires (2)
VERSION ÉCRITE DE L’ÉMERGENCE DE LA PHUSIS à NANTES le 13 janvier dernier dans le cadre du Cycle de conférences sur la nature organisé par la Société Nantaise de Philosophie. Vous trouverez ci-dessus l’enregistrement (hélas tantôt de qualité moyenne…) de l’excellent résumé de Joël Gaubert ainsi que de la stimulante discussion qui a suivi.
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Nous vivons une époque formidable. Les progrès réalisés par la science et la technique nous permettent de vivre dans un confort et un bien-être toujours croissants et de jouir de possibilités inouïes, qui feraient assurément pâlir nos plus glorieux ancêtres ; et qui font en tout cas baver tous ceux qui ne sont pas (encore) immergés dans notre monde occidental. Suite
La phusis – éclosion ou fabrication ?
10/01/2012 | Commentaires (3)
LA PHUSIS A ÉMERGÉ À NANTES, dans le cadre d’un cycle de conférences sur la nature organisé par la Société Nantaise de Philosophie. En attendant de pouvoir découvrir ici-même le texte de la conférence, vous trouverez ci-joint, en guise d’amuse-bouche, son résumé de quelques lignes.
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La nature comme phusis – éclosion ou fabrication ?
Dominé qu’il est par la science et la technique, notre monde est en train de faire de tout phénomène, y compris de l’homme, un simple objet, affaire d’une possible fabrication, consommation et manipulation. Mais comment en sommes-nous arrivés là ? D’où provient cette vision et puissance partout à l’œuvre ? Relève-t-elle de la volonté de certains hommes – scientifiques, ingénieurs, économistes, chefs d’entreprises, etc. ? Suite
D.Quichotte et les éoliennes
06/01/2012 | Commentaires (0)
CLIP DU DERNIER MORCEAU DE BESTAIRE, DERNIER DISQUE DE PHILIPPE CRAB, sorti fin 2011.
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Ecrit et composé par Philippe Crab
Interprété par Philippe Crab (guitare, voix, accordéon) Léonore Boulanger (voix)
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Images extraites de « Don Quijote » d’Orson Welles et de Jesus Franco,
montée par Aurélien Merle.
De la béatitude contre-volonté
02/01/2012 | Commentaires (0)
APRÈS AVOIR ABANDONNÉ LES ÎLES BIENHEUREUSES et s’être séparé de ses amis, c’est ainsi, le cœur rempli d’énigmes – du genre de celles du nain et du portique instant, ou alors du chien hurlant aux côtés du jeune berger mordu en plein gosier par un terrible serpent –, c’est ainsi, le cœur rempli de telles énigmes et débordant d’amertumes solitaires, que Zarathoustra a vogué sur sa nouvelle mer en direction de nouveaux horizons. Mais quelques jours de voyage en haute mer lui ont permis se refaire. A quatre jours seulement de distance de ses amis, il avait en effet déjà surmonté toute sa souffrance. Suite
Losing My Religion
29/12/2011 | Commentaires (0)
LE PLUS GROS TUBE DE L’IMMENSE GROUPE QU’EST R.E.M. Extrait de l’album Out of Time (1991). « Losing my religion » est à entendre au sens de « perdre son calme », « perdre confiance » (vieille expression du sud des États-Unis). Michael Stipe – leader et chanteur du groupe – présente le morceau comme expression d’une désillusion amoureuse. Du monde idéal que promet notre tradition ? Suite
Du visage et de l’énigme
25/12/2011 | Commentaires (0)
ÉTANT DONNÉ QU’UN HOMME DES ÎLES BIENHEUREUSES est monté en même temps que Zarathoustra à bord du bateau, le bruit de la présence de ce dernier a tôt fait de parvenir aux oreilles des matelots. Suite aux dires de l’homme, une grande curiosité et une grande attente est née à son sujet. Pourtant, Zarathoustra était tellement froid et sourd de tristesse, tellement envahi par ses sombres pensées, qu’il est d’abord demeuré en retrait. Deux jours durant, il est resté dans son coin, muet, sans répondre au moindre regard ou à la moindre question. Ce n’est que le soir du second jour qu’il est progressivement sorti de sa torpeur. Suite
Roads
21/12/2011 | Commentaires (0)
MORCEAU DE DUMMY, DISQUE DE PORTISHEAD SORTI EN 1994.
Paroles :
Oh, can’t anybody see,
We’ve got a war to fight,
Never found our way,
Regardless of what they say.
How can it feel, this wrong,
From this moment,
How can it feel, this wrong.
Storm,
In the morning light,
I feel,
No more can I say,
Frozen to myself.
I got nobody on my side,
And surely that ain’t right,
Surely that ain’t right.
Oh, can’t anybody see,
We’ve got a war to fight,
Never found our way,
Regardless of what they say.
How can it feel, this wrong,
From this moment,
How can it feel, this wrong. Suite
Le voyageur
17/12/2011 | Commentaires (0)
« VOUS REGARDEZ VERS LE HAUT, quand vous exigez de la hauteur, pour vous fixer un but. Et moi je regarde en bas, parce que je suis élevé, parce que je suis déjà en hauteur.
Qui d’entre vous peut en même temps rire et être élevé ?
Celui qui grimpe sur la plus haute montagne rit de tous les jeux de deuil et sérieux de deuil. »
Zarathoustra, « De l’écriture et de la lecture » (I, 7)
*
C’est sur le coup de minuit que Zarathoustra a pris son chemin par-dessus la crête de l’île. Il est parti au milieu de la nuit pour arriver au petit matin sur l’autre rive : car c’est là, de l’autre côté de la montagne, qu’il voulait embarquer vers de nouveaux horizons. Suite
7 seconds
14/12/2011 | Commentaires (1)
TUBE DE YOUSSOU N’DOUR ET NENEH CHERRY réalisé en 1994.
*
Au fond des corps,
Au fond des cœurs,
Sur les visages d’enfants,
Des millions de voix
Qui disent l’innocence,
Le jeu, la joie possibles
Du monde. Suite
L’heure la plus silencieuse
10/12/2011 | Commentaires (0)
QUE M’EST-IL ARRIVÉ, MES AMIS ? Vous me voyez défait, troublé, entraîné, malgré moi docile, prêt à partir – ah, mes amis, quelque chose me force à me séparer de vous !
Oui, Zarathoustra ne peut plus rester parmi vous ; Zarathoustra doit une nouvelle fois retourner dans sa solitude. Et cette fois, c’est sans joie que l’ours retourne dans sa caverne ! Oui, contrairement aux autres fois, où j’étais content de partir, où j’avais besoin de quitter les gens pour me refaire, il m’est cette fois difficile de vous abandonner, tant je commençais à vous aimer.
Que m’est-il arrivé, mes amis ! Qui me pousse ainsi ? Qui ordonne cela ? Suite
Double nature du langage
06/12/2011 | Commentaires (0)
LE LANGAGE EST UN PHÉNOMÈNE DE PREMIÈRE IMPORTANCE : il nous permet d’exprimer nos pensées et sensations et par là de partager notre vie et rapport au monde. Depuis l’aube de notre civilisation, le langage est considéré comme le principal trait distinctif de l’homme vis-à-vis de l’animal. C’est ainsi qu’en Grèce ancienne, les premiers philosophes ont défini l’homme – en démarcation des autres phénomènes de la nature, et en particulier de l’animal – en termes d’« être vivant » qui se différencie du fait qu’il est « doué de langage ».
A bien y regarder, le langage possède aujourd’hui une place et une puissance géographiquement et historiquement inégalées. Suite
Du bon sens humain
02/12/2011 | Commentaires (0)
CE N’EST PAS LA HAUTEUR QUI EST TERRIBLE, mais la pente pour y parvenir !
Quand les gens sont sur une pente abrupte, ils sont pris par un double sentiment, de peur et de désir : ils ont en même temps leur regard qui sombre vers le bas, vers l’abîme, et leur main qui se tend vers le haut, vers les sommets. Ils sont marqués par une double volonté : à la fois d’éviter la chute et de parvenir à grimper. Et voilà que leur cœur se trouve pris de vertige.
Ah, mes amis, devinez-vous la double volonté de mon cœur, de mon cœur à moi, bien différent de celui de la majorité des gens ? Suite
Lettre du voyant
29/11/2011 | Commentaires (0)
EXTRAIT DE LA LETTRE ADRESSÉE PAR ARTHUR RIMBAUD à Paul Demeny le 15 mai 1871. Sur la tâche du poète, du vrai poète qui ne se contente pas d’alimenter le romantisme fadasse.
*
« La première étude de l’homme qui veut être poète est sa propre connaissance, entière ; il cherche son âme, il l’inspecte, Il la tente, l’apprend. Dès qu’il la sait, il doit la cultiver ; cela semble simple : en tout cerveau s’accomplit un développement naturel ; tant d’égoistes se proclament auteurs ; il en est bien d’autres qui s’attribuent leur progrès intellectuel ! – Mais il s’agit de faire l’âme monstrueuse : à l’instar des comprachicos, quoi ! Suite
De la rédemption
25/11/2011 | Commentaires (0)
UN JOUR OÙ ZARATHOUSTRA A TRAVERSÉ LE GRAND PONT qui conduit à la partie de la ville qui est pleine d’estropiés et de mendiants, il s’est vu apostrophé en ces termes par un bossu :
« Regarde, Zarathoustra ! Ton enseignement n’est pas vain : même le peuple apprend de toi et fait toujours plus confiance à ta doctrine. Mais pour qu’il puisse te croire complètement, te faire entièrement confiance, il faut encore que tu fasses quelque chose : tu dois encore nous convaincre nous, les estropiés ! Regarde, tu as ici un joli choix d’infirmes ; c’est en vérité une occasion à ne pas manquer ! Suite
Le sens
21/11/2011 | Commentaires (0)
DOMINIQUE A, « LE SENS », paroles et clip du morceau de l’album La Musique (2009). Et si, au lieu de chercher désespérément le sens, on se mettait à s’interroger sur la valeur ? Suite
Repos du guerrier
16/11/2011 | Commentaires (1)
L’ART DES MUSES EST D’UNE TOUTE-PUISSANTE RICHESSE PHUSIQUE : comme le révèle la première Pythique de Pindare, après les fidèles efforts, les forces de la magie, de l’amour, du sommeil, de la possession, de la vie et de la mort finissent par se conjuguer.
*
Ayant relâché des deux côtés son aile rapide
Sur le sceptre de Zeus, l’aigle s’endort.
D’un nuage au sombre aspect,
Doux fermoir des paupières
Le son de la musique
A enveloppé sa tête courbée.
Endormi, le roi des oiseaux balance son dos onduleux
Au rythme des poussées de la musique.
(Pindare, Pythique, I)
*
L’aile véloce de l’aigle est relâchée. Suite
Le devin
11/11/2011 | Commentaires (0)
« – ET J’AI VU UNE GRANDE TRISTESSE S’ABATTRE SUR LES HOMMES. Les meilleurs d’entre eux, les créateurs eux-mêmes, étaient fatigués de leurs œuvres, épuisés par la vie.
Un enseignement se répandait un peu partout, accompagné de cette croyance : « Tout est vide, tout est égal, tout est passé ! » disait-on tout azimut. Mélange de nihilisme et de nostalgie.
Et toutes les collines du monde renvoyaient le même écho mélancolique : « Tout est vide, tout est égal, tout est passé ! »
Bien sûr que nos efforts ont été récompensés ; bien sûr que notre travail nous a permis de récolter beaucoup de choses : mais pourquoi donc tous nos fruits nous ont-ils pourri et bruni dans les mains ? Suite
Devant la loi
07/11/2011 | Commentaires (0)
FRAGMENT DU PROCÈS DE FRANZ KAFKA, publié en 1925. Introduction à l’excellent film The Trial, réalisé par Orson Welles en 1962 (avec Anthony Perkins).
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Devant la loi se dresse le gardien de la porte. Un homme de la campagne se présente et demande à entrer dans la loi. Mais le gardien dit que pour l’instant il ne peut pas lui accorder l’entrée. L’homme réfléchit, puis demande s’il lui sera permis d’entrer plus tard. «C’est possible», dit le gardien, «mais pas maintenant». Le gardien s’efface devant la porte, ouverte comme toujours, et l’homme se baisse pour regarder à l’intérieur. Le gardien s’en aperçoit, et rit. «Si cela t’attire tellement», dit-il, «essaie donc d’entrer malgré ma défense. Mais retiens ceci: je suis puissant. Suite
Des grands événements
03/11/2011 | Commentaires (0)
EN PLEINE MER, NON LOIN DES ÎLES BIENHEUREUSES – les îles des amis de Zarathoustra vers lesquelles il a été poussé du haut de ses montagnes –, il existe une île sur laquelle fume constamment une montagne de feu, une sorte de volcan. Le peuple, et parmi celui-ci en particulier les petites vieilles, en disent qu’elle recouvre la porte de l’enfer ; qu’elle est placée comme un bloc de pierre devant l’entrée des enfers, où un étroit chemin conduirait au travers de la montagne. Suite
Alors on danse
29/10/2011 | Commentaires (4)
MORCEAU DE STROMAE, EXTRAIT DE L’ALBUM CHEESE, sorti en 2010. Clip officiel et genèse phusico-musicale du buzz avec Jamel Debouze.
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Alors on d…
Qui dit étude dit travail,
Qui dit taf te dit les thunes,
Qui dit argent dit dépenses,
Qui dit crédit dit créance,
Qui dit dette te dit huissier,
Lui dit assis dans la merde.
Qui dit Amour dit les gosses,
Dit toujours et dit divorce.
Qui dit proches te dit deuils car les problèmes ne viennent pas seuls.
Qui dit crise te dit monde dit famine dit tiers- monde.
Qui dit fatigue dit réveille encore sourd de la veille,
Alors on sort pour oublier tous les problèmes.
Alors on danse… Suite
Des poètes
26/10/2011 | Commentaires (0)
« DEPUIS QUE JE CONNAIS MIEUX LE CORPS, a dit un jour Zarathoustra à un de ses disciples, l’esprit ne m’apparaît plus que sur la mode du comme si : comme une image, une fantaisie, une fiction du corps lui-même. Suite
Du fond des gorges
22/10/2011 | Commentaires (1)
NOUVEAU SPECTACLE DE PIERRE MEUNIER, créé début novembre prochain à Dijon, avant une tournée dans toute la France. Avec Pierre Meunier, François Chattot et Pierre-Yves Chapalain. Provocateur et perturbateur musical : Alain Mahé. Courez-y !
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Texte de présentation de Pierre Meunier :
« Ce qui distingue la poésie de la parole machinale, c’est que la poésie justement nous réveille, nous secoue en plein milieu du mot. Ce dernier se révèle alors à nous d’une étendue bien plus vaste que nous ne l’imaginions, et nous nous souvenons soudain que parler veut dire : se trouver toujours en chemin. Suite
Des érudits
19/10/2011 | Commentaires (2)
ALORS QUE J’ÉTAIS TRANQUILLEMENT ENDORMI SUR L’HERBE, un mouton est soudain venu brouter la couronne de lierre que j’avais sur la tête, symbole de force végétative et de persistance du désir. Et il ne s’est pas contenté de la dévorer, mais a encore commenté son action en affirmant : « Zarathoustra n’est plus un érudit ». Suite
Subjectif, le jugement du goût ?
15/10/2011 | Commentaires (0)
V et P s’interrogent sur le jugement du goût en dégustant une Humagne Blanche. Quelle est la valeur d’une affirmation en matière de goût ? En quoi le jugement d’un expert est-il plus pertinent que celui de Monsieur tout le monde ? Le jugement du goût est-il toujours subjectif ? Ou peut-il avoir une portée objective ? Le dialogue de V et de P propose de distinguer jouisseurs, amateurs, spécialistes et imposteurs en matière de vin.
*
Le texte se trouve à vrai dire depuis la naissance de PHUSIS.CH dans les profondeurs (cachées) de sa partie VIN ET PHILOSOPHIE ; partie dans laquelle vous trouverez – faut-il le rappeler ? – le noyau phusique de nos travaux. Suite
De l’immaculée connaissance
12/10/2011 | Commentaires (0)
LORSQUE, HIER, LA LUNE S’EST LEVÉE A L’HORIZON, elle était si large, si grosse, si opulente, si brillante, là-bas, couchée au loin, que j’ai cru qu’elle voulait faire naître un soleil.
Mais il n’en était rien : elle ne faisait que mentir, sa grossesse n’était que feinte. J’avais tort de croire à son côté féminin, de me dire qu’elle était capable d’engendrer, d’accoucher. Je me suis alors rendu compte qu’il fallait que je change ma manière de voir la lune : depuis, je veux davantage encore croire à l’homme qu’à la femme qu’elle est.
Bien sûr, homme, cette timide noctambule ne l’est pas vraiment non plus, mais elle l’est en tout cas plus que femme. Suite
To be or not to be
09/10/2011 | Commentaires (4)
EXTRAIT DE L’ACTE III, SCÈNE 1 D’HAMLET DE SHAKESPEARE. D’abord en traduction française, en anglais ensuite, puis dans l’interprétation de Kenneth Branagh dans son film éponyme.
Hamlet incarne l’homme dionysiaque par excellence : s’il n’agit pas, c’est qu’il a plongé son regard dans les tréfonds de la vie, parce qu’il en possède une connaissance vraie, profonde, tragique – et qu’il refuse de se voiler la face. La leçon d’Hamlet est aux antipodes de la sagesse à bon marché de Hans le rêveur qui, en bon moderne, n’agit pas non plus, mais quant à lui parce qu’il est incapable de se décider parmi les trop nombreuses possibilités qui découlent de son excès de réflexion. Suite
Du pays de la culture
04/10/2011 | Commentaires (6)
UN JOUR, LORS D’UN DE MES VOLS VERS LE LOINTAIN, j’ai volé trop loin dans l’avenir : un frémissement d’horreur s’est soudain emparé de moi.
Quand, là-bas, au loin, j’ai regardé autour de moi, je n’ai trouvé personne, pas le moindre élément familier. Voici que le temps qui s’écoule était soudain devenu le seul phénomène que je reconnaissais, mon seul contemporain.
Horrifié par ma vision, j’ai alors rebroussé chemin, volé en retour vers chez moi, dans le temps présent – non sans me hâter toujours davantage pour me retrouver au plus vite en terrain connu : c’est ainsi que je suis arrivé vers vous, hommes actuels, et au pays des gens instruits, informés, cultivés : le pays de la culture. Suite
Ça pousse !
30/09/2011 | Commentaires (1)
MOUVEMENT FILMIQUE DE PIERRE MEUNIER extrait de « Et ça continue ! », © La Belle Meunière et Baíacadez Films, 2007.
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Ça pousse, ça résiste, ça écrase, ça aplatit, ça nie la forme, ça ne voudrait plus rien voir, ça voudrait s’allonger, et puis que ça se termine, que ça se termine – assez tenu debout ! Suite
Des hommes sublimes
26/09/2011 | Commentaires (0)
JE SUIS UN OCÉAN PAISIBLE ; calme est le fond de la mer que je suis : qui donc pourrait deviner qu’il recèle des monstres, des êtres en même temps effrayants et farceurs !
Inébranlable est ma profondeur ; mais elle n’a rien à voir avec le calme plat auquel on aspire généralement ; dans la sérénité de ma profondeur brillent quantité d’énigmes et de rires flottants qui auraient tôt fait d’ébranler la plupart. Vous me connaissez : Je ne m’appuie pas sur la vie idéale pour avancer, je ne cherche nullement à lui ressembler, mais me plonge dans le labyrinthe de la vie tragique pour le, la et me surmonter. Suite
Habemus papam
22/09/2011 | Commentaires (1)
FILM DE NANNI MORETTI, avec Michel Piccoli, Nanni Moretti, etc. (ITA, 2011, 1h44). Actuellement dans les salles.
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Suite aux funérailles du pape, le Conclave se réunit pour élire son successeur. Suite
Parmi les filles du désert
19/09/2011 | Commentaires (0)
NOUS SOMMES À LA MONTAGNE, DANS LA CAVERNE d’un étrange prophète nommé Zarathoustra, entourés de quelques hommes qui, comme nous, sont effrayés de voir ce que le monde est devenu, à force de suivre les jeunes filles du soleil et de négliger la face cachée de la lumière : une mer de mélancolie, pleine de vieille et sombre affliction, de mauvais tours, de mesquinerie, de jeux méchants, de secrète misère, de vaine gloriole, d’air morne, etc. ; un désert sous un ciel nuageux. Suite
Des filles du soleil aux filles du désert
15/09/2011 | Commentaires (2)
ON LE SAIT : C’EST EN GRÈCE, AU VIe SIÈCLE AVANT J.-C., que pointent les premières lueurs de la pensée rationnelle qui domine aujourd’hui nos esprits. On s’accorde généralement pour dire que l’événement fondateur de notre vision du monde a lieu chez le poète et penseur Parménide ; plus précisément dit dans le prologue de son fameux Poème intitulé – les phusiciens ne s’en étonneront pas – Peri phusikos, Sur la phusis, la nature comme éclosion à la lumière à partir des profondeurs cachées. Suite
De l’autodépassement
10/09/2011 | Commentaires (2)
VOUS PRÉTENDEZ, VOUS LES PLUS SAGES, VOUS OCCUPER DE LA VÉRITÉ ; vous vous présentez toujours en quête de vérité. « Volonté de vérité », voilà comment vous appelez ce qui vous pousse et vous excite ?
Mais moi, votre volonté de vérité, je l’appelle autrement : je l’appelle « volonté de rendre pensable tout ce qui est » ! Car vous ne faites rien d’autre que réduire le monde qui vous entoure à votre pensée, à faire entrer toute chose dans vos catégories de pensée et de raison.
Ce que vous voulez, ce n’est pas d’abord, comme vous le dites, dévoiler la vérité, mais réussir à faire entrer les phénomènes dans votre pensée, les rendre pensable. Pourquoi ? Suite
23 | live
05/09/2011 | Commentaires (1)
MORCEAU LIVE DU DISQUE 23 DE BLONDE REDHEAD (2007).
Les belles rencontres – profondes, intenses, sans faux-semblants – sont rares. Tellement rares qu’elles sont de véritables fêtes.
Il y en a qui disent qu’elles ne se font pas avec des gens, mais uniquement avec les choses, les phénomènes. Parce qu’ils ne trichent pas, parce qu’ils sont sincères, montrent toujours le maximum de ce qu’ils cachent.
Qu’y a-t-il de plus beau, en effet, que de rencontrer un arbre, un brin d’herbe, une coccinelle, une fourmi ? Sans triche, d’égal à égal ; et de se rendre compte que nous sommes, au fond, le même. Suite
L’homme phusique
31/08/2011 | Commentaires (0)
LE PREMIER RÉFLEXE DE L’HOMME PHUSIQUE est d’abandonner sa subjectivité individuelle et ses aspirations personnelles pour laisser résonner, en lui et autour de lui, par ses pensées et ses actes, les puissances phusiques, dionysiaques qui régissent le monde. Il s’agit pour lui de découvrir et libérer partout de nouvelles possibilités d’existence. En toute honnêteté, en toute authenticité. En faisant vibrer la part phusique qui l’habite et l’entoure.
L’homme phusique est un signe vers le monde en sa nature d’enfantin jeu divin. Une porte ouverte sur de nouveaux horizons de pensée et de vie. Il met tout en œuvre pour que l’homme se libère l’esprit, et le corps. Suite
Melan-cholia
24/08/2011 | Commentaires (4)
FILM DE LARS VON TRIER, avec Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg, Alexander Skarsgard, Charlotte Rampling, John Hurt, etc. (FRA/DAN/SWE/GER/2011, 2h16). Actuellement dans les salles.
« Dans un quelconque coin perdu de l’univers s’écoulant de manière scintillante en d’innombrables systèmes solaires, il y eut une fois un astre sur lequel des animaux intelligents inventèrent la connaissance. Ce fut la minute la plus orgueilleuse et la plus mensongère de l’“histoire universelle”, mais ce ne fut cependant qu’une minute. Suite
Le chant de tombe
21/08/2011 | Commentaires (0)
LÀ-BAS, AU LOIN, SUR LA MER, SE TROUVE l’île aux tombes, la silencieuse île aux tombes ; là-bas, au loin, sur la mer, se trouvent aussi les tombes de ma jeunesse. Je veux y voguer pour y déposer une couronne – une couronne toujours verte, symbole non de mort mais de vie.
C’est ainsi, résolu dans mon cœur, que j’ai traversé la mer.
Ô vous, tombes de ma jeunesse, visages et apparitions de ma jeunesse ! Ô vous, tous les regards de l’amour, vous, instants divins, marqués par l’insouciance, la naïveté, l’affirmation de toute chose, le jeu ! Comme vous m’êtes morts vite, si vite ! Je me souviens aujourd’hui de vous comme de mes morts, comme de mes proches trop tôt disparus. Suite
Leprest est mort
17/08/2011 | Commentaires (1)
ALLAIN LEPREST, UN DES SECRETS LES MIEUX GARDÉS de la chanson française n’est plus. Après avoir lutté contre le crabe et l’avoir apparemment vaincu, il s’est donné la mort lundi. Par amour pour la vie. Suite
Faire résonner la musique de la vie
15/08/2011 | Commentaires (0)
LOIN DE L’ABSENCE DE SENS, DE LA FUITE EN AVANT dans le travail stérile, l’appât du gain et de reconnaissance, la consommation, la communication et autres divertissements superficiels qui subjuguent l’ego de chacun, l’expérience phusique fait de l’homme un musicien : un musicien qui met tout en œuvre pour jouer le jeu, la partition de la vie. Comme l’étaient jadis de manière éminente les chanteurs et poètes, et comme le sont aujourd’hui encore les véritables artistes (de la vie), il devient musicien au sens où il laisse résonner en lui et en dehors de lui les forces que lui soufflent ce que les Grecs ont appelé les Muses : la musique de la vie, la vie en sa musicalité et harmonie propre. Suite
Le chant de danse
10/08/2011 | Commentaires (0)
UN SOIR, ALORS QUE ZARATHOUSTRA TRAVERSAIT LA FORÊT avec ses disciples, en quête d’une fontaine, il est tombé sur une verte prairie, clairière silencieuse entourée d’arbres et de buissons : des jeunes filles y dansaient, toutes ensemble. Reconnaissant Zarathoustra, elles ont soudain interrompu leur danse ; mais Zarathoustra s’est alors approché d’elles dans un geste d’amitié et leur a parlé en ces termes :
« N’arrêtez pas de danser, charmante filles ! Ce n’est pas un rabat-joie au regard méchant, un ennemi des jeunes filles qui vient vers vous.
Je suis l’avocat de dieu devant le diable : l’avocat du bien face au mal. Et vous le savez mieux que quiconque, légères danseuses : le diable, le mal, c’est l’esprit de lourdeur. Suite
Rehab
04/08/2011 | Commentaires (0)
TOUS LE MONDE LE SAIT : AMY WINEHOUSE est morte le 23 juillet dernier.
Ce que personne ne sait, c’est où s’en est allé la force qui portait sa divine et étrange voix.
En guise d’hommage, nous vous proposons Rehab, fameux titre de 2006.
Rehab signifie désintoxication, réinsersion, réhabilitation.
A méditer.
Comme toujours, vous trouverez les paroles sous la vidéo. Suite
Qui ne joue pas ne vit pas
31/07/2011 | Commentaires (2)
CE QUI DISTINGUE L’HOMME DES AUTRES phénomènes de la nature est le jeu. Presque tout, dans nos existences, est en effet joué. On joue en une seule journée plus de rôles que l’acteur le plus sollicité durant toute sa carrière.
On ne se comporte pas en famille comme avec ses amis, à l’école comme dans le métro, au magasin comme au poste de police, dans le salon de son appartement comme dans la cage d’escaliers de son immeuble, avec ses parents comme avec son garagiste.
De même que les règles du foot ne s’appliquent pas à celles du hockey, les règles et conventions d’un milieu ne correspondent pas à celles d’un autre. Suite
Le chant de nuit
26/07/2011 | Commentaires (0)
IL FAIT NUIT. FINIE L’AGITATION DU JOUR : toutes les fontaines jaillissantes parlent maintenant plus fort. Et mon âme est elle aussi une fontaine jaillissante ; elle parle elle aussi plus fort.
Il fait nuit. Voilà que se réveillent tous les chants des amoureux. Et mon âme est elle aussi le chant d’un amoureux. Non pas que j’aime quelqu’un, que j’y pense tout le temps, au point d’être privé de sommeil, mais parce que je suis pris par des forces de vie surabondantes.
Quelque chose d’inapaisé, d’inapaisable est en moi et veut se faire entendre. J’ai en moi une lumière, un désir d’amour qui parle lui-même le langage de l’amour. Suite
La révolution des crabes
22/07/2011 | Commentaires (0)
COURT-MÉTRAGE D’ARTHUR DE PINS, FRA, 2003.
La révolution, ça veut dire… tourner.
« Dans les eaux marronâtres de l’estuaire de la Gironde, entre les rochers repeints au fuel et le sable vaseux qui abrite les meilleures huîtres du monde, personne ne se doute de la tragédie qui nous frappe depuis 120 millions d’années, nous les pachygrapsus marmoratus, appelés communément chancres mous, ou plus souvent crabes dépressifs… »
Vous trouverez le site d’Arthur de Pins ici.
Des sages illustres
18/07/2011 | Commentaires (0)
VOUS AVEZ BEAU PRÉTENDRE LE CONTRAIRE, sages illustres, scientifiques, spécialistes et autres journalistes, tous que vous êtes, vous avez été utiles au peuple – et non à la vérité ! Au contraire de ce que vous dites, tout ce que vous avez fait n’a nullement servi la vérité, mais n’a fait que jouer le jeu du peuple. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on vous a témoigné tant de respect et vous a placé si haut.
Et c’est aussi pour cette raison qu’on a été jusqu’à supporter votre scepticisme, votre incroyance : en tant que plaisanterie et détour vers le peuple ; comme le maître laisse faire ses esclaves et va même jusqu’à se délecter de leur exubérance. Suite
Les statues meurent aussi
14/07/2011 | Commentaires (0)
FILM RÉALISÉ PAR ALAIN RESNAIS ET CHRIS MARKER en 1953.
« Quand les hommes sont morts, ils entrent dans l’histoire. Quand les statues sont mortes, elles entrent dans l’art. Cette botanique de la mort, c’est ce que nous appelons la culture. »
C’est ainsi que commence le documentaire court-métrage réalisé par Resnais et Marker sur l’anthropologie et la muséification de l’art. Si le propos concerne avant tout l’art africain, il traite en somme la question du rapport qu’entretient l’Occident avec l’« autre », et par suite avec tous les phénomènes de la nature : rapport d’objectivation, de canalisation et de stérilisation des puissances mystérieuses qui façonnent et guident le monde ; forces que nous appelons… phusiques. Suite
Des tarentules
10/07/2011 | Commentaires (0)
REGARDE, C’EST LA GROTTE DE LA TARENTULE ! Tu veux voir l’animal en personne ? Approche un peu : sa toile est suspendue ici. Touche-la du doigt, pour la faire trembler ; tu verras, elle aura vite fait de venir voir ce qui se passe.
Et hop : la voilà déjà, pleine de bonne volonté, docile. Bienvenue, tarentule ! On te reconnaît bien, avec ton triangle, ton emblème noir sur le dos. Mais figure-toi que pour ma part, je ne te connais pas seulement de l’extérieur, je sais aussi ce qui siège dans ton âme. Suite
Publique
04/07/2011 | Commentaires (2)
MATHILDE MONNIER A CRÉÉ PUBLIQUE À MONTPELLIER EN 2005.
Avec Germana Civera, Ondine Cloez, Corinne Garcia, Natacha Kouznetsova, I Fang Lin Lemoisson, Ana Sofia Neves Gonçalves, Avelen Parolin, Filiz Sizanli
Voilà bientôt vingt ans que Mathilde Monnier explore, en archéologue de l’âme et du corps, les aspects insolites du corps et du mouvement. A chaque spectacle, elle démantèle la matière pour parvenir à une nouvelle approche. De l’isolement social à la différence en passant par les phénomènes de masse : langage du corps qui exprime le monde d’aujourd’hui.
Publique est le premier volet d’un dyptique. Sur fond de musique de PJ Harvey.
De la racaille
28/06/2011 | Commentaires (1)
LA VIE EST UNE SOURCE DE PLAISIR. L’eau qui en jaillit est propre et pure, gage de bonheur. Sauf quand la racaille s’en mêle. Oui, partout où s’abreuve la canaille, les fontaines sont empoisonnées.
Je suis favorable à tout ce qui est propre, tout ce qui est pur. Mais je ne supporte pas de voir autour de moi la racaille : les bouches ricaneuses, les impurs et leur soif maladive.
Faibles, souffrant du manque, ils ont jeté leur œil au fond de la fontaine ; ils ont scruté la vie jusque dans ses moindres détails ; et ils ont fini par lui dire « non » et se mettre à chercher à la transformer à leur guise. Suite
Give me the words
24/06/2011 | Commentaires (1)
NOUVELLE VAGUE 1, « In A Manner Of Speaking », reprise de Tuxedomoon, 2004. Suite
Des vertueux
20/06/2011 | Commentaires (6)
VOUS ÊTES LAS, ENDORMIS ? Vos sens sont ramollis ? Ne les laissez pas dans cet état ; ne les ménagez pas ! Convoquez les plus grandes forces possibles pour les secouer, les réveiller ! Parlez-leur à coups de tonnerre et de feux d’artifices célestes !
La voix de la beauté est bien différente de ces immenses puissances. Elle parle doucement. Si doucement que l’endormi, justement, n’y pas accès, ne peut l’entendre. Aussi ne se glisse-t-elle que dans les âmes les plus éveillées.
Pour me protéger de la bêtise d’autrui, j’ai un bouclier. Il consiste en ma sensibilité et mon humour. Aujourd’hui, mon bouclier a tremblé et ri doucement : rire sacré et tremblement de beauté.
C’est de vous autres vertueux qu’a ri aujourd’hui ma beauté. Suite
John Gabriel Borkman
15/06/2011 | Commentaires (0)
SPECTACLE PUISSANT, D’UNE ÉBLOUISSANTE FORCE de profondeur et de jeu. Pièce d’Henrik Ibsen (1896), mise en scène par Thomas Ostermeier (Dir. du Schauspielhaus de Berlin). En tournée à Kléber-Méleau (Lausanne) jusqu’au 19 juin 2011. En allemand surtitré.
Tragédie familiale, contemporaine : la fierté, le pouvoir, l’argent, la gloire, la rancune, l’esprit de vengeance l’emportent sur tout sentiment humain, toute vie équilibrée. Jusqu’à l’escroquerie. Jusqu’aux cris. Jusqu’à la maladie. Jusqu’à la mort.
Un plateau couleur de givre, envahi par une fumée basse. Murs et plafonds blancs. Salon… scandinave. Chic, sobre, froid, comme bon nombre de nos salons : très inconfortable. Climat d’oppression. D’étouffement. Propice à la révolte de… Dionysos. Suite
Des bisoux
14/06/2011 | Commentaires (2)
NOUVEAU MORCEAU DU DERNIER DISQUE de Philippe Katerine
Des bisoux
On est là pour qui
Dans les magasins
A se prendre la tête
Au fond qu’est ce qu’on veut
Au fond qu’est ce qu’on cherche
Quand on s’prend la tête
Mais qu’est ce qu’on attendDes bisoux…
Quand on se dit fuck
J’te défonce la gueule
Tout en insultant
Les papa les maman
Au fond qu’est ce qu’on veut
Au fond qu’est ce qu’on cherche
Quand on se dit fuck
Mais qu’est ce qu’on attend
Des bisoux…
De façon générale
Et très globalement
En définitive
Mais qu’est ce qu’on attend
Pour se faire
Des bisoux…
Des prêtres
10/06/2011 | Commentaires (0)
UN JOUR, DANS LA RUE, EN CROISANT DES PRÊTRES EN PROMENADE, Zarathoustra a fait un signe à ses disciples et leur a parlé en ces termes :
« Voici des prêtres : bien qu’ils soient mes ennemis, passez-moi à côté d’eux en silence et l’épée endormie, bien rangée dans son fourreau ; inutile de leur chercher querelle !
A bien y regarder, il y a aussi des héros parmi eux. Beaucoup d’entre eux ont trop souffert – tant souffert qu’ils veulent à leur tour faire souffrir.
Ce sont de méchants ennemis : leur humilité, leur modestie les rend intouchables. Et même plus : leur déférence a un côté vindicatif ; il n’y a même rien de plus vindicatif sur terre. Suite
Sagesse d’art martial
06/06/2011 | Commentaires (0)
Le travail du critique
02/06/2011 | Commentaires (2)
PIETRO CITATI SUR L’INTERPRÉTATION DE TEXTES.
Citati nous dit à peu près tout ce qu’il faut savoir et mettre en œuvre en matière de littérature. En toute légèreté, porté qu’il est par Hermès, son dieu à lui, dieu aux pieds ailés : dieu des brigands, du vol, du secret, du mystère et de la ruse ; messager de Zeus qui traverse volontiers l’abîme qui sépare vivants et morts ; divinité des frontières et des passages ; dieu qui brise les tabous ; patron des bergers, des voleurs, des fossoyeurs et des hérauts.
Tous les phusiciens s’y retrouveront. Suite
Des compatissants
29/05/2011 | Commentaires (2)
MES AMIS, ÉCOUTEZ LA PAROLE MOQUEUSE que j’ai entendue à mon égard en me promenant parmi les hommes : « Voyez-donc Zarathoustra ! Ne déambule-t-il pas parmi nous comme parmi des animaux ? » Pour me railler, la personne en question a repris de manière superficielle et détournée mes propos concernant la dégénérescence de l’homme en animal.
Au lieu de demander si je ne me promène pas parmi les hommes comme parmi des animaux, elle aurait mieux fait d’affirmer : « L’homme de la connaissance déambule en tant qu’homme parmi des animaux. » Oui, quand je dis que l’homme dégénère en animal, je ne fais pas qu’une image : je décris en toute connaissance de cause une réalité. Suite
Rouvrir
24/05/2011 | Commentaires (2)
DOMINIQUE A, « ROUVRIR », morceau du disque L’horizon, 2006.*
Toute ma vie
Je n’ai fait que rouvrir
Des fenêtres et des portes claquées
Ni poignées ni serrures
Ne m’ont fait reculer
C’est étrange qu’aujourd’hui
Je me mette à faiblir
C’est ce bruit
Qu’aura fait la dernière
Porte claquée, c’est ce bruit
Il était différent
Il était
Plus sévère
Tu as fermé si fort
En sortant.
Et cette porte
Je ne peux pas l’ouvrir
Car si j’ouvre et que rien ne m’attend ?…
Mais tu vas revenir
Je le sens. Suite
Sur les îles bienheureuses
21/05/2011 | Commentaires (0)
LES FIGUES SONT MÛRES. Elles sont bonnes, sucrées, pulpeuses. Tellement que le vent du Nord les fait tomber des arbres ; et qu’en tombant, leur peau rouge se déchire. Regardez, je suis moi-même un vent du Nord pour les figues mûres : je les libère de leur attache.
Les enseignements que je vous prodigue sont pareils aux figues mûres : gorgés de sucre, ils sont prêts à tomber. Après avoir longuement mûris dans les hauteurs, voilà qu’ils vous arrivent de là-haut, mes amis. Ne manquez pas de boire leur jus et de savourer leur chair ! Partout alentours, c’est l’automne et le ciel pur de l’après-midi : il est l’heure de déguster les fruits qui ont lentement mûris durant l’été. Suite
L’écologie en bas de chez moi
17/05/2011 | Commentaires (7)
IEGOR GRAN, L’écologie en bas de chez moi, livre publié chez P.O.L. en 2011.
« Voici qu’un soir de mai 2009, en rentrant dans l’immeuble où j’habite, j’aperçois une drôle de petite réclame sur le tableau des informations, ce carré de liège où l’on annonce les coupures d’eau, les pendaisons de crémaillère, les gants perdus et les adolescents disponibles pour le baby-sitting, le coin sympa du voisin sympa, la fenêtre de tir de la sociabilité obligatoire. Ecrit à la main, en capitales, on y lit ceci : « Ne manquez pas ! Le 5 juin, projection du film Home de Yann Arthus-Bertrand, sur France 2. Nous avons tous une responsabilité à l’égard de la planète.
L’enfant avec le miroir
14/05/2011 | Commentaires (0)
APRÈS AVOIR QUITTÉ SES DISCIPLES, Zarathoustra s’est retiré des hommes et est retourné dans la montagne et la solitude de sa caverne. Là-haut, il a attendu, tel un semeur qui attend de voir pousser les semences qu’il a disséminées. Mais à la longue, son âme s’est remplie d’impatience et de désir pour ceux qu’il aimait : car il avait encore beaucoup à leur donner. Tel est en effet le plus difficile : fermer par amour la main ouverte ; rester pudique en donnant ; savoir se retirer après avoir donné.
C’est ainsi qu’ont passé pour le solitaire les lunes et les années. Suite
Y’a d’la haine
10/05/2011 | Commentaires (1)
LES RITAMITSOUKO, « Y’A D’LA HAINE », morceau du disque Système D, EMI, 1993.
*
On n’a pas que de l’amour
Ça non !
On n’a pas que de l’amour à revendre
Ça oui ! Y’a d’la haine
On n’a pas que de l’amour
Ça non ! Y’a d’la haine
La haine aussi
Faut qu’elle se répande
Sans que ça freine
Y’en a même un sacré bon paquet
Eh ouais
Ouais quand même
Quand même
On n’a pas que de l’amour
Ça non !
On n’a pas que de l’amour à revendre
Ça oui ! Y’a d’la haine
(…)
*
Clip :
PHUSIS.CH 1er anni
06/05/2011 | Commentaires (1)
PHUSIS.CH FÊTE SON 1ER ANNIVERSAIRE.
Le pauvre type qui s’efforce d’animer le site – et par suite la phusis – sort de son trou pour célébrer à sa manière l’événement.
Patio in distans. Tant bien que mal.
Vous le savez : PHUSIS.CH cherche depuis une année à vous faire des signes en direction de la phusis comme ensemble : à semer des graines pour qu’elle se développe, à donner des clés pour la comprendre, l’aimer et l’expérimenter dans son ensemble. Il s’agit de nous rappeler quelle chance nous avons de faire partie de la phusis. D’être une partie de la phusis. D’être en vie. De vivre. Une chance – et un honneur à la fois. Suite
De la vertu qui donne, 3.
05/05/2011 | Commentaires (0)
APRÈS AVOIR DIT CES MOTS, Zarathoustra s’est de nouveau tu, comme quelqu’un qui n’a pas encore dit son dernier mot. Longtemps, il est resté silencieux, dubitatif, soupesant dans ses mains le bâton au manche doré et au serpent que lui ont offert ses disciples. Quand il a enfin repris la parole, il leur a parlé ainsi, d’une voix une nouvelle fois transformée :
Je m’en vais seul maintenant, mes disciples ! Vous aussi, partez maintenant. Et seuls ! Je veux qu’il en soit ainsi. Bien sûr, il nous serait plus commode, plus agréable de rester ensemble, mais il ne faut pas confondre l’agréable avec ce qu’il convient de faire. Suite
Enivrez-vous
01/05/2011 | Commentaires (5)
CHARLES BAUDELAIRE, « ENIVREZ-VOUS », XXXIIIe poème des Petits poèmes en prose. Le spleen de Paris, 1869.
***
Enivrez-vous
Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous. Suite
De la vertu qui donne, 2.
27/04/2011 | Commentaires (0)
À CE STADE, ZARATHOUSTRA S’EST TU un moment et a regardé ses disciples avec amour, sans doute le même que celui qui l’avait jadis poussé à quitter son refuge dans les montagnes et à retourner auprès des hommes. Le voilà qui a alors continué son discours en ces termes, d’une voix soudain transformée :
Restez-moi fidèles à la terre, mes frères, avec la force de votre vertu, avec la puissance de votre force morale ! La nouvelle vertu que vous savez, la vertu surabondamment riche qui donne sans compter, n’enseigne en somme que cela : la fidélité à la terre. Non pas la fidélité au monde des idées intelligibles, de la morale traditionnelle, mais à la vie ici et maintenant, à la terre. Suite
Il faut que tu respires
24/04/2011 | Commentaires (2)
MICKEY 3D, RESPIRE, morceau du disque Tu ne vas pas mourir de rire (2003). Suite
De la vertu qui donne, 1.
19/04/2011 | Commentaires (0)
APRÈS AVOIR FAIT SES ADIEUX À LA VILLE chère à son cœur, dont le nom est « la vache multicolore » – toujours au sens de l’immense organisme bariolé qui avale et digère tout sur son passage –, Zarathoustra s’en est allé, suivi, escorté par un cortège de disciples. A un carrefour, il s’est arrêté et leur a dit qu’il voulait maintenant marcher seul ; car il était un ami de la marche solitaire. C’est alors que ses disciples lui ont offert un cadeau en guise d’adieu : un bâton au manche en or, avec un serpent enroulé autour du soleil. Zarathoustra s’est réjoui du bâton et s’est appuyé dessus. Suite
Tricky, Really Real
14/04/2011 | Commentaires (2)
TRICKY, « REALLY REAL », in : Mixed Race, Domino Recording, 2010.
*
Printemps artificiel.
Eclosion idéaliste.
En cherchant à se hisser au niveau de la beauté idéale,
On finit par devenir comme elle,
Pure forme, simple surface.
Objet de toutes les convoitises, certes,
Mais image vide de contenu.
Non sans que Dionysos gronde çà et là.
*
Paroles:
Pas trouvées. Si quelqu’un les découvre, c’est évidemment volontiers.
De la mort libre
10/04/2011 | Commentaires (6)
EN REGARDANT VIVRE ET MOURIR LES GENS, on se rend compte que la majorité d’entre eux meurt trop tard, et qu’il n’y a que quelques rares personnes qui meurent au contraire trop tôt. L’enseignement qui dit « Meurs au bon moment ! » n’est visiblement pas encore entré dans les mœurs. Il apparaît encore étrange.
Or tel est justement l’enseignement de Zarathoustra : il apprend à mourir ni trop tard, ni trop tôt, mais au bon moment. Juste quand il faut.
Bien sûr, pour mourir au bon moment, il faut aussi savoir vivre au bon moment. Comment celui qui passe à côté de sa vie pourrait-il ne pas passer également à côté de sa mort ? Suite
Dansez et vivez !
06/04/2011 | Commentaires (4)
PINA, FILM DE WIM WENDERS avec Pina Bausch, Regina Advento, Malou Airoudo, Ruth Amarante, Jorge Puerta Armanta, Rainer Behr (FRA/GER, 2011, 1h43). Dès aujourd’hui au cinéma.
Film documentaire prévu « sur » la fameuse chorégraphe Pina Bausch. Décédée en été 2009, elle contraint le réalisateur Wim Wenders à interrompre son travail avant de le reprendre et l’accomplir « pour » Pina Bausch avec ses danseurs de l’Ensemble du Tanztheater Wuppertal.
Est-ce de la DANSE, est-ce du THÉÂTRE, ou simplement LA VIE ? L’AMOUR, LA LIBERTÉ, LA LUTTE, LE DÉSIR, LA JOIE, LE DÉSESPOIR, LA RÉCONCILIATION, LA BEAUTÉ, LA FORCE. « Dansez, dansez… sinon nous sommes perdus »
L’article sera sans doute complété.
De l’enfant et du mariage
02/04/2011 | Commentaires (0)
J’AI UNE QUESTION À TE POSER, mon frère : elle fera office de sonde lancée dans ton âme pour y mesurer sa profondeur.
Tu es jeune et souhaites te marier et avoir un enfant. Mais je te demande : as-tu vraiment le droit de souhaiter un enfant ?
Es-tu le vainqueur, le triomphateur de toi-même, le souverain des sens, le maître de tes vertus ? Es-tu suffisamment fort pour donner la vie à un enfant et ensuite l’éduquer comme il se doit ? Voilà ce que je te demande.
Ou ton souhait n’est-il que le fruit d’une pulsion animale, d’un besoin naturel ? Ou est-ce l’esseulement qui te pousse à procréer ? La volonté de faire comme les autres ? Ou alors l’insatisfaction vis-à-vis de toi-même ? Suite
Les jeunes pousses
30/03/2011 | Commentaires (3)
FRANÇOIZ BREUT, LES JEUNES POUSSES, morceau du disque A l’aveuglette (2008). Ici : en session acoustique en plein air. Vous trouverez les paroles sous la vidéo.
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*
La vie, un enfant qui joue.
Le jeu, l’inutile, comme idéal de ce qui est comblé de force.
L’enfance de dieu, παῖς παίζων.
Notre enfance à tous.
*
*
Paroles
« Ils ne demandent qu’à courir dans l’herbe tendre cheveux au vent, bourgeons fougueux et rayonnants ivres de cris et pleins d’élans. Dans les cours toutes ratatinées, ils se défoulent à perdre haleine. Les trottoirs sont toujours trop étroits pour tant d’énergie qui se déploie. On aimerait qu’ils soient sans limite, que leur course n’ait jamais de fin. Qu’ils puissant prendre leurs jambes à leur cou et hurler comme des loups. Suite
De la morsure de la vipère
26/03/2011 | Commentaires (0)
UN JOUR QU’IL FAISAIT CHAUD, Zarathoustra a, une fois n’est pas coutume, fait une sieste sous un figuier, les bras repliés sur son visage. C’est alors qu’est venue une vipère, qui l’a mordu dans le cou. Zarathoustra de se réveiller dans un cri de douleur, d’ôter les bras de son visage et de regarder le serpent. Reconnaissant les yeux de Zarathoustra, l’animal s’est retourné maladroitement et a voulu partir. « Attends, a alors dit Zarathoustra ; tu n’as pas encore reçu mon remerciement ! Tu m’as réveillé juste au bon moment ; mon chemin est encore long. » « Ton chemin est encore court », a alors dit tristement la vipère. « Mon poison est mortel. » Et Zarathoustra de rigoler. Suite
Carré magique
23/03/2011 | Commentaires (0)
MYSTÉRIEUSE PERFECTION LANGAGIÈRE.
Palindrome. Les lettres sont inscrites dans un carré de 5 cases sur 5, de telle façon qu’elles puissent être lues de haut en bas, de bas en haut, de gauche à droite et de droite à gauche. Suite
Des petites vieilles et petites jeunes
20/03/2011 | Commentaires (0)
POURQUOI, ZARATHOUSTRA, TE FAUFILES-TU COMME ÇA, timidement, à travers le crépuscule ? Et que caches-tu si précautionneusement sous ton manteau ?
« S’agit-il d’un trésor qu’on t’a offert ? Ou d’un divin enfant qui t’est né ? Ou as-tu volé quelque chose ? T’avances-tu dès lors toi-même sur les chemins des voleurs, toi l’ami des méchants, de ceux que les gens de bien tiennent pour mauvais ? »
Et Zarathoustra de répondre : en vérité, mon frère, ta première idée est la bonne, ce que je porte là, caché sous mon manteau, est un trésor qu’on m’a offert : une petite vérité.
Mais pas n’importe laquelle. Il s’agit d’une vérité spéciale, récalcitrante. Elle est comme un jeune enfant : si on ne la bâillonne pas, elle crie extrêmement fort. Suite
La phusis est mauvaise économiste
18/03/2011 | Commentaires (0)
LA PHUSIS EST MAUVAISE ÉCONOMISTE.
Ses dépenses sont tellement grandes,
Tellement plus grandes que la recette qu’elle escompte,
Qu’elle a beau être riche, surabondamment riche,
Elle finira par se ruiner un jour.
Avant de renaître de ses cendres.
*
Forces phusiques universelles,
Profondes, fidèles, honnêtes,
Jusque dans la mort.
Forces humaines égoïstes,
Superficielles, irresponsables, consommatrices,
Prisonnières d’un substitut de vie.
Lutte violente.
Cœurs souffrants.
Solitude.
*
Se découvrant juste divertissant,
Le phusicien ne sait plus trop s’il doit être triste ou fâché.
Amer, il se sent pillé, ruiné, mort.
Avant que Dionysos ne s’en mêle :
Allez, avance, idiot, tu retrouveras la joie,
Il suffit aujourd’hui de faire comme si tu étais joyeux. Suite
Bull Fight
08/03/2011 | Commentaires (3)
CLIP NON OFFICIEL de Massive Attack, Splitting The Atom, 2009. Suite
Du chemin du créateur
03/03/2011 | Commentaires (4)
TU VEUX, MON FRÈRE, ALLER DANS LA SOLITUDE ? Tu veux quitter le monde des gens et trouver le chemin vers toi-même ? Tu as bien raison, mais ne le fais pas tout de suite, histoire que tu ne le fasses pas n’importe comment : écoute d’abord ce que j’ai à te dire.
Ce que j’ai à te dire n’a rien à voir avec les propos du troupeau dont tu as longtemps fait partie : « Celui qui cherche se perd facilement lui-même », dit le peuple, ressassant à qui veut l’entendre qu’il est risqué de se poser des questions sur soi-même et sur le monde. Et voilà qu’il marginalise les êtres sensibles, qu’il pousse les chercheurs dans la solitude. Suite
Black Swan
01/03/2011 | Commentaires (8)
BLACK SWAN, FILM DE DARREN ARONOFSKY avec Natalie Portman, Vincent Cassel, Mila Kunis (USA, 2010, 1h43).
Nina (Natalie Portman) compte parmi les meilleures ballerines du prestigieux New York City Ballet. Elle a grandi et vit dans un cocon rose-clair, tout de douceur, de peluches, de boîtes à musique et à bijoux, de pureté, de beauté, d’amour. Cocon très occidental. Trop occidental. Couvée par une mère ambitieuse, ancienne danseuse frustrée, son rêve d’enfant est de devenir une grande danseuse, meilleures que toutes les autres, plus belle, plus brillante : une danseuse étoile. Ambiance de conte.
Dès le début, le film est marqué par une présence inquiétante, menaçante, dans le dos de Nina. Suite
Cinéma FRA – USA
27/02/2011 | Commentaires (2)
SCÈNE D’IMPROVISATION DANSÉE.
Tanguy Viel, écrivain dont on aura l’occasion de reparler ici, commence par lire un texte, entouré par Mathilde Monnier et Loic Touzé, deux grands chorégraphes et danseurs. Puis il laisse tomber ses feuilles et se met à faire du mime gestuel avec ses compères.
Le texte de Viel parle de cinéma. De la différence entre le cinéma français et le cinéma américain. Et de la différence entre la mentalité française et américaine. Tout simplement. Tout naïvement. En proférant des énormes vérités.
« Nous autres Français, nous n’avons peut-être pas de très bons cinéastes, mais nous avons de très bons critiques. Suite
De l’amour du prochain
23/02/2011 | Commentaires (3)
VOUS VOUS PRESSEZ AUTOUR DE VOTRE PROCHAIN et avez de belles paroles pour cela ? Réflexe occidental. Réflexe chrétien. Dès que vous pouvez, vous vous empressez d’aller vers autrui, de l’entourer, de partager quelque chose avec lui. Et vous parlez d’amour du prochain. Empressement et amour qui vous donnent bonne conscience. Mais je vous le dis : votre amour du prochain n’est autre que votre mauvais amour de vous-mêmes.
En vous précipitant vers votre prochain, vous ne faites que vous fuir vous-mêmes. Si vous vous intéressez aux autres, à la vie des autres, c’est pour ne pas avoir à penser à la vôtre, de vie. Et vous cherchez à faire de votre sollicitude une vertu. Suite
Pindare, Hyporchème phusique
21/02/2011 | Commentaires (4)
PINDARE EST UN CHANTEUR-POÈTE DE LA GRÈCE ARCHAÏQUE, celle des VIIIe au Ve siècle avant notre ère. Un chanteur poète de cette époque à laquelle le savoir et la sagesse n’étaient pas encore l’affaire des scientifiques, des intellectuels, des professeurs et autres journalistes, mais des artistes. C’est à eux que revenait la tâche d’éduquer les hommes : par leurs œuvres, par leurs compositions, ils guidaient leurs semblables dans la vie, leur indiquant les chemins à prendre et à éviter. Suite
De mille et un buts
15/02/2011 | Commentaires (9)
ZARATHOUSTRA A TRAVERSÉ BEAUCOUP DE CONTRÉES et rencontré beaucoup de peuples. Ce faisant, il a découvert les valeurs de beaucoup de peuples, ce qu’ils considèrent comme bien et ce qu’ils estiment être mal, autrement dit leurs règles morales. Et Zarathoustra n’a pas trouvé plus grande puissance sur terre que ces valeurs du bien et du mal.
L’évaluation des valeurs se trouve à l’origine de tous les peuples. Nul d’entre eux ne peut vivre sans principes moraux. Pour se conserver, chacun d’entre eux doit décider de ce qui est bien et de ce qui ne l’est pas. S’il ne le fait pas, son déclin est assuré. Suite
PJ Harvey : live webcast
13/02/2011 | Commentaires (0)
LE 14 FÉVRIER à 21h00, PJ HARVEY EN DIRECT.
Pour célébrer la sortie de son dernier disque, Let England Shake, PJ Harvey nous donne rendez-vous lundi 14 février à 21h00 pour une messe noire à la Maroquinerie à Paris.
Rendez-vous à ne pas manquer !
Pour voir le concert Deezer Offline de PJ Harvey du 14 février à 21h00 en direct de la Maroquinerie, cliquez ici.
Let England Shake est en outre en écoute intégrale là.
Homme expliqué
09/02/2011 | Commentaires (5)
L’HOMME EXPLIQUÉ AUX FEMMES. L’avenir de la masculinité, Flammarion, 2010 (240 p.).
Livre étrange d’un philosophe-écrivain prolixe, auteur d’essais sur des thèmes aussi divers que variés, toujours à la mode : racisme, loft, réforme de l’orthographe, violence, amour, bonheur et, dans son dernier livre… l’homme, expliqué avant tout à partir de la sexualité.
Il intervient régulièrement dans les débats de société, fait des conférences dans le monde entier. Philosophe vitaliste et provocateur. Ouvreur de portes et de fenêtres. Libérateur phusique ?
Épigraphe : « Avoir une belle femme qu’il pourra montrer, jouir d’un métier où l’on décide des choses : telle sont les obligations qu’il a remplies. Il a eu tout ce qu’il voulait, tout ce qu’il avait appris à vouloir. Suite
De l’ami
04/02/2011 | Commentaires (1)
« II Y A TOUJOURS QUELQU’UN DE TROP AUTOUR DE MOI » – voilà ce que se dit le solitaire. Donc il cherche à être le plus souvent possible seul. Mais : « A la longue, une fois un finit toujours par faire deux ! » A force d’être seul, le solitaire vient à parler avec lui-même : d’un côté parle « Je », de l’autre « Moi ». Et les deux de discuter.
Mais le « Je » et le « Moi » ont tendance à être trop assidus dans la discussion. Leur engagement perturbe sa solitude et la sérénité du solitaire. Au point qu’il lui faut un ami, pour que la discussion ne décline pas. Suite
Dithyrambe
31/01/2011 | Commentaires (7)
DITHYRAMBE | NAISSANCE DE LA VIGNE
Court-métrage de Brice Tourneux, musique de Maurilio Cacciatore.
Site Internet de Brice Tourneux
De la chasteté
27/01/2011 | Commentaires (2)
J’AIME LA FORÊT. ON Y VIT BIEN. Dans les villes au contraire, on vit mal : on y rencontre trop de gens guidés par leurs pulsions sexuelles. Trop de gens assoiffés de plaisirs charnels. Bref : trop de gens en rut.
N’est-il pas préférable de se retrouver entre les mains d’un assassin que dans les rêves d’une femme en chaleur ? Ne vaut-il pas mieux risquer de se faire tuer que d’être prisonnier des fantasmes idéalistes, amoureux, d’une femme transie de désir ? Les fantasmes romantiques d’amour fusion ne sont-ils pas pires que la mort ? Suite
Professeur Rollin
23/01/2011 | Commentaires (2)
« COMMENT FAIRE POUR RETENIR LES QUATRE CHIFFRES qui constituent le secret de VOTRE votre carte bancaire ? » Vous voulez savoir ? Ça tombe bien : c’est justement à cette question que répond le Prof. François Rollin.
François Rollin. Drôle de personnage. Difficile à cerner. Cultivateur de décalage. Et de vie. Guerrier en lutte contre la connerie.
Au Festival du rire de Montreux, il avait fait scandale dans un spectacle limite d’insolence (voir la seconde vidéo).
Ici, François Rollin nous donne donc son truc mnémotechnique pour garder notre code bancaire en mémoire sans peine et sans risque de se faire déposséder. Suite
Des mouches sur la place du marché
18/01/2011 | Commentaires (7)
FUIS DANS TA SOLITUDE, MON AMI ! Je vois bien l’effet que te font les mouches et autres insectes humains : le bruit des grands hommes t’étourdit, les piqures des petits t’insupportent.
Rappelle-toi comment la forêt et le rocher savent dignement se taire avec toi. Et si tu ressemblais de nouveau à l’arbre aux larges branches que tu aimes : calme et aux aguets, suspendu au-dessus de l’agitation de la mer ?
Là où cesse la solitude commence la place du marché. Et là où commence la place du marché commence aussi le bruit des grands acteurs et le bourdonnement des mouches venimeuses.
Pour la foule, les meilleures choses n’ont de valeur que si elles sont représentées, mises en scène. Suite
Zarathoustra | De la nouvelle idole
09/01/2011 | Commentaires (9)
IL Y A ENCORE, MES FRÈRES, DES LIEUX OÙ IL EXISTE DES PEUPLES ET DES TROUPEAUX. Des endroits où les gens vivent en harmonie les uns avec les autres. Ensemble. Mais ce n’est pas le cas chez nous : non, chez nous, il n’y a plus de peuple, plus de troupeau. Chez nous, il n’y a plus que des États.
L’État ? Vous voulez savoir ce que c’est que l’État ? Allez ! Ouvrez-moi grand vos oreilles, je vais vous le dire : l’État, c’est la mort des peuples.
Si les peuples et les troupeaux sont marqués par la chaleur, la cordialité, ce qu’on appelle État est au contraire froid, anonyme. L’État est un monstre sans âme, le plus froid de tous les monstres froids. Suite
Mourir à plusieurs
05/01/2011 | Commentaires (3)
MORCEAU D’ARNO, EXTRAIT DU DISQUE Jus de box, sorti en 2007 chez EMI.
Jus de box est le 32e disque ( !) d’Arno, tête brûlée de la chanson française.
Arno : sorte de fou, voyant inspiré loin de toute érudition, de tout papier glacé et de toute aseptisation. Force brute qui laisse gronder des plus informes profondeurs les plus grandes beautés musicales, qui joue avec les contraires, les larmes et les sourires, le noir et le blanc, toujours pour faire parler la vie.
Arno ou : comment écrabouiller un éléphant avec le petit doigt, comme ça, en passant, mine de rien.
Les petites oreilles sauront apprécier. D’abord le clip, non sans résonances avec certains passages du Zarathoustra, ensuite le texte. Suite
Zarathoustra | De la guerre et du peuple guerrier
31/12/2010 | Commentaires (4)
IL Y VA DE NOS MEILLEURS ENNEMIS COMME DE NOS MEILLEURS AMIS : nous ne voulons pas qu’ils nous ménagent. Laissez-moi donc vous dire la vérité : il ne faut pas que les personnes que nous détestons ou aimons vraiment – pas seulement comme ça, en passant, de manière superficielle, mais vraiment, de fond en comble –, il ne faut pas qu’elles nous épargnent.
Mes frères de guerre, sachez-le : je vous aime du fond du cœur ; et je suis en même temps aussi votre meilleur ennemi. Les deux à la fois parce que je vous connais : je suis et ai été votre semblable. C’est pourquoi jamais je ne vous traiterai avec indulgence ; jamais je ne vous ménagerai. Suite
PJ | The Last Living Rose
26/12/2010 | Commentaires (0)
NOUVEL ALBUM DE Polly Jean HARVEY !
Let England Shake sort le 14 février 2011. Album co-produit par PJ Harvey, Flood, John Parish et Mick Harvey, enregistré dans le Dorset, dans une église du XIXe siècle.
Pour se mettre l’eau à la bouche, un clip est apparu sur le site officiel de PJ Harvey. Il s’agit du premier des 12 clips réalisés par Seamus Murphy, photographe très inspiré, lui aussi (à découvrir ici).
Oui, lui aussi : PJ ne semble pas avoir perdu son inspiration. Tout porte à croire qu’elle continue son bonhomme de chemin de chercheuse et de trouveuse musicale. Vers la limite. Vers le caché. Vers l’équilibre, précaire. Vers la multiplicité de possibilités. Suite
Zarathoustra | Des prédicateurs de la mort
21/12/2010 | Commentaires (4)
LA VISION CHRÉTIENNE DU MONDE A DONNÉ NAISSANCE À DES HOMMES inspirés par des forces divines mortifères : les prédicateurs de la mort. Ne nous en plaignons pas. Heureusement qu’ils existent. La terre est tellement remplie d’êtres superflus, qui nuisent à l’évolution des phénomènes, que le prêche du renoncement à la vie est une aubaine. Oui, la terre est si corrompue par la foule, par les beaucoup trop nombreux, que la doctrine de la « vie éternelle » qui pousse les gens à se détourner de la vie ici et maintenant apparaît comme un bienfait nécessaire !
On appelle les prédicateurs de la mort par deux noms de couleurs : « jaunes », ou alors « noirs ». Suite
En chemin vers la poésie
15/12/2010 | Commentaires (6)
TOUS LES JOURS, NOUS SOMMES PRIS PAR D’INNOMBRABLES AFFAIRES. Nous passons le plus clair de notre temps à nous hâter. Nos journées sont régies par mille et une choses que nous avons à faire, à régler, à voir, à commenter, à acquérir, à essayer, à goûter, etc. Nous n’avons pas une minute pour nous. Pas un instant de calme. De cette tranquillité qui permet de se plonger en soi-même, de s’expérimenter en tant que phénomènes naturels, de se mettre à l’écoute des forces qui nous traversent, de respirer et exprimer le monde à pleins poumons. Suite
Zarathoustra | De l’arbre à la montagne
10/12/2010 | Commentaires (4)
L’ŒIL AVISÉ DE ZARATHOUSTRA LUI AVAIT FAIT REMARQUÉ UN JEUNE HOMME qui faisait tout pour ne pas le rencontrer. Et un soir, alors qu’il se promenait seul dans les montagnes encerclant la ville qu’on appelle « La vache multicolore » – immense organisme bigarré qui avale et digère toute herbe fraîche sur son passage –, voici qu’il tombe sur ce jeune homme. Ce dernier était assis, appuyé contre un arbre, plongeant un regard fatigué dans la vallée.
Zarathoustra n’a pas hésité une seconde : il s’est approché de lui, a saisi des deux mains l’arbre contre lequel il s’appuyait et a prononcé ces mots : « Si je voulais secouer cet arbre de mes mains, je n’y parviendrais pas. Suite
Citati | Le journal de Nijinsky
05/12/2010 | Commentaires (0)
PIETRO CITATI, LA MALATTIA DELL’INFINITO. LA LITTERATURA DEL NOVECENTO, « Le journal de Nijinsky » Camille Semenzato (trad.), Milano, Mondadori, 2008, p. 206-211.
Comment peut-on parler d’un danseur – le plus célèbre de tous les danseurs – presque un siècle après qu’il ait cessé de traverser les scènes de l’Europe et du monde ? Nous pouvons parler d’un texte littéraire, même s’il n’en reste que des fragments que nous rassemblons avec peine : ou d’un tableau, bien que nous en regardions des copies et des reproductions. Mais de quelqu’un qui s’exprimait dans un bond, dans un vol, dans un geste, dans une expression de la tête ou du bras ? Suite
Zarathoustra | De la lecture et de l’écriture
29/11/2010 | Commentaires (4)
DE TOUT CE QU’ON ÉCRIT, JE N’AIME QUE CE QUI L’EST AVEC SON SANG ; non pas avec l’intelligence et la rationalité éveillées qui caractérisent tout homme occidental, mais avec le véhicule de la vie qu’est le sang. Ecris avec ton sang : et tu apprendras que le sang est esprit. Un esprit bien différent de notre logique consciente, un esprit qui ne calcule pas, qui ne triche pas : l’esprit de la vie.
Bien sûr, il n’est pas facile de comprendre le sang d’autrui. Donc il ne faut pas lire n’importe comment. Il faut se prendre le temps, lire lentement, attentivement, faire tous les efforts pour parvenir à se plonger dans les textes, à pénétrer en eux, à fusionner avec eux. Suite
Tricky | Wanna die
23/11/2010 | Commentaires (0)
TRICKY, MAKES ME WANNA DIE, in Pre-Millenium Tension, Island/PolyGram Records, 1996. En concert au Bierhübeli de Berne ce jeudi 25 novembre.
Voilà déjà quinze ans que Tricky fait gronder Dionysos. Un fou qui joue le jeu du monde. Qui incarne le monde. Les forces contradictoires du monde. Par-delà bien et mal.
L’expérimentation, toujours, coûte que coûte. No more no less.
Sus à l’analyse, à l’objectivation, à la ratiocination, à la stratégie et au jugement qui dominent notre drôle de monde !
Vous n’y croyez pas en voyant le clip ci-dessous ? Réécoutez le morceau en vous occupant des paroles. Suite
Zarathoustra | Du pâle criminel
19/11/2010 | Commentaires (2)
VOUS AUTRES JUGES ET SACRIFICATEURS, VOUS QUI AVEZ POUR PRINCIPE de ne jamais conduire un animal au pilori avant de le voir hocher de la tête ; vous qui attendez du coupable qu’il se reconnaisse comme tel ; regardez, le pâle criminel que voici vient justement d’avouer son forfait ! Regardez, son œil exprime le grand mépris ! Non pas pour vous – il est même d’accord avec votre sentence –, mais pour lui-même, pour l’acte qu’il a commis ; il se dédaigne lui-même, lui et son acte. En fait, c’est son Moi qu’il méprise ; car c’est lui qui l’a poussé à faire ce qu’il n’aurait pas dû.
Regardez ce que dit son œil : « Mon Moi est quelque chose qui doit être surmonté. Suite
Sexamor au théâtre
15/11/2010 | Commentaires (1)
SEXAMOR, DE PIERRE MEUNIER ET NADÈGE PRUGNARD, mise en scène Pierre Meunier. Au Centre dramatique national de Besançon du 7 au 11 décembre. Courez-y !
« Une femme et un homme sur le plateau du théâtre, entourés de mécanismes et de matières animés, vont s’affronter, se séduire, se provoquer, s’exciter, se confier, se défier, s’abandonner, se rapprocher, se moquer… Jusqu’à épuisement de leurs forces.
Il s’agira également de rendre compte par le discours de l’activité de la pensée, voire de son affolement, lorsqu’elle s’efforce de cerner ce qui la dépasse de toute façon.
Tentatives d’approfondir et de rendre présent cela, qui tient à la fois de l’énigme, de l’imaginaire, du récit impossible.
Il va falloir trouver l’endroit commun, partagé par tous.
Zarathoustra | Des joies et des passions
12/11/2010 | Commentaires (0)
IL FAUT QUE TU SACHES, MON FRÈRE, que la force morale, la vertu qui te caractérise, tu ne l’as en commun avec personne. Bien sûr, comme elle est ton guide de vie, tu en es fier et tu voudrais pouvoir l’appeler par son nom, lui parler et la cajoler ; tu voudrais pouvoir parfois lui tirer l’oreille et te divertir, faire équipe, t’amuser avec elle, également aux yeux du monde.
Mais regarde : dès que tu la nommes, dès que tu essaies d’en faire part aux gens qui t’entourent, voilà que toi et ta vertu perdez ce qui vous distingue ; voilà que vous devenez foule et troupeau ! Suite
Israel Galvan | La curva
09/11/2010 | Commentaires (0)
LA CURVA (TABULA RASA), SPECTACLE D’ISRAEL GALVAN, avec Israel Galvan, Inés Bacán et Sylvie Courvoisier, du 7 au 19 décembre 2010 au théâtre de Vidy/Lausanne. A ne pas manquer !
Un immense danseur de flamenco (Israel Galvan), une chanteuse des origines de la terre (Inés Bacán « cante jondo ») et une grandiose pianiste (Sylvie Courvoisier). Trois univers pour une grande jubilation phusique.
Spectacle à ne pas manquer. Attention : il n’y a déjà presque plus de places !
Houellebecq, La carte et le territoire
06/11/2010 | Commentaires (0)
MICHEL HOUELLEBECQ, LA CARTE ET LE TERRITOIRE, Paris, Flammarion, 2010, 428 pages. Prix Goncourt 2010.
Livre moins agressif, moins polémique que les précédents de Houellebecq, un des plus grands auteurs français contemporains. Pas de critique acerbe de l’islam, pas de crachat sur le christianisme, pas de coup de balais du monde occidental en général. S’il s’en prend à quelque chose, c’est à la formidable petite sphère du people culturel parisien, et donc aux journalistes qui l’alimentent. En toute froideur, sinon indifférence.
Plume comme toujours très souple, bien acérée, qui fait parler un état d’esprit fatigué, épuisé. Suite
Zarathoustra | Des contempteurs du corps
02/11/2010 | Commentaires (0)
J’AI MON MOT À DIRE À CEUX QUI DÉNIGRENT LE CORPS. Non pas que je leur demande de bouleverser ce qu’ils savent et enseignent ; non pas que je les pousse à ce qu’ils aient moins de mépris pour le corps, ou à ce qu’ils fassent, par leurs enseignements, par les exemples qu’ils donnent, qu’on méprise moins le corps. Non, je souhaite bien plutôt qu’ils soient plus radicaux que ce qu’ils sont déjà dans leur rapport au corps, qu’ils le dénigrent plus encore.
Il n’y a pas de compromis qui vaille : au point où ils en sont, ce qu’ils ont de mieux à faire est de dire adieu au corps. Suite
Kassovitz | La haine
28/10/2010 | Commentaires (0)
LA HAINE, DE MATHIEU KASSOVITZ, avec Vincent Cassel, Hubert Koundé, Saïd Taghmaoui (FRA, 1995, 95’). Le 28.10.2010 sur Arte.
Film français culte des années nonantes. Chronique de deux bavures policières en banlieue. La haine passe d’abord par les mots. Si elle se matérialise, c’est à la suite d’un engrenage. De circonstances. De bêtise. De peur. Et finalement de colère.
Synopsis : Trois copains d’une banlieue ordinaire traînent leur ennui et leur jeunesse qui se perd. Ils vont vivre la journée la plus importante de leur vie après une nuit d’émeutes provoquée par le passage à tabac d’Abdel Ichah par un inspecteur de police lors d’un interrogatoire.
Notre jour viendra s’en est inspiré, avec le même Vincent Cassel… 15 ans plus tôt. Suite
Drôle de jeunesse
28/10/2010 | Commentaires (0)
KABOOM, DE GREGG ARAKI AVEC THOMAS DEKKER, Haley Bennet, Chris Zylka (GBR, 2010 1h26). Première Queer Palm de l’histoire du Festival de Cannes. En salles actuellement.
La jeunesse dans tous ses états, en plein nihilisme, tragi-comique : entre rêve et réalité, idéalisme et matérialisme, peurs et désirs, plongée dans des hallucinations terrifiantes, des pulsions bigarrées, des pouvoirs diaboliques et une kyrielle de mystères insensés : Kaboom, « cocktail d’homosexualité, de teen-movie, de comic fantasy », dit-on çà et là. Le tout finalement sous-tendu par l’idée d’un complot global. Suite
Zarathoustra | Des prédicateurs d’arrière-mondes
26/10/2010 | Commentaires (0)
Suite de la retraduction commentée du Zarathoustra de Nietzsche. Troisième chapitre des Discours de Zarathoustra. Les précédents se trouvent ici.
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ZARATHOUSTRA NE S’EN CACHE PAS : jadis, sa folie l’avait lui aussi, comme tous les prédicateurs d’arrière-mondes, poussé à imaginer un autre monde que celui dans lequel nous vivons. Un monde caché, secret, mystérieux, qui se trouve derrière notre monde, par-delà celui-ci, et qui en serait tout compte fait à l’origine. Un monde métaphysique, disent les philosophes, qui se distingue du nôtre par sa nature accomplie, éternelle, sa constance et stabilité, sa pureté, beauté, bonté et vérité parfaites.
L’ici et maintenant de notre monde m’apparaissait alors comme l’œuvre d’un dieu. Discours chrétien : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre ». Suite
Bashung – Arno | Petits amis
22/10/2010 | Commentaires (0)
J’AI TOUJOURS RÊVÉ D’ÊTRE UN GANGSTER, de Samuel Benchetrit (FRA, 1h48, 2002). Extraits.
Rencontre improbable entre deux montres sacrés de la chanson française, Alain Bashung et Arno, en tournée. Dans un restoroute. Pour un échange délicieux, marqué par quelques actes manqués, phusiques ?
1. Retrouvailles aux toilettes
2. Discussions, sur eux, une chanson, l’art, la création.
Si on est honnête, et fidèle à son travail, on finit toujours par ressembler à son meilleur ennemi.
Zarathoustra | Des chaires de la vertu
19/10/2010 | Commentaires (1)
Suite de la retraduction commentée du Zarathoustra de Nietzsche. Deuxième chapitre des Discours de Zarathoustra. Les précédents se trouvent ici.
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ON VANTAIT À ZARATHOUSTRA UN SAGE qui s’entendait à parler du sommeil et de la vertu. Un homme que les bonnes paroles auraient rendu très fameux et fort riche. Et qui ferait que tous les jeunes se précipitent devant sa chaire pour l’écouter. Curieux, Zarathoustra n’a pas manqué de se mêler à la foule pour se faire une idée. Voici ce qu’il a entendu de la bouche du sage :
Soyez plein de respect et de pudeur devant le sommeil ! Telle est la première chose ! Et évitez tous ceux qui dorment mal et qui veillent la nuit ! Suite
Hommes sans dieux
15/10/2010 | Commentaires (2)
DES HOMMES ET DES DIEUX, de Xavier Beauvois avec Lambert Wilson, Michael Lonsdale (FRA, 2h00, 2010). Grand Prix et Prix du jury œcuménique du Festival de Cannes 2010.
On est dans les années 1990. Dans un monastère cistercien perché dans les montagnes du Maghreb, non loin d’un village musulman. Huit drôles de moines chrétiens français y habitent, vaquent à leurs occupations, simples, domestiques, de jardinage et de chants.
Contre toute attente, ils apparaissent d’emblée très humains, très artificiels, très peu portés par Dieu. Davantage comme des paumés qui ont fui notre monde que des religieux suivant un appel divin, de spiritualité, d’humilité, de paix intérieure.
La seule vertu théologale qui se fait jour est celle de la charité. Suite
Discours de Zarathoustra : Des trois métamorphoses
12/10/2010 | Commentaires (2)
Suite de la retraduction commentée du Zarathoustra de Nietzsche. Premier chapitre des Discours de Zarathoustra. Les chapitres précédents se trouvent ici.
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JE VOUS NOMME TROIS MÉTAMORPHOSES DE L’ESPRIT : comment l’esprit devient chameau, le chameau lion, et finalement le lion enfant.
Si tout esprit humain doit porter beaucoup de choses lourdes, l’esprit fort, endurant, respectueux, se distingue des autres par sa volonté de supporter les plus pesantes. « Qu’est-ce qui est lourd ? », demande-t-il en s’agenouillant tel le chameau pour qu’on le lui charge sur le dos. Et « qu’est-ce qui est le plus lourd ? », interroge-t-il les héros, non sans chercher à devenir comme eux. « Dites-le moi, que je le prenne sur moi et me réjouisse de ma force. » Car il n’y a pas de joie plus grande pour le chameau que de supporter une charge très lourde, de surmonter une épreuve extrêmement difficile.
Larry Clark censuré
08/10/2010 | Commentaires (3)
LARRY CLARK EST UN DES PLUS GRANDS PHOTOGRAPHES américains de l’histoire. Il présente prochainement à Paris une rétrospective de l’ensemble de son œuvre qui, depuis quelques 40 ans, imprègne non seulement la photo et la publicité, mais aussi le cinéma et l’art en général.
Sa spécialité ? L’adolescence : sa beauté, ses doutes, ses dérives. Ses photos sont toujours réalistes, touchent volontiers la question du sexe, de la drogue, de la violence et de la mort. Les quelques films qu’il a fait ces dernières années (Kids, Bully, Ken Park), portent eux aussi sur l’adolescence. Films à succès, notamment auprès des adolescents.
Nous vivons une époque formidable. Dans un climat de chasse aux sorcières. Suite
Prologue de Zarathoustra 10
06/10/2010 | Commentaires (2)
Suite de la retraduction commentée du Zarathoustra de Nietzsche. Dernier chapitre du prologue. Les neuf premiers se trouvent ici.
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LE SOLEIL SE TROUVAIT EN PLEIN MIDI. Après avoir reconnu sa nouvelle vérité et pris les résolutions qu’elle exige, Zarathoustra a soudain levé la tête et regardé le ciel d’un air interrogateur – car il venait d’entendre, au-dessus de lui, le cri perçant d’un oiseau. Surprise : un aigle était en train de fendre l’air en larges cercles ! Et à y regarder attentivement, il n’était pas seul : un serpent y était suspendu. Non pas comme une proie, dans ses griffes ou dans son bec, mais comme un ami, enroulé autour de son cou. Suite
11’09″01 | Sean Penn
03/10/2010 | Commentaires (5)
11’09″01 (2002) EST LA RÉUNION DE ONZE RÉALISATEURS du monde entier, invités à présenter un court-métrage sur les attentats du 11 septembre 2001 à New York.
Chaque film avait pour unique consigne de durer 11 minutes, 9 secondes, et 1 image. Le résultat présente de nombreuses perspectives alternatives à la vision unique des médias.
Le film proposé est celui de Sean Penn, immense acteur américain, plein d’idées, et pas inintéressant non plus comme réalisateur.
Et si le terrorisme était tantôt une révolte de Dionysos face à notre monde malade, factice et desséché ?
Parole de Zarathoustra, Prologue 9
28/09/2010 | Commentaires (0)
Suite de la retraduction commentée du Zarathoustra de Nietzsche. Les premiers chapitres se trouvent ici.
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ZARATHOUSTRA A DORMI LONGTEMPS. Tellement longtemps que non seulement l’aube, mais tout le matin a passé sur son visage. Quand enfin il a ouvert les yeux, il a commencé par jeter un regard étonné sur la forêt et le silence qui l’entouraient. Puis il a plongé son regard en lui-même. Avant de se lever en sursaut, poussant un cri de joie, tel un marin qui a vu la terre après des semaines de navigation solitaire en eaux profondes. Zarathoustra a vu une nouvelle vérité. Suite
Notre jour viendra
25/09/2010 | Commentaires (0)
NOTRE JOUR VIENDRA de Romain Gavras, avec Olivier Barthelemy, Vincent Cassel (FRA, 2010, 1h35). Actuellement sur les écrans.
Auteur de deux clips qui ont agité le petit monde culturel (Stress de Justice et Born Free de M.I.A.) parce que violents et amoraux, le fils de Costa-Gavras passe au long métrage avec Notre jour viendra.
Allégorie de notre époque formidable, sur fond de racisme anti-roux. Présentation d’un monde de misère. Puis un cheminement vers la révolte, la libération, l’affirmation de soi, jusqu’à l’excès. Étrange fraternité, violence et beauté tragiques. En vue de sortir du nihilisme – ou alors de s’y enfoncer. Grande maîtrise technique et esthétique.
« Ma démarche consiste à m’attaquer à la morale explicative, présente partout. Suite
Parole de Zarathoustra, Prologue 8
23/09/2010 | Commentaires (7)
Suite de la retraduction commentée du Zarathoustra de Nietzsche. Les premiers chapitres se trouvent ici.
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ZARATHOUSTRA A CHARGÉ LE CADAVRE du funambule sur son dos et s’est mis en chemin. Il n’avait pas encore fait cent mètres qu’un homme s’est glissé vers lui et lui a chuchoté quelque chose dans l’oreille. Tiens, c’était le clown de la tour. « Va t’en de cette ville, ô Zarathoustra, a-t-il dit. Il y en a trop qui te détestent ici. Les bons et les justes te détestent. Ils t’appellent leur ennemi et dénigreur. Les croyants de la vraie croyance te détestent : ils t’appellent le danger de la foule. Ta chance a été qu’on se soit moqué de toi, Zarathoustra. Suite
Katerine | La banane
21/09/2010 | Commentaires (2)
PHILIPPE KATERINE EST UN OVNI. La banane est le tube de son dernier disque, qui s’appelle… PHILIPPE Katerine (sortie le 27 septembre chez votre disquaire – s’il existe encore d’ici-là).
Chez lui, la phusis dionysiaque prend de drôles de masques. En même temps popu, branché, intello, sot, agaçant, attirant, superficiel, profond, etc.
Il est incernable, mais toujours léger.
La banane s’annonce comme le tube de cette fin d’été. Tutube qui, comme tous les tutubes, a quelque chose de bien mystérieux, et de bien envoûtant.
Vous trouverez le site internet de Philippe Katerine en cliquant ici.
Parole de Zarathoustra, Prologue 7
17/09/2010 | Commentaires (0)
Suite de la retraduction commentée du Zarathoustra de Nietzsche. Les premiers chapitres se trouvent ici.
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ENTRE-TEMPS, LE SOIR EST TOMBÉ SUR LA PLACE DU MARCHÉ. La foule s’est progressivement dispersée. Même la curiosité et l’effroi finissent par fatiguer les hommes. Zarathoustra, lui, est resté assis à côté du mort. Seul, plongé dans ses pensées, il a oublié le temps. Ce n’est que quand il a fait complètement nuit et qu’un vent froid s’est levé que le solitaire s’est relevé. « Belle pêche, en vérité, pour Zarathoustra aujourd’hui ! Bon, c’est vrai, il n’a pas attrapé d’homme, mais il ramène au moins un cadavre ».
« L’existence humaine est inquiétante, toujours dénuée de sens ». Difficile, de nos jours, d’avoir un chez soi dans le monde. Suite
Meunier | Chambord
14/09/2010 | Commentaires (1)
COURT-MÉTRAGE EXTRAIT DU DVD « ET ÇA CONTINUE ! » DE PIERRE MEUNIER, un film en 11 mouvements de matière. Il y reprend une partie de son spectacle intitulé « Au milieu du désordre ». Seul, devant la caméra. Sans public. Pour une étonnante réflexion phusique.
Tout le monde le sait : le château de Chambord est un des plus fameux et stupéfiants de la Loire. Château de toutes les démesures, chef d’œuvre de la Renaissance française et du génie de l’homme.
Que convient-il d’y faire avec un enfant ? L’y emmener pour lui inculquer la notion de beauté universelle, témoin du génie humain, quitte à ce que ce soit à coup de taloche ? Suite
Parole de Zarathoustra, Prologue 6
11/09/2010 | Commentaires (8)
Suite de la retraduction commentée du Zarathoustra de Nietzsche. Les premiers chapitres se trouvent ici.
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IL FAUT S’IMAGINER LE TABLEAU. Zarathoustra vient de terminer son discours. Silencieux devant la foule hilare, il est en train de se rendre compte à quel point il est incompris par ses semblables. Et combien ils le détestent. Au-dessus de la place du marché, depuis quelques minutes déjà, le funambule s’est mis à l’ouvrage : il est sorti d’une petite porte, là-haut, au sommet de la tour, et a commencé à s’avancer sur la corde raide en direction de l’autre tour, en face de la première.
A ce moment, il s’est passé quelque chose qui a fait que tout le monde soit resté bouche-bée, le regard fixe. Suite
Radiohead au Japon
08/09/2010 | Commentaires (0)
Pietro Citati : « L’art du portrait »
07/09/2010 | Commentaires (1)
« L’ART DU PORTRAIT » EST LE DERNIER CHAPITRE DE PORTRAITS DE FEMMES, livre de Pietro Citati, publié en 1992 (chez RCS Rizzoli – Milan), traduit en 2001 par Brigitte Pérol (chez Gallimard).
Pietro Citati : le maître par excellence de la critique littéraire. D’une critique littéraire non pas de la réception (objectivation et manipulation des textes), mais de la production (en même temps analyse et prolongation des mystérieuses forces qui traversent auteurs et livres). Critique phusique, s’il en est.
« L’art du portrait » en est l’exposition. Le texte est relativement long (pour un article sur Internet), mais de bout en bout délicieux et stimulant pour l’ami du lento et de la phusis dionysiaque. Vous allez vous régaler ! Suite
Parole de Zarathoustra, Prologue 5
03/09/2010 | Commentaires (2)
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LE DISCOURS QUE ZARATHOUSTRA EST EN TRAIN DE PROFÉRER à la foule sur la place du marché est pour le moins énigmatique, métaphorique. Le ciel a été trop clair, l’atmosphère trop lourde. De gros nuages se sont formés sur les reliefs, l’orage s’est fait menaçant. Telle la lourde goutte d’eau qui tombe du sombre nuage, Zarathoustra est l’annonciateur de l’éclair qu’est le surhomme. Éclair qui vient rétablir l’équilibre entre ciel et terre.
Après s’être présenté ainsi, Zarathoustra a fini par se taire. Il faut dire que les gens s’étaient mis à rire. Suite
Comment approcher une œuvre art ?
28/08/2010 | Commentaires (1)
Vous ne savez pas comment approcher une œuvre d’art ?
Facile : commencez par tout faire pour vous unir à elle, vous fondre en elle, vous confondre avec elle, l’incorporer. Ce qu’il s’agit de faire, c’est l’expérimenter au mieux, c’est-à-dire le plus profondément. Puis si possible laissez jaillir les lumières, les ombres, les sons, les sensations qu’elle génère. En vous et en dehors de vous. Approche et expérience phusique de l’œuvre d’art.
En présence d’un public intelligent, ou simplement devant un prof, vous devrez dire des choses cohérentes, raisonnées. Le document ci-dessous donne quelques trucs pour y parvenir. Prévue pour des explications de textes scolaires, elle est utilisable pour tout type d’œuvre. Suite
Parole de Zarathoustra, Prologue 4
27/08/2010 | Commentaires (0)
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EN PROIE À L’INCOMPRÉHENSION, ZARATHOUSTRA A REGARDÉ LA FOULE les yeux remplis d’étonnement. Avant de reprendre la parole et de dire, en écho à l’activité du funambule justement en train de s’avancer : « L’homme est une corde tendue entre l’animal et le surhomme, – une corde sur un abîme. » Comme si de rien n’était, Zarathoustra présente une nouvelle définition de l’homme. Définition fort loin de celle, traditionnelle, établie jadis par Platon, qui considère l’homme comme un « être vivant doué de raison » : un animal, en somme, qui se distingue par sa capacité à raisonner. Suite
Inception : film plat à plusieurs étages
25/08/2010 | Commentaires (3)
INCEPTION, FILM AMÉRICAIN DE CHRISTOPHER NOLAN avec Leonardo DiCaprio, Ellen Page, Ken Watanabe, Marion Cotillard (2h28)
« Le film de l’été ! », « Le film de l’année ! », « Comme Blade Runner ou Matrix, Inception est le genre de classique instantané qui n’arrive qu’une fois tous les dix ans au cinéma. » Vraiment ?
Film phusique ?
Comme la plupart des films d’actions, Inception est très superficiel : il ne s’occupe que de ce qui peut se voir, se mesurer, et donc se penser en termes rationnels. Loin de toute profondeur phusique, il n’est que le résultat de la foisonnante pensée, logique et idéaliste, de Christopher Nolan. Suite
L’amour phusique
23/08/2010 | Commentaires (4)
L’EXPÉRIENCE ROMANTIQUE DE L’AMOUR vise la fusion. L’amour fusionnel. Deux êtres, ensemble, ne faisant qu’un. Pour la vie. Dans le bonheur parfait, perpétuel. Et tout le monde il est beau, et tout le monde il est gentil, et tout le monde il est content. Si possible allongé sur du sable fin un magnifique couché de soleil et une jolie musique en arrière-fond. Comme au cinéma.
L’expérience phusique de l’amour voit aussi les êtres se rapprocher, s’aimer, mais sans idée de fusion. Dans l’amour romantique, ce n’est pas l’autre, pas la vie qu’on aime, mais soi-même, une image de soi-même à travers l’autre. Suite
Winter Vacation
20/08/2010 | Commentaires (0)
WINTER VACATION EST LE DERNIER FILM du cinéaste Chinois Li Hongqi, Léopard d’or au tout récent Festival de Locarno 2010.
Récompense surprise pour une étonnante œuvre cinématographique, en même temps d’une grande beauté plastique et d’une profondeur impressionnante. L’histoire n’importe guère : une bande d’adolescents désœuvrés, dans leur Chine à eux, prolétaire, inquiétante, durant les vacances.
Nous sommes en plein nihilisme : le but fait défaut, la réponse au pourquoi fait défaut, les valeurs suprêmes se dévalorisent, comme dit l’autre. Que ce soit en Chine ou chez nous, qu’importe : le nihilisme est mondialisé. Il ne s’agit que de variations du même vide, du même néant. Suite
Parole de Zarathoustra, Prologue 3
18/08/2010 | Commentaires (1)
Suite de la retraduction commentée du Zarathoustra de Nietzsche. Vous n’avez pas lu la première partie ? Elle se trouve ici. Et la deuxième se trouve là.
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Parole de Zarathoustra, Prologue 3
EN FIN D’APRÈS-MIDI, SUITE À UNE LONGUE MARCHE, Zarathoustra est enfin sorti de la forêt et est arrivé dans la ville la plus proche. Il a trouvé la place du marché étonnamment noire de monde. La foule des grands jours était sortie de chez elle pour venir admirer un funambule. Profitant de l’aubaine de rencontrer autant de personnes à la fois, Zarathoustra n’a pas hésité une seconde. Suite
Skate et philo
12/08/2010 | Commentaires (3)
SKATE ET PHILOSOPHIE
Petite vidéo trouvée dans la poubelle de Dailymotion.
Skateurs inconnus, philosophe très connu : Gilles Deleuze, parmi les plus importants et stimulants du XXe siècle.
Interrogation sur la question du style : qu’est-ce que le style ? Dans la vie de tous les jours, en sport, en littérature. Et à quoi ça sert ? Comme toutes les grandes œuvres, artistiques et philosophiques : à nuire à la bêtise.
Ne manquez pas de laisser un commentaire !
Chine – Europe : conférence de François Jullien
09/08/2010 | Commentaires (3)
TRANSFORMATIONS SILENCIEUSES EST LE TITRE D’UN DES DERNIERS LIVRES DE FRANÇOIS JULLIEN, sans doute le penseur vivant le plus proche du mouvement phusique.
Philosophe et sinologue de formation, François Jullien est l’auteur de nombreux livres, sur la Chine d’abord, puis sur notre tradition à partir de la pensée chinoise. Un de ses derniers ouvrages, peut-être le meilleur, s’intitule Les transformations silencieuses. Il est publié chez Grasset en 2009 et – bonne nouvelle – vient de sortir en poche.
Le travail de Jullien consiste à réinterroger notre tradition à partir de la pensée chinoise. En faisant le détour de la Chine traditionnelle, il parvient à découvrir et valoriser de nouvelles possibilités de pensée pour l’Europe, depuis Platon prisonnière du dualisme métaphysique (théorie/pratique, modélisation/réalisation, fin/moyen, intelligible/sensible, etc. Suite
I Put a Spell on You
08/08/2010 | Commentaires (1)
Vieille ballade métamorphosée en célébration de folie et d’ivresse dionysiaque de Jalacy Hawkins.
Détail et précision de fou.
Paroles :
I put a spell on you
Because you’re mine
I can’t stand the things that you do
No, no, no, I ain’t lyin’. No
I don’t care if you don’t want me
‘Cause I’m yours, yours, yours anyhow
Yeah, I’m yours, yours, yours
I love you I love you I love you I love you I love you I love you
Yeah! yeah! yeah! yeah…
I put a spell on you
Lord! lord! lord!… Suite
Chutes d’Iffigen
30/07/2010 | Commentaires (4)
Tous les phénomènes de la nature (phusis) nous le rappellent, y compris les Iffigenfälle entre la Lenk et Iffigenalp.
Un peu d’érudition.
« L’homme n’est pas la mesure de toute chose » est une reprise inversée de « L’homme est la mesure de toute chose », la plus fameuse phrase du vieux grec Protagoras (Ve siècle avant J.-C.), un des premiers sophistes de notre tradition, autrement dit un des premiers hommes à penser qu’il y a autant de sagesses que de penseurs…
En grec, la phrase s’énonce : « Pánton khremáton métron eînai ánthropon ». Suite
Parole de Zarathoustra, Prologue 2
30/07/2010 | Commentaires (1)
Suite de la retraduction commentée du Zarathoustra de Nietzsche. Vous n’avez pas lu la première partie ? Elle se trouve ici.
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Parole de Zarathoustra, Prologue 2
ZARATHOUSTRA S’EST DONC MIS EN CHEMIN. Seul, d’abord sans croiser personne. Une fois arrivé dans les bois, il s’est tout à coup retrouvé en face du vieillard qu’il avait déjà rencontré dix ans plus tôt alors qu’il grimpait vers les sommets. Ce dernier avait quitté sa cabane pour chercher des racines dans la forêt. Il a tôt fait de reconnaître Zarathoustra : « Ce voyageur ne m’est pas étranger : il est passé par ici il y a de nombreuses années. Mais il s’est métamorphosé. Suite
Époque romantique, aussi en sport
27/07/2010 | Commentaires (2)
À PROPOS DU DÉBAT SUR L’ATTRACTIVITÉ DU TOUR DE FRANCE
La chaîne de Schleck qui coince, Contador qui en profite pour placer une attaque plus ou moins décisive, qui lui offre en tout cas le maillot jaune et un bel avantage psychologique. C’est à peu de choses près ce problème technique qui a été la grande star du Tour 2010.
Suite à quelques premières journées turbulentes, le spectacle a ensuite manqué. Le niveau quasi identique de Schleck et de Contador avait beau être gage de suspens, il n’a pas engendré les flamboyants duels escomptés. Schleck s’est montré moins entreprenant en course que ce qu’il laissait entendre à l’interview. Suite
Putain ça penche
22/07/2010 | Commentaires (1)
Dernière volonté
20/07/2010 | Commentaires (0)
« DERNIÈRE VOLONTÉ » EST LA RETRADUCTION DU TROISIÈME POÈME DES DITHYRAMBES DE DIONYSOS de Nietzsche.
« Dernière volonté » enseigne à bien mourir – et donc à bien vivre. En se battant, en dansant, superficiel par profondeur, sur son destin, jusqu’à la mort. Sans arrogance. Simplement en expérimentant et transmettant sa nature… phusique.
« Dernière volonté » est la traduction de « Letzter Wille », qui veut en fait dire « Testament ». Suite
Paul le poulpe
14/07/2010 | Commentaires (3)
PAUL LE POULPE est le céphalopode le plus connu du monde.
A une époque où, normalement, on ne s’intéresse qu’aux faits logiques, rationnellement explicables, Paul le mollusque a mis tout le monde sur les fesses. Comment ? Par son talent divinatoire, sa mantique footballistique. Durant tout le Mondial, il n’a pas fait la moindre erreur de pronostic. D’abord avec l’Allemagne, ensuite aussi pour l’Espagne en finale.
Incroyable ! Un poulpe !
Et voilà que tout le monde en parle. Dans le monde entier. A tel point que Paul est devenu LA star médiatique de ces dernières semaines. Et l’aquarium d’Oberhausen (GER) une grande attraction touristique.
Tout le monde est du même avis sur Paul : c’est extraordinaire, génial, fou. Suite
Drôle de monde de la FIFA : non à l’eau oui à Honda
13/07/2010 | Commentaires (2)
DANS LE DRÔLE DE MONDE DE LA FIFA, ON BOIT CE QUE VEUT LA FIFA
Le métier de journaliste sportif n’est pas facile. Oui, pas facile d’être journaliste sportif… On est toujours à la merci des manifestations qu’on couvre, ou qui nous couvrent.
Dans le drôle de monde de la FIFA, même un journaliste de la NZZ a tort de croire pouvoir rester intègre. Alors que, avant Suisse-Honduras, il se trouve dans le Centre de presse, se préparant à un nouveau match de la Suisse sans la moindre chance de but, rêvassant, un drôle de type pas du tout endormi du drôle de monde de la FIFA le fait soudain revenir sur terre.
« Sorry, Sir », lui dit-il. Suite
L’athlétisme, les diamants et nous
07/07/2010 | Commentaires (1)
Chronique de Guillaume Laurent
Comme chaque année, en juillet, se déroule à Lausanne ATHLETISSIMA : le meeting de tous les superlatifs. Meeting désormais fièrement membre de la prestigieuse Diamond League.
Comme chaque année, les gentils organisateurs sont obligés de mettre le paquet pour faire venir les meilleurs athlètes du monde sur le Stade olympique de la Pontaise.
Comme chaque année, ça leur coûte très cher. Donc ils sont obligés de faire venir beaucoup de personnes très importantes et très riches, d’accord de mettre le paquet pour être elles aussi dans le Stade olympique de la Pontaise. Suite
Parole de Zarathoustra, Prologue 1
06/07/2010 | Commentaires (0)
Après avoir commencé ici même ces dernières semaines la retraduction littérale du Zarathoustra de Nietzsche – nouvellement intitulé Parole de Zarathoustra –, nous proposons désormais de faire mieux : présenter, sur la base de sa retraduction littérale (présente en fond d’article), une traduction ouverte, libre et commentée des chapitres successifs du texte.
La mise en lumière phusique, dionysiaque des passages hermétiques est sensé permettre de rendre l’écrit non seulement plus facile d’accès, mais encore plus stimulant, plus léger et… plus drôle. Le but est qu’il puisse se lire tel un roman, presque de plage…
Tous les commentaires, critiques, questions et propositions d’améliorations sont comme toujours les bienvenus. Lâchez-vous ! Suite
Mort aux couillons ?
02/07/2010 | Commentaires (4)
CHRONIQUE PHUSIQUE SUR… LA MORTDEPUIS LA NUIT DES TEMPS (PLATON), NOTRE TRADITION définit l’homme comme « être vivant doué de raison », mettant par là en avant le caractère rationnel de l’être humain et plaçant dans les chaînes, sinon des sacs poubelles, tous ceux qui privilégient un rapport au monde différent.
À l’autre bout de la tradition, à l’aurore d’un jour nouveau, Heidegger détermine nouvellement l’homme comme « être-pour-la mort ». Suite
Augiéras : hideuses, les pensées humaines
01/07/2010 | Commentaires (2)
« C’EST DONC AVEC UNE FAROUCHE VOLONTÉ DE M’ÉLOIGNER DES HUMAINS que je suis retourné cet après-midi dans ma grotte.
Je n’ai pas rencontré de gendarme en chemin, ce qui ne prouve rien. On a demandé des informations ; elles arriveront ces jours-ci, et l’on avisera alors au sujet de la surveillance à établir autour de mes faits et gestes et comportements. Il est possible aussi que je m’inquiète à tort, et que, dans l’avenir, je sois bien le dernier des soucis de la gendarmerie.
Les corbeaux, quant à eux, planent au-dessus de la vallée de la Dordogne, cette antique terre de magiciens, de sorciers et de saints. Suite
El brau blau
29/06/2010 | Commentaires (1)
EXTRAIT DU FILM ESPAGNOL EL BRAU BLAU de Daniel V. Villamedina (2008).
Un homme fou de tauromachie (Victor J. Vasquez) s’adonne, seul, dans une maison de campagne, à son étrange passion. Totalement isolé de la société moderne, du bruit des foules et des gens, il s’est construit, loin des regards, un espace où l’imagination et la création peuvent s’exprimer librement. Drôle de danse et de jeu, auréolée d’une étrange odeur de mort. Tout l’art est dans la précision du geste, fruit d’un travail de titan.
Bien qu’officiellement sélectionné au Festival de Locarno 2009, le film (éminemment phusique) n’est jamais sorti dans nos salles. Suite
Parmi des filles du désert
24/06/2010 | Commentaires (5)
« Parmi des filles du désert » est la retraduction du deuxième poème extrait des Dithyrambes de Dionysos, le dernier recueil de textes et accès de lucidité de Nietzsche avant de sombrer dans la nuit de la raison.
« Parmi des filles du désert » est un psaume composé par un homme bien de chez nous. Un homme qui se rappelle comment, jadis, avant d’avoir rencontré son guide Zarathoustra, il avait fui l’Occident pour l’Orient, comment il avait cherché à laisser de côté notre lourde rationalité et morale traditionnelles pour s’adonner à la passivité de la pure et simple sensualité…
Parmi des filles du désert
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« Ne t’en va pas ! Suite
Finki : foot français
22/06/2010 | Commentaires (5)
Pour le philosophe, l’atmosphère « empoisonnée » au sein de l’équipe « bande de 11 petites frappes« , « voyous milliardaires« avec ses « clans » et « ses divisions ethniques » laissait présager un tel épilogue.
Mettant en lien l’état du football et de l’enseignement français, il en vient à la conclusion que « cette équipe renvoie à la France le spectacle de sa désunion et de son implacable déliquescence« .
Ne manquez pas de laisser un commentaire !
Ô Psuisse !
17/06/2010 | Commentaires (7)
Chronique phusique du 17 juin 2010
Suite à la victoire 1-0 de la Suisse lors de son premier match au Mondial contre l’archi-favorite Espagne, la foule des grands jours est descendue dans la rue. Partout en Suisse, les gens sont sortis de chez eux pour célébrer bruyamment l’événement. A pieds, vuvuzelas au bec ou en donnant le plus de voix possible ; en vélo, un drapeau à la main ; en voiture, couché sur le klaxon. Bien que le match se soit terminé vers 18h00, la fête a duré jusque tard dans la nuit.
Liesse populaire. Joie généralisée. Embrassades. Fusion humaine. Toutes les cultures y participaient. Tout le monde était simplement heureux. Euphorie. Enthousiasme ! Suite
Habemus papam ?
11/06/2010 | Commentaires (6)
Chronique spéciale en direct de Rome ! Rome où siège le chef de l’Eglise catholique, représentant de Dieu sur terre, notre ami le pape.
Alors que les structures de notre monde sont les même depuis la nuit des temps, elles se sont au fil des ans vidées de leur contenu. Les valeurs traditionnelles se sont dévalorisées. Oui, ce sont d’autres valeurs que les valeurs chrétiennes qui guident aujourd’hui les hommes. Des valeurs toutes autres.
Le pape, qui n’est pas si qu’on qu’on veut bien le dire, en est tout à fait conscient, comme il nous l’a avoué dans l’entretien que nous avons eu à Rome. Au point qu’il est un peu désespéré. Et qu’il ne sait plus trop que faire… Suite
Heaven Can Wait
08/06/2010 | Commentaires (1)
IRM, le deuxième disque de Charlotte Gainsbourg, a été réalisé en collaboration avec l’immense Beck. Le résultat : une perle de superficialité par profondeur. Le morceau Heaven can Wait n’en est qu’un exemple. Le clip aussi.
Le site internet de Charlotte Gainsbourg se trouve ici. Suite
Prologue de Zarathoustra 2
07/06/2010 | Commentaires (0)
ZARATHOUSTRA EST DESCENDU SEUL DE LA MONTAGNE et sans rencontrer personne. Mais une fois arrivé dans les bois, il s’est tout à coup retrouvé en face d’un vieillard, vieillard qui avait quitté sa sainte cabane pour chercher des racines dans la forêt. Et voilà comment le sage a parlé à Zarathoustra :
« Ce voyageur ne m’est pas étranger : il est passé par ici il y a de nombreuses années. Il s’appelait Zarathoustra ; mais il s’est métamorphosé.
Tu portais jadis tes cendres à la montagne : veux-tu aujourd’hui porter ton feu dans les vallées ? Ne crains-tu pas la punition de l’incendiaire ?
Oui, je reconnais Zarathoustra. Son œil est pur, et nul dégoût ne se cache sur sa bouche. Suite
Fessebouc
02/06/2010 | Commentaires (3)
CHRONIQUE PHUSIQUE | 2 juin 2010
LE RÉSEAU SOCIAL FACEBOOK EST UN PHÉNOMÈNE d’ampleur inégalée. On parle aujourd’hui de plus de 500 millions de membres dans le monde. Enorme ! Inimaginable ! Par mille et un côtés stimulant, Facebook est un concept occidental capitaliste qui n’est pas sans poser quantité de problèmes éthiques.
En dépit des milliers de possibilités ouvertes par Facebook, le réseau social emprisonne ses membres dans des schémas et catégories occidentales, idéalistes toutes faites. Les structures et règles imposées aux utilisateurs sont aussi nombreuses (bien plus nombreuses que dans tout autre réseau du même genre) que non connues de ses usagers. Suite
Pyramid Song
29/05/2010 | Commentaires (1)
Plongée dans les profondeurs marines.
« There was nothing to fear and nothing to doubt »
Paroles:
I jumped in the river and what did I see? Suite
Prologue de Zarathoustra 1
23/05/2010 | Commentaires (0)
À TRENTE ANS, ZARATHOUSTRA A QUITTÉ SON PAYS et le lac de son pays et s’en est allé dans la montagne. Il a joui là de son esprit et de sa solitude et ne s’en est pas lassé durant dix ans. Mais voilà enfin que son cœur s’est transformé. Et un matin, il s’est levé avec l’aurore, s’est placé en face du soleil et lui a parlé comme ça :
« Toi, grand astre ! Que serait ton bonheur si tu n’avais ceux que tu éclaires !
Dix ans durant, tu es monté ici vers ma caverne : sans moi, mon aigle et mon serpent, tu aurais été saturé de ta lumière et de ce chemin. Suite
Dopage | Landis vide son sac
21/05/2010 | Commentaires (2)
LA NOUVELLE A FAIT GRAND BRUIT : dans une série de mails, le coureur cycliste professionnel Floyd Landis a avoué s’être dopé, non sans égratigner au passage pas mal de beau monde. La NZZ (Neue Zürcher Zeitung) en dit plus long que nos médias romands. Sur Landis, sur Rhis, sur Armstrong, sur l’UCI, sur St. Moritz. Nous vous proposons la traduction rapide de l’article du 21 mai 2010.
Est-ce une volonté trop tardive de se faire pardonner ? Ou le désespoir face à l’absence de perspective dans son combat contre le dopage ? Suite
Vive la burka !
18/05/2010 | Commentaires (5)
CHRONIQUE PHUSIQUE | 18 mai 2010
« C’EST LÀ UN ÉTAT DE CHOSE EN VÉRITÉ FORT CURIEUX : tandis que toutes les autres formes de création artistique – littérature, peinture, cinéma – fleurissent comme jamais auparavant, le plus grand médium créatif de toutes, la Femme, a été totalement exclu du champ de l’imagination et réduit à une sorte de sordide réalité. […]
Sans doute les femmes en sont-elles partiellement responsables, quand elles se sont lancées dans le plus autodestructeur des combats, la lutte pour les mêmes droits et la même place que les hommes. Un des plus étranges aspects de l’histoire sociale moderne est que ce ne sont pas les hommes qui, par la forme, ont traîtreusement imposé l’égalité aux femmes. Suite
Thursday Child
14/05/2010 | Commentaires (1)
Faut-il présenter l’immense icône du rock qu’il est ?
Nous nous contentons de dire qu’il est protéiforme. Un de ses trucs à lui, c’est le changement. Changement de direction, de style, d’aspect, de rythme, de forme. Toujours en restant le même. Dionysos. L’énigmatique Thursday’s Child est extrait de l’album Hours (1999).
« Doing my best with what I have » - devise phusique ! Suite
Rien que bouffon ! Rien que poète !
12/05/2010 | Commentaires (2)
Le premier Dithyrambe de Dionysos dévoile la vraie nature du philosophe traditionnel. Loin d’être, comme il le croit, un amant de la vérité, il n’est qu’un bouffon, un poète voltigeant sur de mensongers ponts de mots, sur des arcs-en-ciel de mensonges entre de faux ciels…
C’est le soir. Le soleil décline. Les ombres croissent. La vérité, la lumière sombre dans la nuit. Tout comme le philosophe et ses claires idées. Les choses apparaissent dans une autre vérité, une autre lumière : lumière ambiguë, énigmatique, riche, inquiétante. La rosée promet de nouvelles possibilités d’existence.
Rien que bouffon ! Suite
Black Hearted Love
05/05/2010 | Commentaires (0)
Enfantine, joueuse, énigmatique et terriblement féminine, elle n’a de cesse de faire jubiler Dionysos à chacun de ses disques, à chacun de ses concerts, à chacune de ses interviews. A tel point qu’il se reconnaît bien souvent en elle comme dans un miroir. Suite
Noureev : Le Corsaire
05/05/2010 | Commentaires (1)
Rudolf Noureev, le maître des maîtres, mis en scène par Margot Fonteyn en 1963.
« La danse est la preuve de la vérité »
Deleuze : Le couple déborde
05/05/2010 | Commentaires (0)
Ecoutez le texte
« On fait parfois comme si les gens ne pouvaient pas s’exprimer. Mais, en fait, ils n’arrêtent pas de s’exprimer. Les couples maudits sont ceux où la femme ne peut pas être distraite ou fatiguée sans que l’homme dise : « Qu’est-ce que tu as ? Exprime-toi… », et l’homme sans que la femme, etc. La radio, la télévision ont fait déborder le couple, l’ont essaimé partout, et nous sommes transpercés de paroles inutiles, de quantités démentes de paroles et d’images. La bêtise n’est jamais muette ni aveugle. Si bien que le problème n’est plus de faire que les gens s’expriment, mais de leur ménager des vacuoles de solitude et de silence à partir desquelles ils auraient enfin quelque chose à dire. Suite
Beckett : Premier amour 1
04/05/2010 | Commentaires (2)
Ecoutez le texte
« J’associe, à tort ou à raison, mon mariage avec la mort de mon père, dans le temps. Qu’il existe d’autres liens, sur d’autres plans, entre ces deux affaires, c’est possible. Il m’est déjà difficile de dire ce que je crois savoir.
Je suis allé, il n’y a pas très longtemps, sur la tombe de mon père, cela je le sais, et j’ai relevé la date de son décès, de son décès seulement, car celle de sa naissance m’était indifférente, ce jour-là. Je suis parti le matin et je suis rentré le soir, ayant cassé la croûte au cimetière. Suite
Meunier : Long travelling
04/05/2010 | Commentaires (0)
Pour une autre approche du cinéma. Non pas à partir de nos idées préfabriquées, mais à partir de la vie elle-même.
Pierre Meunier, Et ça continue !, un film en 11 mouvements de matière, I : « Le travelling le plus long de l’histoire du cinéma ».
Trucs pour la vie
02/05/2010 | Commentaires (0)
Les courts textes proposés ici s’adressent à tous ceux qui expérimentent la phusis, qui sentent gronder Dionysos et cherchent à le faire davantage. En vue de trouver de nouvelles possibilités d’existence, plus légères, plus drôles, plus superficielles, mais par profondeur. Bref : ces textes visent à donner des trucs pour la vie : des trucs pour réussir sa vie… phusique. Avec Dionysos.
Philosophie phusique
Le premier réflexe de l’homme phusique est d’abandonner sa subjectivité individuelle et ses aspirations personnelles pour laisser résonner, en lui et autour de lui, par ses pensées et ses actes, les puissances phusiques, dionysiaques qui régissent le monde. Il s’agit pour lui de découvrir et libérer partout de nouvelles possibilités d’existence. En toute honnêteté, authenticité. Suite
Guillon : Ils sont fous ces Islandais
02/05/2010 | Commentaires (0)
Que faire face à une œuvre d’art ?
01/05/2010 | Commentaires (0)
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FILMS PHUSIQUES DE LA SEMAINE A LA TV
27/03/2010 | Commentaires (12)
Tous les dimanches, nous jetons un regard phusique sur le programme TV de la semaine. Quels jours n’est-il pas complètement inadéquat d’allumer la télévision au lieu d’aller voir ailleurs si on y est ?
PHUSIS vous donne quelques pistes, un film par soirée, au maximum. Exclusivement sur les chaînes publiques.
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SEMAINE DU 20 au 25 MAI 2012
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MALHEUREUSEMENT RIEN À SE METTRE SOUS LA DENT CETTE SEMAINE.
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LÉGENDES
★ Perspectives phusiques
★★ Arrière-fond phusique
★★★ Film phusique
The Limits Of Control
20/05/2012 | Commentaires (3)
THE LIMITS OF CONTROL, DE JIM JARMUSCH AVEC ISAACH DE BANKOLÉ, Alex Descas, Jean-François Stévenin, Tilda Swinton, Gael García Bernal, Bill Murray, John Hurt, (USA, 2009, 1h56).
Film où il ne se passe a priori rien. Mais où le rien est source de tout : victoire de l’imagination sur la rationalité, de la subjectivité sur l’objectivité, de la multiplicité… phusique sur l’unicité du réalisme pragmatique. Toujours sur la pointe des pieds. Tout en musique.
Film envoûtant, qui aboutit à un meurtre. Film terroriste.
Histoire d’un homme, anonyme et solitaire (Isaach De Bankolé), qui accomplit, à travers une Espagne pleine de mystères archaïques, une mission énigmatique et dangereuse de libération. Suite










