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Retour à venir

15/01/2018 | Commentaires (0)


Après de longs mois d’absence, PHUSIS Philosophie est en voie de faire son retour.
De nouveaux articles seront bientôt postés sur une nouvelle plateforme commune à PHUSIS Philosophie et PHUSIS Animation. Plein de choses, de toute façon, à lire, regarder, écouter et penser pour vous accompagner dans votre cheminement de vie.
En attendant de vous retrouver, BONNE ANNÉE 2019 À TOUS, avec le plus possible de santé, d’ouverture, de maîtrise, d’affirmation, de sérénité et… de JOIE  !

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Carnotzet philo | Vins parfaits ou vins excellents ?

10/11/2017 | Commentaires (0)


Dimanche 19 novembre, en fin d’après-midi, PHUSIS a été l’hôte du Domaine Wannaz, à Chenaux (Cully).
Au programme : un carnotzet philosophique vin et vie, à partir de cette question : la rationalisation, la simplification et l’optimisation sont-elles gages d’excellence et de joie ?
Le tout autour d’un verre et de quelques amuse-bouches.
 
Vin et philo : faut-il simplifier le vivant ?
En viticulture, en agriculture comme dans tout, la tendance est à la simplification : mécanisation, monoculture intensive, sélection clonale, etc. Avec pour enjeu l’efficacité, la rentabilité et la plus grande qualité possible, aussi dans les (grands) vins.
A partir de quelques observations de terrain, Michel Herren, notre philosophe maison, distinguera deux rapports à la nature : l’un technique-mécanique, l’autre d’accompagnement productif ; si le premier vise la perfection, le second conduit à l’excellence.
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A l’écoute des Muses

11/05/2016 | Commentaires (2)


« A l’écoute des Muses en Grèce archaïque » vient d’être publié chez De Gruyter. Avec pour sous-titre « La question de l’inspiration dans la poésie grecque à l’aube de notre civilisation ».
L’ouvrage propose un parcours inédit à travers l’ensemble des vers épiques et lyriques faisant mention des Muses en Grèce archaïque. Les observations contextuelles, auteur après auteur, des multiples épithètes, spécificités et actions des divinités inspiratrices offre une vue nouvelle, plus riche et plus parlante que nulle autre du mystérieux phénomène musical, ouvrant sur la pensée phusique.

 
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On m’a payé mon parking !

22/04/2016 | Commentaires (6)

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Ce mardi, à 9h45, j’ai parqué ma voiture sur une place de parc, payante. Sans payer. L’horodateur était à l’autre bout du parking et je me suis dit – à tort – que je n’en avais de toute façon que pour quelques minutes…
En revenant à la voiture une heure plus tard, j’ai de loin déjà remarqué qu’il y avait… un billet sur mon pare-brise. Merde : une amende !
Mais non, ce n’était pas une amende. C’était… un ticket de parking ! Quelqu’un avait eu la bonne idée de me glisser un ticket de parking sous mon essuie-glace. Ticket parfaitement valable : du bon jour (19/04/16) et de la bonne heure (jusqu’à 11h51). Incroyable !
On a beau dire, il y a quand même des gens sympas, dans ce monde ! Et même très sympas ! Moi, pour dire la vérité, je ne vois pas trop dans quelle situation j’aurais fait pareil : payer le parking à quelqu’un, comme ça, c’est quand même quelque chose. A la limite, j’aurais pu… Suite

Origine des mots

19/04/2016 | Commentaires (2)

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Quand on parle, on allie des mots, les uns après les autres, à raison de trois-quatre par seconde, selon son degré de volubilité. Mais, quel que soit son flux, on est loin de les choisir tous. La plupart des tournures, des formules, des tonalités ne sont pas choisies par nous, mais par… notre cerveau : c’est lui qui les sélectionne.
Comment ? En les puisant dans un mystérieux fond inconscient, préalablement formé, préparé, creusé, cultivé, voire formaté par l’entourage, l’éducation, le travail, l’information, le divertissement, la publicité.
C’est de ce fond que notre cerveau les fait jaillir, à sa guise, comme bon lui semble. Sur le moment, quand on parle, tout ce qu’on peut faire, c’est constater que c’est à peu près ce qu’on veut dire qui sort de notre bouche.
Si on a été bien éduqué, si on s’est bien formé, bien exercé, si on a bien creusé, nourri, cultivé notre fond, ce dernier fait office de prodigieuse ressource : nos mots, nos tournures, nos tonalités… Suite

Anticiper et maîtriser les forces

15/04/2016 | Commentaires (0)

Sujet qui chercher à guider son cerveau
Observons pendant vingt secondes ce que fait notre regard. Regardons autour de nous et prenons garde à ce qui se passe.
Quand on regarde, comme ça, autour de nous, on déplace trois-quatre fois par seconde le regard, en saccades, çà et là, très vite. A vrai dire sans vraiment arriver à suivre ce qui se passe. C’est frappant : même en se forçant, on n’arrive quasi pas à décider de chacun des déplacements de notre regard. La plupart du temps, le cerveau guide lui-même les mouvements, où il veut, comme il veut.
Cet état de fait montre qu’il existe une force inconsciente qui oriente notre regard : et voilà que nos yeux partent automatiquement vers un visage, automatiquement vers un objet, une publicité, une couleur, un mouvement, etc. Il existe toute une dynamique des déplacements du regard, de l’attention, de la focalisation dont on n’est paradoxalement pas acteurs, mais largement spectateurs.
Même si on a l’impression de diriger notre regard sur ce qu’on veut, on… Suite

Comment devenir excellent

12/04/2016 | Commentaires (0)

David-Rudisha-Jim-de-Zoete
PENSÉE ATHLÉTIQUE | Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le double champion du monde, champion olympique et détenteur du record du monde du 800 m David Rudisha (KEN) parle de son rêve d’excellence. En athlétisme, mais pas seulement. Pour devenir excellent, il ne suffit pas de rêver, il faut travailler dur, faire quantité de sacrifices, être discipliné, se comporter comme un exemple, prendre chaque jour un bon petit-déjeuner, avoir la bonne attitude, être humble…
Vidéo : Blue Band

« Je ne peux pas dire que je suis excellent, mais j’ai toujours rêvé d’excellence. Pour devenir un homme excellent, tu dois être humble, avoir la bonne attitude et travailler dur. Quand j’étais jeune, je voulais devenir comme mon père. Je savais qu’il était un athlète. J’ai réalisé que rêver n’était pas assez. Ça te prend beaucoup. Tu dois faire de nombreux sacrifices, être discipliné. Si tu es fort mentalement et physiquement, tu n’arrêtes jamais. Si tu arrêtes, tu perds. Ça fait du bien… Suite

Qualité d’existence

08/04/2016 | Commentaires (1)

Rudolf Keller Gothard
La notion (très occidentale) de contrôle fort est complètement fausse. Bien sûr, on a l’impression de tout décider, d’être le maître de ce qui se passe, de ce qu’on fait, comme un pilote de train, qui maîtrise sa machine, et tous les wagons derrière. Mais au fond, ça ne se passe pas comme ça. Si on commence à s’y intéresser, on se rend compte qu’il y a d’autres choses, mille et une autres choses, cachées, loin de toute idée de maîtrise forte.
Bonne nouvelle : il est possible d’apprendre à progressivement décaler attitude de contrôle, notre regard fixe vers une attitude d’observation et de lâcher prise : et voilà que, soudain, on se met à guider notre comportement, par petites touches et incessantes corrections, toujours plus rapides, toujours plus subtiles. A la longue, les choses se passent de mieux en mieux : on avance en intervenant par-ci, par-là, pour passer par-ci, par-là, sur la pointe des pieds, en tout équilibre, en toute subtilité, sur… Suite

Soyez… liquides !

05/04/2016 | Commentaires (2)

Et hop elle se casse la gueule
PENSÉE ATHLÉTIQUE | On est tous comme l’eau. On ne s’en rend pas compte, mais on évolue toujours entre l’état gazeux et l’état de gel. L’état gazeux, où notre attention s’évapore, se volatilise, où notre pensée part dans tous les sens ; et l’état de gel, où on est tellement focalisé sur quelque chose (souvent ridicule) que tout, en nous, se fige, se bloque : on se trouve comme un glaçon, sans plus pouvoir faire grand-chose, sinon, éventuellement, s’immerger dans un whisky.
Dans tout ce que nous faisons, en sport comme ailleurs, nous naviguons entre ces deux états : la dispersion complète, le divertissement le plus passif – et l’hyper-focalisation, la concentration outrée. L’attention vaporisée, éclatée, le brouillard – et le ciblage à outrance, le blocage, l’absence d’ouverture. Entre la mollesse, le relâchement, le farniente – et la crispation inhibitrice.
L’enjeu est de gagner l’équilibre entre ces deux extrêmes, dans la tête et dans le corps. Trouver la bonne tension, devenir fluide, liquide, prendre la… Suite

Apprendre à dire OUI

03/04/2016 | Commentaires (6)

Douceur, confort, bonheur
Le monde doit-il être de tout confort, de toute douceur, de tout plaisir ? La vie la plus facile et agréable possible ? Faut-il écarter, écraser, étouffer tout ce qui nous déplaît, tout ce qui nous pose problème ?
Non ! Penser et agir comme ça est idiot : c’est oublier que ce qui nous dérange, les difficultés, les problèmes font partie de la vie ; que la vie sans difficultés, sans problèmes n’est pas la vie, mais un jeu vide.
Oublier cela, c’est se fourvoyer, c’est se placer devant de grands dangers, car les difficultés, les problèmes vont inexorablement revenir, toujours à nouveau, avec toujours plus de force, de violence, de perfidie.
Pour bien vivre, il faut apprendre à dire OUI à la vie comme elle est, comme elle va et vient, avec ses hauts et ses bas, ses joies et ses peines, ses vies et ses morts.
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Analytique ET sensible

01/04/2016 | Commentaires (3)

Union des arbres
On a tous deux modes d’être au monde : analytique et sensible. Soit on analyse : on compte, on mesure, on veut tout comprendre, tout savoir, tout maîtriser. Soit on ressent : on cherche à être à l’aise, on imagine ceci, cela, on rêve, on se laisse aller. Toujours pour se sentir bien, confortable.
Quand on est dans l’un, on oublie l’autre ; quand on est dans l’autre, on oublie l’un. Alors que l’enjeu est d’apprendre à passer en toute fluidité de l’un à l’autre, de toujours être en train d’enrichir l’un par l’autre, l’un dans l’autre.
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Le chant de la mélancolie, II

27/03/2016 | Commentaires (1)

George Popescu

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Zarathoustra vient de quitter sa caverne. Il a retrouvé ses deux animaux de compagnie, son aigle et son serpent. Il déguste avec eux le bon air pur. A l’intérieur, le vieil illusionniste s’est levé, a regardé d’un air rusé autour de lui, à droite, à gauche, et s’est mis à commenter la disparition de Zarathoustra : « Il est sorti ! »
« Zarathoustra est sorti, vous autres « hommes supérieurs » – si je me permets de vous chatouiller en vous appelant comme il le fait lui-même, en vous flanquant de ce nom élogieux et flatteur d’ »hommes supérieurs ». Zarathoustra est sorti – et voilà déjà que mon grave esprit de porteur, d’illusionniste s’empare de moi, me voilà déjà de nouveau la proie de mon diable mélancolique.
Mon diable mélancolique, qui est jusqu’en son fond l’adversaire de Zarathoustra : pardonnez-lui d’être comme ça ! Le voilà qui se manifeste : il veut se présenter devant vous, il veut vous faire des tours de magie. Zarathoustra sorti, c’est son heure, maintenant. A quoi… Suite

Toujours la même histoire

25/03/2016 | Commentaires (3)

terrorisme-bruxelles-en-alerte-maximale
« C’est toujours la même histoire : il suffit d’une poignée de connards pour foutre la merde.
C’est exactement comme dans une classe, il y a toujours deux ou trois jeunes cons, pas plus, qui rendent la chose invivable pour tous les autres.
Et ça ne sert à rien de les virer, il faut faire avec parce que c’est une situation qu’on retrouve tout au long de la vie.
Il faut supporter ces choses-là. »
(Gérard Depardieu, Innocent, Cherche Midi, 2015, p. 102)
Depardieu a raison : rien ne sert de virer les connards. Mais Depardieu se trompe : il ne faut pas les supporter, mais les SURMONTER : tous les connards, qu’ils soient terroristes, ou flics, il faut les surmonter. A commencer par ceux qui sévissent en nous-mêmes.
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Triomphe US : jeu de dupes ?

22/03/2016 | Commentaires (0)

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PENSÉE ATHLÉTIQUE | Dimanche, à Portland (USA), les Etats-Unis ont bouclé « leurs » Mondiaux indoor d’athlétisme avec un nouveau record absolu de médailles glanées : pas moins de 23 breloques, dont 13 en or, ont été remportées par les 58 athlètes de la délégation américaine. Derrière les USA, l’Ethiopie et la France terminent aux 2e et 3e places du tableau avec seulement 5 et 4 médailles. Si le président de la Fédération internationale (IAAF) Sebastian Coe parle de « bon début pour regagner la confiance du public » suite aux aléas de ces derniers mois, ATHLE.ch s’interroge sur la bonne santé de la planète athlétisme.
Après les quatre jours de compétition à Portland, dans l’Etat d’Oregon – fief de Nike et de l’athlétisme américain –, l’heure est au bilan. Bilan réjouissant, tous azimuts : les joutes mondiales se sont presque jouées à guichets fermés, près de 40’000 spectateurs se sont rendus dans l’Oregon Convention Center.
Tension, haut niveau, records et ambiance de feu
La tension était de mise,… Suite

Le chant de la mélancolie, I.

20/03/2016 | Commentaires (0)

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Pendant son prêche de sagesse tragique, Zarathoustra se trouvait près de l’entrée de sa caverne perchée dans les montagnes. Après ses derniers mots, après avoir exhorté les hommes supérieurs à apprendre à rire, à surmonter leur lourdeur, à devenir léger, léger comme le vent, il s’est échappé de ses hôtes : s’est enfui un court moment à l’air libre.
« O senteurs pures autour de moi, s’est-il exclamé ! O silence bienheureux autour de moi ! Mais où sont mes animaux ? Venez, venez, mon aigle et mon serpent !
Dites-moi donc, vous, mes animaux, vous qui sentez si bien les choses de la vie : ces hommes supérieurs, dans l’ensemble – ne sentent-ils pas bons ? O senteurs pures autour de moi ! Me voilà qui sais et sens seulement comment et combien je vous aime, mes animaux. »
– Et Zarathoustra a dit encore une fois : je vous aime, mes animaux ! Et l’aigle et le serpent se sont pressés contre lui, alors qu’il prononçait ces mots ; et ils levaient les yeux… Suite

Le pape sur Instagram !

18/03/2016 | Commentaires (0)

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Samedi 19 mars, le pape François ouvre un compte Instagram, sous le nom romanisé de « Franciscus ». « Le représentant de Dieu sur terre », comme on l’appelle, se profile toujours davantage en roi de la communication… digitale.
Depuis trois ans, le souverain pontife ne cesse d’étendre sa présence sur les réseaux sociaux. Déjà actif sur Facebook et Twitter, pour s’entretenir avec ses fidèles à propos de tout et de rien, il ouvre demain également un compte sur le réseau de photos Instagram, acquis en 2012 par Facebook pour un milliard de dollars.
Ce mardi, Mgr Dario Vigano, Préfet en charge de la communication papale, a en effet annoncé sur Radio Vatican l’arrivée du pape sur l’application mobile actuellement la plus branchée (400 millions d’utilisateurs dans le monde en 2015). Pourquoi ? Pour mieux faire entendre la bonne parole catholique auprès des jeunes générations. Le 26 février, le pape avait rencontré au Vatican le PDG co-fondateur d’Instagram Kevin Systrom en personne. « Nous avons parlé du pouvoir… Suite

L’homme ou la machine ?

15/03/2016 | Commentaires (1)

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PENSÉE ATHLÉTIQUE | A Séoul se joue ce mardi la 5e et dernière rencontre de jeu de Go opposant le programme informatique AlphaGo de Google au grand dominateur mondial de ces dix dernières années Lee Sedol (KOR). Mais, au vu du score (3-1), l’homme a déjà perdu la bataille face à la machine.
L’objectif était simple : déterminer, dans un tournoi en cinq manches, qui de l’intelligence humaine ou artificielle est la plus efficace au fameux jeu de stratégie combinatoire abstrait chinois. Et l’homme a perdu. Comme déjà le champion du monde de jeu d’échecs Garry Kasparov en 1997 contre l’ordinateur Deep Blue d’IBM.
Le tournoi qui s’achève ce mardi montre les énormes progrès effectués depuis une dizaine d’années dans le domaine de l’intelligence artificielle, notamment grâce au deep learning : ensemble de méthodes d’apprentissages automatiques de modèles de données. DeepMind, la filiale de Google qui a développé le programme AlphaGo, fanfaronne avoir escaladé « l’Everest de l’intelligence artificielle ».
« Je ne sais pas quoi dire », a… Suite

Apprenez à rire !

13/03/2016 | Commentaires (0)

Rire
Vingtième et dernière leçon du prêche de sagesse tragique que Zarathoustra distille à ses hôtes, les hommes supérieurs, dans sa caverne perchée dans les montagnes.
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Devenez comme le vent, vous autres hommes supérieurs ! Devenez comme le vent, quand il jaillit de ses cavernes montagneuses : quand il veut danser à sa guise, au son de sa propre flûte. Vous avez surmonté votre bassesse, vous vous êtes élevé dans les hauteurs : l’heure est venue de devenir comme le vent, qui fait frémir et tressaillir les mers sur ses pas.
Béni soit le bon esprit turbulent qui enthousiasme les imbéciles, qui donne des ailes aux ânes, qui est capable de traire les lionnes, d’extraire la substantifique moelle des êtres aux forces les plus indomptables ! Béni soit l’esprit irrépressible qui se jette aujourd’hui comme un ouragan sur toutes les choses et sur toute la populace !
Béni soit l’ennemi des têtes de chardons et des têtes fêlées, qui piquent tant et donnent si peu : il les souffle !… Suite

Justice immanente

11/03/2016 | Commentaires (0)

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On peut distinguer deux justices : l’une d’en haut, des idées claires de l’abstraite raison universelle ; l’autre d’en bas, d’un clair-obscur et mystérieux universel terrestre.
La première est la justice courante, transcendante, telle qu’elle s’impose dans notre tradition. Elle est un principe philosophique qui découle de l’idée d’un monde idéal, qu’il s’agit de faire régner dans le sensible. D’ordre logico-rationnel, elle est faite de règles, de droits et de lois moraux abstraits, appliqués à la réalité concrète. Pour tout événement, c’est elle qui entre en jeu : c’est en sa vertu que sont jugées, sanctionnées ou récompensées les actions humaines.
Centrés que nous sommes sur nos idées, nos droits, nos devoirs, nous avons tendance à oublier et négliger la seconde justice, pourtant pas moins englobante et importante que la première : la justice immanente. La justice de la vie, en sa mystérieuse et claire-obscure cohérence, en son producteur et destructeur va-et-vient permanent. Bien que volontiers oubliée, négligée et écartée, c’est finalement elle qui a le… Suite

Contre l’égalité hommes-femmes

08/03/2016 | Commentaires (2)

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A l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme – à ne pas confondre avec la journée de la femme, ou des femmes -, PHUSIS vous invite à relire les passages ci-dessous du « Crépuscule de la déesse ? » de Romain Gary.
« C’est là un état de chose en vérité fort curieux : tandis que toutes les autres formes de création artistique – littérature, peinture, cinéma – fleurissent comme jamais auparavant, le plus grand médium créatif de toutes, la Femme, a été totalement exclu du champ de l’imagination et réduit à une sorte de sordide réalité. […]
Sans doute les femmes en sont-elles partiellement responsables, quand elles se sont lancées dans le plus autodestructeur des combats, la lutte pour les mêmes droits et la même place que les hommes. Un des plus étranges aspects de l’histoire sociale moderne est que ce ne sont pas les hommes qui, par la forme, ont traîtreusement imposé l’égalité aux femmes. Ce sont les femmes elles-mêmes, à commencer… Suite

Apprendre à danser

06/03/2016 | Commentaires (0)

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Dix-neuvième leçon du prêche de sagesse tragique que Zarathoustra distille à ses hôtes, les hommes supérieurs, dans sa caverne perchée dans les montagnes.
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Elevez vos cœurs, mes frères ! Elevez-les haut, plus haut ! Et n’oubliez pas non plus les jambes ! Elevez aussi vos jambes, vous autres excellents danseurs ! Et mieux encore : sachez les lever si haut et si bien que, loin de tomber, vous soyez encore amenés à tenir debout et à danser sur la tête !
Dans le bonheur, comme partout, il existe des animaux pesants, des balourds, maladroits de naissance. C’est étonnant de voir comment, semblables à des éléphants, ils s’évertuent à danser et à se tenir debout sur la tête.
Mais mieux vaut encore un bouffon de bonheur qu’un bouffon de malheur ; mieux vaut encore danser en balourds que de marcher en boiteux. Apprenez donc de moi cette sagesse : même la pire chose, même le plus mauvais élément, a un bon côté, et même plus : a deux bons côtés.
Même le pire phénomène… Suite

Fadeur du monde politique

04/03/2016 | Commentaires (6)

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Les élections communales helvétiques actuelles font montre de l’immense fadeur du monde politique. Tout, dans ce qui a trait à la cité (la polis grecque), n’y est qu’artifice et jeux de surface : formules, effets, affects, mise en scène.
Les médias ont transformé la politique en théâtre, et les hommes politiques en acteurs, jouant tant bien que mal leur rôle. Chaque politicien prétend certes défendre une position, une ligne, mais ne possède que des croyances, nées d’habitudes, d’opinions, de simples visions du monde. L’ouverture, la hauteur, la profondeur, la tension pour de véritables options de pensée et engagement responsables font défaut. La réalité sociologique, culturelle, intellectuelle, philosophique, scientifique, technique n’est jamais au centre du débat.
La politique actuelle n’a pas davantage d’affinité avec le travail intellectuel qu’avec les progrès scientifiques et techniques. L’avenir de l’humanité n’est jamais en question. Acquérir et assumer des questions de recherche est devenu trop exigeant, trop encombrant, trop problématique. L’homme politique ne pense plus que par formules, en… Suite

Sportifs : tous formatés ?

01/03/2016 | Commentaires (1)

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PENSÉE ATHLÉTIQUE | A l’heure de l’interview, les athlètes disent à peu près tous la même chose. Dans l’interview du Bund du 5 février 2016, le désormais nonagénaire pionnier du journalisme sportif Karl Erb critique le manque de personnalité des sportifs. En réactionnaire ? En visionnaire ?
Loin de l’originalité d’antan, les sportifs sont aujourd’hui quasi tous les mêmes. Bien sûr, il arrivait, à l’époque, que les sportifs racontent des histoires abracadabrantes, ou bloquent complètement face au micro, comme la skieuse Marie-Theres Nadig, qui se contentait de timides « oui » et « non ». Mais qu’importe : « Ils étaient eux-mêmes. Ils avaient leur originalité, leur personnalité », se rappelle Karl Erb.
« Aujourd’hui, tout est étudié, préparé, calculé. » Pas seulement du côté des sportifs, mais aussi chez les journalistes : « Toujours les mêmes questions, toujours les mêmes réponses, standardisées ». Jamais de véritable échange : « Il n’y a plus de dialogues », c’est l’ennui. Et même plus : « C’est horrible ! », se plaint Karl Erb.
COMMENTAIRE : La mondialisation et marchandisation conduit tout un chacun à agir et… Suite

Rieur de vérité

28/02/2016 | Commentaires (0)

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Dix-huitième leçon du prêche de sagesse tragique que Zarathoustra distille à ses hôtes, les hommes supérieurs, dans sa caverne perchée dans les montagnes.
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Cette couronne de rieur, couronne de rosaire, de roses, symbole de ma dignité, de mon pouvoir, de ma royauté, je me la suis moi-même mise sur la tête. Oui, parce que je n’ai trouvé personne d’assez fort pour ça, j’ai moi-même célébré, sanctifié mon rire.
Zarathoustra le danseur, Zarathoustra le léger, qui fait des signes non pas avec ses mains, ses pieds, mais avec ses ailes. Zarathoustra qui est toujours prêt à s’envoler, qui fait signe à tous ceux qui volent, à tous ceux qui sont du genre des oiseaux. Zarathoustra qui est toujours prêt, toujours disponible. Zarathoustra le béat ; Zarathoustra le bienheureux, le sans souci, l’espiègle.
Zarathoustra le diseur de vérité, Zarathoustra le rieur de vérité : non pas de la vérité fixe, toute claire, bonne et belle, mais de la vérité comme processus productif et cohérent de dévoilement du… Suite

Intelligence

26/02/2016 | Commentaires (6)

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C’est un fait incontestable : notre monde est dominé par les êtres intelligents.
Parmi eux, il y a des grands hommes, bien sûr, grandement avisés et hautement sensibles : des êtres sages, créateurs, justes, équilibrés, fermes, tendres, tout simplement délicieux. Des exemples, des maîtres, qui ont toujours raison, qui font toujours ce qu’il faut comme il faut. Mais la plupart des dominateurs n’est pas comme ça. Chez la plupart, l’intelligence est séparée de la sensibilité : abstraite des sens, leur raison est une drôle de mécanique binaire, d’ordre logico-rationnel.
Si ces hommes réussissent dans leurs entreprises, s’ils sont comme des poissons dans l’eau, dans les structures de notre monde, c’est qu’ils ne s’embarrassent guère de leurs sens, parce que « les problèmes sont là pour être réglés », parce que, à bien y regarder, « il n’y a pas de problèmes, mais que des solutions ». Parce que leurs doutes, leurs craintes ne font pas long feu. Parce que, à force, ils sont en phase avec les lois, les… Suite

Journaliste ET spécialiste ?

23/02/2016 | Commentaires (0)

Nelson Monfort
PENSÉE ATHLÉTIQUE | La plupart des retransmissions sportives sont animées par un commentateur accompagné d’un consultant, dans le rôle du spécialiste. Dans l’interview du Bund du 5 février 2016, le désormais nonagénaire pionnier du journalisme sportif Karl Erb critique l’évolution quantitative du sport. Il se demande : le journaliste ne devrait-il pas lui-même être un spécialiste ?
A l’époque, un seul journaliste était au commentaire. Aujourd’hui, comme les caméras et les chiffres, les reporters se multiplient. En cabine, ils sont toujours deux : un journaliste et un spécialiste, « qui volontiers se coupent la parole » sourit Karl Erb. Pourquoi ? « Parce que les rôles ne sont pas bien définis ».
Erb n’a rien contre la présence d’un expert, ancien athlète qu’on interroge sur ses expériences, mais il souhaite que ces interventions ne se fassent pas pendant les moments cruciaux ! Ironique, il demande : « Ne peut-on pas attendre d’un journaliste sportif de métier qu’il soit lui-même un expert ? »
Pour un match de foot : 30 caméras, deux reporters en cabine, un autre… Suite

Danser sur l’abyme

21/02/2016 | Commentaires (0)

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Dix-septième leçon du prêche de sagesse tragique que Zarathoustra distille à ses hôtes, les hommes supérieurs, dans sa caverne perchée dans les montagnes.
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Jamais les bonnes choses ne se déroulent sans encombre ; jamais elles ne réussissent en allant tout droit. Toute réussite se joue hors des sentiers battus, passe par des chemins de traverse. A l’approche de leur bonheur, comme les chats, les bonnes choses font le gros dos, elles ronronnent intérieurement. Toute réussite a les pieds ailés, est légère – et a l’âme rieuse.
Le pas lui-même de quelqu’un révèle s’il chemine sur sa voie ou non : regardez comme je marche ! Mais regardez bien : quiconque s’approche de son but, quiconque est sur le point de parvenir à son sommet, il ne marche plus : il vole, il danse.
Et voyez, il est vrai : je suis devenu quantité de choses ; quantité de choses, mais pas une statue ; tout sauf une statue. Comme je suis loin d’être là, debout, raide, engourdi, pétrifié comme une colonne !… Suite

Sélection des meilleurs

19/02/2016 | Commentaires (1)

Sélection des meilleurs
Dès notre enfance, durant tout notre parcours scolaire et chemin de vie, nous sommes sélectionnés, stimulés à progresser, à devenir toujours plus intelligents, plus efficaces, plus riches, plus puissants. Jour après jour, nous sommes amenés à renforcer notre raison, à comprendre les rouages de notre monde, pour y évoluer, y jouer au mieux et nous élever dans la hiérarchie professionnelle et sociale en direction de l’idéal de richesse, de bonheur, de santé, de beauté et de raison.
Et voilà que nous devenons effectivement toujours meilleurs, toujours plus forts, plus riches, plus beaux, plus efficaces, plus impliqués, plus justes dans la machinerie socio-professionnelle. Et nous voilà bel et bien toujours mieux considérés par nos semblables, entourés de plus de confort, au bénéfice d’une plus grande aisance. Nous voilà à jouir de toujours plus d’avantages et de pouvoir matériels, techniques et autres facilités et assurances de tout genre.
Mais nous voilà en même temps toujours moins sensibles, moins équilibrés, plus indifférents, plus dangereux et… Suite

Le sport noyé sous les chiffres ?

16/02/2016 | Commentaires (0)

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PENSÉE ATHLÉTIQUE | Les progrès techniques impliquent une prolifération d’informations statistiques. Dans l’interview du Bund du 5 février dernier, le désormais nonagénaire pionnier du journalisme sportif Karl Erb critique cette évolution. En réactionnaire ? En visionnaire ? ATHLE.ch revient sur quelques-uns de ses propos. Les « stats » empêchent-elles de voir l’essentiel ?
En prenant pour exemple les courses de ski, Karl Erb se plaint du grouillement de chiffres, de temps intermédiaires, d’écarts, de vitesses et autres statistiques. Les reporters eux-mêmes sont submergés d’informations. Tellement qu’ils ne voient plus l’ensemble de ce qui se passe et sont incapables d’interpréter les phénomènes, les mouvements, les difficultés, les exploits, les échecs qui se jouent. Au point d’être amenés à commenter bêtement les « stats », et passer à côté de l’essentiel. Exemple de remarque journalistique lors d’une descente féminine de ski alpin : « Son retard est devenu plus grand, il faut qu’elle mette les gaz ! » Erb de se demander : « Mais bon Dieu : comment une skieuse peut-elle mettre les gaz ? »
COMMENTAIRE : en ne… Suite

Pour le rire

14/02/2016 | Commentaires (2)

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Seizième leçon du prêche de sagesse tragique que Zarathoustra distille à ses hôtes, les hommes supérieurs, dans sa caverne perchée dans les montagnes.
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Voulez-vous que je vous dise quel a été jusqu’ici sur terre le plus grand pêché, le plus grand crime ? C’est une parole : une parole de malédiction, proférée il y a longtemps, très longtemps, contre la vie ; parole qui a fait date et qui imprègne aujourd’hui encore notre vision du monde.
C’est la parole de celui qui a dit : « Malheur à ceux qui rient ici-bas ! » Mots de Jésus, défenseur des pauvres, des faibles, des opprimés ; mots de Jésus, le fondateur de notre tradition, mort sur la croix et ressuscité pour prouver l’existence de l’au-delà, de l’idéal.
Mais comment a-t-il pu dire une chose pareille ? Comment a-t-il pu souhaiter le malheur des gens qui rient ? N’a-t-il pas lui-même trouvé de raisons de rire sur terre ? A-t-il mal cherché ? Etait-il trop sérieux, trop adulte, trop moral ? Regardez autour de vous : les êtres purs,… Suite

Nous comprendre ?!

12/02/2016 | Commentaires (1)

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Selon Henri Laborit, médecin et biologiste du comportement, toute une socio-culture inconsciente guide dès notre naissance chacun de nos actes. L’ensemble de notre personnalité est bâtie sur un bric-à-brac de jugements de valeurs, de préjugés, de lieux communs socio-culturels qui, à mesure qu’on avance en âge, deviennent de plus en plus rigides et sont de moins en moins remis en question.
Nous sommes ainsi la proie d’une drôle de volonté de puissance qui, loin de chercher la maîtrise de soi, cherche inconsciemment la puissance sur autrui : automatisation socio-culturelle des individus, de leur imaginaire, de leurs désirs, de leurs pensées, de leurs réflexes.
Au moindre enlèvement d’une pièce, tout l’édifice s’écroule. On découvre l’angoisse, qui ne recule devant aucun mensonge, aucun acte de violence pour préserver le tout.
Tant qu’on n’aura pas compris et diffusé à large échelle comment fonctionne notre cerveau, comment on l’utilise, tant qu’on n’aura pas dévoilé et surmonté le fait qu’il y va toujours de dominer l’autre, il y a peu… Suite

Sport : argent et puissance ?

09/02/2016 | Commentaires (1)

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L’argent et le pouvoir sont-ils devenus les seuls raisons d’être des dirigeants sportifs ? Dans une interview dans Le Bund du 5 février dernier, le désormais nonagénaire pionnier du journalisme sportif Karl Erb critique l’évolution du sport. Ces prochains mardis, ATHLE.ch revient sur quelques-uns de ses propos. Réactionnaire ? Visionnaire ? Dans le premier épisode, il témoigne de son inquiétude vis-à-vis des fédérations sportives.
A propos de l’état du sport suisse, le reporter de légende Karl Erb affirme s’inquiéter surtout « de la situation dans les fédérations et des manières de faire des fonctionnaires ». Plus que de pointer la multiplication des scandales – dans le football, le cyclisme, l’athlétisme –, Erb relève un problème plus large : il y va selon lui, dans le sport en général, de moins en moins de servir une cause, d’exercer une fonction, que de gagner de l’argent et du pouvoir.
COMMENTAIRE : les salariés du monde du sport ne participent-ils plus de manière authentique et productive au mouvement sportif ? Les dirigeants, fonctionnaires… Suite

Rire de soi-même

07/02/2016 | Commentaires (0)

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Quinzième leçon du prêche de sagesse tragique que Zarathoustra distille à ses hôtes, les hommes supérieurs, dans sa caverne perchée dans les montagnes.
Dans notre monde, plus une chose est élevée, moins elle a de chances de rencontrer du succès. Les gens préfèrent ce qui est bas, ce qui est vil, ce qui est vulgaire. Vous en savez quelque chose, vous autres hommes supérieurs : après vous être élevés au-dessus de la populace, n’avez-vous pas échoué auprès des gens ? Les gens ne vous considèrent-ils pas comme – des êtres manqués ?
Qu’importe qu’il en soit ainsi. Gardez courage ! Tant de choses sont encore possibles ! Commencez par apprendre à rire ; à rire comme il faut de vous-mêmes ! Seul le rire vous donne une chance de réussir. Si vous faites la tête, si vous grondez, si vous vous révoltez, vous aurez encore moins de succès ; vous arriverez encore moins à faire passer vos idées, votre sagesse.
A vrai dire, votre échec n’a rien d’étonnant : vous n’êtes qu’à… Suite

Bien écrire

05/02/2016 | Commentaires (1)

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Pour écrire un texte qui vaut quelque chose, il est interdit d’être pressé. Il faut laisser les choses venir, à leur rythme, à leur guise ; puis les peser, les penser, les critiquer, les faire jouer. Pour que ça marche, patience et écoute sont de mise. Il s’agit de tout faire pour que ça avance, tout en acceptant que ça ne le fasse pas. Il faut avoir confiance : savoir qu’à force, ça va prendre, ne serait-ce qu’un tout petit peu.
Si ça coince, si on est pris dans un nœud, il ne faut surtout pas abandonner, faire comme si de rien n’était, mais revenir en arrière, reprendre, revoir ce qu’on a fait pour, par petites touches, l’agencer mieux, le faire parler mieux, plus clairement, plus joliment, plus justement, plus légèrement ; et peut-être, alors, débloquer l’affaire, réussir à avancer, ne serait-ce qu’un tout petit peu.
Travailler, sans relâche ; s’exercer, se critiquer, se reprendre, avancer, reculer, reprendre, toujours et encore, pour voir, progressivement, les choses… Suite

B. Violier | Course à la perfection

02/02/2016 | Commentaires (6)

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PENSÉE ATHLÉTIQUE | L’immense cuisinier de l’Hôtel-de-Ville de Crissier Benoît Violier était un exceptionnel athlète des temps modernes. Pas sur les stades, bien sûr, mais aux fourneaux et dans la vie de tous les jours. Un athlète au sens fort : un homme en quête d’excellence. Violier était tellement doué, a tellement tout donné qu’il venait, en sportif, d’être sacré « meilleur cuisinier du monde ». Dimanche 31 janvier, il s’est donné la mort.
Dans le berceau de l’athlétisme qu’est la Grèce antique, notre sport symbolise la quête d’excellence. L’athlète (athlos) se distingue du commun des mortels en ce qu’il lutte, combat pour réaliser au mieux ses possibilités, pour faire jouer ses forces au plus haut niveau. Lutte et combat avant tout contre ses propres difficultés et faiblesses, en même temps avec et contre les autres. Dans l’optique de dépasser ses adversaires, bien sûr, mais en apprenant d’abord à se surpasser soi-même : à repousser ses limites pour s’envoler toujours plus haut, aller toujours plus… Suite

Apprendre à jouer et à railler

31/01/2016 | Commentaires (0)

Tigre honteux
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Quatorzième leçon du prêche de sagesse tragique que Zarathoustra distille à ses hôtes, les hommes supérieurs, dans sa caverne perchée dans les montagnes.
Timides, honteux, maladroits, semblables à un tigre qui a manqué son bond : voici comment vous êtes, vous autres hommes supérieurs. Voici comment, souvent, je vous ai vu esquiver, glisser de côté après un échec, après un coup de dés manqué.
Mais qu’importent les défaites, vous autres joueurs de dés ! Dans la vie, ce n’est pas la victoire qui compte, mais la lutte : ce qu’on fait de ses expériences, comment on y réagit, comment on surmonte ses faiblesses. Vous n’avez pas appris à jouer comme il faut, et aussi à railler comme il faut dans le jeu de la vie ! Ne sommes-nous pas, nous autres humains, toujours assis à une grande table de raillerie et de jeu ?
Si vous avez manqué quelque chose de grand, est-ce à dire que vous êtes vous-mêmes – manqués ? Que vous devez avoir honte de vous-mêmes ?… Suite

David Bowie | Lazarus

29/01/2016 | Commentaires (1)

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« Lazarus » est un morceau de Blackstar, le dernier disque de David Bowie. Lazare est un compagnon de Jésus-Christ, malade, que ce dernier ressuscite quatre jours après sa mort.
David Bowie est décédé le 10 janvier 2016. Quatre jours plus tard, il s’est passé quantité de choses, des belles et des moins belles, mais David Bowie n’est pas revenu. Pourtant, bien que noire, la brillante star est toujours là, parmi nous, en nous ; comme tous les grands qui meurent et laissent derrière eux une œuvre qui nous arrache de notre course effrénée contre le temps qui passe.
Prenons le temps d’une chanson, d’un morceau. Plongeons-nous dans Lazarus. Ouvrons tout grands nos oreilles, laissons-nous porter ; mourrons pour mieux vivre avec lui.
*
D’abord, c’est le silence.
LaZarus | Play
Puis on pèse sur « Play » et, comme par enchantement, ça commence, ça commence à jouer.
Bruits stellaires, avant l’arrivée d’une guitare, pure, et d’une batterie. Deux rythmes : l’un rapide, l’autre plus lent, plus poussif : comme un cœur qui bat, dans… Suite

Quand le corps se rebelle

26/01/2016 | Commentaires (1)

PENSÉE ATHLÉTIQUE | Les pauses sportives et fins de carrière ne vont pas sans difficultés. Non seulement pour la tête, mais aussi pour le corps. Le 18 janvier dernier, dans la troisième partie du Sportlounge du lundi soir sur SRF, les deux « jeunes » champions retraités du sport d’élite Viktor Röthlin (41 ans/détenteur du record suisse du marathon en 2h07’03) et le gymnaste Lucas Fischer (25 ans) ont raconté leurs problèmes liés au manque d’entraînement.
Après 20 ans de vie consacrée au sport, avec plus de 30 heures d’entraînement hebdomadaire, Lucas Fischer a dû, du jour au lendemain, jeter l’éponge en raison de problèmes physiques. Arrêt net : virage à 180 degrés, avec pour conséquence que son corps se trouve « complètement perturbé, tout comme la tête », souffle Fischer perplexe, de sa voix douce. « Mon sommeil est totalement chahuté », dit-il, triste. Avant d’avouer qu’il a de la peine à s’en sortir, à trouver un chemin et finalement « que ce n’est vraiment pas simple du tout ».
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Ne pas chercher l’impossible

24/01/2016 | Commentaires (6)

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Treizième leçon du prêche de sagesse tragique que Zarathoustra distille à ses hôtes, les hommes supérieurs, dans sa caverne perchée dans les montagnes.
Ne soyez pas vertueux au-delà de vos moyens, vous autres hommes supérieurs ! Avec le corps comme avec l’esprit, il s’agit certes de toujours faire son possible, mais sans jamais vouloir l’impossible : exiger de soi l’improbable est une erreur !
Ne vous considérez jamais capables de tout ! Vous n’êtes pas tombés du ciel : marchez toujours sur les traces de la vertu de vos pères, des gens qui vous ont formés ! Car il est impossible de grimper seul dans les hauteurs : pour vous élever, vous devez suivre et poursuivre la volonté de vos maîtres.
Attention à celui qui veut être le premier, le seul, l’unique : il a toutes les chances de se retrouver le dernier ! C’est comme ça en matière de vertus, mais aussi en matière de vices : évitez de faire figure de saints là où se trouvent les vices de vos pères !
Prenez… Suite

Tarentino | Les huit salopards

22/01/2016 | Commentaires (0)

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Western de Quentin Tarentino, avec Jennifer Jason Leigh, Tim Roth, Kurt Russell, Samuel L. Jackson, Channing Tatum, Walt Goggins. Musique par Ennio Morricone. Film formidablement tendu, violent et… beau, montrant qu’on n’est pas sorti de l’auberge. Actuellement en salles.
On est aux Etats-Unis d’Amérique, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, quelques années après la Guerre de sécession. Le film s’ouvre sur des paysages de montagnes, quelque part dans le Wyoming, dans la neige. Soudain, des oiseaux s’envolent. Puis la caméra s’arrête, longuement, sur un terrible calvaire, solitaire, prisonnier dans la neige. Derrière, au loin, arrive une diligence, qui passe. Avant qu’on la retrouve, plus loin, arrêtée par un homme accompagné de trois… cadavres congelés.
Dans la diligence, on découvre un ours, humain : John Ruth, qu’on apprend être chasseur de primes. Il est enchaîné à une femme, sa prisonnière : la dangereuse Daisy Domergue, rude comme lui, mais plus maligne, malicieuse, qui va lui rapporter une coquette somme, à Red Rock où il… Suite

Délions les langues !

19/01/2016 | Commentaires (0)

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PENSÉE ATHLÉTIQUE | Dernier épisode de notre série « Spécial dopage » du mardi. Comme il ne suffit pas d’être doué pour gagner, le sportif est contraint d’optimiser tous les paramètres pour avoir une chance au meilleur niveau. Aussi est-il amené à ingurgiter et à employer quantité de produits et de méthodes artificiels qui appartiennent à la « zone grise » et qui, via les AUT, tendent au dopage.
Cet article est le neuvième et dernier de notre série consacrée au dopage. Retrouvez tous nos billets liés à ce thème dans notre dossier « Dopage » sur ATHLE.ch.
Commentaire : pour avoir une meilleure vision de la problématique du sport de haut niveau et du phénomène du dopage en général, pour trouver de nouvelles voies de réflexion et de meilleures règlementations, il s’agit de parvenir à délier les langues des sportifs : mettre un terme à l’hypocrisie, les déculpabiliser, leur permettre de dire, sans avoir peur d’être montrés du doigt, d’être diabolisés, tout ce qu’ils mettent en œuvre et… Suite

Education physique de l’esprit

15/01/2016 | Commentaires (6)

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Le 14 janvier 2016, PHUSIS a été invité pour la troisième fois en quatre ans par la Société nantaise de philosophie (SNP) à prendre la parole dans le cadre de son Cycle de conférences portant cette année sur l’éducation.
Retrouvez-en ci-dessous le texte et l’enregistrement, suivi de l’excellent résumé de Joël Gaubert.
Un grand merci à André Stanguennec, à la SNP et aux nombreuses personnes rencontrées pour leur accueil chaleureux et les belles et stimulantes discussions.
Les deux premières conférences nantaises sont disponibles ici (La nature comme phusis : éclosion ou fabrication ? / janvier 2012) et là (Le cinéma : de l’art à la vie / décembre 2013).
Photo : Jean Kerinval, Kerbonn, 2009 (Encre de Chine sur papier).
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Troisième conférence nantaise, sur l’éducation
S’il est une constante en matière d’éducation, c’est qu’elle est en crise : crise nationale, internationale, et même planétaire, intimement liée à la « crise des valeurs », au « tout fout le camp » et « c’était quand même bien mieux avant ». Crise quasi permanente, qui a pour conséquence quantité de réformes, qui cherchent… Suite

Dopage sous contrôle médical

12/01/2016 | Commentaires (0)

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PENSÉE ATHLÉTIQUE | Nouvel épisode de notre série du mardi : « Spécial dopage ». Pour atteindre le plus haut niveau, il ne suffit pas d’être extrêmement doué. Il faut encore posséder d’excellentes conditions d’entraînement et un excellent entourage : entraîneurs, masseurs, physiothérapeutes, nutritionnistes et… médecins capables de repérer et de réparer ses moindres failles physiologiques et psychologiques.
Cet article est le huitième de notre série consacrée au dopage. Retrouvez tous nos billets liés à ce thème dans notre dossier « Dopage » sur ATHLE.ch.
Commentaire : si un sportif souffre d’une maladie, d’une déficience ou autre faiblesse vis-à-vis de ce qui est considéré comme la « norme », les qualités et forces moyennes, il est en droit d’obtenir une ou plusieurs autorisations d’usage à des fins thérapeutiques (AUT) de substances et méthodes artificielles interdites. Il obtient autrement dit, crûment, « le droit de se doper » sous contrôle médical.
Perspective : dopage autorisé, les AUT sont d’autant plus problématiques qu’elles dépendent d’interprétations subjectives de médecins nationaux au bénéfice d’une grande marge de manœuvre…. Suite

Souffrir avant de caqueter

10/01/2016 | Commentaires (5)

Poule qui caquette
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Douzième leçon du prêche de sagesse tragique que Zarathoustra distille à ses hôtes, les hommes supérieurs, dans sa caverne perchée dans les montagnes.
Vous autres créateurs, vous autres hommes supérieurs ! Vous le savez bien : créer n’est pas une sinécure. On ne choisit pas d’enfanter. On ne doit pas choisir d’enfanter. Celui qui enfante ne peut faire autrement. Il est malade, il souffre. Non pas d’un manque, d’un défaut, mais de trop plein : il déborde de richesse. Il est malade et doit créer parce que ça déborde, en lui ; parce qu’il doit se libérer de sa richesse, qui lui pèse, qui lui fait mal. Oh, créer, enfanter n’est pas une sinécure. C’est une charge d’autant plus lourde, d’autant plus désagréable qu’une fois que c’est fait, qu’une fois qu’on a enfanté, qu’on s’est libéré de son fardeau, loin d’être plus pur, loin d’être purifié, on est au contraire sali, souillé, impur, épuisé, tant l’enfantement exige qu’on se donne à fond.
Demandez aux femmes, vous… Suite

Ah écrire !

08/01/2016 | Commentaires (4)

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Ah, écrire ! Non pas juste tapoter un « ok », un « t’es où ? » (dans cet ordre, évidemment) sur un petit clavier, des deux pouces, rapides, ou alors d’un seul doigt, plus ou moins habile. Pas non plus griffonner des mots genre « lait », « bananes », « pain », « produit de vaisselle » sur un petit bout de papier qu’on a de fortes chances d’égarer avant d’arriver au supermarché.
Non, écrire : écrire des mots, qu’on cherche, qu’on trouve, qu’on pèse, qu’on tourne dans tous les sens, et qu’on finit par placer, les uns après les autres, en faisant tout pour qu’ils s’entendent, qu’ils s’écoutent, se mettent à converser, voire à danser.
Composer, comme ça, des phrases : des phrases qui veulent dire quelque chose, qui s’agencent, se parlent, et se mettent elles aussi à résonner et à danser ; à dire, indiquer, dévoiler un tas de choses, à ouvrir des mondes, des tas de mondes, insoupçonnés, de toute cohérence, beaux et terribles à la fois.
Des phrases vivantes, qui s’appellent les unes les… Suite

« Zone grise »

05/01/2016 | Commentaires (4)

Dopage sous contrôle médical
PENSÉE ATHLÉTIQUE | Nouvel épisode de notre série « Spécial dopage » du mardi. Prisonniers qu’ils sont d’un double système d’idées (naturalistes et technoscientifiques, humanistes et transhumanistes), les sportifs sont contraints de tenir un double discours : officiellement, ils sont parfaitement propres (naturels) ; officieusement, ils ingurgitent quantité de produits et de méthodes artificielles, qui tendent au dopage.
Cet article est le septième de notre série consacrée au dopage. Retrouvez tous nos billets liés à ce thème dans notre dossier « Dopage » sur ATHLE.ch.
Outre l’entraînement et le repos, on cerne couramment quatre moyens d’amélioration de la performance :
La nutrition naturelle
Les suppléments artificiels licites (ou non encore interdits)
Compléments alimentaires (protéines, hydrates de carbones et autres produits de synthèse)
Stimulants (boissons caféinées et boosters de tout genre)
Médicaments (anti-inflammatoires, antidouleurs, etc.)
Méthodes d’entraînement et ou de récupération (caissons pressurisés, tapis roulants, Alter G, etc.)

Les autorisations d’usage à des fins thérapeutiques de substances et méthodes artificielles interdites (les ainsi nommés AUT)
Les substances et méthodes artificielles interdites
Commentaire : au fur et à mesure que… Suite

Créer pour son prochain

03/01/2016 | Commentaires (1)

Plonger en soi-même
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Onzième leçon du prêche de sagesse tragique que Zarathoustra distille à ses hôtes, les hommes supérieurs, dans sa caverne perchée dans les montagnes.
Vous le savez bien, vous autres créateurs, hommes supérieurs : comme les femmes enceintes ne supportent les douleurs que pour leur propre enfant, on n’est prêt à souffrir que pour sa propre création, sa propre œuvre.
Même si la plupart dit le contraire, prétend qu’on s’engage toujours « pour son prochain », ne vous en laissez pas conter, ne vous laissez pas persuader ! Demandez-vous plutôt qui est votre prochain, qui est votre prochain à vous ? Si vous n’agissez pas que pour vous, mais aussi « pour votre prochain », pour sûr que vous ne créez pas pour lui ! Soyez honnêtes : vous ne créez que pour vous-mêmes, pour le fond mystérieux qui travaille en vous-mêmes !
Désapprenez-moi donc ce « pour », vous autres créateurs : votre saine vertu veut que vous ne fassiez plus rien « pour », « afin de » et « parce que ». Fini les buts, les idées, la causalité, les… Suite

La vie très privée de Monsieur Sim

01/01/2016 | Commentaires (2)

La vie très privée de Monsieur Sim
Film français de Michel Leclerc, d’après le texte de Jonathan Coe, avec les toujours excellent Jean-Pierre Bacri, Mathieu Amalric, Valeria Golino, Vimala Pons. Musique de Vincent Delerm. Comment, même si c’est la merde, il y a partout des possibilités incroyables dans la vie. Actuellement à l’affiche en Suisse romande. A voir pour bien commencer la nouvelle année.
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Je m’appelle François Sim (comme la carte), j’ai la cinquantaine, suis marié, ai un enfant, une fille, de 13 ans. Ça pourrait aller mieux : ma femme m’a quitté il y a neuf mois et, peu après, j’ai aussi perdu mon travail.
Je viens de passer une semaine de vacances, seul, en club Lookéa, où ma femme avait réservé des vacances il y a dix mois, un mois avant de me quitter. Là, je vais faire escale à Brindisi, chez mon père, que je n’ai pas vu depuis des années.
Vous avez déjà été en dépression, vous ? Moi, ça fait six mois que je suis en plein dedans…. Suite

La technique cache une idéologie

29/12/2015 | Commentaires (0)

Transhumanisme
PENSÉE ATHLÉTIQUE | Nouvel épisode de notre série « Spécial dopage » du mardi sur ATHLE.ch et PHUSIS.ch. Dans le monde du sport comme partout, on retrouve le débat philosophique entre « nature » et « technique ». Le sport doit-il être 100% naturel, pur, dénué de tout artifice et de toute technique ? Ou a-t-il le droit de participer à l’optimisation technoscientifique à l’œuvre partout ?
Cet article est le sixième de notre série consacrée au dopage. Retrouvez tous nos billets liés à ce thème dans notre dossier « Dopage ».
Commentaire : qu’importe qu’on soit médecin, scientifique, informaticien, entraîneur ou simple sportif, tout un chacun est aujourd’hui redevable de la science et rempli d’espoirs vis-à-vis de la technique. On est toujours en train de chercher des moyens d’aider, de faciliter, d’optimiser artificiellement nos possibilités, tant physiologiques que psychologiques. Sans jamais mettre en question notre système de pensée, sans jamais avoir l’impression d’être impliqué dans une quelconque démarche idéologique. Pourtant, comme Monsieur Jourdain fait de la prose, nous sommes tous à la… Suite

Gravir les sommets

27/12/2015 | Commentaires (1)

Gravir des sommets
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Dixième leçon du long prêche de sagesse tragique que Zarathoustra distille à ses hôtes, les hommes supérieurs, dans sa caverne perchée dans les montagnes.
Vous voulez atteindre des sommets, vous élever dans les hauteurs ? Servez-vous de vos propres jambes ! Ne vous laissez pas porter, ne vous asseyez pas sur le dos des autres : ne profitez ni de la force ni de l’intelligence d’autrui ! Soyez votre propre maître et serviteur !
Comment ? Toi, tu as grimpé sur le dos d’un cheval ? Te voilà qui galopes désormais, sans effort, aussi pressé que content vers ton but ? Bien, mon ami, c’est ton choix ! Mais attention : ton pied maladroit, paralysé, qui généralement t’empêche, est lui aussi assis sur ton cheval !
Tu verras, quand tu arriveras à ton but, quand tu auras atteint les sommets que tu convoites, quand alors, tu sauteras de ton cheval : là-haut, sur ta hauteur, justement, toi, l’homme supérieur, tu vas trébucher ! Bien sûr, tu es arrivé bien haut ; bien sûr, en te laissant porter… Suite

La vie comme cadeau

25/12/2015 | Commentaires (1)

Cadeau
Et si, en réponse au vide qui gronde,
Aux forces mal gérées,
Trop vite automatisées,
Jusqu’au débordement,
Jusqu’à la violence,
Jusqu’à la mort…
Et si, en réponse à l’absence de sens,
A l’absence de but
Autre que celui
De se faire plaisir,
De réaliser ses idées…
Et si, au lieu de courir après le succès,
La puissance, l’argent, le bonheur,
On considérait la vie comme une chance,
Un don, un cadeau à partager,
A partager et à exploiter au mieux :
Le plus amoureusement,
Le plus profondément,
Le plus sereinement,
Le plus productivement,
Le plus légèrement,
Le plus joyeusement possible ?
Joyeux Noël à tous !
Suite

Libéraliser le dopage ?

22/12/2015 | Commentaires (0)

Lance Armstrong
PENSÉE ATHLÉTIQUE | Nouvel épisode de notre série « Spécial dopage » du mardi sur ATHLE.ch et PHUSIS.ch. Au vu de la crise dans laquelle sont plongés l’athlétisme et le sport professionnel en général – le dopage apparaît de mise partout –, on peut être d’avis que la meilleure solution serait de libéraliser une fois pour toutes le dopage. Vraiment ?
Cet article est le cinquième de notre série consacrée au dopage. Retrouvez tous nos billets liés à ce thème dans notre dossier « Dopage ».
Commentaire : libéraliser le dopage reviendrait à passer d’un extrême à l’autre : abandonner complètement la vision naturaliste du monde et d’un sport 100% naturel pour s’adonner pleinement à la vision techniciste des choses. Telle une voiture de course, le sportif ne serait alors plus qu’une machine dont il s’agirait de maximiser jusque dans les moindres rouages les performances.
Perspective : en dérégulant le dopage, on risque de voir les gens se doter de moteurs à réaction pour être plus rapides. Si on repousse, voire… Suite

Prenez garde !

20/12/2015 | Commentaires (0)

vérité
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Neuvième leçon du long prêche de sagesse tragique que Zarathoustra distille à ses hôtes, les hommes supérieurs, dans sa caverne perchée dans les montagnes.
Il s’agit aujourd’hui d’être sur ses gardes. Soyez méfiants, vous autres hommes supérieurs, vous autres hommes courageux, sincères, qui parlez à cœur ouvert : munissez-vous d’une bonne méfiance ! Retenez-vous de tout raconter et expliquer, retenez-vous de dire qui vous êtes, comment vous êtes, d’où vous venez, vers où vous cheminez et comment : taisez vos raisons secrètes, ne dévoilez rien ! Car c’est aujourd’hui la populace qui règne : les idées et valeurs vulgaires dominent et triomphent partout.
Et la populace ne comprend rien : pour le peuple, toute tentative de partage, toute explication est vaine. Aucune raison ne peut aujourd’hui renverser les valeurs et les idées auxquelles la masse a jadis appris à croire, comme ça, sans raisons, sans explications.
Voyez la place du marché : les gens se laissent convaincre par des gestes, des règles, des ordres, et non par des raisons. Les… Suite

Sports Awards 2015

17/12/2015 | Commentaires (0)

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Le sport, moi j’aime bien. Et pas seulement en faire moi-même, marcher, courir, tirer, sauter, grimper, nager, pédaler, taper dans un ballon, skier, patiner ou que sais-je encore. Le sport, moi j’aime aussi le regarder : participer au match, à la course ou à n’importe quelle compétition depuis les tribunes, le bord de la route, ou même mon canapé. Comme ça aussi, il est possible de faire du sport, de se donner, de souffrir, d’avoir le ventre serré, le souffle court, la tension qui monte, les poils qui se hérissent, les yeux qui coulent. Comme ça aussi, il est possible de grimacer, de sourire, de jubiler, de pleurer ou crier, de ressentir toutes sortes d’émotions, de sensations. Emotions et sensations d’autant plus grandes quand il s’agit de sportifs que je connais, que je vois évoluer, de week-end en week-end, de saison en saison. Et d’autant plus quand je les connais de près, qu’ils sont de ma ville, ma région, mon pays.
C’est… Suite

L’AMA : entre espoirs et échecs 

15/12/2015 | Commentaires (0)

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PENSÉE ATHLÉTIQUE | Nouvel épisode de notre série « Spécial dopage » du mardi sur ATHLE.ch et PHUSIS.ch. Deux éléments ont changé les données du débat ces vingt dernières années dans la lutte antidopage : d’une part l’émergence et l’usage d’une médecine d’amélioration, capable de doper les fonctions physiques et mentales de tout un chacun, d’autre part la création de l’Agence mondiale antidopage (AMA) suite à l’affaire Festina du Tour de France 1999.
Cet article est le quatrième de notre série consacrée au dopage. Retrouvez tous nos billets liés à ce thème dans notre dossier « Dopage ».
L’AMA a été mis sur pied au tournant du siècle pour combattre le dopage. Avec un double objectif :
Maximiser l’équité sportive ;
Minimiser les risques pour la santé des athlètes.
Commentaire : seize ans après la création de l’AMA, on peut considérer son travail comme une expérimentation à large échelle qui a échoué. L’AMA et les diverses autorités sportives qui lui sont liées n’arrivent pas à faire appliquer leurs règles : les révélations réitérées de… Suite

Soyez honnêtes !

13/12/2015 | Commentaires (3)

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|Huitième leçon du long prêche de sagesse tragique que Zarathoustra distille à ses hôtes, les hommes supérieurs, dans sa caverne perchée dans les montagnes.
Prenez garde de ne pas vivre au-dessus de vos moyens, de ne rien vouloir qui soit au-dessus de vos possibilités ! Soyez honnêtes envers vous-mêmes, authentiques : soyez ceux que vous pouvez. Il existe une grave fausseté chez ceux qui veulent plus qu’ils peuvent, qui ont les yeux plus grands que le ventre. Particulièrement quand ils veulent de grandes choses, quand ils visent les sommets : ils éveillent la méfiance à leur égard, ces subtiles faux-monnayeurs et comédiens !
Bien sûr, ils s’engagent, mais de manière inauthentique, en faisant semblant. Ils trichent, ces subtiles faux-monnayeurs ; jusqu’à ce qu’ils échouent dans leur entreprise, jusqu’à ce qu’ils se reconnaissent eux-mêmes comme les faux-monnayeurs et comédiens qu’ils sont, ils font semblant : ils ont les yeux qui louchent, ils sont du bois vermoulu, joliment vernis ; ils n’ont de cesse de tricher, de se recouvrir d’un manteau… Suite

Soyons moins tolérants !

11/12/2015 | Commentaires (1)

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Souvent, avec les gens, on est tolérant, on ferme les yeux, on fait des compromis. Dans une conversation, par exemple, quand on n’est pas tout à fait d’accord, ou parfois même pas d’accord du tout, on se retient, on n’en fait pas un cas. Pour le bien de la situation, de la relation, de l’ambiance, on laisse aller et ne dit rien.
ERREUR ! En mettant de l’eau dans son vin, on devient fade. En érodant sa position, en élimant son opinion, on néglige sa personnalité qui, si tout à coup elle se réveille, a toutes les chances de se manifester de manière… comment dire, peu avisée, voire violente.
Ce qui fait que : aussi scandaleux que ça puisse paraître, je suis contre la gentillesse mièvre, le consensus mou, la demi-mesure. Au contraire, je plaide pour la lutte, la lutte constructive, le dialogue, au sens fort du « dia- », de l’« écart » : de l’échange fort et franc, qui s’avère d’autant plus riche, plus productif que l’écart… Suite

Naturalisme vs technicisme

08/12/2015 | Commentaires (1)

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PENSÉE ATHLÉTIQUE | Troisième épisode de notre série « Spécial dopage » du mardi sur ATHLE.ch et PHUSIS.ch. Notre « vision naturaliste » des choses nous fait dire « oui » à la nature : à la pure et simple nature, non souillée, sans artifice. Dans cette perspective, nous considérons instinctivement le sport comme l’expression humaine la plus performante des forces naturelles.
Cet article est le troisième de notre série consacrée au dopage. Retrouvez tous nos articles liés à ce thème dans notre dossier « Dopage ».
Si nous aimons la pure et simple nature, nous ne sommes pas seulement imprégnés par sa vision, mais en même temps tributaires d’une autre conception des choses : non pas naturaliste, mais scientifique, techniciste. Prenons l’exemple de la médecine : elle ne vise plus seulement à aider, à soigner les gens (médecine thérapeutique), mais comporte tout un pan allant dans le sens de l’amélioration technique, chimique, des performances physiques et mentales (médecine dopante, qu’on appelle aussi « transhumaniste »).
Commentaire : si nous avons tous au fond une vision naturaliste, nous sommes… Suite

Eclair, crève-leur les yeux !

06/12/2015 | Commentaires (0)

Eclair
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Septième leçon du long prêche de sagesse tragique que Zarathoustra distille à ses hôtes, les hommes supérieurs, dans sa caverne perchée dans les montagnes.
Jadis, l’éclair était l’arme suprême de Zeus. Il lui permettait de rétablir l’équilibre entre ciel et terre. Aujourd’hui, l’éclair n’est plus vraiment un danger. A force d’expériences et d’intelligence, l’homme a appris à se protéger de la foudre : des paratonnerres sont installés un peu partout ; et tout le monde sait comment réagir en cas d’orage. Bien sûr, la plupart se réjouit qu’il en soit ainsi, mais pas moi.
Il ne me suffit pas que l’éclair ne nuise plus. Loin de vouloir m’en protéger, le dévier, je veux au contraire le voir plus fort, le rendre plus fort – et le mettre à mon service : oui, l’éclair doit apprendre à travailler pour moi.
Voilà longtemps déjà que ma sagesse se rassemble comme un nuage. Voilà longtemps qu’elle devient plus calme, plus pleine, et à la fois plus sombre. Voilà longtemps… Suite

Contre le positivisme émotionnel

04/12/2015 | Commentaires (7)

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En cas de difficulté, d’accident, de problème, de maladie, de malheur, on se demande, par réflexe : comment s’en sortir ? Comment guérir ? Comment se débarrasser de ce qui ne va pas ? Comment retrouver, au plus vite la joie ?
Mauvaises questions : il ne s’agit pas de fuir les côtés sombres de la vie, mais de vivre avec, d’apprendre à vivre avec.
Bien sûr qu’on préférerait que tout se passe à merveille, que la vie soit sinon toute rose, du moins toujours agréable ; sans peur, sans problème, sans souffrance, – toute situation si possible toujours à notre avantage. Mais elle n’est pas comme ça : les expériences désagréables, fâcheuses, funestes grondent et s’immiscent partout. Alors, spontanément, on les refuse, on les écarte, on les écrase. Mais, on a beau faire, ne pas les vouloir, tout mettre en œuvre pour les mettre à l’écart : le malheur, la tristesse, l’échec, la maladie, la souffrance, le déclin, la séparation, la mort, toutes les expériences dites « négatives » de la vie… Suite

Qu’est-ce qu’au juste le dopage ?

01/12/2015 | Commentaires (0)

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PENSÉE ATHLÉTIQUE | Deuxième épisode de notre série « Spécial dopage » du mardi. Pour ne pas se fourvoyer, la première chose à faire est toujours de s’entendre sur ce dont on parle. Voici quelques définitions courantes du mot « dopage ».
Sens général donné par le Laboratoire Suisse d’Analyse du Dopage (LAD) : « Le dopage est la pratique consistant à absorber des substances ou à utiliser des actes médicaux afin d’augmenter artificiellement ses capacités physiques ou mentales. »
Wikipédia : « Prendre à dessein des produits et/ou utiliser des actes médicaux afin d’augmenter les performances physiques et/ou mentales. »
Larousse en ligne : « Fait d’administrer, d’inciter à l’usage, de faciliter l’utilisation, en vue d’une compétition sportive, de substances ou de procédés de nature à accroître artificiellement les capacités physiques d’une personne ou d’un animal, ou à masquer les emplois en vue d’un contrôle. »
Commentaire : selon ces définitions, à bien y regarder, presque tous les sportifs sont… dopés – et donc des tricheurs. Simplement parce que les définitions courantes du dopage sont inscrites dans une… Suite

Vous ne souffrez pas encore assez !

29/11/2015 | Commentaires (2)

Grands sapins
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Sixième leçon du long prêche de sagesse tragique que Zarathoustra distille à ses hôtes, les hommes supérieurs, dans sa caverne perchée là-haut dans les montagnes.
Vous autres hommes supérieurs, vous croyez que je suis là pour vous consoler, pour corriger vos erreurs ? Pour réparer vos mauvaises actions, rendre bon ce que vous avez mal fait ? Non, détrompez-vous !
Vous autres qui souffrez, qui vous plaignez, vous croyez que je veux vous préparer un lit plus confortable, plus agréable, plus mou que celui sur lequel vous vous allongez tantôt ? Un lit sur lequel vous pouvez vous reposer et vous refaire en toute tranquillité ? Non, détrompez-vous !
Vous autres errants, vous autres égarés, vous autres alpinistes fourvoyés, vous croyez que je veux vous montrer de nouvelles voies, de nouveaux sentiers, plus faciles, là-haut ? Non, détrompez-vous !
Non ! Non ! Trois fois non ! Détrompez-vous : loin de moi l’idée de vous faciliter la vie, d’être un refuge, une assurance vie. Je veux au contraire vous pousser plus loin, toujours plus loin, toujours… Suite

Vivre avec le terrorisme

27/11/2015 | Commentaires (0)

Même pas peur
Depuis le 13 novembre, un des slogans les plus fameux et les plus touchants est : « Même pas peur ! » Prononcé dans les rues parisiennes, par des individus, des citoyens libres, il est d’autant plus juste qu’il dit exactement le contraire : « On est tous terrorisés ! » Prononcé par des hommes politiques, il est d’une arrogance sans bornes.
Que faire face à la menace terroriste ? Montrer les muscles, comme le font les politiques ? Déclarer une guerre sans merci au terrorisme ? Tout mettre en œuvre pour éradiquer, exterminer de la surface de la terre tout ce qui pourrait, de près ou de loin, être lié au terrorisme ? Bref : répondre aux sales actes par de sales mots et de sales manières ? Se défendre du terrorisme par le contre-terrorisme ?
Attention, l’utilisation de sales mots et de sales moyens n’a toujours fait qu’envenimer la situation. Si on veut éviter une escalade de la violence, il faut commencer par s’interdire les sales mots et les sales manières – même pour les pires terroristes.
Lutter… Suite

Pensée athlétique | Dopage

24/11/2015 | Commentaires (0)

Le rapport de l’Agence mondiale antidopage récemment dévoilé à Genève a plongé l’athlétisme dans une crise sans précédent. Si pour l’heure seule la Russie a été frappée, tout porte à croire que les révélations et sanctions vont se multiplier. Le monde du sport-spectacle dans son ensemble risque d’apparaître gangréné de corruption et de dopage. Pour chercher à y voir plus clair, PHUSIS et ATHLE.ch ouvrent une large série « Spécial dopage », avec un bref article tous les mardis midi.
1. Profiter de la crise
L’athlétisme et le monde du sport sont en crise. Si le mot « crise » désigne couramment une période critique, grosse de tension, de difficultés, il signifie d’abord et avant tout, notamment en médecine, un « moment décisif », qui peut basculer dans un sens (la guérison) ou dans l’autre (la mort).
Commentaire : aussi désagréable soit-elle, la crise a ceci de bon qu’elle appelle un changement, un dénouement. Qu’importe qu’il s’agisse de sport, de dopage, de corruption ou de toute autre chose, elle est… Suite

Epoque formidable

19/11/2015 | Commentaires (2)

Arbre qui traverse le béton
« NOUS VIVONS UNE ÉPOQUE FORMIDABLE », tel était le leitmotiv de PHUSIS.ch lors de sa mise en ligne en mai 2010. « Pour autant qu’on ait du boulot, et donc un peu d’argent, on peut faire à peu près ce qu’on veut : se divertir, communiquer, s’informer, consommer, sortir, VIVRE, quoi ! Grâce au progrès, presque tout nous devient accessible. Et en plus quasi sans effort ! Et souvent pour pas cher ! C’est génial, nous vivons une époque formidable ! PHUSIS s’adresse à ceux qui sont d’avis que les choses ne tournent pas tout à fait aussi rond qu’on veut bien le dire. »
Voilà les mots (à redécouvrir ici) qui présentaient il y a cinq ans notre site : mots les plus légers, doux et souriants possibles pour transmettre l’étonnement et l’effroi d’un « jeune » philosophe-artiste amené à partager, sur la pointe des pieds, les fruits de ses recherches.
Depuis 2010, évidemment, beaucoup de choses se sont passées, ont changé, évolué dans le monde, en… Suite

L’athlétisme, tous ensemble

05/11/2015 | Commentaires (0)

chronique 2
Le 42e numéro du Swiss Athletics Magazine a atterri dans les boîtes aux lettres des membres de la Fédération suisse d’athlétisme. En plus du retour sur la fantastique saison 2015, on y trouve la traditionnelle page intitulée « Pensées athlétiques », cette fois non seulement de la plume de notre philosophe maison Michel Herren, mais co-écrite avec Guillaume Laurent, tous deux fondateurs d’ATHLE.ch. Pour dire quoi ? La naissance et les enjeux d’ATHLE.ch ! Retrouvez la version vidéo ci-dessous.
*ATHLE.ch : l’athlétisme, tous ensemble
*ATHLE.ch : Leichtathletik alle zusammen
*
On essaie, on ne comprend d’abord pas très bien, mais on y retourne quand même. Une fois, deux fois, trois fois. On ne sait pas exactement quoi, mais ça appelle. Puis il se passe quelque chose, des fois presque rien : un sourire, une sensation, un geste qui devient plus facile, une légèreté, une force nouvelle, une surprise. Alors on en veut plus, on se prend au jeu et hop, c’est parti.
Très vite, l’important n’est plus seulement d’être là, de participer, de… Suite

C’est l’automne : bientôt la reprise

22/10/2015 | Commentaires (0)

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Même qu’il travaille encore, l’été 2015 est désormais passé.
Le soleil grimpe de moins en moins haut, dans le ciel. Les journées se raccourcissent. Les nuits sont de plus en plus froides. Les dernières sensations de chaleur se font rares. Les derniers fruits, les plus délicieux, les plus sucrés − parce qu’ils ont longuement mûris −, ont été ramassés. Les vendanges aussi sont derrière, les jus de raisins en cave, en cuve, ou déjà en fûts, chouchoutés par les bons vignerons.
Dehors, les couleurs sont de plus en plus intenses : les verts se déclinent, en jaunes, en rouges, en bruns et en mille et une autres couleurs encore, sans même parler des senteurs, plus difficiles à déterminer, mais pas moins nombreuses pour autant. Et les feuilles commencent à lâcher, à voleter, à s’entasser, pour devenir humus.
Forts de tous les moments, de tous les fruits, de toutes les expériences glanés durant l’été, à l’instar de la terre, la joyeuse équipe de PHUSIS va remettre l’ouvrage sur le métier. Oui,… Suite

C’est l’été : bon vent à tous !

10/08/2015 | Commentaires (1)

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De nombreux fruits ont été récoltés, d’innombrables germes se sont développés, déployés. La terre est désormais chaude, la vie apparemment toute de calme. En mode estival.
Ces derniers temps, quantité d’articles sont également parus sur PHUSIS.ch : billets, remarques, claques, réalimentations et autres questionnements de tout genre. Pour vous faire penser, vous stimuler, chatouiller, et si possible vous faire avancer, en souriant, voire en dansant, en direction de ce qui nous dépasse.
Tous nos articles sont disponibles ici, en vrac, classés des plus récents aux plus anciens.
C’est l’été : prenons le temps de nous arrêter, de sentir − et de scruter l’horizon !
Où que nous soyons, avec qui que nous soyons, quoi que nous fassions, mettons tout en œuvre pour permettre à ce qui veut chanter de s’exprimer ! En toute cohérence. En nous et autour de nous.
Bon vent à tous, merci de votre fidélité et au plaisir de vous retrouver cet automne.
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L’homme fou (3)

16/07/2015 | Commentaires (2)

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Suite de la plongée dans le paragraphe 125 du Gai savoir de Friedrich Nietzsche.
Loin de toute profession d’athéisme, loin de toute prétendue non-existence de Dieu, la mort de Dieu que profère l’homme fou sur la place du marché – mort de Dieu consécutive au chosisme, au pragmatisme, à utilitarisme, à l’égoïsme scientifique des hommes devenus de plus en plus hostiles à tout mystère et toute zone d’ombre –, loin de toute athéisme rieur, la mort de Dieu est bien plutôt un constat tragique.
Constat qui rappelle d’abord que tout, dans cette vie, est « phusiquement déterminé » : que chaque phénomène apparaît un jour, vit pour un temps, avant de disparaître de nouveau ; que la mort fait partie intégrante de la vie ; et que, une fois mort, tout se décompose, se putréfie : verwest, dit l’allemand, c’est-à-dire décline, se consume (ver-), et perd finalement son essence (Wesen).
*
*
Or il n’en va pas autrement des dieux, y compris bien sûr de notre dieu, le Bon Dieu, et… Suite

La canicule, signe de catastrophe ?

14/07/2015 | Commentaires (2)

soleil
Canicule, signe de catastrophe ?
Ouf, ça va mieux : les pires moments de la canicule semblent passés ! Mais je me demande quand même, avec toute cette chaleur, ce soleil qui tape et dessèche tout ; et cette pluie qui se fait de plus en plus rare, semaine après semaine ; je me demande, ne va-t-on pas au-devant d’une grande catastrophe ?
*
Réponse
Il y a des périodes, durant l’année, où il fait froid, plus froid qu’à d’autres périodes de l’année ; et volontiers même très froid. Et d’autres périodes où il fait chaud, plus chaud qu’aux précédentes ; et des fois même très très chaud, comme la période qu’on a vécu il y a peu et qu’on continue d’ailleurs à vivre.
On parle de « l’hiver » pour les premières périodes nommées, et de « l’été » pour les secondes. Et entre deux, entre les premières et les secondes, entre « l’hiver » et « l’été », donc, il y a ce qu’on appelle : d’une part « le printemps », entre la période de l’hiver et de l’été ; et… Suite

De l’homme supérieur 5

12/07/2015 | Commentaires (0)

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De l’homme supérieur (5)
Cinquième partie du long prêche de sagesse tragique que Zarathoustra distille à ses hôtes, les hommes supérieurs, là-haut, dans sa caverne perchée dans les montagnes.
« L’homme est méchant, l’homme est mauvais » – voilà comment m’ont parlé les plus sages, tous les plus sages : vous savez, les hommes les plus avisés, les plus réfléchis, les plus conscients et constants, les mieux pensants qui nous entourent, les plus moraux.
« L’homme est méchant, l’homme est mauvais » – voilà comment ils m’ont parlé. Vous savez pourquoi ils m’ont dit ça ? En guise de… consolation face aux innombrables actions moralement mauvaises, moralement méchantes qu’accomplissent toujours de nouveau partout les hommes. Comme si j’avais besoin d’être consolé des mauvaises actions des hommes !
Comme ils se trompaient : moi, j’avais plutôt tendance à les aimer, ces mauvaises actions, ces actions méchantes ! Si j’avais besoin d’être consolé, moi, c’est justement du fait qu’elles se font de plus en plus rares ; du fait que l’homme soit devenu tout gentil.
« L’homme est… Suite

Super énervé

09/07/2015 | Commentaires (0)

Hummer 4x4

D : Eh, toi !
H : Qui ça, moi ?
D : Oui, toi ! Raconte-moi quelque chose !
H : Ah ben je veux bien vous raconter quelque chose. Parce que je suis super énervé. Et c’est ça que je vais vous raconter : je vais vous dire pourquoi je suis super énervé…
J’ai coupé la route à un cycliste, mais alors juste un tout petit peu coupé la route à un cycliste, et le mec, il m’a traité de « gros connard à grosse bagnole, de nerveux, de criseux sans nom ! »
Alors moi c’est un truc qui me rend complètement dingue. Un cycliste, qui vient de dire ça à moi !
*
*Paff, une claque !
*Un jeudi sur deux, Dionysos − dieu de la phusis − interpelle l’un d’entre nous, qui avons tendance à négliger et écraser les nuances et couleurs de la vie. En l’occurrence un conducteur de 4×4 qui a failli écraser un cycliste.
Suite

De l’homme supérieur 4

05/07/2015 | Commentaires (0)

Aigle royal
De l’homme supérieur (4)
Quatrième partie du long prêche de sagesse tragique que Zarathoustra distille à ses hôtes, les hommes supérieurs, là-haut, dans sa caverne perchée dans les montagnes.
Avez-vous du courage, ô mes frères ?, demande Zarathoustra. Avez-vous du cœur ? Etes-vous vigoureux, prêt à vous battre ? Attention : je ne parle pas du courage devant témoin, qu’on a quand des gens nous regardent, quand on fait semblant, mais du vrai courage de solitaire, du courage d’aigle, qui est à l’œuvre quand personne, plus personne n’est là pour nous regarder, pas même Dieu, pas même le moindre des dieux.
Les âmes froides, qui objectivent les choses, les mulets, qui font ce qu’on leur dit, les aveugles, qui fonctionnent comme des automates, les hommes ivres, qui ne sont pas maîtres de leurs moyens, qui n’écoutent que leurs sens, qui agissent comme des bêtes, sont loin d’avoir ce que j’appelle du cœur, du courage. Ils sont tous, tels qu’ils sont, trop superficiels, trop obéissants, trop passifs ; tous… Suite

L’homme fou (2)

02/07/2015 | Commentaires (2)

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Continuons notre plongée dans le paragraphe 125, intitulé « L’homme fou », du Gai savoir de Friedrich Nietzsche.
C’est le matin. Nous sommes sur la place du marché, parmi la foule. Et un homme fou – homme taxé de fou par la plupart, mais qui est à vrai dire un homme de grande lucidité – vient de s’y précipiter, une lanterne à la main, à la recherche de… Dieu.
Face aux moqueries des gens, il les a transpercé du regard et leur a annoncé la cruelle vérité que « Dieu est mort » ; et que nous sommes, nous tous, les hommes, ses meurtriers. Oui, notre vision chosiste, scientifique, techniciste, utilitariste, égoïste du monde a eu raison de Dieu et des valeurs suprêmes qu’il incarnait. Et l’existence d’avoir perdu son but et son sens ultimes. Et l’humanité de se replier toujours davantage sur elle-même.
Et l’homme fou de continuer à interroger la foule en ces termes : « Ne cheminons-nous pas à l’écart de tous les soleils ? » N’avons-nous pas perdu… Suite

Vélo électrique

30/06/2015 | Commentaires (4)

Vélo électrique net
Vélo électrique Q
Un nouveau genre d’individus (hommes et femmes) se multiplie sur nos contrées : les adeptes du vélo électrique. Ils ressemblent à s’y méprendre à des « vrais » cyclistes, à cette différence près qu’ils pédalent à d’énormes vitesses, sans cadencer, sans transpirer, sans s’essouffler, volontiers en costard ou en jupe. L’autre jour, dans le cadre d’une discussion à bâtons rompus, j’ai osé dire que ça m’énervait ; et j’ai passé pour une vieille conservatrice ringarde…
*
Velo electrique RQuand on dit ce qu’on pense, et qu’on pour avantage non négligeable de ne pas avoir l’esprit complètement ratatiné, on a toutes les chances de passer pour un conservateur ringard, ou pour bien pire encore. C’est vrai : aujourd’hui, pour être dans le coup, pour être « in », « branché », « tendance », bien comme il faut – et non « has been », réactionnaire –, il faut opiner du bonnet, comme on dit : partager l’opinion de la plupart, fût-elle stupide, se réjouir de toutes les nouveautés, affirmer toutes les idioties que la… Suite

De l’homme supérieur 3

28/06/2015 | Commentaires (0)

Pont suspendu
http://www.tripalbum.net/
De l’homme supérieur 3 |
Troisième partie du long prêche de sagesse tragique que Zarathoustra distille à ses hôtes, les hommes supérieurs, là-haut, dans sa caverne perchée dans les montagnes.
Après avoir rappelé la mort de Dieu, la dévalorisation des valeurs suprêmes et l’exigence de cheminement vers le surhomme, Zarathoustra reprend la question que se posent aujourd’hui les gens les plus inquiets : « Comment, si Dieu est mort, l’homme sera-t-il sauvegardé ? » Comment, si Dieu est mort, si tout est permis, l’homme pourra-t-il continuer à vivre ?
Mais ce n’est pas là la bonne question. Zarathoustra lui-même, lui, le seul et le premier, demande bien plutôt : « Comment l’homme sera-t-il surmonté ? » Il ne s’agit pas de « sauvegarder » l’homme, de le faire perdurer, mais de le « surmonter », de le dépasser : de dépasser l’homme tel qu’il a été jusqu’ici, comme être de raison, en direction du… surhomme.
Le surhomme me tient à cœur, continue Zarathoustra. Il est, lui, ce qu’il y a de plus important à mes yeux, mon premier… Suite

Déchirer la night

25/06/2015 | Commentaires (1)

Soirée en boîte de nuit
D : Eh, toi !
H : Qui ça, moi ?
D : Oui, toi ! Raconte-moi quelque chose !
H : Chuis DJ. J’travaille dans des boîtes, dans des soirées. J’anime toutes sortes de manifs.
Mon truc à moi, c’est les pistes toutes faites, sur Youtube. On y trouve des trucs vraiment pas mal. Des excellents Best Of.
*
*
Là chuis dans une période transe. Ecoute-moi ça !
La musique, c’est très simple : il suffit de mettre à donf, et tu déchires la night !
Hein, qu’est-ce que tu dis ?
*Paff, une claque !
*Un jeudi sur deux, Dionysos − dieu de la phusis − interpelle l’un d’entre nous, qui avons tendance à négliger et écraser les nuances et couleurs de la vie. En l’occurrence un DJ qui anime des soirées à fond les manettes à coup de musique pompée sur des Best Of disponibles sur Youtube.
Suite

La nature sait ce qui est bon

23/06/2015 | Commentaires (1)

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La nature sait-elle quelque chose |
« La nature sait ce qui est bon » – telle est la devise du label « bio » d’un des deux géants de l’alimentation de notre pays. Mais, je me demande, la nature sait-elle vraiment quelque chose ? Et, si oui, sait-elle ce qui est bon ?
*
La nature sait-elle quelque chose R
« La nature sait ce qui est bon », proclame haut et fort le géant Orange Migros pour ses produits labellisés Bio. « Nature », « savoir », « bonté », autant de concepts qui résonnent de manière on ne peut plus favorable à nos oreilles, remplies qu’elles sont à longueur de journée de slogans, d’idées et autres arguments de vente préfabriqués.
Pour ne pas être dupes, allons voir comment la Migros elle-même explique sa formule « La nature sait ce qui est bon ». Sur son site internet, sous la rubrique « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Migros Bio », la Migros écrit ceci au sujet dudit slogan :
« Bio signifie que les produits ont été élaborés de façon… Suite

La ruche, miroir de notre société ?

21/06/2015 | Commentaires (2)

ABEILLES NOIRES GP
L’abeille suscite la poésie. Elle attise l’imagination. Elle fascine, un peu comme la mer, le feu, un enfant, et les infinis mystères de la vie.
L’abeille est innombrable, incroyablement organisée, disciplinée ; infatigable dans son activité de sublimer le fragile parfum des fleurs en miel immortel. Elle symbolise à la fois la vie et la mort, l’éveil et l’engourdissement, la beauté et le danger. Elle accorde la sagesse, la poésie, la connaissance. Le miel n’a-t-il pas donné le don de poésie à Pindare ? Et celui de science à Pythagore ? Ne raconte-t-on pas que des abeilles se sont posées sur les lèvres de Pindare et de Platon, dans leur berceau ?
Ouvrière de sa bourdonnante maison qu’est la ruche – joyeux atelier plutôt que sombre usine –, l’abeille travaille sans relâche, non seulement à la pérennité de l’espèce, mais encore à l’animation de tout l’univers, entre terre et ciel. Dans toutes les traditions, l’abeille symbolise le principe vital, l’activité, la productivité, l’éloquence, la poésie, l’intelligence ;… Suite

L’homme fou (1)

18/06/2015 | Commentaires (3)

Ancienne lanterne
Je vous propose, lors de nos prochaines séances, de nous plonger dans le paragraphe 125 du Gai savoir (La Gaya Scienza) de Friedrich Nietzsche ; paragraphe 125, intitulé « Der Tolle Mensch », « L’homme fou », dans lequel Nietzsche a pour la première fois l’intuition de ce qu’il thématisera par la suite par le vocable de « nihilisme ».
Un jour, dans la clarté du matin, un homme fou – fou non pas au sens où il est malade, où il a l’esprit dérangé, mais fou au sens où, simplement, il voit et sent les choses autrement que la plupart –, un jour, dans la clarté du matin, un homme fou de ce genre a allumé une lanterne, a couru sur la place du marché et s’est mis à crier inlassablement qu’il cherche Dieu ?
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« Je cherche Dieu ! Je cherche Dieu ! », criait-il partout. Mais, entouré qu’il était de gens qui ne croient pas en Dieu – qui, en effet, croit aujourd’hui encore en Dieu, en particulier sur la place… Suite

Comme un avion

16/06/2015 | Commentaires (3)

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Comme un avion
Comme un avion – sans ailes –, ça vous dit quelque chose ? Pas la chanson de Charlélie Couture, ou plutôt pas vraiment. Non, le dernier film de Bruno Podalydès, avec… Bruno Podalydès, Agnès Jaoui, Sandrine Kiberlain, Vimala Pons, Denis Podalydès, Pierre Arditi, et plein d’autres encore, ça vous dit quelque chose ? Et Venus, ça vous dit quelque chose ?
« Là un dard venimeux, là un socle trompeur, plus loin une souche à demi-trempée, dans un liquide saumâtre, plein de décoctions d’acide, qui vous rongerait les os. Et puis, l’inévitable clairière amie, vaste, accueillante, les fruits à portée de main. Et les délices divers, dissimulés dans les entrailles d’une canopée, plus haut que les nues.
Elle est née des caprices, elle est née des caprices : pommes d’or, pêches de diamant, pommes d’or, pêches de diamant ; des cerises qui rosissaient, ou grossissaient, lorsque deux doigts s’en emparaient; et leurs feuilles enveloppantes, la pluie et la rosée, la pluie et la rosée.
Toutes ces choses… Suite

Attaque des femmes

14/06/2015 | Commentaires (0)

déchiquètement
Attaque des femmes
Nous sommes toujours à Thèbes, devant le palais de Penthée, avec le roi et… Dionysos sous les traits de l’étranger. Tous deux écoutent attentivement le messager-berger en train de narrer ce qui se trame avec les femmes là-haut, dans les montagnes. Dionysos tout sourire, Penthée en même temps furax et curieux.
Et le messager-berger de raconter qu’en voyant les actions des femmes, tous les bouviers et bergers présents n’ont pas tardé à se rassembler pour faire le point de la situation ; et arriver à la conclusion que les bacchantes s’adonnent à des actes à la fois tout à fait terribles et mystérieux, étonnants. C’est alors qu’un homme différent d’eux s’est avancé : non pas un campagnard, mais un citadin, qui aime fréquenter la ville, les places publiques, et qui est par suite expert en discours.
Or ce dernier leur a proposé de les aider, eux les bergers et bouviers qui habitent les vénérables plateaux des montagnes ; plateaux sauvages, qu’il s’agit… Suite

Affaire de cloches

11/06/2015 | Commentaires (1)

Vaches à cloches
D : Eh, toi !
H : Qui ça, moi ?
D : Oui, toi ! Raconte-moi quelque chose !
*Affaire de cloches par Michysos
*
H : Eh bien ça tombe bien, je vais vous raconter le conflit que j’ai avec un voisin, paysan. Il faut dire que j’habite la campagne ; j’ai une maison, à la campagne.
Et puis j’habite à côté d’un paysan, qui a des vaches, et ces vaches ont des cloches. Et puis ces cloches, elles dérangent. Bon, pas moi directement, mais mes enfants, de 12 et 14 ans, ça les dérange pour préparer leurs examens.
J’ai discuté avec le paysan, et il ne veut rien faire. Donc, je vais lui intenter un procès, je crois.
*Paff, une claque !
*Un jeudi sur deux, Dionysos − dieu de la phusis − interpelle l’un d’entre nous, qui avons tendance à négliger et écraser les nuances et couleurs de la vie. En l’occurrence un cadre, père de deux enfants pas forcément heureux d’être à la campagne, qui veut intenter un… Suite

De l’homme supérieur (2/20)

07/06/2015 | Commentaires (0)

Man Ray - Des nuages dans les mains, 1937
 2 |
Deuxième partie du long prêche de sagesse tragique que Zarathoustra distille à ses hôtes, les hommes supérieurs, là-haut, dans sa caverne perchée dans les montagnes.
Zarathoustra rebondit sur la question apparue dans sa première leçon : celle de Dieu, du Bon Dieu comme garant de nos valeurs, de nos idées, dont notamment celle d’égalité entre les hommes. Zarathoustra reprend – pour mieux s’en démarquer – les propos de la plupart, qui affirme aveuglément : « Nous sommes tous égaux devant Dieu ».
« Devant Dieu ! », souffle-t-il ; mais ce Dieu, le Bon Dieu est désormais mort ! Il a perdu son efficace, comme guide des hommes ; ce sont aujourd’hui d’autres valeurs qui imprègnent le monde. Vous autres hommes supérieurs le savez mieux que personne : ce Dieu n’était-il pas votre plus grand danger ? Ne vous empêchait-il pas d’évoluer à votre guise ? De suivre votre bon sens, vos sensations profondes, votre musique intérieure à vous ? Ne vous emprisonnait-il pas dans son système de pensée et de valeurs idéalistes, optimistes, pessimistes,… Suite

Universel terrestre

04/06/2015 | Commentaires (1)

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Nous avons dévoilé la dernière fois que l’uniformisation qui a cours partout est le résultat d’un vieux fantasme idéaliste, techniciste, productiviste et universaliste, qui nous pousse à toujours vouloir faire correspondre – à moindre frais, pour le plus grand confort et la plus grande facilité possible – le monde ici et maintenant au monde idéal, tel qu’il nous apparaît dans notre pensée abstraite.
Aussi avons-nous tendance à confondre l’universel et l’uniforme : l’universel, de l’ordre de la pure raison logique ; et l’uniforme, de l’ordre de la simple productivité et efficacité économique. Si toutes les choses, des objets d’usage jusqu’aux idées, en passant par les désirs, les plaisirs et les craintes, ont tendance à devenir partout les mêmes, c’est qu’elles proviennent du même fantasme universaliste, qui provient lui-même de la même vision idéaliste née en Grèce, pour finalement s’imposer partout.
*Universel terrestre par Michysos
*
Vision du monde qui nous pousse à écraser la sensibilité en général au profit de la vue sensible et du logos :… Suite

Election FIFA

02/06/2015 | Commentaires (2)

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FIFA | 
J’adore regarder le sport à la télévision : football, tennis, basket, athlétisme, etc. Mais l’autre jour ça m’a moi-même surpris de me retrouver à regarder le Live Stream de l’élection de… Sepp Blatter à la tête de la FIFA. Alors même qu’on est en plein Roland-Garros et qu’il y aurait mille autre choses plus intéressantes à faire, je me suis retrouvé là à regarder en direct des gens en train de voter. Comme si l’événement était incontournable, comme une élection de président ou de pape.
*
FIFA 
Quelque chose me fait croire que nous sommes joliment téléguidés dans nos activités quotidiennes. Dès qu’on a du temps libre, dès qu’on se situe en dehors de nos obligations, professionnelles, familiales, voire amicales, s’il en est, on se retrouve volontiers scotchés devant notre téléviseur ; et ce de plus en plus pour regarder des manifestations sportives – pardon des events sportifs, comme on dit aujourd’hui. En ce moment, après le foot, tout le monde s’intéresse à Roland… Suite

De l’homme supérieur (1/20)

31/05/2015 | Commentaires (0)

Tous égaux
De l’homme supérieur 1 |
Suite à son retour à sa caverne, à son mot de bienvenue et à ladite Cène, là-haut, dans les montagnes, Zarathoustra s’est mis à prêcher sa sagesse tragique à ses hôtes, les hommes supérieurs en détresse, qui se sont arrachés de leur confort pour grimper dans les hauteurs et découvrir de nouvelles vérités capables de ressourcer notre monde aux abois.
Zarathoustra leur a distillé un long prêche, composé de 20 leçons, qui viennent, les unes après les autres, à la fois résumer ses enseignements précédents et favoriser l’apparition du… surhomme.
Voici comment Zarathoustra déploie sa première leçon, en commençant par rappeler comment les choses se sont passées lors de son premier retour auprès des hommes, après dix années de solitude dans la vie sauvage des hauteurs montagneuses.
Quand je suis revenu pour la première fois parmi les hommes, raconte-t-il, j’ai fait la folie du solitaire, la grande folie : j’ai pêché par naïveté. Comme la place du marché était noire… Suite

Après 2014, place à 2015, 2016, 2017…

26/05/2015 | Commentaires (0)

Calendrier 1
Je ne sais pas vous, mais moi, pendant un moment, un bon moment même – plusieurs années, au moins trois, quatre ans –, « 2014 » a été une référence dans ma vie. Oui, malgré moi, quand je faisais des projets, quand je pensais à mon avenir, je le faisais en pensant à… 2014.
Pourquoi ? Eh bien à cause de, ou grâce à « Zürich 2014 », l’année 2014 est devenue une année spéciale pour nous autres amoureux d’athlétisme – athlétisme du corps bien sûr, mais aussi athlétisme de l’esprit. Comme si, cette année-là, allait être un tournant dans notre vie, sinon un tournant dans la vie en général.
*
*
Et hop, mine de rien, nous voilà en… 2015 ! Qui l’eût cru ? Oui, c’est comme ça, 2014 est passé : « Zürich 2014 », les Championnats d’Europe à domicile, le fameux « ones-in-a-lifetime event », tout ça est derrière, tout ça fait désormais partie de l’histoire. Place à 2015, 2016, 2017, etc.
« Zürich 2014 »« Zürich 2014 » ? Bien sûr, on y était ! Sinon sur place,… Suite

Nietzsche und Dionysos

24/05/2015 | Commentaires (1)

Temple de Delphes

Mercredi 20 mai, nous avons eu l’occasion de donner une conférence (en allemand) sur « Nietzsche und Dionysos » devant un parterre de quelque quarante personnes dans le Hörsaal KOL-E-18 de l’Université de Zurich.
*
Titre complet de la conférence :
Nietzsche und DionysosEine post-metaphysische Lektüre
Annonce officielle (en version traduite) :
Dans l’œuvre d’ouverture de Friedrich Nietzsche, La naissance de la tragédie (1872), Dionysos et Apollon apparaissent dans un rapport ambigu : d’une part radicalement opposés, d’autre part inséparablement liés. Les divines figures de la Grèce ancienne se trouvent alors prisonnières du système dualiste de la métaphysique traditionnelle.
Après plus de dix ans d’absence, Dionysos réapparaît seul dans l’œuvre tardive de Nietzsche. Apollon en est devenu l’éminence grise. Nietzsche s’est libéré de la métaphysique.
Une lecture post-nietzschéenne et post-métaphysique montre dans quelle mesure Dionysos représente le noyau générateur de cette libération et rend possible une toute nouvelle manière, non binaire, de penser.
*
Le texte de la conférence (en allemand) est à lire ici.
 
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Vous aimez la montagne ?

21/05/2015 | Commentaires (3)

Panneaux jaunes

D : Eh, toi !
H : Qui ça, moi ?
D : Oui, toi ! Raconte-moi quelque chose !
*
*
H : Je ne sais pas vous, mais moi j’adore la montagne. Avec ma famille, on y va tout le temps, tous les week-ends, dès qu’on peut.
Bon, s’il faut le dire, il y a deux choses que j’aime particulièrement, dans la montagne. La première, c’est de planifier le cheminement pour arriver à des points de vus extraordinaires. Et puis la deuxième chose que j’aime bien, c’est qu’avec ma famille, on arrive toujours à aller beaucoup plus vite que ce qu’indiquent les panneaux indicateurs. Si un panneau indique par exemple… 1h30, pour arriver au point de vue, nous on arrive à le faire, généralement, en 1h, 1h05, comme ça.
*Paff, une claque !
*Un jeudi sur deux, Dionysos − dieu de la phusis − interpelle l’un d’entre nous, qui avons toujours tendance à négliger et écraser les nuances et couleurs de la vie. En l’occurrence un père de famille qui… Suite

Ah, c’est beau !

19/05/2015 | Commentaires (0)

Dents du midi

C’est beau |
Depuis que je suis tout petit mes parents m’ont emmené me promener à la montagne. J’aimais bien ça, mais très vite quelque chose a commencé à m’énerver : chaque fois qu’on arrivait quelque part, mon papa s’exclamait : « Ahhh, c’est beau ». Et je ne sais pas pourquoi, je trouvais ça très désagréable. Pas parce que ce n’était pas vraiment beau, moi aussi je voyais bien que c’était beau. Mais quelque chose m’énervait dans la façon dont mon papa le faisait remarquer.
*
C’est beau
Ah, ton papa, mon cher Bboul, semble être victime, comme de nombreuses (grandes) personnes, du syndrome – très occidental – de l’imposition et de l’universalisation tout azimut des idées traditionnelles.
Je parie qu’en plus de dire « Ah, c’est beau ! » à chaque point de vue qu’il rencontre, ou, mieux, à chaque point de vue où il vous emmène (et je ne serais pas étonné qu’il s’agit surtout des points de vue explicitement indiqués dans les guides), il dit aussi très… Suite

Ouverts, souples, tendus

17/05/2015 | Commentaires (0)

archers-Cattle
Le « moi » est une fiction qui n’a de cesse d’évoluer, de s’engendrer elle-même, de proliférer, de croître, de se renforcer, de se démultiplier. Ou alors de se ratatiner, se durcir, si notre éducation, notre environnement et finalement notre expérience nous a appris qu’il fallait se protéger, se replier sur soi-même. Tout l’enjeu de la vie est de rester ouvert, souple. Non pas mou – pas plus que rigide –, non pas crispé – pas plus que détendu –, mais tendu, comme la corde d’un arc, prêt à lancer ses flèches, ou comme un instrument de musique, prêt à faire résonner la vie.
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Dr. MietZsche absent

14/05/2015 | Commentaires (0)

MietZsche Fantasme
Pour des raisons indépendantes de sa bonne volonté, le Dr MietZsche ne peut nous gratifier de sa contribution philosophique sur PHUSIS.ch cette semaine.
Profitez de l’occasion pour revoir sa présentation de jeudi dernier, intitulée « Uniforme versus universel ». Il propose de ressourcer l’universel traditionnel « d’en haut » – de l’ordre de la pure idée suprasensible, métaphysique – par un universel d’« en bas », sensible, terrestre. Loin de conduire à l’uniformisation et standardisation « à l’occidentale » qui a cours partout, cette nouvelle entente de l’universel ouvre d’innombrables nouvelles possibilités communes d’existences, par-delà le fantasme (erroné) d’un monde parfait. La contribution se trouve ici.
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La grande Bellezza

12/05/2015 | Commentaires (3)

La grande Bellezza image
La grande Bellezza | 
J’ai vu que PHUSIS proposait pour ce mardi soir, dans ses « Traces phusiques à la TV », La grande Bellezza, film de 2013 réalisé par Paolo Sorrentino. Moi qui croyais que le cinéma italien était mort, je m’étonne ! Est-ce qu’il serait possible d’en savoir un petit peu plus ?
*
*
La grande Bellezza R
Non, même si la plupart des productions cinématographiques italiennes sont des navets et laissent craindre le pire pour la grande tradition du cinéma italien, bonne nouvelle, ce dernier n’est pas mort. Preuve en est La grande Bellezza de Paolo Sorrentino, qui passe ce soir, en fin de soirée, sur RTS un, ou qui existe bien entendu en DVD et se trouve aussi en livestream.
Vous verrez, La Grande Bellezza est un film étonnant, dans la veine des plus grands Italiens avec, en tête, Luchino Visconti en personne. Quelle esthétique, quelle sensibilité, quelle beauté, quelle sensualité et quelle bande originale incroyable ! Tout ça pour dire la situation formidable dans laquelle est… Suite

La Cène

10/05/2015 | Commentaires (0)

Klee Wander Artist
Zarathoustra – La Cène
Nous sommes toujours là-haut, dans les montagnes, dans la caverne de Zarathoustra, en compagnie des hommes supérieurs qui – on se le rappelle –, en quête d’air pur, de nouvelles valeurs, de nouvelles possibilités d’existence, ont quitté la plaine, la ville, leurs congénères et ont grimpé dans les hauteurs pour rejoindre Zarathoustra et suivre ses enseignements.
Ce dernier était en train de leur souhaiter la bienvenue quand, après avoir été emporté par un élan enthousiaste pour ses enfants, ses îles bienheureuses – autrement dit son idéal tragi-comique, l’affirmation absolue de la vie ici et maintenant dont seul le surhomme est capable –, Zarathoustra s’est soudain arrêté net dans son discours. Tout à coup, malgré lui, il a été assailli de de doutes, de désir nostalgique, de crainte que son idéal ne se réalise jamais.
Après un instant de silence, le vieux devin s’est alors mis à gesticuler et, comme quelqu’un qui n’a pas de temps à perdre, s’est pressé… Suite

STV Pendelstafette-SM

10/05/2015 | Commentaires (0)

STV Pendelstaffette 2015-3
Dimanche 10 mai a eu lieu à Freienbach (canton de Schwytz) la troisième édition des Championnats suisses de courses estafette des SFG, les ainsi nommés « STV Pendelstafette-SM ». Les deux premières ont eu lieu sur le Stade de la Schützenmatte de Bâle et étaient organisés par le TV Bottmingen.
Entre 9h et 16, quelque 120 équipes de plus de 30 clubs – record de participation pulvérisé – se sont battues, via des courses éliminatoires, des demi-finales et des finales, pour les titres suisses en jeu.
Les courses estafettes se disputent par équipe de six sur 60 m (jeunes) ou 80 m (élite) pour les courses sans témoin ; et par équipe de huit pour 2×40 m chacun pour les épreuves avec témoins. Avec beaucoup de monde et de drapeaux dans les gradins pour encourager les athlètes.
PHUSIS a épaulé le STV Pfäffikon-Freienbach – club organisateur cette année – pour animer la fête, dans une ambiance à la fois très familiale et très compétition. C’est le… Suite

Supériorité cérébrale ?

07/05/2015 | Commentaires (2)

arrogant
D : Eh, toi !
H : Qui ça, moi ?
D : Oui, toi ! Raconte-moi quelque chose !
*
*
H : Je ne sais pas vous, mais moi, jamais je n’ai rencontré de gens véritablement intelligents.
Pourtant je fréquente des milieux tout à fait… favorisé, si on peut dire : de haut niveau, des universitaires, des musiciens, des intellectuels de tout genre… Et jamais je n’ai rencontré de gens qui soient aussi intelligents que moi.
*Paff, une claque !
*Un jeudi sur deux, Dionysos − dieu de la phusis − interpelle l’un d’entre nous, qui avons tous tendance à négliger et écraser les nuances et couleurs de la vie. En l’occurrence en se considérant plus intelligent que les autres.
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Emotion marathon

05/05/2015 | Commentaires (1)

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Emotion marathon Q |
Dimanche, j’ai eu l’occasion d’être à l’arrivée du Genève Marathon, de l’ainsi nommé « Harmony Genève Marathon For Unicef ». Et j’y ai vécu quelque chose d’étonnant, pour ne pas dire d’étrange. Alors que, jusqu’ici, l’amateur de sport que je suis a l’impression de n’avoir vibré, frissonné et été vraiment ému que par les luttes des athlètes élite, de grand style, j’ai, dimanche, à maintes reprises eu des frissons et des larmes aux yeux en voyant et partageant l’émotion des coureurs populaires à l’arrivée. Des marathoniens pas beaux du tout, mais en extase, tout sourire, juste heureux d’être arrivés, d’avoir réussi, de retrouver leur famille, leurs gens, tout aussi heureux et émus qu’eux et que moi. Des moments d’une intensité et émotion rares, que j’aimerais bien mieux comprendre.
*
Emotion marathon RDepuis une vingtaine d’années, le marathon est devenu un véritable phénomène de société, aussi étonnant qu’étrange. Des millions de personnes s’engagent aujourd’hui dans l’épreuve mythique des 42,195 km, rejouant à… Suite

Un dieu artiste ?

03/05/2015 | Commentaires (0)

Femme-arbre
Pourquoi tout ça ? Quel sens donner à la vie ? En voyant les choses comme elles vont et viennent, en voyant les gens comme ils sont et comme ils vont et viennent, on peut bien se le demander. A quoi bon les cycles, les saisons, les aller et retour, les agitations, les faux-semblants ? A quoi bon la naissance, l’éclosion, la croissance, les multiples apparences – et la stagnation, le déclin et la mort ? Les scientifiques ont beau dire, ils n’y comprennent pas beaucoup plus que nous. Bien sûr, ils peuvent dévoiler et produire quantité de choses, mais au fond, quand il s’agit des questions de la vie, de la mort, de l’amour, ils ne savent que répondre. Mais quelles sont donc ces forces qui nous font vivre, qui nous prennent, nous traversent, comme elles font vivre, prennent et traversent tous les phénomènes du monde ? D’où viennent-elles ? Comment s’organisent-elles ? Où vont-elles ? Et si on… Suite

Genève Marathon

03/05/2015 | Commentaires (0)

Genève Marathon à la campagne
Le premier week-end de mai a eu lieu la 11e édition de l’ainsi nommé Harmony Genève Marathon for Unicef. PHUSIS était pour la première fois de la partie au micro.
D’abord samedi, pour la course La Genevoise (5 km), départ sur le Pont des Bergues, arrivée au Jardin Anglais, puis les courses juniors (5 à 1 km) entre le Jardin Anglais et le Parc des Eaux-Vives, puis le 10 km nocturne, entre Chêne-Bourg et le Jardin Anglais.
Ensuite dimanche, pour le semi-marathon et le marathon, tous deux partis à Chêne-Bourg et arrivés en grandes pompes sur le Pont du Mont-Blanc.
Quelque 16’000 coureurs étaient de la partie. Malgré la pluie, l’ambiance était au beau fixe. Avec des moments de rares émotions à l’arrivée du marathon. Merci à Monika, de nous avons donné la réplique en anglais. Et à Camille de nous avoir soutenu.
Lien vers le Genève Marathon
Lien vers le compte rendu d’ATHLE.ch

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Universel versus uniforme

30/04/2015 | Commentaires (0)

uniformisation
On a aujourd’hui tendance à confondre l’universel et l’uniforme. On considère spontanément comme universel ce qui est juste uniforme. Mais on se trompe grandement : ce n’est pas parce que les aéroports, les hôtels, les vitrines, les bars, les clés, les restaurants, les magasins, les meubles, les piscines, les lois, les magazines, les maisons, les opinions, les sports, les affiches de bonheur et de consommation sont partout les mêmes qu’ils sont pour autant universels.
Ce n’est pas parce qu’un livre, une série télévisée, un film, une musique, une manifestation sportive, culturelle, politique ou économique sont formidablement bien relayés par les médias du monde entier qu’ils sont pour autant universels. Bien que liés, l’universel et l’uniforme ne sont pas le même.
L’universel est un concept logique, relevant de la pure raison abstraite. Par définition, l’universel exprime ce qui est « tourné » vers l’Un (uni-versus) : ce qui aspire à l’Un, qui est traditionnellement l’idée stable et constante. Tournant du regard très occidental (platonico-chrétien) en direction de… Suite

Sauvegardons le point-virgule !

28/04/2015 | Commentaires (2)

point-virgule net
Point-virgule |
Le point-virgule, vous connaissez certainement. Vous savez ce point situé exactement au-dessus d’une virgule qu’on place à la fin d’une phrase, quand on veut marquer une pause, plus grande qu’une virgule, et moins forte qu’un point. Mais vous n’avez peut-être pas entendu que le point-virgule est en voie d’extinction. Comme l’albatros des Galapagos et le tigre de Sumatra, le point-virgule risque de disparaître de la surface de la terre, si on ne le sauvegarde pas…
*
Point-virgule RComme l’indique le trait d’union entre les deux termes du mot, le point-virgule est un entre-deux : il marque une pause, une suspension, une respiration, un souffle plus grand qu’une virgule, mais moins nette qu’un point. Une pause « de moyenne durée », comme l’indique Grevisse, dans Le bon usage, LA grande référence en matière de grammaire française (Bruxelles : De Boeck). Il nous apprend que le point-virgule a somme toute deux fonctions :
Tantôt, rappelle Grevisse, le point-virgule joue le rôle de virgule, pour séparer une suite d’éléments coordonnés, surtout… Suite

En avant la musique !

26/04/2015 | Commentaires (0)

Musique
Quand on parle de musique, on parle aujourd’hui de la musique. Ne serait-il pas plus juste de parler de musiques, avec un « s » ?
Ben oui, il y a des quantités de musiques dans le monde ! Il y a celle qui est diffusée par la radio et qu’on écoute d’une oreille. Celle, énervante, qui déborde des écouteurs de notre voisin, dans le train. Et qui n’a déjà pas grand-chose à voir avec la première. Et pas non plus avec celle qui nous trotte dans la tête, sans qu’on sache trop pourquoi. Ou celle que nous chantait notre maman, ou notre grand-maman, ou on ne sait plus vraiment qui, quand on était petit. Celle qu’on va écouter au concert. Celle qu’on a choisie pour accompagner un événement important. Celle qui signale le début d’une émission, ou qui annonce la publicité, qui indique le passage d’un train ou le cours, la messe sur le point de commencer. Celle qui traverse les murs des différents… Suite

20KM de Lausanne

25/04/2015 | Commentaires (0)

Challenge des 4kils
A l’occasion des 20KM de Lausanne, PHUSIS s’est engagé comme « spécialiste de course à pied » et rédacteur de communiqués de presse.
Dans le cadre de la fête de lancement d’ATHLE.ch − le nouveau site romand d’athlétisme et de course à pied né de l’enthousiasme de Guillaume Laurent −, PHUSIS a animé le « Challenge des 4 kils ».
Thomas Huwiler y a établi une nouvelle meilleure marque de tous les temps (11’59) sur la boucle de 4 km courue par les enfants autour du Parc Bourget.
La joie était de mise.

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Travail contre salaire ?

23/04/2015 | Commentaires (0)

Tous d
D : Eh, toi !
H : Qui ça, moi ?
D : Oui, toi ! Raconte-moi quelque chose !
*
*
H : Je ne sais pas vous, mais moi il y a un truc qui m’énerve, mais alors qui m’énerve au plus haut point, c’est de faire des efforts, de faire un travail, sérieusement, mais alors vraiment sérieusement, de m’engager, quoi, pour… rien.
Ouais, ça c’est un truc qui me rend complètement dingue. Si tu fais un effort, tu veux une récompense. Si tu fais un travail, tu veux un salaire. Si tu t’engages, tu veux une satisfaction.
Et si ce n’est pas le cas, ça t’énerve.
*Paff, une claque !
*Un jeudi sur deux, Dionysos − dieu de la phusis − interpelle l’un d’entre nous, qui avons tous tendance à négliger et écraser les nuances et couleurs de la vie. En l’occurrence en valorisant nos efforts non comme expérience, comme participation de quelque chose qui nous dépasse, mais pour obtenir une satisfaction, en fonction de l’idée de récompense.
Suite

Système de supporters

21/04/2015 | Commentaires (0)

LUC-Lugano
Tous supporters ? |
L’autre jour je suis allé voir un match de volleyball. Pas que je m’intéresse particulièrement au volleyball, mais l’équipe de ma ville était en finale et avait une chance de gagner le championnat suisse… Alors, du coup, c’était un peu The Place to Be et je me suis laissé entraîner.
J’ai d’abord eu du plaisir à découvrir ce sport, mais très vite, l’équipe que j’étais venu soutenir s’est mise à perdre, les gens autour de moi à s’agacer et même à devenir de mauvaise foi. Et moi tout d’un coup, je n’étais plus très à l’aise là au milieu.
*
Supporters R
Petite méditation sur les supporters – et d’une manière générale sur le sport comme exutoire de forces surabondantes (pour ne pas dire dionysiaques) qui pour sûr pourraient être utilisées à mille et une autre fins plus constructives que celle de nous transformer en brutes épaisses.
Quoi que nous fassions, on est toujours menacés d’être pris au piège d’un étonnant système qui cherche… Suite

Eléor – ville bienheureuse

19/04/2015 | Commentaires (1)

Eleor image du clip
Dominique A – Éléor
Quand de tout vous serez lassés, quand vous n’en pourrez plus de l’agitation de ce monde, qui court au plus pressé, vous n’aurez qu’un canal à traverser pour me rejoindre. Où ça ? A Eléor : ville de bord de mer, ville bienheureuse, rythmée par le va-et-vient des vagues.
Oui, avant de ne plus avoir de force, avant de ne plus avoir l’énergie de participer à tout ça, avant que la vie se défile, avant de gagner l’autre bord, celui de la mort, épuisés par tous les efforts, toutes les courses, tout ce jeu, tout ce vide, rejoignez-moi à Eléor !
Vous vous y retrouverez comme dans un rêve, dans une vieille maison, en face de la mer. Les vestes pendues aux patères. Et l’immuable bercement de la mer pour seul bréviaire. Traces blanches, au loin, sur la chaussée. Traces d’écume, au loin, sur l’océan. Fourmillement de mille pensées. Galeries d’écumes, de remous, de renflements, de naissances, de vie, de mort,… Suite

Repenser l’universel

16/04/2015 | Commentaires (2)

Labyrinthes
Quand on parle aujourd’hui d’universel, il s’agit d’un universel abstrait, d’origine métaphysique : l’universel comme idée en soi, préalablement donnée. Est universel ce qui se trouve partout, dans le monde entier, au même titre : par exemple la gravitation, la raison, les droits de l’homme, la science, la technique, etc.
Quiconque est allé à l’école n’est pas seulement formé à l’idéalisme, mais encore à l’universalisme : il possède une vision du monde standardisée par l’idée d’universel ; vision logico-rationnelle, pragmatique, valable a priori, de tout temps et pour tout un chacun. Quoi qui se joue, nous l’appréhendons à partir de cet universel, qui nous permet de le cerner et classer une fois pour toute en bonne et due forme.
Ce faisant, nous réduisons sans le savoir la complexité des phénomènes et des sensations à une peau de chagrin : nous aplatissons, stérilisons, standardisons la moindre de nos expériences. Nous négligeons les infinies nuances, richesses, ressources et connexions de toutes choses.
*
*
C’est ainsi que se joue la mondialisation, ou… Suite

Pensée ET songe

14/04/2015 | Commentaires (0)

gaston-bachelard Gilbert Pinna
Bachelard |
La philosophie traditionnelle s’occupe traditionnellement de l’homme qui pense, comme si l’homme trouvait toute sa substance, tout son être, dans la pensée. Il semble que la fonction dominante de la philosophie soit alors en quelque sorte de… repenser la pensée. Tout à sa fonction dominante de concentrer les lumières sur ce sommet de l’être qu’est la pensée, la philosophie oublie souvent qu’avant la pensée il y a le songe, qu’avant les idées claires et stables, il y a les images qui brillent et qui passent.
Pris dans son intégralité, l’homme est un être qui non seulement pense, mais qui d’abord imagine. Un être qui, éveillé, est assailli par un monde d’images précises ; et qui, endormi, rêve dans une pénombre où se meuvent des formes inachevées, des formes qui se déplacent sans lois, des formes qui se déforment sans fin.
Pour une détermination complète de l’être humain, il faut donc faire le total d’un être nocturne et d’un être diurne. Il faut… Suite

Etel Adnan : tout est création

12/04/2015 | Commentaires (0)

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Dans l’émission HORS-CHAMPS du 10 avril sur France Culture, Laure Adler s’est entretenue avec Etel Adnan, artiste américano-libanaise touche-à-tout. Née en 1925 à Beyrouth, elle a vécu près d’un demi-siècle en Californie, avant de s’installer à Paris. Elle peint, compose et écrit en français, en anglais et en arabe.
Elle parle de la vie comme création, comme continuum de créations.
Après audition d’une archive INA où Gaston Bachelard parle de l’oubli par la philosophie de la nuit, du songe, de l’imagination au profit de la pensée claire et distincte du jour, Laure Adler interroge Etel Adnan à propos de l’importance pour elle du songe comme territoire de création.
Etel Adnan avec Laure Adler
Laure Adler : Est-ce que vous, vous faites appel à vos rêves, à ce qui peut se passer à votre insu ?
Etel Adnan : Oui, à mon insu, peut-être… Mais moi je crois que tout est création. La vie est création. On appelle ça penser, parce que c’est plus ciblé que la communication, quand… Suite

Coupe suisse 2015

12/04/2015 | Commentaires (0)

topelement
Samedi 11 avril, PHUSIS a contribué à la réussite de la journée de finales de Coupe suisse 2015 de basket à la Hall St-Léonard à Fribourg.
Quatre matchs étaient au programme dans la grande salle fribourgeoise. Devant quelque 2400 spectateurs (pour ce qui est de la dernière rencontre), les joueurs ont tout donné pour remporter les titres. Dans un ambiance de feu, que seule permet cet événement de basket unique en suisse.
La Finale de Coupe féminine a vu Hélios VS Basket l’emporter de justesse, alors que les Lugano Tigers ont dominé de la tête et des épaules la finale msculine.
Lien vers la Fédération suisse de basketball www.swissbasket.ch
 
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Apathie

09/04/2015 | Commentaires (0)

apathie

D : Eh, toi !
H : …
D : Oui, toi ! Raconte-moi quelque chose !
*Apathie par Michysos
*
H : …
Le personnage ne répond pas. Il est apathique. Il se contente de regarder droit devant lui. Un moment, il semble entendre le rire et se demander ce qui se passe. Avant de laisser tomber et de retourner dans son apathie. 
*Paff, une claque !
*
Un jeudi sur deux, Dionysos − dieu de la phusis − interpelle l’un d’entre nous, qui avons tous tendance à négliger et écraser les nuances et couleurs de la vie.
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Top Chef

07/04/2015 | Commentaires (3)

Top Chef Net

Top Chef Q
« Top Chef », vous connaissez ? Vous savez, c’est cette émission de cuisine de M6, diffusée sur plusieurs mois d’affilée, le soir, une fois par semaine. Au début, il y a de nombreux candidats qui s’affrontent dans une cuisine, ou dans une cuisine sur un train, ou dans une cuisine en plein air, avec des aliments donnés, des plats obligés. Et, au fil des semaines, les candidats se font éliminer jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un : le vainqueur, le top du top des chefs.
Eh bien moi, « Top Chef », ça m’énerve. Parce que j’ai l’impression que tout est mis en scène : que tout y est téléguidé, trop bien, trop beau, trop drôle, trop pathétique, comme déterminé par avance, bref que tout y est… faux.
*
Top Chef R
Ah, ma chère Ariane, je te reconnais bien. Toi, ce que tu aimes, c’est la réalité : la vraie vie ici et maintenant, avec ses mystères, ses zones d’ombre, sa complexité, son côté labyrinthique. Et non… Suite

Récit du messager

05/04/2015 | Commentaires (0)

Bacchants

R Bacchantes 677-713Alors que Dionysos, sous les traits de l’étranger, converse tout sourire avec le furax Penthée devant son palais à Thèbes, un messager, berger des montagnes, arrive en hâte du Cithéron pour raconter ce qu’il y a vu à propos des femmes de la cité. Connaissant la susceptibilité et la violence du roi, le pâtre commence sur la pointe des pieds, tant son récit est incroyable. Mais, curieux, Penthée lui promet de ne pas le punir, quoi qu’il dise.
Et le messager de raconter que, tôt le matin, alors qu’il venait de conduire son troupeau de jeunes bêtes à cornes du côté des rochers, alors que les rayons du soleil commençaient à chauffer le sol, il est tombé sur trois groupes de femmes, reconnus comme autant de thiases bachiques. Trois groupes de bacchantes emmenés par les trois dames les plus importantes de la cité : Autonoé et Ino, les tantes du roi, et Agavé, sa mère ! D’abord, toutes dormaient encore, le… Suite

Pragmatisme et idéalisme

02/04/2015 | Commentaires (3)

Idealism-pragmatism
La tradition n’a pas seulement fait de nous des indécrottables « optimistes théoriques », convaincus que l’intelligence et la connaissance rationnelle est la clé de tout, elle nous rend paradoxalement en même temps de plus en plus pragmatiques. Oui, nous devenons à la fois toujours plus cérébraux, plus théoriques et plus matérialistes, plus pragmatiques. Cela toujours en étant assoiffés de progrès, de bonté, de beauté et de vérité – et menacés de sombrer dans le pessimisme et la dépression.
Pris que nous sommes aujourd’hui dans la vision anglo-américaine du monde – vision chosiste, positiviste, pragmatique –, nous sommes, bien malgré nous, amenés à être de plus en plus matérialistes : pour ne nous occuper que des simples faits (ta pragmata, en grec ancien) tels qu’ils se montrent à nous.
Loin de nous intéresser à ce qui gronde au fond des phénomènes, aux mystères cachés des mille et une choses excitantes et inquiétantes que nous vivons, ressentons et accomplissons, nous nous occupons, tels des automates, de… Suite

Big Eyes

31/03/2015 | Commentaires (1)

Big Eyes net
Big Eyes QLa critique n’a pas aimé Big Eyes, le dernier film de Tim Burton (USA), qui rejoue la scandaleuse histoire vraie de l’une des plus grandes impostures de l’histoire de l’art.
Ça se passe entre la fin des années 50 et le début des années 60. Le peintre Walter Keane (l’agité Christoph Waltz) connaît un succès phénoménal et révolutionne le commerce de l’art grâce à ses énigmatiques tableaux qui représentent des enfants tristes, avec des yeux immenses. Mais voilà que la vérité éclate au grand jour : ce n’est pas Walter Keane qui peint ses toiles, mais… sa femme, Margaret (la docile Amy Adams).
La critique est unanime : Big Eyes est en même temps trop académique, léché et superficiel, mais encore déséquilibré et ambigu. Trop simple et trop compliqué à la fois. Donc on y comprend rien : ni au mystère de la création, ni aux grands yeux, ni au succès des tableaux, ni au personnage de Margaret. Pourquoi ?
Parce… Suite

La bienvenue

29/03/2015 | Commentaires (0)

Gottardo Segantini
Z La bienvenue
Tard dans l’après-midi, après avoir longtemps erré en vain dans les montagnes, à la recherche de l’homme supérieur dont il entendait au loin l’appel au secours, Zarathoustra est revenu chez lui, vers sa caverne. Mais quand il s’est trouvé devant elle, à moins de vingt pas, il est arrivé ce à quoi il s’attendait le moins : il a de nouveau entendu l’inquiétant cri de détresse.
Quel étonnement : le cri venait cette fois de l’intérieur de sa propre caverne. C’était un long cri, multiple, étrange. Très vite, Zarathoustra a distingué qu’il était composé de beaucoup de voix ; bien qu’à l’entendre de loin il résonnait comme le cri d’une seule bouche. Plusieurs hommes appelaient, ensemble, au secours. D’une seule et même voix, plusieurs hommes manifestaient, ensemble, leur souffrance, leur détresse.
Zarathoustra a alors bondi vers sa caverne. Et quel spectacle ne l’attendait pas après ce concert ! Ils étaient tous assis là, ensemble, côte à côte, tous les hommes qu’il avait croisés la… Suite

Attention aux virus

26/03/2015 | Commentaires (0)

Masque d
D :
Eh, toi !
F :
Qui ça, moi ?
D :
Oui, toi ! Raconte-moi quelque chose !
*
*
F : Vous voulez que je vous raconte quelque chose ? Eh bien je vais vous raconter ce que je raconte à tout le monde depuis lundi dernier, où je suis allée à l’hôpital, avec une amie, qui avait mal au genou.
Eh bien à l’entrée de l’hôpital, ils ont très bien fait ça : ils ont indiqué sur des grands panneaux qu’il fallait faire très attention aux virus, qu’il fallait se faire vacciner contre la grippe et qu’il fallait porter de masque.
Oui, moi je trouve ça très intelligent, parce qu’avec la surpopulation, le mixage des cultures, tous les virus, toutes les maladies, le H3N2, le RSV et tous les autres, on ne fait jamais assez attention.
Alors voilà, moi, depuis lundi – grâce à mon amie, indirectement, qui va très bien, d’ailleurs, elle a juste mal au genou –, eh bien je porte toujours le masque quand je parle à quelqu’un.
*
Paff, une claque !
*
Un jeudi sur… Suite

Qu’est-ce qu’on cherche, au juste ?

24/03/2015 | Commentaires (0)

Richard III
On cherche quoi QEn lisant les journaux de ces derniers jours, j’ai appris que les Espagnols ont découvert la tombe, le cercueil et les ossements de Miguel de Cervantès – connu de tous, au moins comme nom accompagnant Don Quichotte, son cheval, son épée et son serviteur Sancho Panza sur les chemins de l’Espagne. Les Anglais, eux, ont retrouvé où Richard III repose, vous savez, le roi noirci par Shakespeare dans sa pièce homonyme, à propos duquel il est non seulement question d’un cheval, mais aussi d’un royaume. Et quelque chose me dit qu’on est déjà sur les traces de l’arbalète de Guillaume Tell.
Tout ça est « sensationnel », comme disent les journalistes. Sauf que… tout ne peut évidemment pas être prouvé à 100%, que certains points restent obscurs. Alors on cherche et cherche encore, toujours plus. Mais… on cherche quoi, à la fin ?
*
On cherche quoi RAh ma chère Ariane, tu me demandes ce qu’on cherche en exhumant, décortiquant et analysant les… Suite

Eclipse de soleil

22/03/2015 | Commentaires (0)

TINTIN
L’éclipse de soleil ? Tout bon lecteur de Tintin connaît le phénomène. Oui, c’est grâce à une éclipse de soleil, ou plutôt grâce à la lecture d’un bout de journal annonçant une éclipse de soleil, que le jeune et brillant journaliste Tintin arrive à sauver sa tête ainsi que celle de ses inséparables compagnons.
On se le rappelle : Tintin, le Capitaine Haddock et le Professeur Tournesol – sans parler de Milou, toujours en train de frétiller de la queue à côté de son maître – se trouvent dans une situation des plus périlleuses, sur un bûcher, au fin-fond du Pérou, à la merci d’exotiques incas sur le point de les sacrifier à leur dieu Soleil. Et voilà que, au moment M, exactement au moment M, le malin Tintin, sur le bûcher, alors que tout semble perdu, s’adresse au soleil et lui demande de se manifester en sa faveur. Et voilà que le soleil s’assombrit et que la nuit tombe. En plein jour…. Suite

Question fondamentale de la philo

19/03/2015 | Commentaires (6)

Quid est
Vous voulez savoir pourquoi nous sommes tous des indécrottables théoriciens optimistes ? Pourquoi, dans tout ce que nous vivons, dans tout ce que nous faisons, dans tout ce que nous pensons, nous sommes toujours rivés sur nos idées ? Toujours en train de faire des projets ? Toujours en train de réduire la foisonnante complexité de la vie, des phénomènes, des sensations à des idées et concepts fixes ? Et pourquoi nous risquons toujours de tomber dans le contraire de l’optimisme, à savoir dans le pessimisme, tant la réalité s’avère ne pas correspondre à nos idées ?
Vous voulez savoir ? Eh bien je vais vous le dire, c’est somme toute à cause de… Platon, le premier philosophe proprement dit de notre tradition. Premier philosophe qui a eu un rôle formidable sur le cours de l’histoire, jusqu’à nos jours, où son influence continue à travailler, et même de plus belle, de manière larvée, et même si on ne veut pas le dire…
*
*
Voici comment les choses se sont… Suite

L’arc et la lyre

17/03/2015 | Commentaires (1)

arc et lyre
Arc et lyre QEn me baladant sur le site, je pense souvent à une phrase d’un très vieil ami grec, originaire d’Ephèse, du nom d’Héraclite – Héraclite l’Obscur, comme certains disent, tant ce qu’il raconte va à l’encontre de la pensée courante, qui aime la clarté et la précision. Voici ce qu’il dit :
« Ils ne comprennent pas comme ce qui est différent est homologue à soi-même : accord de tension inverse comme dans l’arc et la lyre / οὐ ξυνιᾶσιν ὅκως διαφερόμενον ἑωυτῶι ὁμολογέει• παλίντροπος ἁρμονίη ὅκωσπερ τόξου καὶ λύρης. » (Fgt. 51).
Cette phrase, on raconte qu’Héraclite l’a proférée après avoir parlé à des hommes sages et à d’autres pas sages. Les premiers, vous savez, curieux, à l’écoute de ce qui se passe, du monde, de la vie, de leurs mystères. Et les autres au contraire repliés sur eux-mêmes : secs, fermés, sans écoute pour les choses, si ce n’est pour leur petite raison et personne, sans intelligence de vie.
Or… Suite

Tension

15/03/2015 | Commentaires (3)

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Tout, dans la vie, est affaire de tension, de gestion des tensions. A l’interne comme à l’externe. Tension des cellules. Tension des muscles. Tensions au sein des organes, des organismes. Au sein d’un couple, des groupes humains, des cultures.
La tension, c’est la vie. L’absence de tension, la mort.
Bien sûr, la tension peut aller dans le sens de la crispation, de l’énervement, du stress. Mais si la tension diminue, il ne se passe plus grand-chose, voilà que règnent l’ennui et la mort. S’il n’y a plus d’interaction, de tiraillement, tout se relâche, devient mou, se ratatine, et finit par disparaître. Si ça tire et tend trop fort, ça se met à coincer, ça devient raide, se bloque, jusqu’à la rupture et à l’éclatement. Comme la corde d’un arc, comme un ressort.
Il en est ainsi de tout phénomène vivant : la moindre cellule, le moindre muscle, le moindre organe, le moindre organisme est toujours marqué par quantité de tensions. Toujours contraint par des… Suite

Fast and easy english learning

12/03/2015 | Commentaires (2)

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D :
Eh, toi !
H :
Qui ça, moi ?
D :
Oui, toi ! Raconte-moi quelque chose !
*
*
H :
Vous aimez voyager mais n’arrivez pas à communiquer comme vous le voudriez avec les gens que vous rencontrez ?
Eh bien, bonne nouvelle, il existe une nouvelle méthode d’anglais, tout à fait révolutionnaire, qui s’appelle Fast and easy english learning, qui vous permet de vous en sortir très bien dans le monde entier.
Fast and easy english learning, c’est une nouvelle méthode révolutionnaire, qui vous donne l’occasion, en quatre leçons de 15 minutes seulement, d’apprendre les 25 formules indispensables vous permettant de partager ce que vous avez à partager avec les gens sur tout le tour de la planète.
Et ceci avec pour avantage que vous n’avez besoin d’aucun bagage préalable et que ça ne nécessite aucune sensibilité particulière.
Donc ça s’appelle Fast and easy english learning : une méthode comme ça !
*
Paff, une claque !
*
Un jeudi sur deux, Dionysos − dieu de la phusis − interpelle l’un d’entre nous, qui avons tous tendance à négliger et écraser les nuances et… Suite

L’anglais : langue véhiculaire

10/03/2015 | Commentaires (0)

Langue véhic
L’anglais QMoi, ce week-end, je suis allée visiter un pays dont les habitants parlent une langue très différente de la mienne, langue que je ne comprends pas. Je ne me faisais pas de souci pour autant. Aujourd’hui, avec l’anglais, on se débrouille partout ; tout le monde peut se parler et se comprendre. Sauf que – je ne sais pas si cela vous est déjà arrivé, mais en tout cas, pour moi, ce week-end, ça a été comme ça – l’anglais ne m’a pas vraiment aidé. Pour commander une bière et trouver les toilettes, oui. Mais pas pour partager les mille et une choses que nous avions pour sûr à nous raconter.
*
L’anglais RAh ma chère Ariane, je te reconnais bien : où que tu sois, tu veux toujours partager mille et une choses. Impossible de te contenter de simples frôlements ou autres regards. Les échanges factuels, superficiels, ambigus, tout comme le baragouinage utilitaire ne te suffisent en aucune façon. Tu en veux… Suite

Lutte vers l’excellence

08/03/2015 | Commentaires (0)

Lutter c
Qu’importe qu’on fasse de la course ou tout autre chose, si on est athlète, on est toujours en lutte vers l’excellence. Avec et contre le chrono. Avec et contre soi-même. Pour connaître et dépasser ses limites. Exemple de Lea Sprunger (400 m) aux CE indoor à Prague (CZE).
Se préparer pour le jour J. Tout un automne. Et tout un hiver. Enchaîner les entraînements, jour après jour, semaine après semaine. En Suisse et à l’étranger. Travailler sa force, sa vitesse, sa résistance, son endurance. Toujours et encore. Sans compter les massages, la physio. Sans négliger la nourriture, la récupération et mille autres choses insoupçonnées. Faire attention à tout. Pour faire tout juste. Sans arrêt.
Puis voilà que la saison commence, enfin. Et ce n’est pas qu’une partie de plaisir : enchaîner les courses, en plus des entraînements. Compétitions de préparation, en essayant différentes choses. Là aussi pour apprendre à faire tout juste. Y compris aux Championnats nationaux, qui sont le grand but de… Suite

Sagesse tragique

05/03/2015 | Commentaires (2)

folie
Eduqués que nous sommes depuis notre plus tendre enfance à l’optimisme théorique, nous ne pouvons faire autrement que croire que la théorie – la connaissance abstraite de la vérité – permet d’atteindre l’optimum, le bien suprême. Nous sommes convaincus, non seulement qu’il existe pour toute chose une explication logique, rationnelle et morale, mais encore que, grâce aux progrès de la science et de la technique – qui reposent sur la connaissance théorique –, l’humanité toute entière est en voie de baigner dans le bonheur perpétuel.
Sur le plan personnel, nous passons automatiquement ce que nous vivons au crible de la raison. Tout ce qui nous arrive est machinalement abstrait du sensible, puis trié, stabilisé, cerné et rangé dans nos structures et catégories théoriques. Qu’importe la sensation, l’image, la personne, l’événement, la relation, le désir, la peur, nous nous en faisons une idée, qui se fixe et durcit dans notre pensée.
*
*
Ainsi sommes-nous tributaires de tout un monde d’idées ; monde d’idées abstraites, théorique,… Suite

Beaux métiers

03/03/2015 | Commentaires (3)

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Beaux metiers QL’autre jour au Café, j’ai entendu une dame s’exclamer : « Ah quel beau métier ! » Et je me suis demandé : y-a-t-il des beaux métiers et des pas beaux métiers ? Peut-on trouver sa place dans ce monde quoi que l’on choisisse de faire ? Peut-on exercer un « beau métier » et participer à la bonne marche du monde peu importe que l’on soit médecin, enseignant, prof d’auto-école, boulanger, notaire, journaliste, secrétaire ou encore agent immobilier, courtier en assurances ou chasseur de têtes ?
*
Beaux metiers RAh, réponse facile ! Aux trois questions, je réponds « oui » : « oui » à la première, « oui » à la deuxième, et encore une fois « oui » à la troisième ! Allez qu’on se le dise : vive la phusis et à bientôt !
Ou est-ce que les choses sont plus compliquées que ça ? Est-ce qu’on peut vraiment répondre comme ça, juste par « oui », ou par « non », aux vraies questions, non seulement matérielles et objectives ? Non, pour les choses de la vie, l’opposition « oui-non », ne marche tout simplement pas…. Suite

10 km de Payerne

01/03/2015 | Commentaires (0)

10 km Payerne 2015
Dimanche 1er mars, près de 900 athlètes étaient au départ de la 7e édition des 10 km de Payerne, première grande course de reprise après l’hiver sur le bitume. La victoire au scratch est revenue au Marocain Mohamed Boulama et à la Valaisanne Laura Hrebec.
La météo était incertaine à l’approche de l’épreuve : la pluie et le vent balayaient Payerne. Mais, bonne nouvelle : à 9h55, à cinq minutes de la première course enfants, une heure avant l’épreuve reine, le soleil a percé les nuages. Et la bruine s’est estompée. Juste ce qu’il fallait pour faire de la 7e édition une réussite. L’ambiance, elle, à Payerne, est de toute façon toujours bonne.
PHUSIS Animations était de la partie au micro pour entourer les coureurs et les spectateurs et participer au bon déroulement, bon enfant et jovial, de l’épreuve.
Lien vers l’organisateur

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Être un écho

01/03/2015 | Commentaires (1)

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Comment faire goûter comme éternelle la nature en perpétuel mouvement ? Telle est la question du grand peintre. Réponse de Cézanne : en rassemblant, reflétant, touche par touche, ce qui se donne ; en projetant et fixant, dans un même élan, ce qui s’éparpille, se disperse. Dans un même mouvement, une même foi, celle de la vie artistique, en même temps humaine et divine.
Pas la moindre maille doit être trop lâche, pas le moindre trou ne doit exister, par où l’émotion, la lumière, la densité, la vérité pourrait s’échapper. Et, dans le processus de révélation et de production, il est important de ne jamais faire intervenir la volonté, la pensée, la raison. Pourquoi ? Pour ne pas y laisser entrer sa petitesse.
L’artiste n’est qu’un réceptacle de sensations, un appareil enregistreur, fragile, compliqué. Sa seule tâche est de traduire, de transmettre, d’être un écho parfait. C’est vrai pour le peintre, et c’est vrai pour tout être humain.
Visualisons :CeZanne-Gasquet
Devant nous, au soleil virgilien, la montagne Sainte-Victoire, immense,… Suite

Amour parfait

26/02/2015 | Commentaires (3)

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D :
Eh, toi !
H :
Qui ça, moi ?
D :
Oui, toi ! Raconte-moi quelque chose !

H :
Bonjour, je m’appelle Charles-Henri. Je suis super content, parce que je suis sur le point de ne plus être célibataire. Je viens de rencontrer une femme exceptionnelle sur internet. Quasi parfaite.
On a les mêmes hobbies, les mêmes intérêts, et elle correspond physiquement à 95% de mon idéal.
Alors on va se voir bientôt. Et je pense que c’est une histoire qui va marcher. Moi mon rêve, ça serait d’avoir deux enfants et de pouvoir construire avec elle une petite maisonnette…
Paff, une claque !
*
Un jeudi sur deux, Dionysos − dieu de la phusis − interpelle l’un d’entre nous, qui avons tous tendance à négliger et écraser les nuances et couleurs de la vie.
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Comment traduire ?

24/02/2015 | Commentaires (1)

Dialogue
Comment traduire QJe passe une grande partie de mon temps à traduire des textes, d’une langue à une autre et à une autre encore. A chaque fois, je dois me rendre à l’évidence que les termes les plus intéressants, les termes les plus riches, ceux qui ne sont pas juste factuels, sont toujours extrêmement difficiles à traduire. Parce que chacun fait partie d’une culture, d’une famille, avec son histoire, ses emplois. Mais, comme on ne peut pas les laisser tel quel, comment faire pour les faire résonner au mieux, sans trop les déformer ?
*
Comment traduire RComment traduire les mots qui dépassent la seule dimension pragmatique du langage ? Comment faire entendre l’arrière-fond des choses ? L’esprit qui les sous-tend ? Comment exprimer le fonds d’évidence dont la vie émerge ?
On a beau essayer de nous faire croire le contraire, on le sent bien : les mots n’ont pas qu’une dimension utilitaire, ne sont pas de simples outils d’information et de communication. Oui, loin de seulement déterminer,… Suite

Le monde, moi

22/02/2015 | Commentaires (0)

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Tout, ou presque, aujourd’hui, nous pousse à être centrés sur nous-mêmes. Ou plutôt sur l’image, l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes. Et sur les possibilités qui s’ouvrent à nous à partir de cette image ou idée.
Ce qui nous entoure nous apparaît volontiers comme un étalage d’objets potentiellement à notre disposition : des objets d’usage, de manipulation et de consommation, présents pour une possible acquisition et satisfaction. Sauf s’ils se trouvent liés à un interdit ou à un tabou, ou s’ils impliquent un coût trop élevé ; auquel cas nous y renonçons.
Occupés que nous sommes à consolider notre image et nos idées et à découvrir ce qui pourrait nous satisfaire, nous permettre d’augmenter notre puissance, nous ne cherchons pas tant à expérimenter notre existence, à nous connaître, nous dévoiler, nous reconnaître dans la vie, les autres et le monde, qu’à nous montrer forts, nous rassurer et nous faire plaisir. Loin de nous ouvrir à ce qui nous entoure, de partager ce qui… Suite

Pessimisme pratique

19/02/2015 | Commentaires (3)


Suite à Platon, au platonisme et ensuite au christianisme, nous sommes tous des optimistes théoriques. Nous sommes tous éduqués à chercher dans l’abstraction théorique le bien suprême. A chaque fois que nous nous mettons à penser, à réfléchir, tout un mécanisme optimiste théorique se met en marche dans notre esprit.
Toujours, nous avons en vue, dans notre tête, un monde idéal : monde sans défaut ni faille, de toute plénitude, à partir duquel nous jaugeons, jugeons et organisons les phénomènes du monde ici et maintenant. Quoi qu’il arrive, nous théorisons la réalité ; nous faisons abstraction des éléments sensibles et traitons les résultats au niveau intelligible.
*Pessimisme pratique par Michysos
*
Manière de faire qui, de fil en aiguille, si notre pensée est cohérente, si notre pensée est rigoureuse, nous conduit à croire à une explication logique et rationnelle et morale de toute chose. Nous amène à croire que la connaissance abstraite de la vérité – la théorie, le savoir, la connaissance, la science, la technique… Suite

Saint-Valentin

17/02/2015 | Commentaires (0)

images
Saint-Valentin QSamedi, c’était le 14 février, jour de la Saint-Valentin. L’occasion pour moi de pouvoir célébrer et prouver à ma copine tout l’amour que je lui porte. Cependant, l’année passée, nous nous étions alors interrogés sur la signification et l’utilité de cette fête. Peut-être pourriez-vous nous éclairer. Déjà pourquoi devons-nous fêter les amoureux le 14 février ?
*
Saint-Valentin RAh, l’amour ! Si je peux me permettre de commencer par quelques commentaires, je dirais d’abord que c’est une grande chance de pouvoir célébrer et prouver son amour. Si possible évidemment pas seulement avec des cœurs en chocolats et des roses rouges. Ensuite que c’est une belle chance aussi de pouvoir partager ses interrogations avec la personne qu’on aime. D’autant plus sur les questions liées à l’amour, justement. Même si ce n’est visiblement pas le cas chaque année pour tout le monde…
La question est donc de savoir quelle est la signification et l’utilité de la Saint-Valentin. Pourquoi doit-on fêter l’amour le 14 février ? Et quel… Suite

Silly Games

15/02/2015 | Commentaires (1)

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Janet Kay ~ Silly GamesHistoire d’amour. D’amour tragique. Jeu de cache-cache. En tension avec l’amour romantique, les idées. Jeu de cache-cache qui dure depuis longtemps, très longtemps. Trop longtemps ?
Voilà bien longtemps qu’elle l’aime, qu’elle veut être avec lui, tout près. Et même plus : qu’elle le veut, qu’elle veut le posséder, lui, tout entier. Tellement qu’elle en est possédée, qu’elle en est folle.
Folie qui est en même temps une honte : folie et honte que de toujours chercher l’autre, et de toujours être si loin l’un de l’autre. Folie et honte que de s’être laissé prendre au jeu, de s’être laissé piquer comme ça par l’aiguillon d’Eros.
A chaque fois qu’elle entend son nom, elle est prise de douleur. Oui, la seule entente de son nom la blesse, à l’intérieur. Pourquoi ? Parce que ça ne joue pas comme elle voudrait. Parce que la réalité n’est pas comme elle le désire. Parce qu’elle n’est pas conforme à son idée. Parce qu’à chaque fois qu’ils… Suite

Amendes d’ordre

12/02/2015 | Commentaires (0)

Contravention
D :
Eh, toi !
F :
Qui ça, moi ?
D :
Oui, toi ! Raconte-moi quelque chose !

F :
Bonjour, Louise Rochat, pour vous dire que vous ne pouvez pas vous imaginer combien il y a d’automobilistes qui ne respectent pas les règles élémentaires de stationnement en ville. Tant en zone bleue qu’en zone blanche à durée limitée.
Je sais de quoi je parle puisque voilà 12 ans que je m’engage comme assistante de sécurité publique à l’office du stationnement de la Police de Lausanne et que je remporte presque toujours la prime versée chaque semaine à l’assistante qui a distribué le plus d’amandes d’ordre.
Paff, une claque !
*
Un jeudi sur deux, Dionysos − dieu de la phusis − interpelle l’un d’entre nous, qui avons tous tendance à négliger et écraser les nuances et couleurs de la vie.
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Championnats du monde de ski… alpin

10/02/2015 | Commentaires (0)

Ski alpin
Ski alpin QCes derniers jours, je n’ai pas manqué de regarder la télévision, de tenir les pouces à Lara Gut, de trinquer avec Patrick Küng, de me moquer, un peu, gentiment, de Didier Défago et de quelques autres. Ben oui, ces jours, il y a les Championnats du monde de ski à Vail /Beaver Creek, en Amérique. Ou, comme le disent les journalistes, pour le coup plus exacts que moi, les Championnats du monde de ski alpin. Mais… des Championnats du monde de ski alpin ? Il n’y a pas là quelque chose qui cloche ?
*
Ski alpin R2Ah ma chère Ariane, je reconnais tes petites oreilles. Oui, il y a quelque chose qui cloche dans le fait qu’il y ait des Championnats du monde de ski… alpin qui se déroulent aux Etats-Unis. Comme il y aurait quelque chose qui cloche si les Championnats du monde de ski… alpin avaient lieu dans les Pyrénées, dans les Andes, dans l’Himalaya, les Rocheuses, ou je… Suite

Polythéisme, monothéisme et universalisme

08/02/2015 | Commentaires (0)

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Contrairement à notre monde empreint d’athéisme, la Grèce ancienne est résolument polythéiste. Loin de notre vision pragmatique des choses, de nos structures, processus et autres systèmes rationnels de pensée, c’est, chez les Grecs, toute une série de divinités qui se charge des multiples domaines et tâches de la vie.
Si chaque dieu est caractérisé par un certain nombre de qualités, d’attributs et de capacités propres, qui sont autant de possibilités et d’expressions de l’existence, tous forment à la fois un ensemble exemplaire, fait de recoupement et de résonnances multiples. Les dieux composent une grande famille, à la fois sérieuse et joyeuse, qui évolue et se modifie au gré du temps, des besoins et des sensibilités de chacun, avec pour enjeu d’éduquer et de guider les hommes dans leur existence. Aussi diverses qu’elles soient, toutes les divinités expriment et ouvrent à la même vie tragique ici et maintenant, qui apparaît comme un mystérieux et surpuissant alliage de clarté et d’obscurité, d’amour et… Suite

Optimisme théorique

05/02/2015 | Commentaires (1)

Optimism US
Face à l’insupportable fond tragique qui guette et gronde partout entre en jeu la dimension esthétique, artistique de la vie. Pour nous abriter de l’échec, de la souffrance et de la mort, qui finissent toujours par arriver et par triompher, nous sommes amenés à nous réfugier dans quantité de belles apparences, idées, illusions et autres fictions artistiques. Elles seules rendent l’existence possible et digne d’être vécue.
A bien y regarder, cette dimension sensible, artistique de la vie ne joue pas seulement sur le plan des êtres humains que nous sommes, mais travaille partout, dans tous les phénomènes du monde. Tout ce qui apparaît à la lumière, toute belle forme n’est somme toute qu’un voile artistique qui surmonte le sombre fonds caché dont en même temps elle provient. Et ce n’est pas négligeable : plus la terrible réalité se fait sentir, plus la dimension esthétique, artistique entre en jeu, et plus riche et colorée est la création de belles apparences.
*Optimisme theorique par Michysos
*
Il… Suite

Meilleur quand ça ne compte pas

03/02/2015 | Commentaires (1)

Eléphant
Meilleur quand ca ne compte pas QJe ne sais pas vous, mais moi, avec les gens, parfois j’ai une impression bizarre. L’impression que si je n’en fais pas trop, si je ne m’implique pas, si je reste à distance, sans prendre de risque, sans que ça ne compte trop, tout se passe au mieux et on me trouve même parfois super. Alors que quand ça compte vraiment, par exemple avec des gens que j’aime, ou avec qui j’ai envie de faire particulièrement bonne figure, quand je prends des risques, quand je me donne à fond, tout semble tout d’un coup beaucoup plus compliqué. Non seulement j’ai l’impression qu’on ne me comprend pas bien, mais en plus je ne sais plus très bien ce que je fais, comment je le fais, ce que je devrais faire. Je deviens plus maladroit et tout marche beaucoup moins bien. Ça vous est aussi arrivé de remarquer ça ?
*
Meilleur quand ca ne compte pas ROui, c’est… Suite

Supermarché bio

01/02/2015 | Commentaires (0)

Biocoop
Sketch de Stéphane Guillon (2008) :
« Arrêter de fumer, prendre soin de son corps, manger bio…
Vous avez déjà fait vos courses dans un supermarché bio ?
On s’attend à voir des gens éclatants, pétant le feu, le tain vif…
Eh non, ils ressemblent aux tomates qu’ils vendent : mous, fripés, dégarnis.
– Madame, vos tomates, c’est normal ?
– Oui Monsieur, elles ne sont pas traitées, sans insecticides, on retrouve le goût !
– Oui, les chenilles ont l’air de les apprécier !
Supermarché bio : silence d’église….. on est pas chez Shopi !
À 15 € le paquet de biscottes, tout le monde fait la tronche ; solidarité avec les tomates !
*
*
– Vous auriez un quart de pain s’il vous plaît ?
– Quelle sorte ?
– Bah… euh… avec de la mie à l’intérieur !
– Sésame, sarrasin, blé dur, 4 céréales… ?
– Je vais prendre un Big Mac et un Coca, connasse !
Tu sors de là, tu n’as qu’une envie : un bon steak aux hormones arrosé de… Suite

Hauteur et Musique

31/01/2015 | Commentaires (0)

HetM Gash
Le meeting international Hauteur et Musique s’est déroulé pour la troisième fois samedi 31 janvier 2015 sur les hauteurs de Sainte-Croix (VD). PHUSIS s’y est engagé corps et âme pour décorer et animer la salle.
Pour la troisième fois consécutive, l’attraction vedette s’appelait Loïc Gash (US Yverdon/U23), le champion suisse indoor de 2013. Pas loin de la moitié du nombreux public présent au Centre sportif des Champs-de-la-Joux samedi en fin d’après-midi est venu exprès pour lui.
Et ce dernier n’a pas déçu : d’abord avec deux sauts spectaculaires pour son entrée dans le concours, puis par un scénario à rebondissement – un échec à 2,06 m, puis même deux à 2,09 m – et finalement un final de rêve et un nouveau record personnel hissé à 2,15 m. Troisième meilleure performance romande et neuvième suisse indoor de tous les temps. Dans une salle en feu, et un public aux anges.
De la musique, du monde, du jeu, de la bonne humeur, des performances, du… Suite

Commissions optimisées

29/01/2015 | Commentaires (3)

Commissions
D :
Eh, toi !
H :
Qui ça, moi ?
D :
Oui, toi ! Raconte-moi quelque chose !
*
*
H :
Moi, je vais vous dire, j’économise beaucoup d’argent en faisant mes commissions de manière intelligente. Oui, je vais toujours acheter ce dont j’ai besoin dans le magasin qui le vend le moins cher.
Bien sûr, ça demande toute une préparation. Un : il faut toujours être au courant des prix. Deux : il faut toujours les comparer, les prix, et connaître les actions, savoir où et quand il y a quelle action. Et trois, enfin : il faut se rendre, pour chaque produit, sans se tromper, dans le magasin qui fait justement le meilleur prix.
Moi, comme ça, j’économise au moins, qu’est-ce qu’on va dire, CHF 20.-, même CHF 30.- par mois ! C’est pas mal, non ? Vous ne trouvez pas ?
Paff, une claque !
*
Un jeudi sur deux, Dionysos − dieu de la phusis − interpelle l’un d’entre nous, qui avons tous tendance à négliger et écraser les nuances et couleurs de la vie.
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Branché, à la mode, chic

27/01/2015 | Commentaires (2)

bar
Branche, mode, chic QL’autre jour, en sortie de fin de semaine, je me suis retrouvée avec des gens qui se sont presque battus pour savoir si on était dans un endroit « branché », un endroit « à la mode » ou un endroit « chic ».
Bon, vous me direz, ce n’est pas la question la plus importante du monde. Mais voilà, comme moi je cherche toujours à être avisée, aussi dans mon expression, et que je sais que PHUSIS a réponse à tout, je vous demande : quelle(s) différence(s) y a-t-il entre ces trois mots, entre branché, à la mode et chic ?
*
Branche, mode, chic RTrois choses pour commencer : d’abord non, PHUSIS n’a pas réponse à tout.
Ensuite, que ce soit clair : en cas d’incertitude vis-à-vis de mots, de leur sens, de leur emploi, il s’agit de consulter une des nombreuses belles inventions de notre tradition : les dictionnaires. Ils répertorient et définissent en effet en toute précision tous les mots de notre langue. Et permettent ainsi à tout… Suite

Vecteurs (suite)

25/01/2015 | Commentaires (0)

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Alors que la tendance est de croire que l’homme est capable, par son intelligence, sa logique, sa raison, de comprendre, maîtriser, et organiser les choses à sa guise, on a tôt fait d’être confronté à nos limites. Même si on est en mesure de parer à bon nombre de dangers, de réaliser quantité d’idées et de fantasmes, il nous manque toujours quelque chose, il y a, dans notre existence, toujours de nouveau quelque chose qui coince.
Faut-il s’y résigner ? Accepter la situation ? S’en faire une raison ? Juste faire en sorte que ce ne soit pas la catastrophe, au moins pour nous et nos proches ? Ou y a-t-il d’autres possibilités ? De meilleures manières de faire ?
Et si on freinait le rythme, si on levait la tête, tendait l’oreille, s’élevait au-dessus – et se plongeait en-dessous – de sa petite personne et de ses petits intérêts propres ? Peut-être qu’on se rendrait alors compte qu’il existe des forces cachées, des puissances mystérieuses, douées d’une intelligence, d’une… Suite

To be or not to be ?

22/01/2015 | Commentaires (0)

to_be_or_not_to_be
To be, or not to be, that is the question : être ou ne pas être, telle est la question, la question que se pose Hamlet (personnage de Shakespeare) après avoir jeté son regard dans le tréfonds de l’existence, après avoir reconnu qu’il ne pouvait rien changer à la malhonnêteté des gens et à l’immoralité du monde. Voilà la question qu’il se pose après avoir pris conscience que tout est vain, que toute action est inutile, qu’il ne parviendrait pas réordonner un monde sorti de ses gonds.
La connaissance vraie des choses que possède Hamlet – après avoir entendu le fantôme de son père lui raconter comment il est mort – l’empêche d’agir. La reconnaissance de la sagesse de Silène tue en lui toute volonté d’action, toute propension à l’engagement qui le caractérisait auparavant.
*To be or not to be par Michysos
*
Pourquoi ? Parce que toute action exige qu’on croie à quelque chose, exige qu’on se voile dans l’illusion, voilà la terrible leçon que… Suite

Que fait la BNS ?

20/01/2015 | Commentaires (2)

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BNS QQuelques banquiers dans un bureau décident quelque chose, et bim l’euro coute moins cher, le franc suisse plus cher, plein de monde panique et c’est la catastrophe, ou alors c’est bien pratique pour réserver ses vacances pour pas cher, ou alors les deux à la fois. Ou alors je n’ai pas bien compris.
C’est quand même fou non ? Vous en pensez quoi vous ?
*
BNS RLe plus fou, c’est que tout le monde en parle, de cette histoire. Que ça fait jaser. Et que ça diffuse partout, dans les médias, dans les cafés de commerce, jusque sur PHUSIS.ch ! Vous voulez savoir ce qu’on pense du coup de Jarnac de la BNS ?
Pour sûr que notre réponse va en étonner plus d’un, dont ceux qui croient qu’on a un avis sur tout. Eh bien non, vous allez être déçus, ou rassurés, c’est selon : PHUSIS n’a ni la science infuse ni un avis tranché sur tout.
Si on a toujours quelque chose à dire, ce n’est… Suite

Penthée, l’étranger – et un messager

18/01/2015 | Commentaires (4)

Mur
Bacchantes reactualisationPenthée vient d’être victime de toute une série d’illusions. D’abord il a cru avoir ligoté et séquestré l’étrange Lydien, rétablissant par là l’ordre dans sa cité. Puis il a vu son palais en feu. Et enfin il a cru voir son ennemi dans la cour, prêt à se faire embrocher. Après avoir couru dans tous les sens, avoir été affolé et trompé par toute une série de mirages, voilà que le roi arrive, avec ses grosses chaussures, vers les bacchantes et l’étranger. Que dira-t-il ? Que racontera-t-il de tout ceci ?, s’enquiert de son ton calme et rieur le sage et divin étranger.
Loin de chercher à s’en cacher, Penthée avoue d’emblée qu’il éprouve des choses terribles, incompréhensibles, qui le mettent hors de lui : l’étranger, qu’il avait pourtant solidement enchaîné aux râteliers, a réussi à se libérer et à s’échapper. La situation est cocasse : révolté par ce qui lui arrive, aveuglé par la colère, le roi ne remarque même pas qu’il se… Suite

Clair et net

15/01/2015 | Commentaires (0)

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D :
Eh, toi !
H :
Qui ça, moi ?
D :
Oui, toi ! Raconte-moi quelque chose !
*
*
Moi, je vais vous dire : les gens que j’apprécie, c’est les gens tchac-tchac-tchac. Les gens clairs et nets, les gens droits, qui n’ont pas de problème, qui savent organiser et construire leurs affaires sans venir faire douter et emmerder tout le monde.
Ouais, c’est pénible à la fin les gens qui cherchent toujours midi à quatorze heures, qui laissent toujours tout ouvert, qui n’arrêtent pas de problématiser, avec qui on ne sait jamais. Moi, en tout cas, je déteste ça : pour moi, ce sont des embrouilleurs, rien d’autre.
Ben ouais : les gens bien, ce sont ceux avec qui on sait à quoi s’en tenir, ceux avec qui on n’a pas de problèmes. Ceux qui font les choses comme on a envie qu’ils les fassent.
C’est comme ça, non ? Je n’ai pas raison, non ?
Paff, une claque !
*
Un jeudi sur deux, Dionysos − dieu de la phusis − interpelle l’un d’entre nous, qui avons tous tendance à négliger et écraser… Suite

Tous idéologues ?

13/01/2015 | Commentaires (2)

TOPSHOTS-FRANCE-ATTACKS-CHARLIE-HEBDO-DEMO
Tous ideologues QQuestion en rapport avec le dernier article posté sur ce site : celui en lien avec les attentats contre Charlie Hebdo. Si j’ai bien lu et bien compris, vous y affirmez que nous sommes tous des idiots. Tous : journalistes, gamins irresponsables, fous pris de folie meurtrière ou même simple témoins, passifs mais malgré tout pris par tout ça.
Que nous sommes tous des idiots et au fond les mêmes idiots. Que nous sommes des idiots parce que nous nous laissons guider sans réfléchir par une idéologie. Mais de quelle idéologie parlez-vous ? Moi, par exemple, je n’ai pas l’impression que les journalistes, ou au moins les bons journalistes, sont marqués par une idéologie. Ils essaient simplement d’être critiques et de rester logiques, justement dans le but de dévoiler la vérité en dehors de toute idéologie, non ?
*
Tous ideologues ROui, bonne lecture ! Nous sommes tous des idiots, prisonniers de la même idéologie. On a beau prétendre le contraire – d’ailleurs, c’est fou, tout… Suite

Affaire d’idiots

11/01/2015 | Commentaires (8)

JE SUIS IDIOT
Comme tout le monde, l’attentat contre Charlie Hebdo nous a choqués, dépités, attristés. Longtemps, nous sommes restés sans mots, et donc sans pensée. Puis, heureusement, les mots, la pensée sont revenus. Heureusement, parce que s’il n’y a plus de mots, plus de pensée, il n’y a plus que de la chair, et des réactions automatiques, ce qui n’est pas assez, si on veut être des hommes.
Etre des hommes, mais pas sur le mode de la brute épaisse (les frères Kouachi), du gamin adepte de la déconne (Cabu, Charb, Wolinski, etc.), ou encore du savant (les journalistes et autres intellectuels).
Très vite, les mots se sont mis à dire que l’attentat de Charlie Hebdo était le pire qui ait pu arriver. Attention : non pas, comme on nous le ressasse sans fin, parce qu’il a eu pour cible la rédaction d’un journal, parce qu’on s’est attaqué à la liberté d’expression et aux valeurs de la démocratie. Mais parce qu’il a été l’œuvre d’idiots,… Suite

Sagesse de Silène

08/01/2015 | Commentaires (2)

satyre3
La sagesse de Silène est une ancienne sagesse populaire grecque, du nom de Silène : un vieux satyre, un des fameux compagnons de Dionysos ; compagnons qui, comme les Ménades, ou les Bacchantes, vivent cachés dans les forêts et les montagnes, où ils forment le mystérieux cortège de Dionysos.
Silène est mi-cheval, mi-homme : il a des sabots à la place des pieds, une queue et des oreilles de cheval, le visage barbu, des poils partout, et le regard lubrique. Il est sans gêne, toujours nu, toujours rieur, toujours d’une sensualité et d’une sexualité exubérante, le phallus en érection, volontiers proéminent, – énorme, pour dire la vérité.
Silène incarne les forces obscures, brutes, bestiales de la vie humaine : les forces surpuissantes qui règnent, travaillent et grondent dans les profondeurs, sous les belles formes stables. Les puissances si productrices, si effrénées qu’elles sont chaotiques, dangereuses, et même insupportables pour l’homme. Sinon dans le cadre bien délimité des cultes rituels, des mystères, des banquets, autant de célébrations… Suite

Météo bizarre

06/01/2015 | Commentaires (2)

NEIGE
Meteo bizarre QC’est quand même pas possible ce temps ! On ne sait pas si on est en été ou hiver. Et si au moins il faisait beau et chaud ça irait encore, mais non : un jour il fait chaud, le lendemain froid, il pleut, il neige, il y a du soleil. On n’y comprend plus rien. Impossible de profiter correctement de la saison de ski ni de faire quoi que ce soit d’autre. On a beau dire, il y a quand même un problème climatique. Alors selon vous, c’est parce qu’on ne fait pas assez attention à l’écologie ?
*
Meteo bizarre RLa météo, le temps qu’il fait : notre sujet de conversation préféré à tous ! Un des seuls sujets dont on peut parler sans avoir peur de se tromper, où on peut dire à peu près tout et n’importe quoi sans risquer de passer pour un con : qu’il fait trop chaud ou trop froid, que rien n’est plus comme avant, que les prévisions… Suite

Oiseau malin

04/01/2015 | Commentaires (2)

oiseau
Ah, les oiseaux, délicieux êtres ailés, à plumes ! Quelle légèreté, quelle habileté, quelle autonomie ! Quelle vitesse et quelle intelligence ! Comme ils sont vifs, comme ils sont libres ! Comme j’aime les entendre siffloter, les voir picorer, et voleter, danser dans les airs !
Ils ont tant de choses à nous apprendre : ils sont tellement malins ! D’ailleurs, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais il y en a même qui chantent, des oiseaux, qui chantent comme nous, les hommes. Et, parmi eux, j’en connais un tout petit et tout léger, particulièrement joueur, particulièrement avisé, qui n’arrête pas de chanter la même chanson, la même histoire. Une histoire qui, depuis que je l’ai entendue, n’arrête pas de me trotter dans la tête : l’histoire de l’oiseau malin.
Bien sûr, pour l’entendre, il faut qu’il n’y ait pas trop de bruit, il faut se taire, tendre l’oreille. Surtout que, malin comme il est, il ne chante jamais longtemps, l’oiseau malin. Très vite, il décolle, il monte… Suite

Nouvel-An

01/01/2015 | Commentaires (6)

Champagne explosion

D :
Eh, toi !
H :
Qui ça, moi ?
D :
Oui, toi ! Raconte-moi quelque chose !
*
*
H :
Vous voulez que je vous raconte ce que j’ai fait hier soir, à l’occasion de la soirée de Nouvel-An ? Eh bien, contrairement à la plupart, je n’ai pas festoyé. Contrairement à la plupart, je n’ai pas mangé, je n’ai pas bu, je n’ai pas dansé, je n’ai pas ri plus que de raison.
Non, contrairement à la plupart, je suis resté tranquillement chez moi, à lire mes livres.
D’ailleurs je considère ces fêtes alcooliques comme des « maladies populaires ». Vous ne pensez pas que j’ai raison ?
Paff, une claque !
*
Un jeudi sur deux, Dionysos − dieu de la phusis − interpelle l’un d’entre nous, qui avons tous tendance à négliger et écraser les nuances et couleurs de la vie.
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Whiplash

30/12/2014 | Commentaires (0)

whiplash-jk-simmons-miles-teller
Whiplash QComme, sur PHUSIS.ch, vous semblez être aux aguets et au courant des divers signes et autres traces de vie saine, artistique, énigmatique, musicale, ou encore enthousiaste, comme vous le dites, je me demandais : est-ce que vous avez déjà vu Whiplash, le premier long métrage de Damien Chazelle ?
Son synopsis me fait penser que ça pourrait vous plaire : c’est l’histoire d’Andrew, 19 ans, qui rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence…
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Bande-annonce :

*
Whiplash QQAh, ma chère Ariane, quel flair extraordinaire ! Whiplash, on l’a vu. Et on a effectivement trouvé que c’était un bon film. Et par maints côtés même un très bon film !
Un film de musique, de jazz : fait rare et… Suite

Vecteurs de forces surpuissantes

28/12/2014 | Commentaires (1)

François Augiéras
Jour après jour, on a quantité de choses à faire, à organiser, à régler. Toujours pressé, on ne prend pas garde à ce qui se passe vraiment. On est rivé sur nos buts. On se réfugie dans nos idées. On n’a guère l’occasion d’être présent aux choses. On oublie d’être aux aguets. On manque de tendre l’oreille à ce qui se passe, autour de nous et en nous. Souvent, on ne se rend même pas compte qu’on est en vie ; et que la mort est là aussi. On ne s’ouvre pas aux mille et un mystères de l’existence. On fonctionne comme des automates, comme les machines qu’on utilise – ou qui nous utilisent.
Pour tenir le coup, pour s’en sortir dans notre monde, on est contraint d’être pragmatique, centré sur soi-même, replié sur ses intérêts, concentré sur la réussite de ses petites entreprises. Alors on objective, on manipule, on consomme ce qui nous entoure. Et même ce qui nous constitue. Et… Suite

De Parménide à Nietzsche

25/12/2014 | Commentaires (1)

Paul Klee, Embrace, 1939
A l’aube de notre tradition, il y a quelque 26 siècles, le penseur-poète grec Parménide amorce le tournant vers la philosophie. Et ce notamment en affirmant que : « C’est une seule et même chose : penser et être » (Poème, fr. III).
Depuis lors – et notamment depuis Platon, qui vient renforcer et ratifier l’affirmation de Parménide –, seul existe, seul est, au sens fort du terme, au sens où il a un être stable et constant, ce que nous pouvons penser. Ce qui revient à dire que tout ce qu’on ne peut pas saisir par les outils de notre raison n’est pas, n’a pas d’être proprement dit – et n’est donc pas digne d’intérêt.
C’est là évidemment un tournant énorme, qui a des conséquences qui ne sont pas moins énormes. La vue de l’esprit, la pensée, qui avec Platon, puis Aristote, devient pensée distinctive, logico-rationnelle, a depuis lors la primauté sur tous les autres sens. Voilà que l’ouïe, le toucher, l’odorat, le goût et… Suite

Dionysos, aujourd’hui ?

23/12/2014 | Commentaires (0)

louis-soutter
Dionysos toujours et partout QQuestion suite à celle de la semaine dernière : on y apprenait que Dionysos est bien plus présent sur les vieux vases grecs que dans les vieux textes grecs.
Mais qu’en est-il aujourd’hui ? N’est-ce pas encore exactement la même chose ? Puisque notre langage rend très difficile l’expression des forces d’ivresse, de vie et de mort propres au dieu, ne trouve-t-il pas, comme en Grèce il y a très longtemps sur les vases, d’autres moyens d’apparaître ? Par exemple sous d’autres formes artistiques : la musique, la peinture ou encore le cinéma.
*
Dionysos aujourd’hui ROui, il en est bien ainsi ! Plus de deux millénaires après les anciens Grecs, Dionysos continue à apparaître. Ou en tout cas les forces qu’il incarne. Et pas seulement dans les œuvres d’art, mais partout : dans tous les phénomènes de la nature !
Les forces productrices et destructrices de formes, de sons, de couleurs, ne relèvent-elles pas de ce que les anciens Grecs ont appelé Dionysos ? Ne sont-ce pas les… Suite

A midi

21/12/2014 | Commentaires (0)

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A midiAprès avoir laissé son dernier interlocuteur, son ombre, grimper en direction de sa caverne, pour qu’il converse du bonheur avec son aigle et son serpent, Zarathoustra a repris son chemin et foulé seul la montagne. Longtemps, il a marché, il a couru, sans plus être dérangé, sans plus tomber sur personne, sans plus trouver personne d’autre que lui-même. Et il a joui de sa solitude, s’en est délecté, l’a bue à grand traits. Non sans penser des heures durant à de bonnes choses, à toutes les bonnes choses que la vie, la solitude peuvent donner à un homme comme lui, à un homme libre comme lui.
Puis, à l’heure de midi, à l’heure où le soleil se trouve exactement au-dessus de nos têtes, l’heure où la lumière est la plus vive, et les ombres les plus rares, à cette heure de midi, Zarathoustra est passé à côté d’un vieil arbre, tordu et noueux. Un arbre si richement, si amoureusement… Suite

Marchés de Noël

18/12/2014 | Commentaires (0)

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D :
Eh, toi !
H :
Qui ça, moi ?
D :
Oui, toi ! Raconte-moi quelque chose !
*Marché de Noël par Michysos
*
H :
Bonjour, Amédée Fournier, Responsable du marché de Noël de la ville. Le marché de Noël, c’est une affaire qui marche – avec une équipe qui gagne !
Moi ça fait des années que je suis responsable, et je peux dire qu’il y a clairement toujours plus de monde. Chaque année, on augmente la capacité et le nombre de cabanons. On en est actuellement à 76 exactement.
Côté nouveautés pour 2014, on peut en souligner trois :
On a couvert tout l’espace avec des copeaux de bois, pour avoir une meilleure ambiance encore.
On organise des soirées spéciales vraiment très sympas pour les entreprises, les familles, les copines etc. Je vous laisse regarder le programme.
Et de plus, notre vin chaud est réputé depuis longtemps être le meilleur du canton.
Alors si j’ai un conseil à vous donner, ce serait celui-là : venez tous acheter vos cadeaux à NOTRE marché de Noël !
Paff, une claque !
*
Un jeudi sur deux, Dionysos − dieu de la phusis − interpelle… Suite

Dionysos, important ?

16/12/2014 | Commentaires (4)

Dionysos, silène et ménades dansant
Importance de Dionysos QEn regardant l’autre jour des vieux vases dans un musée, j’ai été étonnée de voir combien on y trouvait de personnages entourés de vignes : des hommes nus, dans de drôles de postures, volontiers le sexe proéminent, en train de danser, de boire, parfois avec des femmes. Et, souvent, au milieu d’eux, un homme majestueux, barbu, debout ou couché. Les pancartes des vases parlaient de Dionysos ou de scènes dionysiaques.
Moi, dans ce que je connais de la Grèce, j’ai bien sûr entendu parler de Dionysos, mais sans jamais lire qu’il était aussi important que ça. Et vous ?
*
Importance de Dionysos REh bien nous, c’est exactement pareil ! Et pourtant, on en a lus des tonnes, de livres sur la Grèce, sur la vie grecque et sur Dionysos.
C’est un fait : bien que Dionysos et la vie dionysiaque apparaissent chez tous les auteurs grecs et dans tous les livres sur la Grèce, ils le font proportionnellement bien moins souvent que dans l’iconographie,… Suite

Jeu de formes | jeu de la vie

14/12/2014 | Commentaires (0)

three-worlds
Maurits Cornelis Escher (1898-1972), mieux connu sous le nom de M. C. Escher, n’est pas, comme le disent les érudits et comme on peut le lire sur Wikipédia, un dessinateur, un lithographe, mais un chercheur, un poète. Un homme aux aguets qui, loin de mettre les choses dans des boîtes, loin de les manipuler, met toute son intelligence, tous ses sens, toute sa force imaginative, tout son art au service de la vie. Pour ouvrir les phénomènes à leur dualité, leur ambiguïté, leur multiplicité, leurs faces cachées. Les schémas, les idées, les concepts qui nous guident habituellement ne l’intéressent pas. Sinon pour découvrir ce qui se joue derrière, au-delà, en-deçà. Dans son travail, M. C. Escher creuse et exprime tout un monde, tout le monde, toujours en train de se produire et de se détruire.
Par le dessin et la lithographie, il multiplie les perspectives, les points de vue, joue avec les évidences, déjoue les idées reçues. Il explore les contours,… Suite

Quatre chemins de Parménide

11/12/2014 | Commentaires (0)

Miro_1965_Goutte_d_eau_1288_04
C’est chez Parménide, au Ve siècle avant notre ère, que se joue le tournant vers la pensée philosophique telle qu’on la connaît aujourd’hui ; tournant et pensée philosophique sur lesquels reposent notre vision idéaliste du monde.
Alors que, avant lui, l’enjeu de toute vie était toujours d’écouter, d’expérimenter et d’accompagner le plus productivement possible les mystérieuses forces qui jouent toujours et partout, Parménide nous a mis sur la voie de la pensée ; pour atteindre ce qu’il appelle l’« être » stable et constant, autrement dit, comme l’expose la déesse dans son poème : le « cœur sans tremblement de la vérité bien ronde ». Être, vérité, essence ou cœur sans tremblement, qui ne peut se gagner qu’en s’orientant sur le lógos et le noûs, la logique et la raison.
« C’est une seule et même chose : penser et être », écrit Parménide dans le troisième fragment de son Poème. Ce qui revient à dire – et il s’agit donc là de l’amorce de toute notre tradition – que seul existe,… Suite

Tous coupables ?

09/12/2014 | Commentaires (0)

Hopital de Martigues
Coupable QJ’étais aux urgences il y a quelques jours pour des douleurs intenses, apparues brutalement, sans raison apparente. Je n’étais pas trop inquiet, au début, le médecin non plus. Quelques heures plus tard, j’étais mort, après avoir beaucoup souffert.
Quand les médecins (ils s’y sont pour finir mis à plusieurs) ont compris ce qui m’arrivait, ils ont tout fait pour me sauver, m’empêcher de mourir. Assez vite, ils ont su que ça n’irait pas. Je le voyais bien. J’avais tellement mal, j’étais prêt à mourir. Mais ils ont continué à essayer de me sauver, à faire leur travail, jusqu’au bout, désespérément. Pourtant c’était trop tard.
Moi, je ne suis plus là. Mais eux si. Avec un gros sentiment de culpabilité. J’aurais envie de poser une question, pour eux : est-il possible (et si oui, comment), notamment en situation d’urgence, pour un médecin, d’accompagner quelqu’un dans la mort, d’accepter de ne pas pouvoir sauver sa vie, sans finalement se sentir coupable ?
*
Tous coupables ROuh là là,… Suite

Ivresse et vin

07/12/2014 | Commentaires (0)

exekiasdionysosstaatlicheantikensammlungen2044n2
Dimanche 7 décembre, PHUSIS a discuté à La Sarraz du mystérieux et passionnant thème de l’ivresse et du vin.
D’où vient l’ivresse ? Comment se fait-il que, quand elle nous prend, elle est capable de nous élever au-dessus de nous-mêmes ? Et pourquoi parfois ne fait-elle que nous étourdir et nous donner mal à la tête ? Quel rapport y a-t-il entre l’ivresse du bon vin, de l’amour, du jeu, du pouvoir, etc. ?  Comment comprendre et expérimenter l’ivresse ? Comment s’y retrouver ?
PHUSIS a exposé et traité la question, avant d’ouvrir la discussion, ainsi que quelques crus dûment choisis. Dans la joie de pouvoir passer un moment ensemble.
La soirée a été belle. Merci à tous les participants pour leur participation enthousiaste !
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Ivresse et vin

07/12/2014 | Commentaires (0)

exekiasdionysosstaatlicheantikensammlungen2044n2
Dimanche 7 décembre, PHUSIS a discuté à La Sarraz du mystérieux et passionnant thème de l’ivresse et du vin. D’où vient l’ivresse ? Comment se fait-il que, quand elle nous prend, elle est capable de nous élever au-dessus de nous-mêmes ? Et pourquoi parfois ne fait-elle que nous étourdir et nous donner mal à la tête ? Quel […]
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Tourisme imbécile

04/12/2014 | Commentaires (0)

Top 10
D :
Eh, toi !
F :
Moi ?
D :
Oui, toi ! Raconte-moi quelque chose !

F :
Le week-end dernier, mon mari et moi-même sommes allés à Rome, dans la grande et éternelle ville de Rome. Un voyage juste for-mi-dable, qui nous a permis de tout faire et de tout voir en deux jours seulement. Le Top 10 des meilleurs spots de la ville : le Colisée, le Panthéon, le Forum, le Vatican, le Château Saint-Ange, la Bouche de la vérité, la Fontaine de Trevi – en travaux, mais nous avons quand même pu lancer une petite pièce –, la Piazza Navona, Campo de Fiori et… la Piazza di Spagna. Le tout avec un hôtel confortable et pas cher du tout. Et des excellents restaurants !
Hein ? Mais pourquoi vous rigolez ? Et si, en plus, je vous disais qu’on a, en plus, bénéficié d’un très bon rapport qualité-prix, hein ?
Paff, une claque !
*
Un jeudi sur deux, Dionysos − dieu de la phusis − interpelle l’un d’entre nous, qui avons tous tendance à négliger et écraser les nuances et couleurs… Suite

Rome antique romantique ?

02/12/2014 | Commentaires (0)

Rome X1
Rome antique romantique QLe week-end dernier, mon mari et moi-même sommes allés à Rome. Comme il sait que j’aime rêver, que j’aime l’antiquité, les statues, les temples, les ruines, les jardins, les p’tits restos, eh bien, pour me faire plaisir, pour me gâter un petit peu, mon cher mari, mio caro marito – comme je disais là-bas –, m’a organisé un fabuleux voyage dans la grande, la belle et antique ville de Rome. Et nous avons fait de très très très très belles visites : on a fait des selfies au Colisée, au Penthéon, au Forum, au Palatin, au… je ne sais même plus tant il y avait d’endroits magnifiques. Bref, un voyage fabuleux dans la Rome antique : quoi de plus romantique ?
*
Rome antique romantique RMa chère Charlotte, tant mieux pour votre voyage à Rome ! Et bravo et merci à votre cher mari de vous y avoir emmenée ! Par contre, j’ai comme l’impression que, prise par la satisfaction de votre voyage, vous… Suite

Rencontrer, partager

30/11/2014 | Commentaires (1)

Donquixote
Dans notre monde, on se sent volontiers seul. Et aimerait l’être moins. Donc, on s’engage pour faire des rencontres et pouvoir partager des choses. Mais ce n’est pas évident. On a beau faire, ce n’est pas facile. Et il n’y a pas que les rencontres, les découvertes, les partages avec les gens qui sont difficiles, mais aussi avec les choses : avec les lieux, les paysages, les œuvres d’art, les événements, ce n’est pas évident non plus. Comme avec tous les phénomènes de la vie.
Bien sûr, on peut échanger des banalités, comme on échange des objets, des services ou des bons procédés. Et on peut aussi visiter plein de lieux, des paysages, des musées et autres manifestations, comme on peut sans peine croiser des gens, sur internet ou ailleurs. Mais on reste sur sa faim : échanger, visiter, croiser, ce n’est pas encore partager. Dans tout ça, on a toutes les chances de rester à distance, de rester seul. Voire de le… Suite

Des apparences à la vérité

27/11/2014 | Commentaires (0)

Jeux d
S’il est vrai que nous sommes entourés d’apparences toujours changeantes, en perpétuel va-et-vient, la question est de savoir ce qu’il en est de la vérité stable et constante, située par-delà et en-deçà des apparences ?
Quel accès y avons-nous ? La vérité est-elle, comme on a tendance à le croire, la normalisation, la formalisation statistique, intelligible et idéale de toutes les apparences ?
Réponse : non. Affirmer cela revient à confondre les doxai brotôn, les vues des mortels que nous sommes avec l’alètheia, la divine vérité qui nous dépasse de fond en comble. En effet, ce qui nous apparaît dans notre environnement quotidien, ce que nous voyons – serait-ce avec des instruments très sophistiqués, des microscopes à balayages électroniques, par exemple, ou à l’aide de radiographies, d’échographies, de résonnances magnétiques ou de je ne sais quoi encore –, ce que nous voyons et imaginons, et qui nous est à la longue familier, on a beau le prendre pour ce qui est, on a beau le tenir… Suite

Tous emballés !

25/11/2014 | Commentaires (0)

Davis
Coupe DavisPersonne n’a pu rater la nouvelle : la Suisse a gagné la Coupe Davis ! En Suisse comme en France, les médias sportifs en parlaient tous les jours depuis près d’un mois. Et, ce week-end, l’événement a été à la hauteur des attentes : un stade immense et plein à craquer, un scénario à rebondissements, 3 jours de tennis à haut niveau et une cérémonie finale digne des plus belles happy end hollywoodiennes. Bref : des émotions comme seul le sport peut en procurer. C’est du moins ce qu’on a pu entendre.
Alors voici ma question : PHUSIS.ch a-t-il aussi été emballé par les coups de génie de Roger Federer et la formidable force de caractère de Stanislas Wawrinka ?
*
Tous emballs RSur PHUSIS.ch, le sport, on adore, comme toujours, en nous et en-dehors de nous. A le pratiquer ou à le regarder. Pourquoi ? Parce qu’il permet aux êtres humains que nous sommes d’apprendre à se connaître, à découvrir ses forces, ses faiblesses, tant physiques que morales ;… Suite

Dionysos joueur illusionniste

23/11/2014 | Commentaires (0)

Guerrier
Realimentation_604-641DDionysos vient d’intervenir pour la première fois explicitement dans sa cité d’origine. Après s’être fait entendre, de loin, aux bacchantes, il a fait trembler la terre et a lancé un éclair sur le palais du néfaste Penthée. Epouvantées, ses suivantes se sont jetées sur le sol.
Mais voilà que l’étrange étranger, qui s’est fait emmener dans les prisons du palais pour s’y faire séquestrer, en ressort tranquillement. D’emblée, il les félicite d’avoir su percevoir, reconnaître et réagir comme il fallait à la toute-puissance que Bacchios vient de mettre en œuvre en secouant et enflammant le palais du roi. Puis, il les exhorte, elles, les « femmes barbares » comme il les appelle – au sens où elles sont étrangères, non grecques, non affiliées à la ville de Thèbes – à se relever et à chasser le tremblement qui a assailli leur corps. Finie la peur, le danger est passé : la confiance est de mise !
Evidemment, les bacchantes ne manquent pas d’exprimer leur enthousiasme : les… Suite

« Chiller »*

20/11/2014 | Commentaires (2)

Passivite

*« Chiller » est un anglicisme issu de l’expression « to chill out », qui signifie « se relaxer », « se détendre ».
*
D :
Eh, toi !
H :
Moi ?
D :
Oui, toi ! Raconte-moi quelque chose !

H :
J’étais justement en train de chiller avec des potes, au bord du lac. Tu vois, pour décompresser un peu. On buvait une bière, tranquille. On était juste là, bien, quoi, cool.
Ouais, moi c’est ça que j’aime faire : être là, chiller, avec mes potes. Être relaxe, détendu, sans se faire emmerder, sans se prendre la tête. Juste tranquille, prendre le temps, vivre, quoi !
Hein ? Tu veux venir avec moi ? Hein ?
*
Paff, une claque !
*
Un jeudi sur deux, Dionysos − dieu de la phusis − interpelle l’un d’entre nous, qui avons tous tendance à négliger et écraser les innombrables nuances et couleurs de la vie.
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Pathei mathos

18/11/2014 | Commentaires (0)

Livres plein la tête
Pathei mathos – QIl y a longtemps, dans l’ancienne Grèce, un chœur a chanté que la seule manière pour les hommes de comprendre le monde, ce qui s’y passe et ne s’y passe pas, d’apprendre à se comporter de manière équilibrée vis-à-vis de soi-même, des autres et du monde, était non pas d’aller à l’école, d’avaler un nombre incalculable de livres, de s’enfoncer une monstrueuse quantité de formules et autres règles dans le crâne afin de pouvoir les appliquer au moment voulu. Non. Il convenait bien plutôt d’apprendre (μανθάνειν) par le πάθος, terme qu’on traduit en français par ce qui arrive à quelqu’un, ce que quelqu’un éprouve, l’expérience subie.
Bien sûr, c’était il y a bien longtemps, très longtemps, tellement longtemps qu’on se contente aujourd’hui de classer cette époque dans la nébuleuse du mythe. Mais est-ce vraiment à jeter pour autant ?
*
Pathei mathos – RAh ma chère Ariane, tu poses là une bien jolie question – à laquelle, généreuse et avisée comme tu… Suite

Presque comme le blues

16/11/2014 | Commentaires (2)

LeonardCohen1
Drôle de musique de la vie. J’ai vu des gens mourir de faim. Il y avait des meurtres, des viols. Des villages en feu. Des personnes qui couraient dans tous les sens, qui essayaient de s’échapper.
Comme je ne pouvais rien faire, je n’ai pas même osé croiser leurs regards. Je me contentais de regarder mes chaussures. Tout ça était acide. Tout ça était tragique. Drôle de musique de la vie. C’était presque comme le blues. C’était presque comme le blues.
A force de vivre tout ça, de ne pas pouvoir faire autrement que de penser à tout ça, tous les jours, je dois mourir un peu. Entre chaque intrigue meurtrière, entre chaque nouvelle catastrophe, je dois mourir un peu. Et quand j’en ai fini de penser, c’est même pire : je dois mourir beaucoup. Je ne peux pas faire autrement : soit je pense à tout ça, à la mort, à tout ça, soit je meure à mon tour sans me rendre compte… Suite

Vérité et opinion

13/11/2014 | Commentaires (2)

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On oppose traditionnellement la « vérité » à l’« opinion » : la vérité théorique, philosophique, scientifique, objective est traditionnellement opposée à l’impression personnelle, à l’opinion ou avis subjectif. Exemple : j’ai beau avoir l’impression qu’il fait extrêmement froid, mon impression n’a guère de valeur face au thermomètre qui indique qu’en vérité il fait une température tout à fait clémente.
La distinction traditionnelle entre « vérité » et « opinion » apparaît au Ve siècle avant J.-C. chez Parménide. Toutefois dans un sens légèrement différent de celui qu’on croit aujourd’hui. C’est ce qu’il s’agit de décortiquer présentement.
Dans son fameux poème judicieusement intitulé Sur la phusis, Parménide distingue l’alétheia de la dóxa, termes traduits en latin par veritas et opinio, qui ont donné, en français, vérité et opinion.
Mais attention : les traductions sont toujours des interprétations, qui empêchent volontiers la bonne entente des choses. Pour comprendre comment se fait jour ladite distinction à l’aube de notre tradition et ce qu’elle signifie, il faut retourner au texte grec.
*
Vérité et opinion par Michysos
*
Le texte de… Suite

Bien dans sa tête et son corps

11/11/2014 | Commentaires (4)

bouboule-photo-53bfce293ecfe
BoubouleBouboule, c’est nom du nouveau film belgo-suisse sorti cette semaine par chez nous. Le film raconte l’enfance de Kevin, 12 ans, 100 kilos, et forcément plein de problèmes.
Peut-on, comme enfant ou comme adulte, être bien dans sa tête même si on n’est pas bien dans son corps ?
*
Bien dans sa tete et son corps – reponse
Pour répondre, il s’agit d’abord se mettre d’accord sur ce que veut dire « être bien ». Faut-il entendre le « bien » d’un point de vue moral, subjectif, moderne ? Ou alors dans une perspective ontologique, au sens de l’être des choses, indépendamment de leurs déterminations particulières ?
Ceux qui nous connaissent le savent : c’est évidemment la deuxième possibilité qu’il convient de retenir. Pourquoi ? Parce que la vérité, l’être, la grande volonté du monde prime – a toujours primé et primera toujours – sur l’individu en sa petite volonté personnelle. Autrement dit parce que nous ne sommes que de microscopiques parties de l’immense tout qu’est le monde, auquel il s’agit de… Suite

Ça, c’est (une) vache !

06/11/2014 | Commentaires (1)

Vache

* Was für eine Kuh ! – (Video und Text auf Deutsch unten) *
En Suisse, les vaches, ça nous connaît. Il n’y a pas une vraie carte postale, affiche publicitaire ou autre dépliant vantant notre beau pays qui ne présente, en gros, tout devant, ou dans un coin, en arrière-fond, le plus souvent dans un pré, avec de jolies fleurs champêtres, un de ces êtres à cornes, à pis et à cloche.
Les vaches ? Des animaux un peu bébêtes certes, mais très utiles et à la base de notre alimentation, de notre économie, de nos traditions nationales. Les vaches que les paysans – ou plutôt les machines des paysans – traient, matin et soir. Les vaches qu’on mène, l’été, à l’alpage, respirer l’air pur des montagnes et manger l’herbe d’altitude. Les vaches qui, enfin, entre les deux, aiment bien regarder passer les trains en ruminant.n Suisse, les vaches, ça nous connaît.
*Ça c’est (une) vache ! par Michysos
*
Il n’y a pas une vraie carte postale,… Suite

Mieux de loin que de près

04/11/2014 | Commentaires (0)

conte-d-ete

Tous les mardis, PHUSIS donne une perspective phusique à une actualité, un événement, un extrait de texte, une pensée, une sensation, un problème ou n’importe quel phénomène jubilatoire ou inquiétant de notre monde formidable.
Le matin, de bonne heure, un ami phusicien poste un bref article, sous forme de question à méditer. Puis, à midi, PHUSIS propose sa réponse et mise en perspective.
*
Mieux de – questionDans le film Conte d’été d’Eric Rohmer, le personnage principal, Gaspard, attend sa copine Léna pendant de nombreux jours. Lorsqu’elle arrive enfin, elle lui dit la chose suivante :
– Comme je suis contente de te retrouver ! Tu ne voudras peut-être pas me croire, mais j’ai beaucoup pensé à toi ces derniers temps. Tu n’es pas quelqu’un qu’on oublie facilement. Je dirais même que tu es mieux de loin que de près.
– Ah ben alors je m’en vais !
– Que tu es vaniteux ! Mais c’est un compliment. Je voulais dire que tu tiens le coup de loin, comme un bon tableau.
–… Suite

Goldmembers-Event à Bienne

03/11/2014 | Commentaires (0)

Foto
LES GOLDMEMBERS de Swiss Athletics sont un cercle de sponsors – privés et non – qui soutient haut et fort l’athlétisme suisse. Et en particulier les meilleurs athlètes de la Fédération : ceux qui ont le potentiel de se hisser au niveau mondial, les ainsi nommé World Class Potentials (WCP) de Swiss Athletics. Le but des Goldmembers et […]
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L’ombre

02/11/2014 | Commentaires (0)

98.5240
L’ombre de ZarathoustraQUAND ZARATHOUSTRA A BRANDI SON BÂTON, le mendiant volontaire n’a pas tardé à s’en aller. Il a quitté en courant ses maîtres en rumination, ses vaches, pour grimper vers la caverne de Zarathoustra, où il aura l’occasion de s’entretenir du bonheur avec l’aigle et le serpent de ce dernier.
Voilà donc que Zarathoustra s’est de nouveau retrouvé seul avec lui-même. Mais pas longtemps du tout. A peine le mendiant est parti, il a entendu derrière lui une nouvelle voix. Elle lui criait : « Halte ! Zarathoustra ! Attends donc ! C’est moi, ô Zarathoustra, moi, ton ombre ! »
Soudain à bout de patience, contrarié par l’afflux de personnes dans ses montagnes, Zarathoustra en a eu assez. Il n’a pas obéi et pas attendu. « Je n’aurai donc pas le moindre moment de paix !, s’est-il dit. Mais où s’en est donc allé ma solitude ?
Tout ça me devient trop, vraiment. Toutes ces rencontres, ces gens. Mon royaume n’est plus de ce monde. Je n’ai plus rien à faire… Suite

Aller à l’essentiel ?

30/10/2014 | Commentaires (1)

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Un jeudi sur deux, Dionysos, dieu de la phusis, interpelle l’un d’entre nous, qui a tendance à négliger et écraser les innombrables nuances et couleurs de la vie. 
*
D :
Eh, toi !
H :
Moi ?
D :
Oui, toi ! Raconte-moi quelque chose !
*Aller à l’essentiel par Michysos
*
H :
Moi, contrairement à certaines personnes, je ne suis pas du genre compliqué. Pas du genre à chercher midi à quatorze heures. Quand on me dit quelque chose, je ne me perds pas dans les détails. Je vais directement à l’essentiel. Les fioritures, les emballages, et tout le tralala, ça ne sert à rien : ça ne fait que compliquer les choses.
Ce qui compte, c’est l’information qu’on nous transmet. Pas les complications.
Des rires commencent à se faire entendre.
Donc il faut allez à l’essentiel ! Saisir l’objet, l’idée, le résultat. Pour pouvoir juger si c’est bien ou pas, si c’est utile ou pas, si ça vaut le coût ou pas, si c’est risqué ou pas.
Ben oui, le but, dans la vie, c’est d’y voir clair. C’est d’éviter les doutes, les… Suite

Malaise autour de la table

28/10/2014 | Commentaires (0)

Repas en amoureux

Tous les mardis, PHUSIS donne une perspective phusique à une actualité, un événement, un extrait de texte, une pensée, une sensation, un problème ou n’importe quel phénomène jubilatoire ou inquiétant de notre monde formidable.
Le matin, de bonne heure, un ami phusicien poste un bref article, sous forme de question à méditer. Puis, à midi, PHUSIS propose sa réponse et mise en perspective.
*
Question – Malaise autour de la tableÇa vous est peut-être déjà arrivé : vous êtes tranquillement assis avec une personne que vous aimez tout particulièrement. Peut-être en train de partager un bon repas, peut-être accompagné d’une bonne bouteille de vin, peut-être même avec un excellent disque dans les oreilles.
Tout à coup, au détour de la conversation, sans que vous ne le vouliez, sans que vous ne sachiez pourquoi, un coincement se fait sentir. Quelque chose ne passe pas. Et, au lieu de ne pas y faire attention, au lieu de respirer un bon coup, avaler tout ça, vous vous fixez sur ce… Suite

Dionysos s’avance

26/10/2014 | Commentaires (0)

Palais détruit
On est à une époque très lointaine, en Grèce. Le roi Penthée vient de rentrer d’urgence dans sa cité de Thèbes, en proie au désordre. Prises de folie, de frénésie, les femmes ont quitté leurs foyers et sont parties célébrer des forces obscures dans les montagnes.
On raconte que c’est un dieu, Dionysos, fils du divin Zeus et de la mortelle Sémélé, qui est à l’origine des troubles. Guidé par sa claire raison, Penthée ne s’en laisse pas compter. Pour retrouver l’ordre, il ordonne d’arrêter et d’emprisonner l’étrange et énigmatique étranger, vêtu à l’orientale, les cheveux longs, les habits amples et la langue terriblement bien pendue qui se fait passer pour le disciple du fameux dieu.
Sûr de sa vision du monde et de ses manières de faire, le roi est dès lors persuadé qu’il a repris le contrôle de sa cité. Mais c’est sans compter sur la puissance de Dionysos, sur le point d’intervenir en personne dans la cité…
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Realimentation_575-603LE CHŒUR VIENT… Suite

Vérité

23/10/2014 | Commentaires (2)

HODLER
Un jeudi sur deux, le Dr. Ludovic MietZsche (GRE/CHN/FRA/GER/GBR/USA) vous rappelle quelques fondamentaux de la philosophie traditionnelle. Non sans dévoiler en même temps, dans les plis et replis négligés par notre vision idéaliste, quantité de perspectives cachées, tant nouvelles qu’anciennes. Cette semaine, il s’occupe de la… « vérité » !
*
La « vérité » est un des mots fondamentaux de la philosophie. L’enjeu est aujourd’hui de le décortiquer : d’abord en nous intéressant à son origine étymologique, puis, plus en amont, à l’idée même de « vérité » telle qu’elle s’est faite jour à l’aube de notre tradition.
Selon l’étymologie, le mot « vérité » provient du latin veritas, participe passé du verbe vereri, qui signifie avoir une crainte respectueuse, révérer, respecter, appréhender et craindre. La « vérité » est ainsi ce qui est appréhendé avec respect, ce qu’on vénère avec une certaine crainte. Etymologiquement, le mot « vérité » signifie donc quelque chose qu’on place très haut, devant lequel on se plie et qu’on traite avec respect et une certaine dignité morale.
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Dr. Mietzsche: la vérité par Michysos
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Pourquoi ? Pour le comprendre, pour comprendre ce… Suite

Qui a peur de Netflix ?

21/10/2014 | Commentaires (1)

Netflix
Grâce au soutien enthousiaste de fidèles amis, PHUSIS donne dorénavant tous les mardis une perspective phusique à une actualité, un événement, un extrait de texte, une pensée, une sensation, un problème ou n’importe quel phénomène jubilatoire ou inquiétant de notre monde formidable.
Le matin, de bonne heure, un phusicien poste un bref article, sous forme de question à méditer. Puis, à midi, PHUSIS propose sa réponse et mise en perspective.
Vous n’aimez pas lire ? Bonne nouvelle : vous pouvez aussi nous écouter en cliquant sur la flèche au-dessus du texte.
*
NetflixC’est arrivé il y a un peu moins d’un mois, le 19 septembre dernier : Netflix est arrivé en Suisse. Netflix est un service américain de vidéos à la demande, qui propose des milliers de films et de séries et permet de se divertir presque à volonté pour seulement CHF 11.90 par mois. Au bénéfice d’un succès immense, Netflix fait évidemment peur à plein de monde :
Aux chaines de télévisions qui ont peur qu’on ne les… Suite

Creusons-nous nous-mêmes !

19/10/2014 | Commentaires (2)

Gotlib
ET SI, AU LIEU DE FONCTIONNER COMME DES AUTOMATES, au lieu de toujours courir au plus pressé, on ralentissait un peu ? Et si on se prenait le temps de tendre l’oreille ? S’efforçait de sentir les choses, d’être aux aguets ?
Oui, et si au lieu de toujours objectiver et manipuler les choses, on se pinçait et cherchait à vivre notre vie, à découvrir ce qui se joue, en nous et autour de nous ? Et si on se plongeait dans nous-mêmes et dans le monde ? Accompagnait le plus productivement possible ce qui nous travaille, nous prend, nous traverse ? Sans œillères, sans idées reçues, sans réflexes automatiques, sans tout classer et réaliser comme des machines ?
Bonne nouvelle : à force de tentatives, d’essayages – et bien sûr aussi de ratures et de corrections –, à force de creuser, toujours et encore, on arrive, progressivement, à descendre dans l’inconnu de nous-mêmes. A être nous-mêmes, et être et vivre le monde en général. Le mystère de la vie.
Et… Suite

C’est bientôt reparti !

06/10/2014 | Commentaires (0)

fond_marin
APRÈS NOUS ÊTRE RÉFUGIÉS l’été durant dans les profondeurs de la mer, dans le foisonnement de vie et de mort des abysses, nous voilà sur le point de retourner à la surface.
Bonne nouvelle : les expériences que nous avons vécues dans le retrait nous ont rendus plus sensibles, plus chatouilleux, plus drôles, plus forts – et en même temps aussi plus… méchants.
PHUSIS Philosophie revient de plus belle.
Tout bientôt, vous retrouverez régulièrement des articles de notre plume. Comme toujours, certains avec des vidéos et des enregistrements audio en sus.
A priori, le programme sera le suivant :
*
DIMANCHE MIDI
En alternance :
Traduction et réalimentation d’un nouveau chapitre du Zarathoustra de Nietzsche
Traduction et réactualisation d’un nouveau passage des Bacchantes d’Euripide
Texte phusique inédit
*
MARDI | NOUVEAUTÉ !
Courte chronique sur le vif, en deux temps :
A 6h30 du matin, un fidèle phusicien postera un bref texte sur une question d’actualité, un problème personnel, général ou de société, ou n’importe quel phénomène mystérieux ou inquiétant de notre monde formidable
A 12h, vous en trouverez une… Suite

Morat-Fribourg 2014

05/10/2014 | Commentaires (0)

Morat-Fribourg 2014_Kipyatich
LA TRADITIONNELLE COURSE MORAT-FRIBOURG a toujours lieu le premier dimanche du mois d’octobre. La 81e édition du nom s’est déroulée le 5 octobre 2014, sous un soleil automnal des plus radieux, tant dans le ciel que dans les cœurs. Au total, quelque 7’000 coureurs ont parcouru la légendaire route menant de Morat à Fribourg, commémorant […]
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MILLE GRUYERE FINALE SUISSE

21/09/2014 | Commentaires (0)

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LA GRANDE FINALE SUISSE du projet jeunesse de Swiss Athletics de demi-fond MILLE GRUYERE s’est déroulée sous le soleil le 20 septembre au fin fond de la Suisse, sur le Stade Ebnet à Herisau, dans le canton d’Appenzell. PHUSIS s’est fait un plaisir d’animer les quelque 300 athlètes qualifiés. Avec Camille dans la cabine, au […]
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MER-MER-MER

21/09/2014 | Commentaires (0)

Mer-MeR-MER
CHERS AMIS DE LA PHUSIS, BONJOUR !
Au coeur de l’été, alors que la phusis bat son plein, PHUSIS Philosophie se retire se ressourcer quelques semaines dans ses profondeurs cachées, là où tout n’est que MER-MER-MER !
Si possible pour bientôt réémerger.
Bref, pas de chronique cette semaine. Et pas de nouvel article ces prochains temps.
Et si vous profitiez de l’occasion pour jeter un oeil sur les différentes parties du site ? De nombreux articles et chroniques n’attendent que vous et vos commentaires !
Suite

Semi-Marathon de La Côte

14/09/2014 | Commentaires (0)

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Dimanche 14 septembre, près de 2000 coureurs ont pris part à la première édition du Semi-Marathon de La Côte. Alors que Michel, Camille et David animaient avec succès la finale du Swiss Athletics sprint à Thalwil, c’est dans une composition inédite que PHUSIS était de la partie à Nyon et Allaman. Au départ de la […]
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Finale du Swiss Athletics Sprint

14/09/2014 | Commentaires (0)

SA Sprint 3
DIMANCHE 14 SEPTEMBRE s’est joué à Thalwil, dans le canton de Zurich, la grande Finale suisse du Swiss Athletics Sprint 2014, projet jeunesse de la Fédération suisse d’athlétisme destiné aux jeunes sprinters du pays.
Quelque 400 enfants de 10 à 15 ans s’étaient qualifiés pour le grand sommet de la saison, via toute une série d’éliminatoires locales, puis régionales durant l’été.
Dimanche, c’est au coeur même de la ville que les meilleurs d’entre eux se son mesurés. Sur trois tours : séries, demi-finales, finales. Les plus petits sur 60 m, les plus grands sur 80 m. Le tout sur une piste de tartan déroulée exprès pour l’occasion sur la Gothardstrasse, principale rue commerçante de Thalwil.
Le TV Thalwil, qui célèbre cette année ses 150 ans d’existence, a concocté aux enfants et très nombreux accompagnants et spectateurs (près de 1500 personnes en tout) une journée mémorable. Même la meilleure sprinteuse suisse du pays, Mujinga Kambundji, double finaliste des CE et double détentrice du record suisse du 100 m et du 200 m, était de la partie.
PHUSIS a eu le bonheur d’animer avec succès tout ce beau monde. A deux voix, et David… Suite

Finale suisse du Swiss Atheltics Sprint

14/09/2014 | Commentaires (0)

SA Sprint 3
DIMANCHE 14 SEPTEMBRE s’est joué à Thalwil, dans le canton de Zurich, la grande Finale suisse du Swiss Athletics Sprint 2014, projet jeunesse de la Fédération suisse d’athlétisme destiné aux jeunes sprinters du pays. Quelque 400 enfants de 10 à 15 ans s’étaient qualifiés pour le grand sommet de la saison, via toute une série d’éliminatoires locales, puis régionales durant l’été. Dimanche, […]
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Semi-Marathon de La Côte

14/09/2014 | Commentaires (0)

Semi-marathon-La-Cote-montage-570x398
Dimanche 14 septembre, près de 2000 coureurs ont pris part à la première édition du Semi-Marathon de La Côte. Alors que Michel, Camille et David animaient avec succès la finale du Swiss Athletics sprint à Thalwil, c’est dans une composition inédite que PHUSIS était de la partie à Nyon et Allaman.
Au départ de la course des grands, et en même temps en compagnies des enfants et de leurs parents dans l’aire d’arrivée, et finalement à l’heure des cérémonies protocolaires dans le Stade de Colovray, Kevin, Guillaume et Damien ont fait en sorte que coureurs, spectateurs et organisateurs vivent une belle première de cette nouvelle fête populaire et athlétique.
Lien vers le semi-marathon de la Côte

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Weltklasse Zürich

28/08/2014 | Commentaires (0)

Wltklasse Zürich Schlussfeier
A L’OCCASION DU PLUS GRAND MEETING D’ATHLETISME DU MONDE le 28 août, PHUSIS a eu l’occasion d’animer les personnes très importantes invitées par Swiss Athletics à venir déguster des petits fours avant les compétitions internationales sur la légendaire piste du Stade du Letzigrund.
Pour faire vivre l’athlétisme, tant dans les corps que les esprits, PHUSIS a pu compter sur le renfort de trois personnalités de l’athlétisme suisse de pointe : les participants aux Championnats d’Europe de Zurich Jan Hochstrasser (BTV Aarau), le meilleur coureur de 1500 m de ces dix dernières années, le perchiste champion suisse Marquis Richards (Old Boys Basel), ainsi que le chef du sport de performance Peter Haas en personne. Pour des entretiens à la fois informatifs, sympathiques et bon enfant.
Pendant le meeting, PHUSIS a, comme déjà aux Championnats suisses élite, à Athletissima, aux Championnats suisses élite à Frauenfeld et aux Championnats d’Europe de Zurich, animé la partie française du Live Center du site des Swiss Starters sur live.swiss-starters.ch. Avec aperçus, Live-Ticker, résumés de compétition, interviews, vidéos et mille et une… Suite

Weltklasse Zürich

28/08/2014 | Commentaires (0)

Wltklasse Zürich Schlussfeier
A L’OCCASION DU PLUS GRAND MEETING D’ATHLETISME DU MONDE le 28 août, PHUSIS a eu l’occasion d’animer les personnes très importantes invitées par Swiss Athletics à venir déguster des petits fours avant les compétitions internationales sur la légendaire piste du Stade du Letzigrund. Pour faire vivre l’athlétisme, tant dans les corps que les esprits, PHUSIS a pu […]
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Zürich 2014

12/08/2014 | Commentaires (0)

Zürich_2014
DU MARDI 12 AU DIMANCHE 17 AOÛT se sont déroulés les Championnats d’Europe d’athlétisme dans le Stade du Letzigrund à Zurich. PHUSIS s’est chargé de la partie française du Live Center du site des Swiss Starters, en association avec le CNP Lausanne-Aigle. Il était ainsi possible Pour suivre de tout près l’évolution des athlètes suisses en lice. […]
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Basket : Suisse-Russie

11/08/2014 | Commentaires (0)

suisserussie_100814awi_089
DANS LA HALLE ST-LEONARD DE FRIBOURG, l’équipe nationale suisse de basket a créé la sensation dimanche 10 août lors du premier match de qualification pour l’EuroBasket 2015 en s’offrant la Russie 79 à 77. Devant quelque 1800 spectateurs, la petite Suisse est venue à bout de l’immense Russie, médaillée de bronze des derniers Jeux olympiques de Londres 2012. Suite à un match […]
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Suisse – Russie

10/08/2014 | Commentaires (0)

suisserussie_100814awi_089
DANS LA HALLE ST-LEONARD DE FRIBOURG, l’équipe nationale suisse de basket a créé la sensation dimanche 10 août lors du premier match de qualification pour l’EuroBasket 2015 en s’offrant la Russie 79 à 77.
Devant quelque 1800 spectateurs, la petite Suisse est venue à bout de l’immense Russie, médaillée de bronze des derniers Jeux olympiques de Londres 2012. Suite à un match juste incroyable.
Dès le début, il y avait de l’électricité et de l’exploit dans l’air. La Suisse a tout de suite pris l’avantage, avant de plier, mais sans rompre. Pour réussir une fin de deuxième et un début de troisième quart-temps de rêve. Avant de souffrir, mais en restant accroché à son os.
Superbe victoire et superbe ambiance dans la salle. PHUSIS était de la partie pour donner à la fête sa couleur vocale et musicale.
Lien vers le site de Swiss Basket

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Fête du 1er août

01/08/2014 | Commentaires (0)

Fête nationale
A L’OCCASION DE LA FÊTE NATIONALE, nous avons quitté un instant la mer pour prononcer l’allocution du 1er août dans la Commune de Longirod (VD), lieu d’amorce de nombreux de nos travaux : * « Chères Longeroises, chers Longerois, bonsoir à toutes et à tous, C’est un grand honneur et un grand plaisir pour moi de me retrouver devant vous en […]
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Fête du 1er août 2014

01/08/2014 | Commentaires (1)

Fête nationale
A L’OCCASION DE LA FÊTE NATIONALE, nous avons quitté un instant la mer pour prononcer l’allocution du 1er août dans la Commune de Longirod (VD), lieu d’amorce de nombreux de nos travaux :
*
« Chères Longeroises, chers Longerois, bonsoir à toutes et à tous,
C’est un grand honneur et un grand plaisir pour moi de me retrouver devant vous en ce jour de fête nationale. Jour de célébration du 723e anniversaire du pacte fondateur de la Confédération.
723e anniversaire pour les trois cantons primitifs que sont Uri, Schwytz et Unterwald. Et à vrai dire 211e anniversaire pour nous autres Vaudois, qui avons le droit de participer à la fête depuis 1803, année de notre entrée dans la Confédération helvétique suite à l’Acte de Médiation de l’illustrissime Napoléon Bonaparte. Lui qui a contribué à libérer le Pays de Vaud, notre cher Pays de Vaud, des griffes des ours bernois.
*
Un honneur pour moi, parce que Longirod représente beaucoup pour ma petite personne. Oui, Longirod est depuis quelques années devenu pour moi un… Suite

Bird people

13/07/2014 | Commentaires (0)

Bird People

Bird PeopleVOUS AVEZ ENVIE DE VOIR UN BON FILM, rafraichissant et libérateur ? Procurez-vous Bird people, le dernier opus de Pascale Ferran (FRA/2014), avec la délicieuse Anaïs Demoustier, et l’excellent Josh Charles ! Il vous donnera des couleurs. Voire même des ailes.
A la surface, dans notre monde, tout est beau, tout est pratique. Humain, très humain, voire trop humain : pragmatique, idéaliste, autrement dit quadrillé, bétonné, air-climatisé. Nous-même y compris. En-dessous, pourtant, il y a toute une vie qui gronde, vie pleine, non seulement claire, mais encore obscure, remplie de mystère, d’innocence, de magie, de fantaisie, de rêve.
Habitués à bien faire les choses – comme on nous l’apprend depuis notre plus jeune âge –, on est amené à oublier de vivre vraiment. Nous voilà prisonniers de mille et une structures, sociales, professionnelles, familiales, morales, qui n’ont somme toute rien à voir avec notre existence profonde. Qui canalisent nos possibilités d’existence, nos désirs, écrasent notre sensibilité, notre ouverture, notre curiosité, notre imagination. Qui font… Suite

Vive les artistes de la vie

10/07/2014 | Commentaires (1)

Paul Klee
COMME IL EST DE FOND EN COMBLE ARTISTIQUE, le double mouvement réciproque de la vie – celui d’apparaître à la lumière, de se produire à partir du retrait et de la destruction dans les profondeurs cachées – repose sur la sensibilité, et non pas sur la raison.
Le mouvement réciproque de la vie n’est pas le fruit d’un dieu architecte, qui prend en compte un plan, des idées, qu’il réalise dans la matérialité sensible, mais d’un dieu artiste, qui joue à accompagner à la présence les forces productrices qui grondent dans l’absence.
La vie n’est donc pas – comme on le croit souvent – déterminée par les idées, mais par les sens, par la sensibilité. Aisthèsis, perception sensible, ouverture au monde qui est gage de survie, de maîtrise, de puissance, d’équilibre dans le va-et-vient des phénomènes. Sensibilité et ouverture qu’il convient donc de favoriser le plus possible, pour que l’homme ne se réduise pas à être un automate – et pour que… Suite

Résisprint international

07/07/2014 | Commentaires (0)

Chaux-de-Fonds_5
DIMANCHE 6 JUILLET s’est joué un des plus beaux meetings d’athlétisme du calendrier annuel helvétique : le Résisprint international sur le Stade de la Charrière à La Chaux-de-Fonds. Pourquoi un des plus beau ? Parce que, année après année, il y draine tant des athlètes du meilleur niveau mondial et européen que les meilleurs Suisses et quiconque […]
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Talent’s Challenge

05/07/2014 | Commentaires (0)

Talent
LE SWISS ATHLETICS TALENT’S CHALLENGE est une compétition d’athlétisme inédite en Suisse, destinée aux jeunes athlètes suisses (U18 et U20) des différents Centres nationaux de performance. PHUSIS a été engagé pour animer – à la voix et en musique – la première édition. Celle-ci s’est déroulée le dimanche 29 juin sur le Stade de la […]
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La sensibilité comme élément-clé

03/07/2014 | Commentaires (1)

OLYMPUS DIGITAL CAMERA
VIVRE, C’EST APPARAÎTRE, VENIR À LA LUMIÈRE, se nourrir, se déployer, sur fonds de retrait et de destruction.
Tout ce qui vit, tout ce qui fait partie de la vie ou nature comme phusis, est marqué par ce mouvement d’éclosion, issu d’une mystérieuse énergie – ou force, ou volonté, qu’importe comment on l’appelle – qui gronde et travaille au fond de tout phénomène.
Or cette énergie, cette force ou volonté est perpétuellement tourmentée. Tourmentée par quoi ? Par la souffrance. Elle souffre sans arrêt. Non pas du manque, de soif de lumière, du manque de clarté, de puissance, d’effectivité, comme on l’interprète volontiers depuis Platon et Aristote, mais de trop-plein, d’excès de plénitude. Si elle souffre, c’est parce qu’elle déborde de richesse, parce qu’elle est surabondamment riche.
Or l’unique manière qu’elle a de se libérer de cette souffrance, de cet insupportable trop-plein, consiste à se mettre en mouvement : à sortir de l’ombre, à s’extérioriser, à se manifester et à s’exprimer.
*La sensibilité comme élément-clé par… Suite

Entraînement d’Athletissima

01/07/2014 | Commentaires (0)

sion 6
MARDI 1er JUILLET, PHUSIS a assuré la bonne ambiance de l’« Entraînement des jeunes » d’Athletissima à Sion. Deux stars mondiales sont arrivées à 17h30 par les airs, en hélicoptère, sur le Stade de Sion : les champions du monde et champions olympiques du 100 m et de la longueur Justin Gatlin (USA) et Greg Rutherford (GBR). A […]
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CS de 10’000 m à Uster

27/06/2014 | Commentaires (0)

Tadesse Abraham
Les Championnats suisses de 10’000 m sur piste se sont déroulés le soir du vendredi 27 juin à Uster. Avec PHUSIS Animation au micro et à la régie son. Les courses ont été passionnantes. Tant chez les femmes que chez les hommes, les pelotons étaient joliment fournis. Les deux courses visaient des temps sous les minima exigés […]
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Philosophie

26/06/2014 | Commentaires (1)

labyrinthe initiatique Japon
UN DES BUTS DE PHUSIS.CH, NOTRE SITE INTERNET, est de partager notre « amour de la sagesse, du savoir », autrement dit de partager notre « philosophie ».
On n’y pense guère quand on emploie le mot, mais c’est justement ça que veut dire « philosophie » : l’amour (philia, en grec) de la sagesse, du savoir (sophia). Le philosophe – le vrai, non pas le pseudo-philosophe, l’imposteur – est donc celui qui aime (philein) la sophia, c’est-à-dire la sagesse, le savoir.
Mais qu’est-ce que veulent dire au juste les deux parties du mot ?
Pour comprendre ce que veut dire « aimer », le mieux est évidemment de penser à l’amour qui lie deux personnes. Amour qui les poussent à aspirer l’une vers l’autre, à se favoriser l’une l’autre, à vouloir être ensemble, l’une avec l’autre, près de l’autre, tout près, voire même dans l’autre, dans ce qu’elles font et dans ce qu’elles sont – ne serait-ce qu’en pensée, si l’une des deux n’est pas présente en l’occurrence.
*Philosophie par Michysos
*
Pour ce qui… Suite

Le mendiant volontaire

23/06/2014 | Commentaires (1)

vaches étonnées 2
Le mendiant volontaireQUAND ZARATHOUSTRA A QUITTÉ LE PLUS LAID DES HOMMES, il a soudain été pris de froid et de solitude. Beaucoup de choses glacées et singulières lui passaient par la tête. Et par le corps : la situation du monde, la laideur des hommes, le meurtre de Dieu, la perte de repères des gens, et mille autres fâcheux déséquilibres provoqués par la faiblesse humaine refroidissaient sa pensée et diffusaient jusque dans ses sens et ses membres.
Mais, malgré tout, Zarathoustra continuait à avancer dans les montagnes, toujours et encore, en direction du cri de détresse qui l’appelait au loin. Parfois en montant, parfois en descendant, passant tantôt le long de vertes et riches prairies pleines de vie, tantôt par-dessus des pierriers désertiques et sauvages, où sans doute, jadis, un impatient ruisseau aujourd’hui disparu avait fait son lit. Mais voilà que tout à coup, les sens et l’esprit aux aguets dans cette nature indifférente, à la fois pleine de promesses et de… Suite

Liberté

19/06/2014 | Commentaires (2)

Magritte
IL EXISTE, CHEZ NOUS AUTRES OCCIDENTAUX TARDIFS, apparemment bienheureux, un consensus généralisé sur la question de la liberté. Tout le monde s’accorde pour le dire : la liberté est quelque chose de bien, une valeur sûre, de haut rang et de grande importance. Et même plus : un des plus dignes et précieux acquis de notre formidable civilisation.
Oui, la liberté est une des idées les plus remarquables, née, apparue de notre surpuissante raison. Idée qui nous distingue non seulement des autres peuples (pour autant qu’il y en ait encore…), mais même bien plus largement de tous les autres êtres vivants de la planète, quant à eux inexorablement soumis au déterminisme naturel.
Spontanément, tout le monde dit à peu près ça à propos de la liberté.
Généralement, la liberté, on la définit comme la possibilité d’agir à sa guise, sans restriction ni contrainte d’aucune sorte. Être libre, c’est autrement dit pouvoir faire ce qu’on veut, quand on veut, où on veut, avec qui on veut,… Suite

AtletiCAGenève

14/06/2014 | Commentaires (0)

New Picture
LES AMOUREUX D’ATHLÉTISME avaient rendez-vous samedi 14 juin sur le Stade du Bout du monde pour vivre la 27e édition du Meeting international de Genève AtletiCAGenève. Toute l’équipe de PHUSIS Animations a une nouvelle fois contribué à ce que ambiance soit excellente et à ce que le chrono s’affole. Comme chaque année, il y a avait du très très beau […]
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Héphaïstos

12/06/2014 | Commentaires (3)

Hephaistos
PRÉCISION QUANT À LA GENÈSE DE L’IDÉE abstraite dans la pensée de la plante malade, assoiffée d’éclosion et de lumière qu’est Platon, le fondateur de notre tradition de notre rapport au monde. Après avoir été aveuglé par le soleil – en punition de son aspiration démesurée (hubris) à la lumière –, Platon se trouve plongé dans une situation de crise : dans l’obscurité qu’il abhorre.
Mais, loin de se raviser, il continue à croire mordicus que son salut se trouve dans la clarté de la vue. Au lieu de corriger le tir, de s’ouvrir aux autres sens – qui lui permettraient de regagner l’équilibre perdu au sein du mystérieux va-et-vient des phénomènes –, il redouble au contraire l’intensité de sa quête de lumière et de stabilité. C’est ainsi qu’il en vient à « invoquer et déployer des forces inimaginables, surpuissantes ».
Ces mots sont à prendre à la lettre. Pour parer son handicap, Platon invoque un dieu, – comme on le fait à l’époque, quand… Suite

Genèse de l’idée

05/06/2014 | Commentaires (0)

Platon indique le ciel des idées
TOUTE PLANTE EST PRISE PAR UNE MYSTÉRIEUSE FORCE intérieure, qui la pousse à sortir de l’ombre et à venir à la lumière : à se déployer, à croître, à s’ouvrir à partir de ses racines, de ses profondeurs cachées.
Un jour, il y a très longtemps, en Grèce, apparaît une plante un peu spéciale, démesurément assoiffée de lumière et de force. Après s’être déployée jusqu’à son stade d’éclosion et de beauté maximales – celui de la plus grande tension entre l’apparaître et le disparaître, l’ouverture et le retrait –, elle se met soudain à refuser la cruelle et tragique vérité de l’existence : celle de la nécessaire stagnation et de l’inéluctable déclin des phénomènes.
Toujours assoiffée de lumière, elle en vient à négliger ses ressources, perdre l’équilibre et à tomber malade. Voulant que son éclosion, son ouverture, sa beauté, sa puissance ne cesse de croître, elle est prête à tout pour gagnerla lumière la plus claire, la plus pure, dénuée de toute ombre et… Suite

Gradation du vivant

29/05/2014 | Commentaires (0)

Nature dominée par l

DEPUIS LE DÉBUT DE NOTRE TRADITION, fondée dans la Grèce antique par Platon et Aristote, on considère les êtres vivants, les phénomènes de la nature, selon une gradation. Gradation du vivant qui va de la matière première, inorganique jusqu’aux dieux, en passant par toute une série d’êtres vivants toujours plus évolués.
Or le critère de cette gradation est la capacité vitale : c’est-à-dire l’accroissement du déploiement ou de l’éclosion de la vie (phusis), caractérisée par le fait de se nourrir, de croître et de procréer de soi et par soi, à partir de ses profondeurs cachées.
Si cette capacité vitale est nulle dans l’eau, la terre, les pierres, etc., elle apparaît de manière très limitée dans les plantes, qui se trouvent confinées à l’endroit où elles plongent leurs racines. Chez les animaux, elle est plus riche, et même de plus en plus riche selon leur développement et évolution. Et ce jusqu’à l’homme, chez qui d’ailleurs la gradation continue à se poursuivre, en fonction… Suite

Implenia Party

27/05/2014 | Commentaires (0)

Implenia Party_1
SAMEDI 24 MAI, PHUSIS a contribué à la réussite d’une première : l’Implenia Party organisée dans le mythique Stade du Letzigrund pour ses employés. Comme amuse-bouche des Championnats d’Europe d’athlétisme qui se dérouleront en août prochain à Zurich. Le programme festif mis sur pied a tenu compte des goûts de chacun. Il y avait des attractions pour petits et grands. […]
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L’athlétisme – ensemble

22/05/2014 | Commentaires (0)

L

«LEICHTATHLETIK ZUSAMMEN». Deutsches Video unten! * 
JE NE SAIS PAS CE QUE VOUS AVEZ FAIT, vous, les vendredi 7 et dimanche 9 mars derniers. Moi, j’ai regardé la télévision. Avec des gens que j’aime bien et qui, comme moi, aiment la vie, et donc le sport, et donc en particulier… l’athlétisme.
Oui, ce week-end-là, il y avait pour un fois de l’athlétisme à la TV. Sur Eurosport. Les Championnats du monde en salle à Sopot (POL). Alors nous, on s’est rassemblé devant le petit écran, pour ne pas manquer ça. En fait surtout pour regarder quelqu’un qu’on aime bien. Une fille. Une Suissesse. Une coureuse de 800 m.
Des CS aux CM
La dernière fois qu’on l’avait vue, c’était aux CS en salle. Et ça avait déjà été pas mal. D’abord en séries, où elle est partie toute seule, loin devant les autres, dans une salle surchauffée, totalement acquise à sa cause. Pour finir en 2’03″52 ! Puis, tout aussi impressionnant, le lendemain, en finale,… Suite

Deux types de beau

15/05/2014 | Commentaires (1)

Ideal de beauté
LE PLUS SOUVENT, QUAND ON JUGE QUELQUE CHOSE « BEAU », c’est qu’il correspond à nos idées de beauté. Si, par exemple, on rencontre une jolie femme, dont l’aspect coïncide avec notre idée de beauté féminine – idée façonnée par les magazines, la télévision, la publicité, une femme avec telle paire de seins, telle paire de fesses, telle taille, telles lèvres, tel visage, etc. –,on a tôt fait de la taxer de « belle » et, forcément, de s’y intéresser de plus près.
Mais voilà, souvent, en s’y intéressant, il y a tout à coup quelque chose qui cloche : la femme en question, qu’on a jugée « belle » de loin, s’avère au fond, de près, loin d’être belle. Oui, au lieu du sentiment de plaisir habituellement lié à la beauté, il y a tout à coup un malaise qui pointe.
La femme en question a beau ressembler par maints côtés à l’idéal de beauté, on ne ressent tout à coup plus grand-chose à son égard : l’émotion esthétique,… Suite

Appel de Dionysos

11/05/2014 | Commentaires (0)

acheloos
Realimentation 537-574IL Y A PEU, LE CHŒUR EST RÉAPPARU sur scène, et s’est adressé à Dircé, symbole de l’originelle pureté des eaux thébaines. Dircé, jadis favorable à Dionysos, aujourd’hui au service de Penthée qui impose ses idées et sa vision du monde jusque dans les moindres recoins de la cité.
Voilà que le chœur se prononce sur le roi, dont il relève et commente l’immense et profonde colère, issue de son ascendance chtonienne. S’il aspire tant à la lumière, à la clarté, au bon ordre et à la stabilité, ce n’est pas par hasard – on se le rappelle, jamais, les choses ne se passent par hasard –, mais parce qu’il est indirectement né de Gaïa, la terre. Indirectement, en tant que fils d’Echion, dont le nom est apparenté à échis, la vipère, le serpent, en lien avec la dent de dragon de laquelle ce dernier a surgi, en armes, parmi d’autres guerriers autour de Cadmos – le grand-père de Penthée… Suite

Beauté

08/05/2014 | Commentaires (3)

FLeur
LES DICTIONNAIRES DÉTERMINENT LE « BEAU » comme « ce qui plaît à l’œil et fait éprouver une émotion esthétique ». Autrement dit : est beau ce qui, quand on le regarde, fait du bien, donne un sentiment de satisfaction.
Mais d’où provient cette plaisante émotion esthétique ? Telle est la question : de la tête ou du corps ? De la vue de l’esprit ou de la vue sensible ? De nos idées ou de notre perception sensible en général ?
Pour le dire de manière inversée : est-ce qu’on considère une chose belle parce qu’on la ressent comme telle, ou parce qu’elle correspond à notre idée de beauté ? S’agit-il d’une sensation spontanée, de l’ordre de l’aisthèsis grecque, de la perception sensible, ou d’une compréhension rationnelle, de l’ordre de l’esthétique moderne, idéaliste ?
Automatiquement, on dira que notre jugement provient de nos idées. Mais l’expérience montre que, si notre jugement n’est pas que mécanique et superficiel, il provient à vrai dire de la « sensibilité esthétique » ou aisthèsis qui nous caractérise tous comme êtres vivants.
*Beauté… Suite

CS de courses estafettes des FSG

03/05/2014 | Commentaires (0)

Pendelstafette-SM_2014
DIMANCHE 4 MAI, PHUSIS a animé les deuxièmes Championnats suisses de courses estafette des clubs de FSG (Fédération suisse de gymnastique) : les ainsi nommés STV Pendelstafette-SM. Dès 10 h le matin, quelques 90 équipes étaient de la partie dans le Stade de la Schützenmatte à Bâle. Des équipes de 6 ou 8 se sont battus […]
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Sensibilité esthétique

01/05/2014 | Commentaires (0)

5110781-la-nouvelle-vague-esthetique

PRÉCISION DE CE QUE VEUT DIRE le mot « esthétique ». Pour mieux comprendre comment il se fait qu’on puisse expérimenter le monde comme un immense complexe artistique, ou justement esthétique.
Dans le langage courant, le terme « esthétique » est aujourd’hui synonyme de « beauté ». Si quelqu’un trouve quelque chose d’« esthétique », c’est qu’il le trouve « beau ». Quand on parle d’« esthétique », on pense aux « salons d’esthétique », à la « chirurgie esthétique », qui nous permettent de remodeler et d’embellir les formes de notre corps, de notre visage : notre nez, par exemple, ou nos fesses, ou encore nos seins…
Pourquoi ? C’est simple : pour être, ou plutôt paraître le plus jeune, le plus frais, le plus dispo, le plus clinquant et le plus beau possible.
*Sensibilité esthétique par Michysos
*
C’est toujours la même histoire : être ou plutôt paraître en fonction d’une idée : de l’idée qu’on se fait du beau ; de notre idéal de beauté, qu’on désire voir incarné dans notre personne. Et hop, on va voir une esthéticienne ou un chirurgien esthétique, qui… Suite

Le monde : complexe artistique

24/04/2014 | Commentaires (0)

art-negre-premier

SUITE À SES PRÉCÉDENTES ANALYSES de la vie artistique, le Dr. MietZsche en vient à montrer comment, sur la base de la réinterprétation moderne du mot « esthétique », s’est joué la réduction de la sensibilité en général à la seule considération humaine du beau. Comment, autrement dit, la dimension artistique, esthétique, sensible de la vie a été reléguée aux calendes grecques. 
*
Attention : le texte est relativement dense et exige peut-être plusieurs lectures et visionnements.
*
AUSSI ÉTRANGE QUE CELA PUISSE PARAÎTRE, le mot-clé pour expérimenter et comprendre notre monde et rapport au monde est le mot « art », traduction latine du grec technè poiètikè, qui veut dire – on l’a déjà vu – prise en compte (technè) en vue de la production (poiètikè).

Même si on essaie de nous faire croire quantité d’autres choses, au fond, notre monde est un immense complexe artistique, constitué d’innombrables œuvres d’art. Tous les phénomènes vivants – toutes les plantes, les animaux, les hommes – sont en effet des œuvres d’art, produites… Suite

Amour et vin à Fully

21/04/2014 | Commentaires (0)

Eros au Louvre
VENDREDI 25 AVRIL, PHUSIS a organisé une soirée « Philo et vin » à Fully (VS). Finalement non pas dans le nouvel espace de rencontres (pas encore prêt) de la vigneronne Marie-Thérèse Chappaz, mais… dans son salon.  Quelque 25 personnes étaient de la partie. Pour parler d’amour, de vin et de philosophie. Autrement dit de l’ivresse de la vie […]
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Soyons qualitatifs !

17/04/2014 | Commentaires (0)

temps-modernes.1294674756

CHRONIQUE DE PRÉCISION vis-à-vis de la dernière intervention du Dr. MietZsche, qui a donné lieu à un malentendu. Que ce soit dit une fois pour toutes, MietZsche et moi-même n’avons absolument rien contre la science et la technique. Pas plus que nous sommes contre les formidables progrès, appareils, prothèses, iPhone et autres augmentations qu’elle permet.

Se révolter contre les progrès de la science et de la technique est d’ailleurs non seulement idiot, mais encore vain, tant ceux-ci nous avantagent et sont aujourd’hui devenus incontournables.
Que ce soit clair : nous n’avons donc absolument rien contre l’augmentation des capacités de l’homme, ni contre toutes formes d’hommes augmentés. Si nous sommes contre quelque chose, c’est contre les hommes simplifiés ; contre la simplification – dans nos têtes et nos sens – qu’implique bien souvent notre augmentation technoscientifique.
*Soyons qualitatifs ! par Michysos
*
Oui, par faiblesse, au lieu de sentir les choses, on a tendance à choisir la facilité et se comporter en singes ou architectes imitateurs : imitateurs superficiels… Suite

Finales de Coupe suisse de basket

12/04/2014 | Commentaires (0)

Le capitaine genevois Brown soulève un trophée amplement mérité pour les Genevois.
SAMEDI 12 AVRIL, PHUSIS a participé à l’animation de la plus grande manifestation de basketball helvétique : les finales de la Coupe suisse. L’événement a eu lieu dans la Halle St-Léonard à Fribourg, devant quelques 3000 spectateurs. Les parties ont été diffusées en direct à la TV sur RTS2. * Côté féminin, Helios Vétroz, invaincu […]
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L’homme augmenté

10/04/2014 | Commentaires (0)

Cyborg

EN NE SE FIANT QU’À CE QUI SE MONTRE – à ses yeux (les apparences) et à son esprit (les idées ou concepts) –, l’homme néglige l’indispensable ressource artistique cachée de la vie.
Au lieu d’être un artiste de la vie tragi-comique, il est un formaliste stérilisateur : un architecte idéaliste qui passe sa vie à dessiner des plans qu’il s’efforce de réaliser dans le sensible, – en écrasant par là les infinies possibilités, nuances et autres richesses inhérentes à la vie.
Nous l’avons vu : l’homme prend par là la place de l’ancien Dieu-architecte. Il ne se considère plus à partir d’une essence supérieure, divine, mais sous le signe de sa propre perfectibilité et malléabilité. C’est ce que les transhumanistes appellent l’advanced man, l’homme augmenté, comme on dit en français.
L’homme augmenté, c’est l’homme objectivé, mécanisé, qu’on ne soigne plus mais qu’on répare, comme on répare une automobile : l’homme sujet à des prothèses, des implants ; l’homme fabriqué, connecté dont on manipule jusqu’aux neurotransmetteurs.
*Homme augmenté… Suite

Soi-même comme œuvre d’art

03/04/2014 | Commentaires (2)

Palette

DES FOIS, ON A TELLEMENT DE CHOSES à faire, à organiser et à régler, on va tellement vite, on a tellement la tête dans le guidon qu’on fonctionne comme des automates, sans la moindre sensibilité ni ouverture pour le monde qu’on est et qui nous entoure.

Alors bien sûr, on est peut-être efficace, peut-être même bien vu, puissant, riche ou je ne sais quoi encore, mais on est à vrai dire à la remorque de nous-mêmes en nos possibilités d’existence : quelque chose de triste, de monotone : quelque chose comme une vis, centrée sur elle-même. Vis qui a certes un rôle dans la machinerie familiale, sociale, professionnelle, politique et économique, mais un rôle dangereux pour la vie en sa dimension artistique, productrice de nuances, de couleurs, de résonnances, de beauté et de joie ; dangereux pour la vie pleine de mystères, dont l’enjeu est qu’on se réalise en tant qu’œuvre d’art.
A vrai dire, c’est toujours la même histoire : la question est de savoir… Suite

Phusis poïétique

27/03/2014 | Commentaires (0)

Louis Soutter_Volagie

PROLONGEANT SON EXPOSITION DE LA VIE ARTISTIQUE, le Dr. MietZsche montre dans quelle mesure l’homme (occidental), par sa focalisation outrée sur les idées abstraites, a tendance à écraser la richesse de la vie sensible.
*
Contrairement à ce qu’on a cru dans notre tradition, les phénomènes de la vie ne se donnent, dévoilent et déploient pas sans autres, en toute spontanéité, d’après une essence préétablie. Pas davantage qu’ils ne se retirent, déclinent et périssent spontanément, selon un programme préexistant.

Le monde n’est pas le produit d’un dieu architecte, qui façonne toute chose en fonction d’une idée intelligible, qu’il réalise dans la matérialité sensible. Non, le double mouvement interdépendant de la vie – celui d’apparaître et de disparaître, de s’ouvrir et de se fermer, de venir à la lumière et de plonger dans l’obscurité, de se montrer et de se retirer, de grandir et de rapetisser, de naître et de mourir, etc. – est marqué par une énergie, une productivité propre.
S’il y a un dieu… Suite

Le plus laid des hommes

23/03/2014 | Commentaires (0)

Héron tête en arrière
Le plus laid des hommesAPRÈS AVOIR QUITTÉ LE DERNIER PAPE, Zarathoustra s’est de nouveau laissé emporter par ses pieds à travers les montagnes et les forêts. Et partout ses yeux ont cherché et cherché encore l’homme dont il entendait, au loin, le grand cri de souffrance et de détresse ; l’homme pressenti comme étant l’homme supérieur. Mais nulle part l’homme en question n’était visible. Nulle part ses yeux n’ont pu voir celui qu’ils voulaient découvrir. Cependant, chemin faisant, loin de se plaindre du caractère infructueux de ses recherches, Zarathoustra jubilait dans son cœur, reconnaissant envers ce qui lui a été réservé jusqu’ici. « Que de bonnes choses m’a offert ce jour ! », se disait-il : « En contrepartie d’avoir si mal commencé ! Quels étranges interlocuteurs j’ai rencontrés : êtres solitaires, en quête d’horizons, qui se sont élevés au-dessus de la foule !
Aussi bizarres qu’elles soient parfois de prime abord, leurs paroles n’est pas sans intérêts. Je veux maintenant les mâcher, longuement, comme de bons grains. Les ruminer…. Suite

Trois genres d’art

20/03/2014 | Commentaires (0)

What is art

A EN CROIRE LES NOMBREUX RETOURS, que nous recevons toujours avec grand plaisir, bonne nouvelle : le Dr. MietZsche, fait l’unanimité sur phusis.ch. Tout le monde semble apprécier le haut niveau, la grande clarté, la remarquable pertinence et le côté « tchac-tchac-tchac » de notre illustre invité.

Pourtant, même que très apprécié, il y en a qui ont manifesté leur souhait de voir ses propos illustrés d’exemples. Notamment pour ce qui est de sa dernière chronique sur l’art, dont la question était de savoir quelles images ou idées l’artiste prend en compte lors de sa production.
L’artiste prend-il en compte : 1) la réalité sensible en sa manière d’apparaître ? 2) Les idées abstraites, rationnelles et morales, telles qu’on se les figure dans notre conscience ? Ou 3) les idées concrètes, pulsives, telles qu’elles se font jour dans notre imagination inconsciente, notamment dans l’état de rêve ou d’ivresse, quand on ne fait qu’un avec les puissantes ressources ou racines cachées de la vie ?
*Trois genres d’art par Michysos
*
Selon ce qu’il… Suite

Only Lovers left alive

16/03/2014 | Commentaires (0)

"only lovers left alive"
FILM DE JIM JARMUSCH, avec John Hurt, Tilda Swinton, Mia Wasikowska, Tom Hiddleston, USA, 2014. Lutte des forces musicales dans un monde aux abois. A ne pas manquer.
Adam et Eve, tout le monde les connaît ; ou en a en tout cas entendu parler. Adam, c’est l’homme que Dieu a modelé à son image, dans l’Eden, le paradis terrestre. Eve, c’est la femme que Dieu a créée à partir d’une côte d’Adam, pour que ce dernier ne soit pas tout seul. Dans la vision chrétienne du monde, Adam et Eve forment le premier couple humain. Couple bienheureux. Jusqu’à ce qu’ils succombent à la tentation de connaissance. Avec pour conséquence d’être expulsés du paradis et de se mettre à peupler la terre.
Si cette histoire, tout le monde la connaît, seuls ceux qui ont vu le dernier Jim Jarmusch savent que loin de n’être que des personnages bibliques, des figures symboliques, antédiluviennes, mortes depuis longtemps, Adam et Eve existent bel et bien encore…. Suite

Art – savoir-faire

13/03/2014 | Commentaires (0)

DCIM100MEDIA

LE MOT « ART » VIENT DU LATIN ARS, traduction du grec technè, technè poiètikè qu’on traduit généralement par savoir-faire : prise en compte d’une certaine image ou idée (dont on a un savoir), en vue de sa production (faire) dans une certaine matérialité sensible.

Toute œuvre d’art est le fruit d’une telle pro-duction, au sens de la conduite (ducere) à (pro) la présence manifeste.
La question est évidemment de savoir quelles images ou idées l’artiste prend en compte lors de sa production. Or celles-ci peuvent être de deux ordres : sensible ou non sensible.
*Art – savoir faire par Michysos
*
1. 
Soit, dans sa production, l’artiste prend en compte des images de la réalité sensible : un paysage, un corps, un chalet à la montagne, etc. Réalité sensible qu’il va reprendre et mettre en évidence (mimèsis), le plus souvent pour en faire ressortir la beauté.
Ce qui donne un art qui peut certes être très joli, très agréable, mais à vrai dire superficiel et donc sans grand intérêt.
2. 
Deuxième possibilité : l’artiste… Suite

Jeu de la vie

06/03/2014 | Commentaires (1)

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SI ON EN CROIT LES CHIFFRES, on est aujourd’hui plus de 7’200’000’000 de personnes sur notre bonne vieille planète terre. 7’200’000’000 de personnes à être nées ; et donc, en conséquence, 7’200’000’000 de personnes vouées à disparaître.

A ce qu’on dit, il y a chaque jour quelque 170’000 personnes qui meurent. Chaque jour. Ce qui fait évidemment beaucoup – beaucoup de larmes, d’enterrements, de tristesse, etc. – mais ce qui fait en même temps pas tant que ça si on considère le nombre d’importuns et de fâcheux qui peuplent notre monde.
Quel bonheur ce serait si les arrogants, les lèche-bottes, les êtres veules, qui ne font, dans leur vie, que chercher leur confort et gloire médiocres et écraser les possibilités d’existence de ceux qui cherchent à exprimer les forces surpuissantes qui nous traversent tous, quel bonheur ce serait si ces personnes-là périssaient un peu plus facilement !
*Jeu de la vie par Michysos
*
Nous, c’est en tout cas ce qu’on se dit, ces jours, depuis qu’on… Suite

10 km de Payerne

02/03/2014 | Commentaires (0)

10km_Payerne
DIMANCHE 2 MARS ont eu lieu les 10 km de Payerne. PHUSIS était de la partie pour animer la course et faire en sorte que l’ambiance soit de mise avant, pendant et après l’épreuve. Les premiers départs (des plus jeunes enfants) se sont joué à 10 heures. Le coup de feu de la grande course […]
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Apparition du Dithyrambe

02/03/2014 | Commentaires (0)

Cep de vigne face au soleil

Realimentation 519-536TOUJOURS AUSSI FIER ET SOURD aux diverses mises en garde qu’on lui fait, Penthée vient de commettre un énième acte d’hubris en faisant attacher l’étrange Lydien – qui n’est autre que Dionysos – aux râteliers des sombres écuries du palais. Pendant ce temps, un tambour annonce l’arrivée du chœur.

De retour sur scène, le chœur s’adresse à la divine Dircé, symbole des pures eaux de Thèbes ; Dircé, la fille d’Achéloos, le plus grand fleuve de Grèce ; Dircé, la souveraine et belle vierge thébaine, divine source qui jadis a reçu et lavé dans ses eaux courantes, dans ses flots jaillissants, le nouveau-né de Zeus, le petit Dionysos ; rejeton fœtal que Zeus lui-même a arraché du brûlant ventre de sa mère, l’humaine Sémélé, foudroyée par le feu immortel de son divin amant quand ce dernier a accepté de se montrer à elle dans tout l’éclat de sa splendeur.
C’est donc grâce à elle, Dircé, que Zeus a pu laver et sauver son rejeton… Suite

Trois niveaux de phénomènes

27/02/2014 | Commentaires (2)

Lunettes pour faire des enfants des adultes

PARMI NOS CINQ SENS, c’est dans notre tradition sans conteste la vue qui prime. La vue sensible, bien sûr, qui nous permet de voir ce qui se montre à nos yeux, de l’observer et le manipuler à notre guise ; mais aussi la vue intelligible, qui nous permet d’imaginer les choses dans notre esprit.

Aussi pouvons-nous distinguer trois niveaux de phénomènes :
D’abord le niveau sensible visible : l’arbre avec son tronc, ses branches, ses feuilles, ses bourgeons, ses fleurs, ses fruits, etc. qui sont autant d’apparences multiples et problématiques parce qu’en perpétuel devenir changeant.
Ensuite, par-delà celui-ci, le niveau intelligible de l’idée ; idée abstraite et schématique de l’arbre sensible ; Idée qui a pour avantage d’être de toute stabilité, beauté, bonté et vérité – et donc absolument pas problématique.
Enfin, last but not least – même qu’on a tendance à l’oublier et à le négliger, alors même qu’il est très important –, le niveau, sensible lui aussi, mais caché à la vue, des racines de l’arbre : réserve… Suite

Ultime vérité de la vie (rappel)

20/02/2014 | Commentaires (0)

Das trunkne Lied
RAFRAÎCHISSONS-NOUS LES IDÉES. Vous le savez, la phusis est bien souvent mise à mal par la passivité et réactivité des hommes aveuglés par leurs éblouissantes idées.
Et si on regardait la vie en face ? La neige, les cailloux, la mousse, les interstices, les mystères, les désirs, etc., pour mieux se rappeler la vérité ultime de la vie : bien que fondamentalement marquée par la souffrance, ce n’est pas la négation, mais le plaisir et l’affirmation de la vie qui priment. Oui, la moindre trace de plaisir vient tout compte fait justifier l’ensemble des hauts et des bas qui rythment la vie ici et maintenant.
*Ultime vérité de la vie (rappel) par Michysos
*
Ô homme ! Prends garde !
Que dit le profond minuit ?
« Je dormais, je dormais –,
« D’un profond rêve je me suis réveillé : –
« Le monde est profond,
« Et plus profond que ne le pensait le jour.
« Profonde est sa douleur –,
« Plaisir – plus profond encore que la souffrance du cœur :
« La douleur dit : disparais !
« Mais tout plaisir veut l’éternité –,
« – veut… Suite

La phusis dans notre monde

13/02/2014 | Commentaires (1)

Arbre

INVITÉ EXCEPTIONNEL sur www.phusis.ch, qui va de temps en temps nous faire l’honneur d’intervenir dans nos chroniques. D’origine grecque, française, allemande et, depuis la deuxième guerre mondiale forcément aussi anglo-américaine – et de plus en plus chinoise –, il a pour avantage d’être à la fois sensible, intelligent et efficace.

Il s’agit du Dr. Ludovic Mietzsche. Pour cette première, il a tenu à clarifier deux-trois choses sur… la phusis elle-même dans notre monde…
Vous le savez : « phusis » est l’ancien mot grec pour « nature ». Il signifie l’éclosion productrice et spontanée de la vie à partir du retrait, de la destruction et de la mort. D’un côté, il y a l’apparaître, le visible, de l’autre le disparaître, l’invisible – qui est très important. Toute existence est ainsi rythmée par la perpétuelle tension entre l’un (visible) et l’autre (invisible) ; tension hostile et amoureuse à la fois qui fait naître, vivre et décliner, puis périr tous les phénomènes de la nature, ou phusis.
*La phusis dans le monde… Suite

CS élite en salle

12/02/2014 | Commentaires (0)

New Picture (1)
LE WEEK-END DES 15 ET 16 FÉVRIER, PHUSIS Animations a mis en scène les meilleurs athlètes suisses à l’occasion des Championnats suisses élite en salle sur les hauts de Bienne à Macolin. Pour « Macolin 2014 », PHUSIS ne s’est pas seulement engagé à donner de la voix et de la musique pour animer athlètes et […]
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Hors service

10/02/2014 | Commentaires (0)

http://graffiti-art-on-trains.blogspot.com/
Hors serviceA PEINE DÉBARRASSÉ DE L’ILLUSIONNISTE, Zarathoustra a repris son chemin en direction du cri de détresse qui continuait à l’appeler plus bas. Mais, très vite, il est tombé sur un nouvel individu, assis au bord du chemin : un vieil homme, long, habillé tout en noir, le visage maigre et pâle. Apparition lourde et triste qui, forcément, n’a pas plu à Zarathoustra. Et l’a même violemment contrarié. « Malheur, a-t-il dit à son cœur : quelle est cette affliction encagoulée assise là, du genre des prêtres ? Que me veulent donc ceux-ci, les dévots, les chrétiens, dans mon royaume ?
Ce n’est pas possible ! Je viens de réchapper de l’illusionniste, et voilà qu’il faut qu’un autre noir magicien me passe en travers du chemin.
Dieu sait de quel sorcier, de quel guérisseur par simple apposition des mains il s’agit. A quel sombre thaumaturge, nécromancien ou autre faiseur de miracles de la grâce de Dieu j’ai à faire. Une chose est sûre, c’est un calomniateur du monde… Suite

Equilibre des forces

06/02/2014 | Commentaires (0)

Gleichgewicht

« GLEICHGEWICHT DER KRÄFTE ». Deutsches Video unten !
PRIS QU’ON EST PAR NOS PETITES AFFAIRES, on a souvent tendance à oublier que la vie est un jeu. Que tout ce qu’on vit est le fruit d’une lutte, d’une tension – pas toujours très drôle – entre deux types de forces qui nous travaillent en même temps. D’une part celles qui nous poussent à apparaître, à sortir de l’obscurité pour grandir, produire, briller, dominer, jubiler ; d’autre part celles qui nous conduisent au retrait, au déclin, à l’assombrissement, la destruction et finalement la disparition.

Toute la vie est organisée et rythmée par ces forces qui jouent ensemble, les unes avec et contre les autres. Et pour nous, pour chacun d’entre nous, l’enjeu est de parvenir à y trouver un équilibre. Pour ne se faire démolir ni par la survalorisation de soi-même, son envie de triompher, d’être en tête d’affiche ; ni par sa propre dépréciation, qui mène à déprimer et vouloir disparaître.
Deutsches Video :
*Gleichgewicht… Suite

Nymph()maniac, Part 2

03/02/2014 | Commentaires (0)

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DEUXIÈME PARTIE DU DERNIER OPUS DE LARS VON TRIER, avec Charlotte Gainsbourg, Shia LaBeouf, Stacy Martin, Uma Thurman, Stellan Skarsgard, Christian Slater, Connie Nielsen. Expression de la folie furieuse qui gronde au fond de nous (bis). Films à ne pas manquer.

Voilà bien longtemps qu’on sait que Lars von Trier est fou : qu’il est pris de mania, de folie. Et voilà bien longtemps qu’on a remarqué que sa folie n’est pas une maladie mentale, clinique, purement humaine, mais qu’elle découle du fait qu’il se laisse posséder par des forces divines, qui le traversent de fond en comble. Puissances qui le détournent de la vie quotidienne, de la compréhension générale et le plongent dans l’intériorité la plus profonde et la plus secrète de l’existence et du monde.
Dans le fond abyssal de la vie
Or cette dernière, qui n’est autre que le fond abyssal de la vie, est largement marquée par le mystérieux et incessant désir d’apparaître à la lumière à partir des profondeurs cachées. Par… Suite

Invité exceptionnel

30/01/2014 | Commentaires (1)

invite mystere

IL NOUS A ÉTÉ RAPPORTÉ, de manière indirecte, par un certain nombre de chemins détournés…

Il paraît que quelqu’un aurait dit que, dans nos chroniques phusiques, sur phusis.ch, le site de la LCBAH et de la DNTVDH, de la Lutte contre la bêtise et l’arrogance des hommes et de la Défense des nuances et des traces de vie qui dépassent l’homme…
Il paraît donc qu’on aurait, dans nos chroniques, tendance à… dire un peu toujours la même chose, autrement dit à… tourner en rond.
Comme toutes les autres critiques non constructives, cette critique nous a bien sûr fait mal. Mais, comme toutes les autres critiques non constructives, elle ne nous a pas tués ; elle a en même temps eu pour avantage de nous rendre plus forts.
*Invité exceptionnel par Michysos
*
Aussi avons-nous – toute la joyeuse équipe que nous sommes – décidé de prendre des mesures.
Dès la semaine prochaine, au lieu de continuer à m’agiter toujours tout seul, ici, pour défendre la phusis, un invité… Suite

Hauteur et Musique

28/01/2014 | Commentaires (0)

Mélanie Skotnik
SAMEDI 1er FÉVRIER, PHUSIS s’est déplacé sur les hauteurs de Sainte-Croix pour y décorer et animer le deuxième Meeting national « Hauteur et musique ». Meeting d’athlétisme entièrement consacré au saut en hauteur et à la… musique, chaque athlète s’élançant sur le morceau de son choix. De quoi faire bondir tout le monde, athlètes et spectateurs très […]
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Game over ?

23/01/2014 | Commentaires (0)

Vie et mort
IL A FAILLI NE PAS Y AVOIR DE CHRONIQUE, aujourd’hui.
Quelle idée de dingue que d’annoncer comme ça, du jour au lendemain, une chronique toute les semaines, qui plus est à jour et heure fixe ! Quelle idée d’annoncer ça dans un monde où, au fond – même si ça n’a pas l’air, si tout est mis en œuvre pour nous faire croire le contraire –, tout est terriblement incertain et éphémère. A commencer par nos pauvres petites personnes…
Oui, on a beau dire, beau faire, beau s’agiter dans tous les sens, à chaque instant, ça peut être la fin : la fin du jeu – Game over. Oui, à chaque moment, on peut perdre sa belle forme et quitter le monde des apparences, des possibles, des plaisirs, des souffrances, des joies, des peines, etc., pour disparaître dans les profondeurs abyssales et informes dont on a, un jour, par pur miracle et pur bonheur, émergé pour pouvoir faire notre chemin et accomplir notre tâche… Suite

Les mystères antiques : un mystère

20/01/2014 | Commentaires (0)

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PAR DÉFINITION, LES MYSTÈRES sont obscurs, secrets, difficiles à saisir et à comprendre ; ils sont en un mot… mystérieux. L’étymologie du mot « mystère », μυστήριον en grec, va déjà dans ce sens : le terme provient du verbe « μύειν » qui signifie fermer, notamment en parlant des yeux, mais aussi d’autres ouvertures, comme par exemple celles des oreilles ou des lèvres. Les mystères recèlent une dimension inconnue, secrète, ambiguë, fermée à notre vue, pensée et langage – et partant irréductible à notre vision du monde et à nos concepts de raison.
Généralités
Dans l’antiquité, les mystères font partie intégrante de la vie religieuse. En Grèce, puis chez les Romains, ils sont le nom de fêtes, de cérémonies ou de cultes à part, non pas publics, ouverts, mais… secrets, réservés aux seuls initiés, les ainsi nommés μύσται, les mystes.
Le fait qu’une des particularités des mystères consiste en leur caractère initiatique, la traduction latine des termes μυστήρια, μύειν, μύησις par initia, initiare, initiatio l’indique elle-même. A partir de… Suite

Ronds et carrés

16/01/2014 | Commentaires (0)

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IL PARAÎT QUE CE N’EST PAS DU TOUT VRAI que les gens sont comme les tomates hors sol : qu’ils sont ennuyeux, ternes, sans ligne, sans caractère ; qu’ils sont ronds, mous, fades, en un mot insignifiants.

Oui, il paraît que ce n’est pas vrai du tout : que loin d’être des objets de fabrication uniformisés, dociles et ronds, les gens sont bien plutôt… carrés.
Les tomates, et tout ça, ce n’est qu’une image ; une accroche de pensée, une mise en perspective, non pas pour dire une vérité objective, scientifique, mais juste pour indiquer une tendance, pour faire penser.
*Ronds et carrés par Michysos
*
Oui on commence à en avoir marre des critiques idiotes, des idiots, des gens noueux, carrés, fermés sur eux-mêmes, qui ont un avis tranché sur tout, des obstinés qui n’évoluent pas, ou seulement dans leur cadre : des gens têtus, butés, anguleux, carrés, exclusifs…
Il y a une infinité d’objets comme les tomates hors sol. Objets qui sont à vrai dire tous les mêmes, certes… Suite

Nymph()maniac, Part. 1

12/01/2014 | Commentaires (0)

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PREMIÈRE PARTIE DU DERNIER OPUS DE LARS VON TRIER, avec Charlotte Gainsbourg, Shia LaBeouf, Stacy Martin, Uma Thurman, Stellan Skarsgard, Christian Slater, Connie Nielsen. Expression de la folie furieuse qui gronde au fond de nous.

Voilà bien longtemps qu’on sait que Lars von Trier est fou : qu’il est pris de mania, de folie. Et voilà bien longtemps qu’on a remarqué que sa folie n’est pas une maladie mentale, clinique, purement humaine, mais qu’elle découle du fait qu’il se laisse posséder par des forces divines, qui le traversent de fond en comble. Puissances qui le détournent de la vie quotidienne, de la compréhension générale et le plongent dans l’intériorité la plus profonde et la plus secrète de l’existence et du monde.
Dans le fond abyssal de la vie
Or cette dernière, qui n’est autre que le fond abyssal de la vie, est largement marquée par le mystérieux et incessant désir d’apparaître à la lumière à partir des profondeurs cachées. Par l’énigmatique énergie dionysiaque qui anime… Suite

Hors sol

09/01/2014 | Commentaires (1)

pétro-tomates
CHRONIQUE PHUSIQUE D’ANALYSE d’un phénomène parfaitement sphérique, rouge-pâle, un peu mou, plus ou moins vivant, fruit d’une plante, ou alors d’un légume – difficile de catégoriser les phénomènes, d’autant plus de ce genre –, avec une petite zone un peu plus dure, jaune-verte, où on peut imaginer que se trouvait le… pédoncule.
Aussi étonnant que ça puisse paraître à cette période de l’année, en plein hiver, il s’agit d’une… tomate, une tomate cherry.
L’analyse olfactive montre qu’elle n’a absolument aucune odeur.
La texture s’avère d’abord dure, genre plastique, difficilement cernable ; puis pâteuse, épaisse, flasque, un peu sablonneuse en finale ; somme toute très peu de tenue, très peu de ligne, très peu de caractère.
*Hors sol par Michysos
*
Côté goût, difficile à dire également, tant elle est insipide : peut-être un peu douçâtre, avec une pointe de goût de savon de vaisselle, et d’amertume aussi. Sans évolution, ennuyeuse, terne, insignifiante…
Vous l’aviez sûrement deviné : il s’agit d’une tomate hors sol, que d’aucuns se risquent de comparer aux… occidentaux… Suite

Le ton continue de monter

05/01/2014 | Commentaires (0)

Dionysos assis entre deux yeux
Realimentation – 492-518PENTHÉE ET DIONYSOS ont une vision et expérience du monde tellement différente qu’ils ne peuvent s’entendre. D’autant moins que tous deux sont plein de vigueur et défendent leur position non seulement avec verve, mais avec leur spontanéité et logique propres : Penthée, le roi, met tout en œuvre pour mieux structurer la cité selon ses idées, à l’aide de sa sérieuse raison humaine ; sous les traits du Lydien, Dionysos fait pour sa part virevolter sa joueuse nature divine pour garantir la bonne harmonie du monde dans son ensemble. Aussi, à chaque réplique, le ton et l’incompréhension ne cessent de monter.
Quand Penthée annonce au Lydien qu’il sera puni pour ses « méchants sophismes », ce dernier rétorque – un sourire en coin – que c’est au contraire lui, le roi, qui paiera pour son ignorance et impiété envers le dieu ; avant de s’enquérir des terribles souffrances qui lui sont réservées. Dans sa réponse en trois temps, Penthée semble se contenter de lister… Suite

Nouvel An

02/01/2014 | Commentaires (1)

fete DE nOUVEL aN
JE NE SAIS PAS COMMENT VOUS AVEZ, VOUS, PASSÉ LA SAINT-SYLVESTRE , la troisième fête autour du solstice d’hiver, après le solstice proprement dit, où on était finalement malgré notre chronique relativement peu nombreux ; puis Noël, en famille – pour autant qu’on en ait la chance d’en avoir une… ; et enfin Nouvel An, LA grosse bastringue de l’année.
Tout le monde ne « réveillonne »-t-il pas à peu près de la même manière ?
Bien sûr, il y a ceux qui s’organisent une belle soirée gastronomique, boivent des grands vins avec leurs amis. Et il y a ceux qui se mettent sur pied une bonne bouffe joliment arrosée pour mieux allumer la piste de danse dans leur salon. Et enfin encore ceux qui déchirent la night dans des méga-teufs impossibles – tellement qu’ils ne se voient plus les mains et perdent complètement contrôle.
*Nouvel An par Michysos
*
De toute façon, à Nouvel An, quoi qu’on fasse – avec ou sans grand vin, avec ou sans saumon (bio ou… Suite

L’illusionniste, 2.

29/12/2013 | Commentaires (0)

Illusion d
L’illusionniste-2VOILÀ PLUSIEURS MINUTES que le vieil homme pris pour l’homme supérieur était effondré sur le sol et proférait son poème. Et plusieurs minutes que Zarathoustra écoutait sa plainte vis-à-vis de l’insupportable martyr de la vie. Plainte muée en défi face au dieu inconnu, dieu bourreau de derrière les nuages qui en est responsable. Défi qui fait que ce dernier se mette à tourner amoureusement autour de lui.
Mais, prisonnier de sa vision traditionnelle de l’amour comme douce idylle, toute de calme et de bonheur, l’homme se met alors à filer un mauvais coton et à espérer une vie qui ne soit pas que luttes et souffrances. Et le voilà qui réengage sa plainte initiale. Nullement intéressé par la mièvrerie et la faiblesse, le dieu s’en va alors sans délai voir ailleurs s’il y est ; avec pour conséquence que l’homme comprenne enfin qu’il doit accepter la vie comme elle est et se mette à implorer le retour du dieu, y compris tous… Suite

Fantaisie

26/12/2013 | Commentaires (2)

Le_Cousin_(rivière)

L’AUTRE JOUR, ALORS QUE JE ME PROMENAIS tranquillement dans la forêt, le long d’une grosse rivière, il m’est arrivé quelque chose de très étonnant, ce quelque chose de mystérieux et jubilatoire qui nous arrive parfois dans nos existences.

Tout à coup, je ne sais pas ce qui m’a pris, ce qui m’a appelé, tiré, poussé ; tout à coup il a fallu que je traverse la rivière. Sans la moindre hésitation ni raison – c’est là le mystère –, je devais aller voir là-bas, de l’autre côté, si j’y étais.
Et me voilà qui ai bondi en avant, sauté de pierre en pierre, de possibilité en possibilité, sans même me demander si je n’allais pas glisser, si ce n’était pas dangereux et si je n’allais pas me retrouver étalé dans l’eau glacée.
J’ai passé comme ça, en toute légèreté, porté par je ne sais quelle force surpuissante, quel espoir et quelle confiance par-dessus toute une série de cailloux, à vrai dire plus glissants et… Suite

Joyeuses fêtes !

19/12/2013 | Commentaires (1)

Panorama_petit_pre_de_rolle

LES 21 ET 25 DÉCEMBRE sont deux jours d’importance dans notre calendrier, en rapport avec la lumière : deux types de lumières divines, bien différentes l’une de l’autre, sources de deux types de vie divines, bien différentes l’une de l’autre.

Impossible de ne pas le remarquer : depuis plusieurs mois, le soleil monte de moins en moins haut dans le ciel, les jours ne cessent de se raccourcir, le monde est de plus en plus plongé dans le froid et la nuit. La nature évolue au ralenti, s’endort toujours davantage. La phusis, l’éclosion, travaille dans l’ombre, sur le mode de l’absence, du retrait, dans le calme des profondeurs cachées.
Le 21 décembre, c’est le jour du solstice d’hiver : le moment à partir duquel le soleil reprend de la hauteur, où les jours se rallongent ; premier signe du retour des beaux jours, de la douceur et de la frénésie pulsionnelle qui les accompagnent.
*Joyeuses fêtes par Michysos
*
On s’en réjouit déjà rien que d’y penser : le mouvement de… Suite

Sens de l’observation

12/12/2013 | Commentaires (0)

idee

AUSSI BIZARRE QUE ÇA PUISSE PARAÎTRE, il semble qu’il y ait, sur notre site, un certain nombre de visiteurs qui ne sont pas tant des êtres humains que des brutes centrées sur elles-mêmes. La chronique d’aujourd’hui vous permettra peut-être de sentir dans quelle mesure vous en faites partie…

Un véritable être humain, c’est quelqu’un qui ne se contente pas d’objectiver et de consommer les choses, mais qui cherche à s’ouvrir au monde, pour mieux le sentir, le vivre, l’exprimer et le partager. Quelqu’un qui cherche à affiner sa sensibilité : à stimuler son oreille, pour avoir une meilleur entente des choses ; à favoriser son odorat, pour mieux flairer les situations ; à entraîner son toucher, pour avoir un meilleur feeling dans les différentes circonstances de la vie ; à amplifier son goût, pour élargir sa palette gustative ; et bien sûr à entraîner sa vue, pour avoir un meilleur sens de l’observation.
Dans notre monde, c’est très largement le sens de la vue qui prime… Et… Suite

Chacun sa longueur d’onde

09/12/2013 | Commentaires (0)

Henri Michaux-brunidor
Realimentation – 471-491DÈS LE DÉBUT, L’ÉCHANGE ENTRE Penthée et Dionysos est un dialogue de sourds. Ils ne sont pas sur la même longueur d’ondes : en juge hautain et éhonté, le roi de Thèbes s’appuie sur sa logique rationnelle, descriptive ; sous les traits de l’étranger, en joueur moqueur et énigmatique à souhait, Dionysos fait entendre sa mystérieuse musique tragi-comique. Jusqu’ici, Penthée s’est montré à la fois agacé et fasciné par l’étranger. Il a commencé par se moquer de la belle apparence, efféminée, de son interlocuteur : de son corps trop gracile, de sa chevelure trop bouclée, de sa peau trop désirable. Puis il l’a interrogé sur son genre, son origine ; avant de passer aux scandaleuses célébrations qu’il a amenées en Grèce. Joueuses et ambiguës, les réponses de l’étranger ont tôt fait de devenir désagréables aux oreilles du roi. Elles évoquent en effet ce qu’il a le moins envie d’entendre : non seulement l’existence et l’importance de Dionysos, comme fils de Zeus et de Sémélé,… Suite

Deux musiques

05/12/2013 | Commentaires (2)

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JE NE SAIS PAS COMMENT VOUS ÊTES, vous, mais moi je suis un être impressionnable. Oui, ça peut paraître bizarre, ça ne se voit heureusement pas trop, mais depuis tout petit, j’ai toujours l’impression que les gens sont meilleurs que moi. J’ai toujours l’impression qu’ils assurent davantage ; qu’ils ont moins de problèmes ; qu’ils comprennent les choses beaucoup plus vite et beaucoup mieux que moi…

Voilà longtemps que je connais un type sans reproche, sans faille, avec un métier, des responsabilités, de l’argent, une voiture, une maison, une famille, des amis, une stabilité, une fierté, des projets ciblés ; un type toujours très bien organisé, toujours sûr de lui, jamais gêné ; bref un homme dont la réussite et la personne… m’impressionnent.
Et si cet homme-là, avec sa vie réglée comme du papier à musique, était faible, sourd à la musique de la vie ? Le papier à musique est-il bien de la musique ? Ou s’agit-il plutôt d’un simple artifice de vie, sans reliefs, sans nuances,… Suite

Le cinéma : de l’art à la vie

02/12/2013 | Commentaires (4)

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PHUSIS a été invité par la Société nantaise de philosophie à présenter son travail dans le cadre de son cycle de conférences internationales 2013/2014 sur le cinéma. Trouvez-en ci-dessous le résumé proposé par Joël Gaubert suite à la présentation.
Cinema – resume
*
L’exposition succincte de la phusis poïétique ou musique tragique de l’existence a débouché sur un certain nombre de remarques préliminaires ainsi que le dévoilement du parcours proposé. Les gens ont ensuite eu l’occasion de s’installer confortablement dans leur fauteuil et… le film a commencé…
*

Cinema
… par un extrait d’un petit texte de Tanguy Viel, qui s’appelle Hitchcock par exemple (Naïve, 2010). Extrait de texte que Tanguy Viel a repris et complété dans son spectacle Nos images élaboré avec Mathilde Monnier et Loïc Touzé. Il distingue le cinéma français du cinéma américain. Et ce en écho aux recherches qu’il a faites autour de la littérature américaine pour son dernier roman – roman qu’il appelle « américain » – et qui a pour titre La disparition… Suite

Caoutchouc et béton

28/11/2013 | Commentaires (0)

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CHRONIQUE PHUSIQUE un peu spéciale, tournée en extérieure, sur les morceaux de caoutchouc qu’on fait fondre dans les interstices du béton pour empêcher la phusis de s’exprimer comme elle le voudrait…
Pour que notre monde corresponde le plus possible à celui qu’on imagine dans notre esprit – monde idéal, où tout est brillant, où tout est lisse, beau, juste et bien, monde sans défaut ni faille –, on a tendance à bétonner l’ensemble de la surface de la terre.
Gare aux germes de phusis qui s’amusent à percer le béton ! Ils ont tôt fait d’être pulvérisés.
Et toute interstice qui se forme et laisse de la vie se déployer se trouve remplie de morceaux de caoutchouc fondu.
Le mot d’ordre est simple : il faut que partout tout soit bien lisse, qu’il n’y a ait pas de vie du tout !
Et si on se serrait les coudes pour ne pas alimenter à notre tour, que ce soit dans la nature ou dans nos idées, le bétonnage du… Suite

Le vin : de la technique à la vie

25/11/2013 | Commentaires (0)

Pergola égyptienne

TOUT LE MONDE LE SAIT : le vin est un produit que réalise l’homme à partir de ce phénomène de la vie qu’est la vigne. Grâce à sa sensibilité, son savoir-faire et capacités techniques, l’être humain est en mesure de cultiver la vigne, de récolter le raisin, le presser, faire fermenter le moût obtenu, et finalement élever le vin qui en résulte jusqu’à maturité.

S’il est bien fait, le vin est beaucoup plus qu’un produit de la seule technique humaine. Il est en même temps un prolongement et une expression particulièrement intense et riche des mystérieuses forces de vie qui traversent tout phénomène vivant, nous-mêmes y compris.
Si, dans son travail, le vigneron ne se contente pas de fabriquer son vin en appliquant recettes et trucs tout fait (savoir-faire technique), s’il ne cherche pas simplement à réaliser l’idée qu’il se fait de son vin, s’il met tout en œuvre pour se mettre à l’écoute et accompagner activement sa vigne, son raisin et finalement… Suite

Idées enfoncées dans la tête

21/11/2013 | Commentaires (1)

Brosse-a-vaisselle

C’EST IMPRESSIONNANT avec quelle facilité on arrive à nous enfoncer des trucs dans nos pauvres petites têtes ! Mon passage, l’autre jour, dans un grand magasin de meubles – vous savez l’énorme cube bleu à côté de l’autoroute où on peut acheter plein de choses toutes propres, très pratiques et pas chères du tout –, eh bien mon passage là-bas me l’a rappelé.
Et je suis surtout ressorti du magasin avec… ça.
Dès l’entrée, quelle ambiance ! L’odeur de neuf, de propre. Tout est agréable, tout est beau. Les gens sont ravis d’être là ; ils sourient comme nulle part ailleurs : heureux de pouvoir regarder, comparer, juger, dire si c’est beau ou pas, si ça pourrait aller ou pas, si on pourrait l’acheter ou pas, etc.
*
*
Et voilà que je me suis moi aussi retrouvé dans cet immense magasin qui ressemble à vrai dire à un labyrinthe. A l’entrée, il y avait un grand bac rempli de brosses à vaisselle, pour pas cher. Je me suis… Suite

L’illusionniste, 1.

18/11/2013 | Commentaires (0)

Illusion
L’illusionniste-1Après avoir quitté le consciencieux de l’esprit, qui creuse en toute probité sa conscience, comme le fait la sangsue avec sa proie, Zarathoustra a continué son chemin vers le bas, en direction du terrible cri de détresse qu’il croit être celui de l’homme supérieur.
Alors qu’il contournait un rocher, il a tout à coup vu, non loin en-dessous de lui, sur le même chemin, un homme qui agitait ses membres – ses bras, ses jambes, sa tête – comme un fou furieux ; tellement qu’il a fini par tomber et s’écraser sur le sol. « Halte !, a alors dit Zarathoustra à son cœur. L’homme que je vois, là-bas, doit être l’homme supérieur : c’est de lui qu’est venu le terrible cri de détresse. Je n’ai pas de temps à perdre ; il faut que j’aille voir au plus vite si je peux faire quelque chose pour lui, s’il est possible de l’aider. »
Mais quand il est arrivé en courant sur place, loin de reconnaître un homme… Suite

Poings dans la figure

14/11/2013 | Commentaires (1)

Imbécile

VOUS LE SAVEZ, À NOTRE ÉPOQUE FORMIDABLE, les gens qui s’efforcent d’accomplir un travail sérieux sont volontiers la proie de l’indifférence ou, pire, de la moquerie ou de coups de poings dans la figure de la part des défenseurs éhontés de la pensée paresseuse, de l’optimisme mou et de l’universalisme facile.

Bien que protégé par sa divine science joyeuse, par ses élans de vie dionysiaque, par son amour de toute chose, PHUSIS n’est pas à l’abri de la bêtise.
Vous l’avez sûrement remarqué : notre avant-dernière chronique a donné lieu à un commentaire des plus désagréables. Alors que, comme toujours, nous faisions tout notre possible pour valoriser au mieux les forces cachées de notre monde, voilà qu’un drôle d’individu s’est amusé à poster un commentaire réactif sur www.phusis.ch ; commentaire qui plus est dénué de toute trace d’argumentation. Paf : un poing sur la figure.
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Alors que faire dans de telles situations ? Faut-il simplement encaisser les coups et attendre que les douleurs passent ? Le silence est-il la… Suite

« Je n’ai pas encore réalisé »

07/11/2013 | Commentaires (3)

Réaliser

« ICH HABE ES NOCH NICHT REALISIERT ». Auch in deutscher Video-Form !
VOUS L’AVEZ CERTAINEMENT DÉJÀ REMARQUÉ : les grands champions, après avoir réalisé quelque chose d’extraordinaire, disent presque toujours, à l’interview : « Je n’ai pas encore réalisé ce qui m’arrive ». Eh bien, bonne nouvelle : PHUSIS a expérimenté, médité et compris le problème pour vous.

Il y en a qui, dans la vie, ont pour but de trouver une copine ou un copain, de devenir riche, d’acheter une maison, une bagnole, ou encore de fonder une famille. Moi, tout ça, à l’époque, je m’en fichais. Mon but, mon rêve à moi, c’était de devenir… champion suisse. C’est pour ça que je vivais…
Il y a quelques années, quand j’étais encore U18, en fin de saison, mon sport préféré, l’athlétisme, est soudain devenu génial : aux CS U18, alors que je n’étais pas vraiment favori, j’ai tout à coup réussi à gagner. C’était juste waouhhh !!! Personne ne s’y attendait – et hop : j’ai fini tout devant !
*
Video… Suite

Tête-à-tête Penthée-Dionysos

03/11/2013 | Commentaires (0)

Dionysos cheveux longs
realimentation 453-470OBÉISSANTS, LES GARDES VIENNENT DE lâcher les bras de la curieuse proie efféminée qu’ils ont ramenée au palais. Voilà que débute le tête-à-tête entre les deux adversaires : entre, d’un côté, Penthée, le roi de Thèbes, chantre du bon ordre rationnel et moral au sein de la cité ; et de l’autre Dionysos, le dieu à forme humaine, symbole des mystérieuses forces de vie en général. L’humaine volonté de savoir et de maîtrise va-t-elle l’emporter sur le divin mouvement musical de la vie ? Nous connaissons la réponse depuis le début : l’homme sera finalement dilacéré en punition de son arrogance.
Fidèle à sa vision pragmatique du monde, Penthée commence par observer l’étranger ; non sans le regarder avec dédain et faire suivre d’une explication chacun de ses jugements. Il affirme d’abord que le corps de son interlocuteur n’est pas sans beauté ; belle forme, belle apparence qui, si elle n’est pour sûr pas au goût du roi, semble par contre parfaitement adaptée aux critères des femmes ;… Suite

Halloween

31/10/2013 | Commentaires (2)

samain

IL Y A QUELQUES ANNÉES, seuls les enfants américains se déguisaient en squelettes, sorcières et autres monstres le soir du 31 octobre pour aller sonner aux portes et quémander des « candies et sweeties », bref des cochonneries sucrées.
Depuis, l’affaire s’est généralisée, à croire que le monde entier devient Américain… Oui, après les fournitures scolaire, et avant les biscuits de Noël, les supermarchés sont envahis de bonbons en forme de citrouilles grimaçantes, de masques et autres costumes morbides. Et ce soir, tous les enfants du monde seront amenés à sonner aux portes pour réclamer des « candies et sweeties ». Nouvelle tendance qui s’appelle « Halloween ».
*

*
Hallo qui ? Ween ? Vous n’y êtes pas du tout : Halloween n’a rien à voir avec un dénommé Ween et n’est pas du tout une nouveauté. Halloween, c’est une vieille fête païenne, mise à la sauce anglo-américaine…
Halloween, c’est la contraction de « All Hallows Eve », c’est-à-dire « The Eve of All Saints’ Day », en français la Veille du jour de la Toussaint, fête… Suite

Lausanne Marathon

27/10/2013 | Commentaires (0)

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DIMANCHE 27 OCTOBRE, PHUSIS a participé à l’animation de la 20e édition du Lausanne Marathon. Plus de 12’000 coureurs étaient de la partie sur les différentes distances au programme, de 4 km (enfants) au marathon (1500 athlètes), en passant par les 10 km (5000), le semi-marathon (5000), les épreuves de walking, de nordic walking et […]
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Retour des chroniques

24/10/2013 | Commentaires (0)

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VOUS L’EXPÉRIMENTEZ TOUS LES JOURS – et vous l’avez sûrement déjà entendu quelque part : nous vivons une époque for-mi-dable !
Oui, pour autant qu’on ait un peu d’argent, et de surcroît un peu de temps, on peut faire à peu près ce qu’on veut : se divertir, communiquer, s’informer, consommer, sortir, en un mot… VIVRE !
Grâce au progrès de la science et de la technique, presque tout nous devient accessible. Et en plus quasi sans effort ! Et en plus pour pas cher souvent !
Ça ne fait pas de doute : nous vivons une époque for-mi-dable !
*

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Epoque formidable, à vrai dire au double sens du mot latin formidabilis qui, avant de signifier « fantastique, fabuleux, magnifique, prodigieux, monstre bien, etc. », signifie d’abord « terrible, de nature à inspirer la peur, et même la terreur »…
Oui, ça aussi, vous l’expérimentez tous les jours, pour autant que vous refusiez de vous voiler la face : les choses ne tournent pas aussi rond qu’on veut bien le dire…
Eh bien, vous le savez : PHUSIS s’adresse justement à… Suite

La sangsue

20/10/2013 | Commentaires (1)

Sangsue
La sangsueAPRÈS AVOIR RENCONTRÉ LES DEUX ROIS, Zarathoustra a continué pensivement son chemin vers le bas, en direction du cri de détresse qu’il a entendu précédemment en compagnie du devin. Chemin faisant, il pensait à sa tâche : celle de mettre l’homme sur la voie du surhomme. C’est ainsi, pensif, qu’il a traversé des forêts et passé à côté de nombreux fonds marécageux. Mais voilà que, comme ça arrive quand on à l’esprit ailleurs, et d’autant plus quand on pense à des choses lourdes et difficiles, il n’a pas regardé où il mettait les pieds et a, par mégarde, marché sur un homme couché sur le sol. Homme qui n’a pas tardé à réagir. Et comment ! D’un instant à l’autre, un cri de douleur, deux jurons et vingt dures insultes ont bondi à la figure de Zarathoustra. Dans un sursaut de peur, ce dernier n’a pu s’empêcher de lever son bâton et, par réflexe, de se mettre à frapper l’homme qu’il… Suite

Menace et révolte de Dionysos

16/10/2013 | Commentaires (0)

Louis-Soutter
APRÈS AVOIR VU dans quelle mesure Dionysos est davantage que le dieu du vin, le texte ci-dessous – deuxième partie de la première rencontre du cycle « Vin et philosophie » qui a porté sur « Dionysos, dieu du vin ? » – approfondit nos gains et ouvre sur le danger que représente le dieu pour quiconque le refuse.
*
Dieu de la transeDieu de la transe
Lié à la pulsivité et à l’humidité fécondante de la nature, Dionysos est le dieu de tous les sucs vitaux, plus mystérieux les uns que les autres : sève, urine, sperme, lait, sang, etc. Il est un dieu de la génération, de l’expansion, du dédoublement, de la vie et de la mort, du déclin et de la renaissance de la végétation comme de l’individu. Ses attributs que sont le lierre, les fleurs, la pomme de pin, le thyrse, la panthère, le faon, la vigne, le vin…, incluent tout ce qui touche aux cycles de la régénération, de la fermentation, de la création –… Suite

Dionysos, dieu du vin ?

12/10/2013 | Commentaires (2)

Louis Soutter
EN OUVERTURE DU CYCLE « Vin et philosophie », PHUSIS a proposé d’interroger l’incontournable figure du monde du vin qu’est Dionysos – ou Bacchus, chez les Romains. Qui est-il ? Que symbolise-t-il ? Quelle place a-t-il chez les Grecs et les Romains ? Et quelle place a-t-il aujourd’hui encore, chez nous-autres Occidentaux tardifs ?
Vous n’avez pas pu être là ? Nous vous présentons les résultats de notre parcours en deux parties. La première se trouve ci-dessous, sectionnée et enregistrée en trois sous-parties. Merci à Steve Bettschen et à tous les participants pour leur engagement.
*

Dieu du vin 1Impossible de ne pas débuter en soulignant l’étrangeté contenue dans le titre lui-même : Dionysos est un… dieu. Même si, en tapant « Dionysos » sur Google, une bonne partie des 3’260’000 résultats qui apparaissent en quelque 19 centièmes de seconde indiquent que Dionysos est un groupe de rock français ou une entreprise, Dionysos est d’abord et avant tout un dieu. Oui un dieu, c’est-à-dire, selon la définition du Petit Robert, « Un être… Suite

Dionysos prisonnier de Penthée

07/10/2013 | Commentaires (0)

Dionysos
Reactualisation 432-452A PEINE LE CHŒUR A-T-IL FINI SON CHANT, cautionné la position de Tirésias et de Cadmos et dévoilé son projet de quitter la ville de Thèbes pour l’île de Chypre – où le désir, l’amour et la vie dionysiaques se déploient en toute liberté –, voilà que reviennent les gardes. On s’en souvient : un peu plus tôt, furax, Penthée les avait envoyés capturer le dangereux étranger à l’allure féminine qui sème la zizanie dans la cité.
Loin de rentrer bredouilles, ils ont bel et bien réussi à mettre la main sur celui qui avait pourtant été présenté comme une proie particulièrement terrible. Et même beaucoup plus facilement que prévu : en reprenant le vocabulaire de chasse précédemment employé par Penthée pour désigner Dionysos, le chef des gardes souligne en effet, dans un oxymore bien parlant, la « douceur » de l’« animal sauvage » ; indiquant au passage la double nature du dieu, à la fois indomptable, farouche, dangereux telle la panthère, et suave, agréable, savoureux comme… Suite

Morat-Fribourg

04/10/2013 | Commentaires (0)

Morat-Fribourg
SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 OCTOBRE a eu lieu la 80e édition de Morat-Fribourg, la plus moderne des grandes classiques de course à pied en Suisse. Avec la participation du champion d’Europe en titre du marathon Viktor Röthlin, la course masculine promettait d’être passionnante. C’est pourtant la course féminine qui a fait vibrer le plus les […]
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Art de lire, art de vivre

01/10/2013 | Commentaires (0)

Discipline

QUEL QUE SOIT LE DOMAINE, si on veut arriver à quelque chose, il faut se construire de bonnes bases, puis s’entraîner régulièrement, très régulièrement. S’imposer une discipline de fer. Toujours renforcer sa sensibilité, son intelligence. Multiplier ses armes, sa ténacité. Etre aux aguets. Et forer corps et âme, sans relâche, la surface ; pénétrer dans les profondeurs et remonter de l’ombre à la lumière.

Pour comprendre un texte par exemple, un grand texte, on doit l’étudier quotidiennement, comme un viatique : toujours de nouveau, sans jamais partir d’idées préalables, sans jamais se contenter du premier degré, sans jamais chercher d’explication globale, sans jamais vouloir absolument avancer pour passer à la page, au chapitre ou au livre suivant. Pour comprendre un grand texte, il faut aimer le sur-place, le forage. Sans cesse tout mettre en œuvre pour approfondir sa compréhension, découvrir dans chacun de ses détails ce qui se cache à la vue : les significations latentes qui se trouvent sous les mots, sous les… Suite

Vin et Philosophie

27/09/2013 | Commentaires (0)

Satyre et thyrse
PHUSIS prépare deux soirées thématiques autour du vin et de la philosophie. Et si vous vous inscriviez ?  * Vin et Philosophie – Dionysos : dieu du vin ? En ouverture du cycle « Vin et philosophie » animé conjointement par S. Bettschen et M. Herren, PHUSIS propose d’interroger l’incontournable figure du monde du vin qu’est Dionysos – ou […]
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Swiss Athletics Sprint

22/09/2013 | Commentaires (0)

swiss-athletics-sprint-schweizerfinal-2013-ibach-5
DIMANCHE 22 septembre s’est joué la finale du Swiss Athletics Sprint, point d’orgue de la saison 2013 des projets jeunesse de la Fédération suisse d’athlétisme. Le lendemain de la finale de demi-fond à Payerne, près de 400 jeunes sprinters avaient rendez-vous pour le showdown national sur les installations sportives Wintersried à Ibach (SZ). PHUSIS était […]
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MILLE GRUYÈRE

21/09/2013 | Commentaires (0)

Mille Gruyere logo
Samedi 21 septembre, PHUSIS a animé la grande finale suisse du MILLE GRUYÈRE à Payerne : le projet national de demi-fond de la Fédération suisse d’athlétisme. Durant tout l’après-midi, le Stade Municipal du CA Broyard a accueilli les 315 meilleurs jeunes spécialistes de demi-fond du pays. Les coureurs en herbe ont tous participé, comme le […]
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Entretien avec les rois, 2.

15/09/2013 | Commentaires (0)

tache-de-sang
Entretien avec les rois – 2SUR LA MÊME LONGUEUR D’ONDE que Zarathoustra, les rois se sont délectés du poème et des rimes qu’il a proférés à propos du climat de faiblesse et de destruction dans lequel la tradition chrétienne-morale a vu le jour. Le roi de gauche n’a pas manqué de transmettre à Zarathoustra son contentement : « Ô Zarathoustra, comme nous avons bien fait de nous mettre en chemin pour te voir ! D’abord, nous avons hésité à le faire…
Car tes ennemis ne cessaient de nous montrer ton image dans leur miroir : et loin d’avoir la tête que tu as là, maintenant, devant nous, tu avais, dans leur miroir transfigurateur, le regard d’un diable au rire sarcastique. Tellement que nous avions peur de toi.
Mais les bassesses de tes ennemis n’ont servi à rien ! Notre dégoût de notre monde était bien trop grand pour que nous restions sur place. Et tu nous as toujours de nouveau piqués dans l’oreille et dans le cœur… Suite

Projet d’exil du chœur

09/09/2013 | Commentaires (0)

Chypres - Aphrodite
Realimentation 401-431SOUS PROTECTION DE LA DÉESSE HOSIA – la divine piété, garante de l’harmonie du tout –, le chœur a nettement pris position en faveur de Cadmos et Tirésias dans le conflit qui oppose Penthée à Dionysos au sein de la cité de Thèbes. Le manque de bon sens du roi est flagrant : il se fourvoie face à Dionysos, dont il néglige et l’importance et l’influence ; il pèche par hubris ; ses délirants agissements sont tellement excessifs qu’ils représentent un immense danger pour la cité. Au point que, privé de sa tâche de porte-parole des bonnes mœurs traditionnelles, le chœur en vient à souhaiter quitter Thèbes et s’exiler à Chypre, l’île d’Aphrodite, la déesse de l’amour, de la beauté, des désirs, des plaisirs et des forces irrépressibles de la fécondité ; Chypre, où Dionysos n’est pas relégué aux oubliettes.
Loin de la ville de Thèbes prise dans les griffes de la raison et de la morale imposées par Penthée, le chœur souhaite côtoyer les… Suite

Entretien avec les rois, 1.

05/09/2013 | Commentaires (0)

Flamants roses
Entretien avec les rois – 1Zarathoustra était en route depuis moins d’une heure dans ses montagnes et ses forêts. Il cheminait vers le bas, en direction de l’effrayant cri de détresse qu’il a entendu en discutant avec le devin-prophète de la grande fatigue qui accable l’Occident. Tout à coup, il s’est retrouvé devant un étrange défilé. Juste sur le chemin qu’il voulait prendre pour continuer sa descente, s’avançaient soudain deux curieux personnages en sens inverse, montant vers lui : deux rois pédants, ornés de couronnes et de ceintures de pourpre ; et excessivement bariolés, comme des flamants-roses. Et ce n’est pas tout, ils n’étaient pas seuls : ils poussaient devant eux un âne – symbole de l’ignorance et de la bêtise ; un âne chargé de lourds fardeaux. « Que veulent ces rois dans mon domaine ? », s’est alors dit, étonné, Zarathoustra à son cœur ; avant de se hâter de se cacher derrière un buisson pour ne pas être vu par ces importuns. Mais quand les… Suite

Le chœur cautionne Cadmos et Tirésias

01/09/2013 | Commentaires (0)

Banquet
370-401 – RealimentationALORS QUE CADMOS ET TIRÉSIAS ont quitté le palais pour rejoindre les Bacchantes dans les montagnes et se mettre au service de l’incontournable Dionysos, le chœur vient faire le point de la situation en invoquant la divine Hosia, « souveraine parmi les dieux » ; Hosia, la déesse qui « porte sur terre son aile d’or », qui prend autrement dit le monde sous sa riche et brillante aile protectrice, garantissant par-là la bonne évolution des phénomènes au sein du tout. Hosia, la divine personnification de l’hosia, de la piété, sainteté, pureté incarne en effet le bon équilibre et l’harmonie qui découle de la fidèle conformité aux prescriptions divines. Si le chœur invoque Hosia, c’est pour qu’elle vienne se prononcer sur l’affaire en cour, à savoir la terrible lutte qui se joue entre Penthée et Dionysos.
C’est ainsi que le chœur demande à la déesse si elle entend les propos de Penthée ; si elle entend son hubris, sa démesure, le manque de dévotion et de… Suite

Weltklasse Zürich

29/08/2013 | Commentaires (0)

weltklasse
JEUDI 29 AOUT 2013, dans le cadre du plus grand meeting d’athlétisme du monde, l’incontournable et on ne peut plus brillant volet de l’on ne peut plus prestigieuse Diamond League, le Weltklasse Zürich, PHUSIS a eu l’occasion d’animer non pas les athlètes et les spectateurs, mais les personnes très importantes invitées par Swiss-Athletics à venir […]
Suite

Vie et souffrance

19/08/2013 | Commentaires (0)

Statuette mycenienne

PLUS NOUS SOMMES DÉPOURVUS de sensibilité, d’habileté, d’équilibre et de force, plus nous sommes amenés à nous servir de notre esprit pour nous en sortir dans la vie en son va-et-vient, volontiers pénible et dangereux. La raison et la technique nous permettent non seulement de nous épargner certaines souffrances – et par suite de survivre malgré nos faiblesses –, mais nous offrent aussi la possibilité d’organiser le monde à notre guise, de sorte à maximiser notre réussite, confort et autres plaisirs personnels.

S’il y a une chose qu’on veut éviter à tout prix, c’est la souffrance. Bien qu’inhérente à la vie ici et maintenant, elle n’a en effet aucune place dans l’image raisonnable et idéale que nous nous faisons de l’existence. C’est pourquoi nous employons tous les moyens à notre disposition pour nous en débarrasser.
Et de tels moyens font légion dans notre monde dominé par la science et la technique. Il y en a pour tous les goûts : les médecins et les… Suite

Forces de vie

13/08/2013 | Commentaires (0)

Tulipe

PENSONS À UNE TULIPE. Impossible de ne pas se la représenter au moment où elle est la plus belle, la plus éclatante, la plus colorée : l’état dans lequel on la cueille, l’achète pour l’offrir ou la mettre dans un vase. Pourtant, ce n’est là que l’apparence qu’elle prend pendant un tout petit moment de son existence : quand, du simple bulbe au fond de la terre, elle est sortie vers la lumière, s’est faite tige, a fait naître un bourgeon, puis s’est finalement déployée en fleur, jusqu’à son stade d’éclosion suprême ; avant de se mettre à décliner et périr, pour redevenir simple bulbe.

L’image qui nous vient automatiquement en se figurant une tulipe, ou toute autre fleur, correspond au court moment où elle canalise ses dernières énergies ; l’instant suprême où elle se donne plus que jamais, en même temps pour repousser l’effondrement et surtout pour produire le meilleur d’elle-même : non pas les plus gros, les plus beaux ou les plus avantageux fruits pour… Suite

Montagne et mer

08/08/2013 | Commentaires (0)

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PLUS HAUTES SONT LES MONTAGNES, plus puissante est leur base. Même si ça ne se voit pas, elles reposent dans les profondeurs de la mer. Comme toute chose qui domine par nature, c’est de l’abysse qu’elles émergent. Pourtant, que ce soit dans les montagnes ou ailleurs, tout tire sans cesse vers le bas et menace de tomber. Il n’y a pas une pierre qui ne soit attirée par la chute ; il n’y a pas un rocher qui, à chaque instant, ne résiste à l’effondrement ; et finit par s’écrouler. Et malgré tout, les montagnes, bien que marquées par la force de gravité et prises dans ce mouvement de déclin, semblent aspirées par le ciel qu’elles veulent atteindre.
Tout ce qui se montre, tout ce qui vit, tout ce qui croît et grimpe vers la lumière, ne le fait pas sans autre, mais à partir de ce qui se cache, se retire, se ressource et en même temps meurt dans l’ombre. Prenez un… Suite

Mémorial Humberset

03/08/2013 | Commentaires (0)

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A L’OCCASION DU SWISS MEETING international de Fribourg – et le Mémorial Humberset –, PHUSIS a eu l’occasion d’animer de belles épreuves sur le Stade St-Léonard. Même si, une semaine après les Championnats suisses, de nombreux athlètes ont boudé le traditionnel meeting du CA Fribourg, préférant vaquer à des occupations moins athlétiques, la manifestation du […]
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Canicule céleste

03/08/2013 | Commentaires (0)

Sirius

ON L’ANNONCE DEPUIS LONGTEMPS ; on l’espère et la craint ; on s’y prépare ; et, enfin, la voilà. Qui ? La canicule !
La canicule, ce moment de grande chaleur qui nous pousse à vivre à demi-nu, les fenêtres grandes ouvertes, de batifoler dans les étendues d’eau, de passer son temps sur les balcons et terrasses, de faire grimper en flèche les ventes de chapeaux, de crèmes et autres protections solaires, ainsi que bien sûr celles des glaces et des boissons fraîches. La canicule dont tout le monde parle et qui nous fera dire, dans quelques semaines, qu’on a quand même eu un bel été.
Mais la canicule est-elle seulement une vague de chaleur ? N’est-elle rien de plus que cela ? A vrai dire, canicula est le diminutif féminin de canis, le chien en latin. La canicula est donc la petite chienne. Non pas celle de la voisine de la descendante de la tante par alliance de Jules César qui remplit nos oreilles de ses jappements… Suite

Apollodore | La folie de Lycurgue

31/07/2013 | Commentaires (0)

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ON CLASSE AUJOURD’HUI SOUS LE NOM D’APOLLODORE un texte fragmentaire du début de l’ère chrétienne qui nous donne à lire la synthèse de la vie de plusieurs personnages mythiques. Bien que son origine soit douteuse et sa recomposition problématique, il nous permet de compléter nos connaissances en matière de mythes grecs. Et notamment en ce qui concerne l’histoire du fol égarement de Lycurgue, que nous connaissons déjà de l’Iliade homérique.
Nous apprenons ainsi que Lycurgue, fils de Dryas et roi des Edoniens – peuple thrace établi dans la région du fleuve Strymon –, est le premier homme à commettre un acte d’hubris, de démesure, d’excès, vis-à-vis du divin Dionysos. Et ce alors même que ce dernier est encore un nourrisson. Refusant les forces de vie qu’il incarne, Lycurgue n’hésite pas à l’expulser de son territoire, à le chasser hors de son pays. Sans défense, le petit Dionysos s’en va ainsi se réfugier dans les profondeurs de la mer, auprès de la… Suite

Le cri de détresse

17/07/2013 | Commentaires (0)

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Cri de détresseLE JOUR APRÈS SA DRÔLE DE PARTIE DE PÊCHE et son étrange offrande de miel au sommet de la montagne, Zarathoustra était de nouveau assis sur sa pierre, devant la caverne. Ses animaux, eux, vadrouillaient de par le monde, à la recherche de nouvelles nourritures. Et aussi de nouveau miel, car Zarathoustra a été si généreux qu’il a consommé et gaspillé jusqu’à la dernière goutte son vieux miel – aussi bien celui récolté en guise de provision que celui, symbole de bonheur, qui coulait dans ses veines et qu’il a utilisé en guise d’appât pour pêcher les hommes-poissons.
Le voilà donc de nouveau assis là, non pas, cette fois, à regarder calmement la mer au loin mais, voûté, vidé, la tête pendante, dessinant avec un bâton l’ombre de son corps sur la terre. Zarathoustra méditait ; et en vérité, contrairement à ce que sa posture pouvait laisser croire, il ne méditait pas sur lui-même ou sur l’ombre de lui-même –… Suite

Gigathlon Swiss Olympic

13/07/2013 | Commentaires (0)

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SAMEDI 13 JUILLET, PHUSIS a co-animé l’arrivée à Lausanne (Bellerive) de la dernière étape du 10e Gigathlon. Sous l’égide de Swiss Olympic, le Gigathlon est une épreuve « ultra », faite de natation, d’in-line, de course à pied, de vélo de course et de VTT. Les athlètes y participent seuls ou par équipe. Le Gigathlon s’est déroulé […]
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Un Tirésias lucide

09/07/2013 | Commentaires (0)

Bacchant et thyrse
358-369 – RéalimentationEN DÉPIT DES EFFORTS de Cadmos et de Tirésias pour faire entendre à Penthée combien il se méprend dans ses pensées et réactions, ce dernier est resté sourd à leurs mises en garde. Emporté par une inouïe folie vengeresse, il s’est d’autant plus empressé d’organiser sa révolte face aux prétendus responsables des troubles qui frappent sa cité. C’est ainsi que le devin Tirésias, qu’il considère comme l’instigateur éhonté de tous les maux, verra son siège prophétique mis à sac ; et c’est ainsi que l’étranger efféminé qui stimule les pulsions les plus basses de la gente féminine sera arrêté, lapidé et ridiculisé à mort à l’occasion d’une ultime danse macabre.
Loin d’être effrayé par l’élan destructeur du roi, Tirésias est bien plutôt résigné. De guerre lasse, il se rend à l’évidence qu’il n’y a plus rien à faire, que le « malheureux obstiné », comme il l’appelle, ne recouvrera pas ses esprits. Si l’entêté Penthée a commencé par perdre son bon sens –… Suite

34e Résisprint international

08/07/2013 | Commentaires (0)

Nicole Büchler
DIMANCHE 8 JUILLET, PHUSIS Animations était au grand complet pour mettre en valeur les athlètes et les performances du très grand petit Meeting international de La Chaux-de-Fonds. Ciel bleu, températures estivales et joli vent favorable ont contribué à faire de la rencontre une incroyable fête d’athlétisme. Loin de l’élite-caviar, on a pu admirer des luttes […]
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Phusis et pragmatisme

06/07/2013 | Commentaires (0)

Aerosol
LE PRAGMATISME est un courant philosophique né dans la seconde moitié du XIXe siècle en Angleterre. Son but est de répondre, en s’appuyant sur une pensée et un langage scientifiquement organisé, aux questions qui concernent la conduite de la vie. La conception pragmatique de la vérité repose sur le dévoilement et la saisie logiques, cohérents et rationnels des pragmata, mot grec pour faits, choses et autres affaires concrètes de la vie. Dans le pragmatisme, la vérité se constitue comme analyse conceptuelle de faits aboutissant à un accord de tous les membres de la communauté infinie de chercheurs.
Le pragmatisme repose d’une part – consciemment – sur l’empirisme anglais, qui fait de l’expérience (empereia, en grec ancien) le fondement de tout savoir et de toute vérité ; d’autre part – inconsciemment – sur la tradition idéaliste, qui emploie les outils logiques et rationnels pour dévoiler, déterminer, définir ce qui se montre à la lumière en sa vérité stable et constante (complètement dévoilée, aléthique,… Suite

Entraînement des jeunes

03/07/2013 | Commentaires (0)

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MARDI 2 JUILLET, sur le Stade de l’Ancien Stand à Sion, PHUSIS a animé deux mégas stars, deux mini-stars et cent enfants de huit à quatorze ans à l’occasion d’un des six Entraînements des jeunes d’Athletissima Lausanne – le meeting de tous les superlatifs.   A deux jours du Meeting de la Diamond League Athletissima […]
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L’offrande de miel

28/06/2013 | Commentaires (0)

miel
L’offrande de mielDE NOUVEAU, LES CHOSES ONT SUIVI LEUR COURS. Sans même que Zarathoustra s’en rende compte, de nombreuses lunes et de nombreuses années ont passé sur son âme. Même s’il n’y prenait pas garde, le temps passait bel et bien ; tellement que ses cheveux sont devenus blancs. Un jour, alors qu’il était assis sur une pierre devant sa cabane, qu’il regardait calmement la mer au loin – car de là-haut, on voyait jusqu’à la mer, loin par-dessus les sinueux abîmes de terres et de gens –, ses animaux de compagnie, son aigle et son serpent, se sont mis à tourner pensivement autour de lui. Il fallait que quelque chose change. Après un moment, ils se sont enfin décidés à prendre place devant lui.
« Ô Zarathoustra, ont-ils dit alors, est-ce ton bonheur que tu cherches ainsi des yeux ? » – « Mon bonheur ? Mais qu’importe le bonheur ! Vous le savez bien : toute quête de bonheur n’est que rêverie idéaliste !, a alors répondu Zarathoustra…. Suite

Révolte de Penthée

24/06/2013 | Commentaires (0)

Autel aux dieux
342-357 – RéalimentationAPRÈS LA VAINE TENTATIVE de Tirésias de remettre le roi Penthée sur le bon chemin, Cadmos est à son tour venu faire entendre à son petit-fils combien il se fourvoie en refusant Dionysos dans sa cité. Notamment en lui indiquant quel danger il encourt de survaloriser la puissance de sa petite raison humaine aux dépens de la grande raison divine.
Croyant en toute naïveté être parvenu à le détourner de sa vision simpliste du monde, il s’approche alors de son petit-fils pour lui couronner la tête de lierre et en faire un serviteur du dieu. Mais Penthée ne l’entend pas de cette oreille. Et même plus : complètement sourd aux mises en garde de son grand-père, il réagit de manière on ne peut plus vive et violente : « Non, bats les pattes ! Ne me touche pas ! », s’écrie-t-il irrité, comme s’il craignait d’attraper par seul contact la dangereuse maladie dont est selon lui victime son grand-père.
La situation est sans issue : Cadmos et Penthée… Suite

Non à l’amour-pitié

20/06/2013 | Commentaires (0)

Giovanni Segantini - The last effort of the day
SAVEZ-VOUS OÙ, dans le monde, se sont déroulées les plus grandes folies, sources des plus grandes souffrances ? Réponse : chez les compatissants, les êtres qui, conformément à la morale chrétienne-idéaliste, ont pour vocation d’aimer leur prochain, de le prendre en pitié et de partager avec lui ses faiblesses et ses souffrances.
Pris par ce tournant, on en est venu à perdre l’équilibre et la mesure de toute chose : on s’est mis à aspirer à un monde idéal, dénué de peine et de problème ; et on a tout mis en œuvre pour le réaliser dans l’ici et le maintenant. Mais au lieu d’améliorer la situation, on a par là provoqué d’innombrables jalousies et souffrances supplémentaires.
Malheur à tous ceux dont l’amour n’est que compassion et pitié ! Malheur à tous ceux qui aiment sans avoir surmonté notre tradition, sans s’être élevés au-dessus de leur pitié ! Leur amour ne fait que stimuler la faiblesse, provoquer la jalousie – et multiplier les souffrances.
Voilà comment, un jour, le… Suite

11 | Monde à l’envers

13/06/2013 | Commentaires (0)

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RIVÉS SUR NOS IDÉES, nous passons le plus clair de notre temps à rationaliser plutôt qu’à expérimenter ce qui nous entoure et nous arrive. Nous avons pour réflexe de tout mettre à distance : de tout objectiver, déterminer, classer et juger à l’aune de nos catégories de raison.
Nous vivons quelque chose ? Nous sommes déjà en train de le traiter, de l’analyser pour mieux le saisir et le classer en concepts* clairs et distincts, en idées et images stables et constantes. Quelqu’un nous parle ? Au lieu de nous ouvrir à ses dires, de nous plonger dans son univers, nous sélectionnons ce qui, dans ses propos, nous est utile et nous renforce.
Nous avons par là appris à nous protéger devant les risques inhérents à l’énigmatique et problématique réalité de l’existence. En faisant abstraction de la mouvante complexité des phénomènes, nous évitons de nous faire chahuter. En sublimant, idéalisant et simplifiant le monde réel en son perpétuel va-et-vient, nous nous mettons à l’abri des… Suite

Regional Games

12/06/2013 | Commentaires (0)

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Les 15 et 16 juin 2013 ont eu lieu à Lausanne/Dorigny les premiers Regional Games de Special Olympics. La participation était ouverte à tous les sportifs en situation de handicap mental, quel que soit leur niveau de performance, leur appartenance ou non à un club, une institution Trois tournois –  de judo, de  tennis de table et de […]
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False Idols

09/06/2013 | Commentaires (1)

Tricky

NOUVEAU DISQUE DE TRICKY, vecteur de forces surpuissantes : libération musicale de nos corps et de nos esprits à partir des tréfonds de l’existence, par-delà nos fausses idoles, idées et images artificielles.

Voilà près de vingt ans que Tricky, le Bad Boy de Bristol – une ville du Sud-Ouest de l’Angleterre –, fait parler la poudre dans ses bientôt dix disques et ses milliers de concerts. Loin de faire la star, de jouer les idoles, de jeter de la poudre aux yeux, il ne cesse de se plonger au plus profond de lui-même. Loin de défendre, nier, ou simplement faire ronronner nos vieilles valeurs éculées, il se confond avec l’intimité du monde et laisse émerger les énergies qui affluent. Pour mettre le feu aux poudres : animer nos cellules, stimuler nos organes, affiner et exalter nos sens, libérer nos corps et nos pensées des jeux formels – et réalimenter nos vies.
« Tricky » est incernable : un de ces phénomènes délicieux qui débordent nos catégories de… Suite

Finale CSI de LNA

08/06/2013 | Commentaires (0)

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SAMEDI 8 JUIN se sont déroulé les Championnats suisses interclubs (CSI) d’athlétisme de LNA sur le Stade olympique de la Pontaise. Bon nombre des meilleurs athlètes suisses du pays étaient présents dans les 16 disciplines au programme. PHUSIS  était de la parie pour animer la manifestation nationale. L’ambiance était d’autant meilleure que, contrairement à l’habitude, […]
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Chantons et ne parlons plus !

05/06/2013 | Commentaires (0)

Ciel tranquille
Les sept sceaux-7SI JAMAIS J’AI DÉPLOYÉ au-dessus de moi des ciels tranquilles… Si jamais j’ai étendu une sphère de calme au-dessus de l’agitation des contraires qui m’entoure et me harcèle ici-bas… Si, au lieu de me laisser téléguider par un prétendu monde idéal, au lieu de me faire chahuter par mille opinions aussi égoïstes que contradictoires, j’ai réussi à devenir autonome, à me faire pousser des ailes et à m’envoler dans mes propres ciels…
Si j’ai alors baigné et joué à ma guise dans l’intensité de mes ciels … Si j’ai jubilé là-haut, dans de lointaines profondeurs de lumière… Et si, à force, ma liberté elle-même s’est vue pousser des ailes… Et si, à force, je me suis libéré l’esprit et ai gagné une sagesse d’oiseau…
Car voici comment parle la sagesse d’oiseau : « Regarde, il n’y a pas de haut et pas de bas ! Il n’y a pas de contraires : pas de bien et de mal, de vrai et de faux, de beau… Suite

AtletiCAGenève 2013

02/06/2013 | Commentaires (0)

james Dasaolu
Samedi 1er juin s’est joué sur le Stade du Bout du monde le Meeting international AtletiCAGenève. Quelques 450 athlètes – dont près de trois quarts d’étrangers – ont pris part au Mémorial Georges Caillat 2013. PHUSIS Animations était de la partie pour accompagner les athlètes à leur plus haut niveau. Si les Helvètes ont fait […]
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The Grandmaster

19/05/2013 | Commentaires (4)

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FILM MAGISTRAL de Wong Kar-Wai, avec Zhang Ziyi, Tony Leung, Chang Chen, etc. Chine, 2013. Expression et voie de grand style. Actuellement en salle.
Les articles présentent le film comme une biographie esthétisante d’Ip Man (Tony Leung), grand maître chinois de kung-fu des années 1930 à 1950, entre la fin de l’empire, l’occupation japonaise, la guerre mondiale et l’après-guerre. Mais l’histoire n’a au fond guère d’importance, pas davantage la grande que la petite. Bien plus que narrer la vie et les coups du mentor de Bruce Lee dans cette époque périlleuse, Wong Kar-Wai dévoile, deux heures durant, comme personne ne l’a jamais fait avant lui ; entre réalité et fiction, surface et profondeur, les forces surpuissantes qui nous traversent et dépassent tous : forces de vie, de lutte, d’amour, de maîtrise et de dépassement qu’il s’agit d’accompagner jusqu’à la plus grande maîtrise.
Indistinction énigmatique de la vie
Le générique nous immerge dans une indistincte et énigmatique ivresse. En train de frôler un tissu coloré, qui… Suite

10 | Processus idéalisant

16/05/2013 | Commentaires (0)

Paul Klee Outburst_of_Fear

SI NOUS AVONS ÉTÉ BIEN ÉDUQUÉS, nous bénéficions d’une certaine stabilité et assurance au sein de l’existence. Quel que soit ce qui se passe, nous avons les moyens de ne pas nous laisser chahuter par le va-et-vient des phénomènes et des sensations. Grâce à notre sérieux et au bon développement de notre intelligence, nous sommes armés pour gérer au mieux les diverses situations que nous réserve la vie.
Tout ce que nous vivons, nous le traitons avec les outils de la raison : nous le regardons avec une certaine distance ; nous l’objectivons, l’analysons, synthétisons et jugeons eu égard aux structures, images et idées que nous avons dûment intégrées. Le moindre événement qui nous touche, nous le rangeons dans nos catégories de raison : nous le fixons, le déterminons, définissons et classons. S’il correspond à ce que nous avons appris à considérer comme bien, beau, vrai – et par suite utile –, nous lui disons « oui », le cultivons et nous organisons en fonction ; si… Suite

Dansons et rions !

11/05/2013 | Commentaires (0)

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Les sept sceaux-6SI MA VERTU EST CELLE D’UN DANSEUR athlétique et léger, et non celle d’un penseur lourd, ventripotent et malhabile… Et si, quand la plupart se vautre dans la boue, j’ai souvent eu l’occasion de bondir des deux pieds dans des ravissements inespérés, dans des enchantements d’une intensité rare, couleur or et émeraude…
Si, loin de tout sérieux, de toute lourdeur, c’est la légèreté et le rire qui se trouvent au fond de mon être… Si ma méchanceté elle-même est une méchanceté qui rit, une méchanceté qui se sent partout chez elle, aussi bien dans les ronces des coteaux de roses que dans les haies des fleurs de lys… Si rien ne l’arrête, pas même les piquants et les murs qui accompagnent les plus grandes beautés et les meilleures odeurs…
– Car vous le savez bien : le rire est rassembleur, unificateur et purificateur. Dans le rire, tout ce qui est méchant se trouve certes rassemblé sous un même chapeau, ne fait… Suite

9 | Du jeu au sérieux

08/05/2013 | Commentaires (0)

klee lutin
DANS UN PREMIER TEMPS, L’ENFANT suit en toute spontanéité ses envies et sensations. Il joue en toute innocence le jeu de la vie, se laissant porter, voire chahuter, par les forces qui l’entourent et le traversent, qu’il cherche à la fois instinctivement à maîtriser. Le tout sous l’œil bienveillant de son entourage, parents et enseignants, qui met tout en œuvre pour lui permettre de s’en sortir, de devenir autonome, d’agir et réagir de manière raisonnable et équilibrée dans le monde.
L’éducation vise à faire de l’enfant, d’abord insouciant, naïf et frivole, un être réfléchi et sérieux, fort de stabilité dans le va-et-vient des phénomènes, de ferme tenue dans la vie. Au lieu de suivre aveuglément ses impulsions, de courir dans tous les sens et de s’engager tête baissée dans toutes les entreprises possibles et imaginables, on lui enseigne à canaliser ses énergies ; on lui apprend à se modérer et à considérer les choses de manière critique, avec une certaine distance.
L’enfant comprend… Suite

STV Pendelstafette-SM

06/05/2013 | Commentaires (0)

STV-SM Basel1
DIMANCHE 5 MAI, PHUSIS a contribué à animer les premiers Championnats suisses de courses estafette des clubs de FSG (Fédération suisse de gymnastique) : les ainsi nommés STV Pendelstafette-SM. Toute la journée durant, plus de 40 clubs étaient de la partie dans le Stade de la Schützenmatte à Bâle. Des équipes de 6 ou 8 […]
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Oui à la mer !

01/05/2013 | Commentaires (0)

Mer montagne
Les sept sceaux-5Si j’aime la mer… Et si j’aime tout ce qui est du genre de la mer, ce qui est comme elle, d’une profondeur et d’une richesse insondables, toujours en mouvement, en va-et-vient, impossible à fixer… Et si, parmi tout ça que j’aime, ce que je préfère, c’est justement ce qui me résiste le plus fort, ce qui contredit le plus furieusement ma vieille tendance à la fixation…
Si je suis pris par cette soif d’inconnu, ce plaisir, cette envie, ce désir qui pousse les voiles vers le large, qui pousse à découvrir les horizons lointains… Si, dans mon plaisir, mon envie et mon désir, je suis porté par un plaisir, une envie et un désir de marin en quête de voyage et d’aventures…
Si jamais j’ai jubilé en me retrouvant au milieu de la mer… Si jamais j’ai exulté en remarquant qu’autour de moi tout n’était que profondeur et richesse abyssale, perpétuel va-et-vient, impossible à fixer ; que tout autour de… Suite

8 | Objectivation et interprétation

29/04/2013 | Commentaires (0)

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SI L’ENFANT ACCOMPAGNE spontanément le mouvement des phénomènes ou sensations qui lui arrivent, s’il suit en toute innocence et insouciance ses pulsions, il prend avec le temps pour habitude de tout interpréter à l’aide des outils mis à dispositions par la raison qu’on lui inculque dès son plus jeune âge.
Quelles que soit les situations, les phénomènes et événements, il en vient à les traiter à l’aide des structures, idées et autres images traditionnelles qu’on lui a appris à utiliser comme guides de vie. A propos de tout ce qui se passe – tout ce qui lui arrive, l’entoure et le traverse, tout ce qui lui fait peur ou l’étonne  –, il acquiert pour réflexe de se poser la question de savoir ce que c’est et pourquoi il en est ainsi. Il cherche autrement dit à le mettre en lumière, à le dévoiler en sa vérité stable et constante.
En procédant de la sorte, il met automatiquement les phénomènes et événements à… Suite

Cadmos conseille Penthée

24/04/2013 | Commentaires (0)

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330-342 – PrésentationSUITE à L’EXPOSITION par Tirésias de la puissance et du caractère incontournable de Dionysos, et suite à la ratification de son discours par le chœur, Cadmos prend à son tour la parole pour tenter de détourner Penthée de sa tendance anti-dionysiaque.
Après avoir attesté la valeur des conseils du prophète, Cadmos supplie son petit-fils de cesser de filer son mauvais coton et de renouer avec les lois et bonnes mœurs traditionnelles, fondées sur l’écoute, l’harmonie et le bon ordre de toute chose, hommes et dieux compris, au sein du monde. A vrai dire, Cadmos a deviné la nature du mal qui frappe Penthée : il est victime de sa raison, de sa puissante raison ; si puissante qu’elle est devenue hypertrophique. Au point que son esprit s’est mis à se faire des idées, à fantasmer et imaginer quantité de choses tout aussi scandaleuses qu’impossibles ; et voilà qu’il s’est mis à croire qu’on peut comme ça, du jour au lendemain, transformer et… Suite

7 | Désensibilisation

21/04/2013 | Commentaires (0)

klee--garcon-elegant
L’ABSENCE DE SOUFFRANCE, la facilité, le confort, l’opulence, l’amour et le bonheur auxquels nous sommes pour la plupart habitués et éduqués dès l’enfance ont pour conséquence de rendre superflue toute une partie de notre dimension sensible. L’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher, qui sont gages de survie chez l’animal, sont chez l’homme le plus souvent délaissés au profit du seul sens qui compte vraiment : la vue, guidée et interprétée par la vue de l’esprit, autrement dit par la raison.
Au lieu de nous apprendre à sentir les choses, on nous enseigne d’emblée comment les regarder, comment les nommer, les mesurer et juger à l’aune des structures, catégories et autres idées et images issues de la tradition. Loin de nous plonger dans le monde vivant en son va-et-vient, ses hauts et ses bas, ses joies et ses peines, ses productions et ses destructions, ses vies et ses morts, nous avons alors tendance à considérer tout ce qui nous entoure de l’extérieur,… Suite

Cloud Atlas

17/04/2013 | Commentaires (1)

Cloud atlas

FILM PROTÉIFORME de Tom Tykwer, Lana et Andy Wachowski, adapté du roman de David Mitchell, paru en 2004, avec Tom Hanks, Halle Berry, Jim Mroadben, Hugo Weaving, Hugh Grant, etc. USA/GER, 2013. La musique du monde face à l’ordre du monde.
Six histoires, six époques, six lieux
Six histoires hétérogènes, dans six époques et six lieux différents. Six histoires dans lesquelles on est catapulté de manière abrupte, alternativement, scènes après scènes. Tantôt très courtes, tantôt un peu plus longues. 1849, Pacifique Sud : la question de l’esclavage. 1931, Edimbourg : homosexualité et musique. 1973, San Francisco : énergie nucléaire et investigation dangereuse. 2012, Angleterre, embrouille littéraire et cacochyme ; 2144, Néo-Séoul, clonage et totalitarisme ; 2312, technologie et retour aux sources.
Six histoires dans lesquelles on est immergé à un rythme tellement effréné qu’on n’y comprend d’abord rien du tout. Il est question de voix, de mystère, de liens, de vérités, de forts, de faibles, de partage, d’amour, de puissance, de liberté, de volonté, de dévoilement, de production,… Suite

6 | Promotion tout azimut de l’idéal

14/04/2013 | Commentaires (0)

PAUL-KLEE-AN-ALLEGORY-OF-PROPAGANDA
DÈS LE BERCEAU, l’entourage de l’enfant promeut de manière inconsciente, larvée, voire mensongère, les idéaux traditionnels qui ont cours partout : idéaux de bonté, de beauté, de vérité, et par suite de stabilité, de bonheur, d’amour, de réussite, de puissance, etc.
Pris qu’il est dans les filets du langage, l’instinct maternel lui-même prépare le terrain. Certes, la plupart des gestes et réflexes de maman sont purement instinctifs (de l’ordre de l’être vivant pulsif qu’elle est), toutefois, à peine elle parle, raconte ou explique quelque chose, elle le fait dans les structures dualistes et à partir des images et idées traditionnelles. Elle plante par là de premières graines de logique prédicative, idéaliste et morale dans la tête de son rejeton. Il suffit ensuite que les graines soient arrosées pour qu’elles germent et croissent en direction de la vision objectiviste, déterminatrice, causaliste et moraliste qui caractérise le monde adulte.
De plus, considéré qu’il est comme la prunelle de leurs yeux, le rejeton est automatiquement regardé… Suite

Prolonger le mouvement de la vie

10/04/2013 | Commentaires (0)

sel
Les sept sceaux-4SI JAMAIS J’AI BU LA VIE à grands traits… Si jamais je me suis abreuvé du riche, épicé et écumant mélange que contient cette immense cruche qu’est la vie… Si jamais j’ai incorporé ce mystérieux et goûteux mélange où toutes les choses ont non seulement leur place, mais s’enrichissent, s’excitent et s’interpénètrent mutuellement…
Si jamais, rempli de cette intensité et harmonie de vie, ma main s’est attelée à unir les contraires… Si jamais elle s’est mise à arroser les choses a priori contradictoires pour les faire pousser ensemble… Si jamais elle a fondu le plus lointain dans le plus proche, et le feu dans l’esprit, et le plaisir dans la souffrance, et le pire dans le meilleur… Si jamais elle a par là fait éclater les structures, images et idées traditionnelles, qui n’ont de cesse de séparer chaque chose de toutes les autres…
Si je suis par là moi-même devenu un grain de ce sel libérateur de vie et rehausseur… Suite

5 | La tentation des idées

07/04/2013 | Commentaires (2)

klee image

ETANT DONNÉ qu’elles sont de toute clarté, de toute beauté, de toute bonté, de toute stabilité, constance et objectivité, qu’elles sont par suite fiables et rassurantes, les structures, images et idées qui ont cours partout sont pour de multiples raisons une option particulièrement attractive.

Tout d’abord parce qu’elles se trouvent partagées et vantées par tous. Véhiculées qu’elles sont notamment par la publicité, mais aussi par les jeux de société, la télévision, les journaux ou encore sur internet par le biais des réseaux sociaux, elles semblent dans toute situation fonctionner à merveille.
Grâce à elles, on est en mesure de trouver une solution à tous les problèmes ; on peut gérer et ordonner notre existence à souhait, et finalement faire de notre monde un paradis terrestre. Se laisser guider par les structures, images et idées traditionnelles est gage de réussite dans le système, familial et scolaire d’abord, puis social, professionnel et finalement économique.
Si on bénéficie d’une bonne éducation, on jouit automatiquement d’une solide structure… Suite

Jouer avec les dieux

03/04/2013 | Commentaires (0)

Dés
Septs sceaux-3Si jamais j’ai été inspiré par les forces de vie… Si jamais un souffle m’est venu du grand souffle créateur de toute chose… Si jamais j’ai été porté par cette nécessité céleste qui force tout ce qui est à être ce qu’il est, cette puissance qui façonne le monde, qui force les hasards eux-mêmes à danser des rondes d’étoiles, c’est-à-dire à s’inscrire dans la cohérence musicale et cyclique du tout tragi-comique du monde…
Si jamais j’ai éclaté de rire pour rétablir l’équilibre dans le monde… Si jamais, prêt à se décharger, le sombre nuage que je suis a ri en foudroyants éclairs de rires créateurs pour éclairer les hommes de la lumière de l’avenir… Si j’ai par là, à grands coups de rayons lumineux libérateurs, affirmateurs et prophétiques, déclenché un long et grondant tonnerre d’action… Si j’ai par là mis en branle et fait obéir la productivité de la vie elle-même…
Si jamais j’ai joué aux dés avec des dieux…… Suite

4 | Raison contre instinct

31/03/2013 | Commentaires (0)

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QUE CE SOIT À LA MAISON, À L’ÉCOLE, dans la rue, sur la place de jeux ou les terrains de sport, partout on apprend à l’enfant à considérer les choses d’un œil sérieux, logique et rationnel. On le pousse à avoir un point de vue critique et moral : à distinguer ce qui vaut de ce qui ne vaut pas, l’utile de l’inutile, le beau du laid, le vrai du faux, le bien du mal, etc. Gages de bien-être, de stabilité et de réussite, les structures de pensée et idéaux traditionnels s’imprègnent ainsi toujours davantage dans son esprit.
Au lieu de ne faire que suivre en toute innocence les forces qui le traversent et qu’il rencontre, au lieu de participer au mouvement des choses, de jouer avec le va-et-vient des phénomènes, l’enfant est amené à se responsabiliser, à s’organiser pour atteindre les buts qu’on lui fixe et qu’il a tôt fait de se fixer également lui-même, ne serait-ce d’abord que pour faire… Suite

Libérer et bénir le monde

27/03/2013 | Commentaires (1)

Stop
Les sept seaux-2SI JAMAIS MA COLÈRE A BRISÉ DES TOMBES pour laisser respirer nos vieux morts et redonner de l’air aux anciennes sagesses trop vite oubliées… Si jamais ma colère a repoussé des frontières, des bornes, des limites, pour élargir les horizons et ouvrir de nouvelles possibilités d’existence… Si jamais ma colère s’est occupée des vieilles tables de valeurs brisées en les jetant dans d’abruptes profondeurs pour se débarrasser une fois pour toutes des dogmes moraux qui stérilisent la vie…
Si jamais mon sarcasme a fait voler en éclats des vieux mots pourris, si mon rire à pulvérisé de vieilles formules creuses, incapables de dire et de servir la vie… Si jamais je suis venu comme un balai chez les araignées porteuses de croix, si je n’y suis pas allé de main morte pour débarrasser le monde des infatigables et astucieuses tisseuses de toile, toujours aux aguets, prêtes à bondir sur leurs proies et à les vider de leur sang… Si jamais… Suite

3 | Objectif raison et réussite

24/03/2013 | Commentaires (0)

Klee enfant
APRÈS AVOIR INCULQUÉ À L’ENFANT DE PREMIÈRES RÈGLES, lui avoir fait prendre conscience de son image et des images en général – tant intérieures qu’extérieures –, les parents, l’école et la société continuent à épauler, guider et diriger l’enfant sur son chemin en direction du monde adulte. Il s’agit en somme de l’éduquer : le conduire hors de son état purement instinctif, joueur et irresponsable, pour l’élever au rang d’homme, c’est-à-dire – conformément à la définition traditionnelle de l’homme – d’être vivant doué de raison. Tous les moyens sont alors mis en œuvre pour, par-delà sa joueuse et spontanée intelligence du monde, faire de l’enfant un individu raisonnable, sérieux, responsable et efficace.
Il ne s’agit dès lors plus seulement de lui donner toutes les chances de s’en sortir et d’interagir correctement avec son entourage, mais de lui permettre de réussir dans ce monde. Aussi lui transmet-on avec une force accrue les structures de pensée et les images capables de le mener vers… Suite

Les sept sceaux | 1.

21/03/2013 | Commentaires (0)

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SOUS-TITRÉS « LE CHANT DU OUI ET AMEN », « Les sept sceaux » font écho à l’Apocalypse de la Bible, où Jean présente la terrible révélation (apokalupsis) que lui a faite Jésus-Christ des séries de fléaux qui vont s’abattre sur terre avant la fin du monde. L’une de ces séries lui est précisément dévoilée à l’ouverture d’un petit livre scellé de sept sceaux (avant tout chapitre 6). Leur descellement par l’agneau de dieu annonce la multiplication des fausses séductions, guerres, famines, malheurs, morts, jugements derniers et autres cataclysmes qui marquent la fin des temps.
Les sept sous-chapitres « Des sept sceaux » de Zarathoustra répondent à leur manière, musicalement inversée, à l’Apocalypse biblique : loin de dévoiler l’ultime sagesse chrétienne – la négation absolue du monde ici-bas pour le paradis post mortem –, ils représentent autant de strophes dudit chant du Oui et de l’Amen : l’affirmation inconditionnée du monde ici et maintenant comme éternel retour du même en son va-et-vient tragique en direction du surhomme.
*
Les sept seaux-1
Si… Suite

2 | Prises de conscience

17/03/2013 | Commentaires (0)

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SUITE AU DÉVELOPPEMENT INSTINCTIF – ludique, spontané, par-delà bien et mal – de premiers réflexes, de premières images et d’une première intelligence de soi et du monde sous l’œil avisé de son entourage, les horizons de l’enfant ne cessent de grandir et de se stabiliser toujours davantage.
Avec le temps, les parents et l’école l’aident en effet à préciser et élargir son rapport à soi et au monde. On lui apprend notamment à bien parler, à bien utiliser ses mains, à ne pas être trop maladroit avec son corps, et à faire bon usage de sa tête. Ce faisant, on le guide en même temps dans son interaction avec les phénomènes et avec les gens.
Par les histoires qu’on lui raconte, les activités qu’on lui fait faire et les conseils qu’on lui donne, on l’amène à prendre conscience de sa personne et de son image ; on lui enseigne comment se tenir et se présenter ; on le pousse à faire bonne figure. En… Suite

Puissance de Dionysos

14/03/2013 | Commentaires (4)

Delphes 1

298-329 – Présentation
APRÈS AVOIR INDIQUÉ à Penthée combien ses propos et son refus de reconnaître Dionysos sont insensés, Tirésias présente dès lors un nouvel aspect de sa puissance et importance : en plus d’être le pendant de Déméter-Gaia, l’humide qui vient répondre au sec, en plus de constituer, par le vin qu’il fait couler, l’unique remède aux maux des hommes, Dionysos Bacchos est également un mantis, un devin. En effet, quand il se plonge de part en part dans un corps, quand il lui insuffle sa mania, sa folie bachique, il transmet tout un savoir-faire mantique, tout un art divinatoire : l’homme qui en est la proie dépasse soudain son humanité et rationalité et se trouve capable de prédire l’avenir. Et ce n’est pas tout : Dionysos a aussi son rôle à jouer dans le domaine d’Arès, le dieu de la guerre. Par sa même mania, il est en mesure de frapper de peur n’importe quelle armée en ordre de bataille : de la dissoudre… Suite

1 | De l’instinct à la raison

09/03/2013 | Commentaires (1)

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NOTRE RAPPORT AU MONDE est le fruit d’un long cheminement. Nos perceptions et nos interprétations, tant de notre personne que de ce qui nous entoure, découlent de tout un développement et de tout un apprentissage. Mais d’où viennent les sensations, images et idées qui nous travaillent ? Quelle est leur portée et leurs limites ? Dans quelle mesure sont-elles conformes à la réalité de la vie ? Et en quoi sont-elles utiles ou néfastes à notre existence ?
PHUSIS cherche à démêler l’affaire dans une série de courts articles. Le premier présente le développement instinctif, chez le petit enfant, d’une première intelligence du monde.
*
A la naissance, nous sommes bien démunis. Pour survivre, le bébé a besoin d’être couvé, nourri et protégé plus longtemps que n’importe quel autre être vivant. Si, dans le corps, les choses se mettent en place toutes seules, notre rapport au monde et à nous-mêmes est le résultat de toute une évolution et élaboration. Progressive, notre ouverture au monde est d’abord le… Suite

Le chant de minuit

05/03/2013 | Commentaires (0)

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Chant de minuitSUITE À LA CLARTÉ DU MIDI et à la chaleur du jour, la lumière a commencé à décliner et les ombres se sont mises à grandir. La fraicheur du soir s’est installée – et la nuit a fini par tomber. Impossible dès lors de se fier aux apparences : les contours sont devenus flous, les structures vagues, les phénomènes indistincts. Finis la lumière, la clarté, la distinction, la précision ; finis la stabilité, l’assurance, la confiance, les mille et un réflexes objectivant et autres automatismes quotidiens. Tout est désormais sombre, trouble, obscur, ambigu, inquiétant, anxiogène ; au point que même notre claire raison ne nous est plus d’un grand secours.
C’est le milieu de la nuit : la vieille et lourde cloche de la tradition se met à résonner tel un bourdon à partir des profondeurs abyssales ; jusque dans la caverne de Zarathoustra ; et jusque dans la tête de Zarathoustra. Et voilà qu’en dépit de son amour de la vie, en dépit de… Suite

CS de cross

03/03/2013 | Commentaires (0)

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DIMANCHE 3 MARS, PHUSIS Animations était à Düdingen pour animer le dernier grand rendez-vous national athlétique de la saison d’hiver 2013 : les Championnats suisses de cross. Les meilleurs spécialistes de Cross Country du pays se sont disputés les titres et médailles dans toutes les catégories possibles et imaginables (64 catégories en tout, des poussins […]
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L’autre chant de danse, 2.

27/02/2013 | Commentaires (0)

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ZARATHOUSTRA VIENT DE REGARDER une nouvelle fois la vie dans les yeux. Loin de sombrer comme jadis dans ses abyssales profondeurs, il y a cette fois vu scintiller de l’or. S’en est suivi une discussion entre Zarathoustra et la vie ; discussion qui a dévoilé l’étrangeté de leur rapport : rapport enfantin de désir et de crainte, d’affection et de violence, d’amour et de haine à la fois. Alors que, jusqu’ici, Zarathoustra s’est toujours plié aux exigences de la vie, a toujours été à sa merci, le voilà qui veut soudain à son tour la faire danser et crier. Pour cela, il n’hésite pas à faire claquer son fouet.
*
L’autre chant de danse, 2
Voilà comment la vie a répondu au claquement de mon fouet, non sans boucher ses délicates oreilles :
« Ô Zarathoustra ! Mais ne frappe pas si affreusement avec ton fouet ! Ne fais pas tant de bruit ! Tu le sais bien, non ? Le bruit tue les pensées ! Et notre charmante discussion, notre délicieux partage… Suite

La beauté est intérieure

23/02/2013 | Commentaires (0)

Tête d
ALORS QUE NOTRE MONDE VOIT TRIOMPHER la beauté extérieure, l’apparence : ce qui compte, pour les gens, c’est de faire bonne figure, de paraître bien, beau, intelligent et riche – quitte à devenir complètement superficiel, vide et faux –, Bboul et Ludo s’interrogent sur l’expression, toujours volontiers utilisée mais souvent juste comme ça, en l’air, qui dit que « la beauté est intérieure ».
*
Beauté intérieure
– Elle m’énerve, ma maman : elle dit toujours des choses que je ne comprends pas.
– Comme quoi par exemple ?
– Par exemple, quand je me regarde dans un miroir, elle me dit que « la beauté est intérieure ».
– Euh… ben forcément, elle n’aime pas quand tu pleurs…
– Très drôle.
– Mais… si tu ne comprends pas, pourquoi alors tu ne lui demandes pas de t’expliquer ce que ça veut dire ?
– Je lui ai demandé, mais je crois qu’elle non plus ne comprend pas très bien ce que ça veut dire. T’en penses quoi, toi ? Ça veut dire quoi « la beauté est intérieure » ?
–… Suite

Discours de Tirésias

20/02/2013 | Commentaires (6)

Dionysos détail
266-297 – PrésentationAPRÈS AVOIR APPRIS LES TROUBLES QUI S’ABATTENT SUR THÈBES, le rationaliste et moraliste Penthée est revenu au palais. Hors de lui, il a crié à tue-tête sa colère. Et sa fureur a encore redoublé quand il a remarqué que son grand-père Cadmos et le devin Tirésias, les deux hommes les plus sages de la cité, participaient eux aussi aux scandaleux débordements ; et même plus : qu’ils y avaient leur part de responsabilité. Suite à la tentative du chœur de guider le roi sur le bon chemin, de lui faire reconnaître et intégrer l’incontournable Dionysos dans la cité, voilà que Tirésias prend à son tour la parole.
En bon prophète qu’il est, Tirésias sait trouver les mots qui conviennent. Il commence par énoncer une généralité : pour un homme sage – sage au sens où il est privilégié, inspiré par les dieux –, il n’est pas difficile de bien choisir ses sujets de conversation, de trouver de beaux thèmes de paroles, et… Suite

CS en salle à Macolin

16/02/2013 | Commentaires (0)

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LES CHAMPIONNATS SUISSES INDOOR D’ATHLÉTISME ont eu lieu le week-end du 16 et 17 février dans la Salle de la Fin du monde à Macolin. PHUSIS Animations était de la partie pour accompagner athlètes et spectateurs durant les deux jours de compétition. Pour mettre l’ambiance dans la salle – et pour que l’enthousiasme soit de […]
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L’autre chant de danse, 1.

12/02/2013 | Commentaires (0)

Scintillement de mer
UN SOIR, ALORS QU’IL TRAVERSAIT LA FORÊT, Zarathoustra était tombé sur une clairière où dansaient en toute légèreté des jeunes filles. Après leur avoir indiqué qu’elles n’avaient rien à craindre de lui – lui, l’ennemi de l’esprit de lourdeur, l’ami de leur dieu préféré : dieu enfantin, innocent, joueur –, il a entonné pour elles un chant de danse.
Ce dernier retrace la discussion que Zarathoustra venait d’avoir avec la vie, sa bien-aimée, après l’avoir regardée dans les yeux, avoir sombré dans ses profondeurs et en avoir été repêché à l’aide d’un hameçon d’or. Moqueuse, la vie s’était montrée en sa nature propre : non seulement désirable, changeante et sauvage, mais encore méchante et fausse. En tout une femme, comme la sagesse (de vie) de Zarathoustra lui-même… Mais, alors que ce dernier était sur le point de comprendre tout cela, la vie avait soudain rouvert son œil ; et Zarathoustra a de nouveau eu l’impression de sombrer dans son insondable profondeur.
Depuis, Zarathoustra a… Suite

Du grand désir nostalgique

03/02/2013 | Commentaires (0)

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Ô MON ÂME, regarde tout ce que j’ai fait pour toi : tout ce que je t’ai appris ; tout ce dont je t’ai débarrassé et tout ce que je t’ai donné !
Du grand désir nostalgique
Ô mon âme, j’ai révolutionné ton rapport au temps et à l’espace. Je t’ai appris à dire « aujourd’hui » comme « jadis » et « autrefois » ; je t’ai appris à vivre le temps non plus comme simple suite mécanique des maintenants, mais comme durée ; je t’ai appris à inscrire chaque instant dans l’ensemble du temps – passé, présent et futur – régi par l’éternel retour du même. Et je t’ai appris à expérimenter l’espace non comme complexe d’endroits séparés mais comme ensemble englobant de tous les lieux de la terre : je t’ai appris à danser ta ronde en même temps par-dessus tout « ici », tout « là » et tout « là-bas ».
Ô mon âme, je t’ai libérée de tous les recoins et structures artificiels ; j’ai arrondi tes angles : de compliquée, tortueuse et carrée que tu étais,… Suite

Sainte-Croix 2013

02/02/2013 | Commentaires (0)

Sainte-Croixx
EN MEETINGS D’ATHLETISME, les disciplines techniques sont souvent un peu négligées. Non pas parce que les concours sont moins intéressants que les courses, mais parce que les manifestations sont rythmées par elles. Samedi, à Sainte-Croix, il en a été tout autrement : à l’occasion de Sainte-Croix 2013, Hauteur et Musique, première édition du Meeting national de […]
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Sens, but et limites de l’histoire traditionnelle

28/01/2013 | Commentaires (3)


LE MOT « HISTOIRE » provient du grec historia, substantif du verbe historein, qui signifie être témoin, enquêter, s’informer, interroger, faire des recherches au sujet de quelque chose qui a eu lieu afin de le connaître et de le raconter.
*
La première réflexion sur l’histoire se trouve chez Aristote, l’élève de Platon qui, dans la Grèce du IVe siècle avant J.-C., a fondé notre tradition et par suite notre vision du monde. Pour et depuis Aristote, l’histoire concerne les faits singuliers tels qu’ils se sont passés dans un certain lieu et à un certain moment. Pour les connaître, l’historien part des témoignages relatés par des témoins qui, soit ont vu les événements en question de leurs propres yeux, soit en ont entendu parler de la bouche d’autres témoins. Un tel témoin, les Grecs l’appellent histôr — d’où le terme historia : mot apparenté au verbe eidénai, qui veut dire avoir vu quelque chose et par suite en posséder un savoir. Faisant recours à… Suite

Le convalescent, 2.

23/01/2013 | Commentaires (0)


ON EST LE MATIN, DANS LA CAVERNE DE ZARATHOUSTRA. Le porte-parole de la vie, de la souffrance et du cercle qu’il est vient de se lever d’un bond de sa couche en poussant un cri terrible. Il a été assailli par sa pensée la plus profonde, la plus abyssale, depuis toujours présente, mais depuis trop longtemps endormie : la pensée de l’éternel retour du même. L’heure est venue qu’elle se lève, qu’elle remonte à la surface, qu’elle quitte l’obscurité pour la lumière. A grands cris et grand-peine, Zarathoustra est finalement parvenu à la faire émerger et à la faire parler : « Ah, me voilà sauvé ! Te voilà qui arrives, – oui, je t’entends venir à moi ! Me voilà sauvé ! Viens ! Donne-moi ta main ! Que ma surface et ma profondeur s’unissent et cheminent ensemble, que l’union des contraires triomphe, que tout devienne décidément différences de degrés du même ! », s’est alors réjoui Zarathoustra. Avant de gémir soudain : « Ah ! Non, laisse ! Arrête-ça ! Ah ! Ah ! –… Suite

Le convalescent, 1.

17/01/2013 | Commentaires (0)


Le convalescent_1UN MATIN, PEU DE TEMPS APRÈS ÊTRE RETOURNÉ À SA CAVERNE, Zarathoustra s’est levé d’un bond de sa couche, en criant comme un fou, d’une voix terrible ; et en se comportant comme s’il y avait, à côté de lui, sur son lit, quelqu’un qui ne voulait pas se lever. Et le cri de Zarathoustra était si puissant, résonnait si fort qu’il a terrorisé tous les animaux alentour.
Impossible ici de ne pas se rappeler cet autre hurlement, mentionné par Zarathoustra sur le bateau en partance des îles bienheureuses : celui du chien de berger, hurlant à côté de son maître se tordant de douleur sur le sol, étouffé par un noir serpent dans la bouche. Berger que Zarathoustra avait finalement sauvé en le poussant à mordre la tête de l’animal et à la cracher au loin. Libération qui avait eu pour conséquence de métamorphoser le pâtre, qui s’était alors mis à rire comme jamais un homme n’avait ri. Rire dont Zarathoustra… Suite

Nouvelle mauvaise surprise pour Penthée | Bacchantes (vers 248-265)

12/01/2013 | Commentaires (0)


247-265 – PrésentationAPRÈS AVOIR CLAMÉ SON DÉSARROI, sa colère et sa soif de vengeance vis-à-vis des maux qui assaillent sa cité, Penthée se rend soudain compte qu’il n’est pas seul. Le voyant débouler, hors de lui, à la porte du palais, Cadmos et Tirésias ont en effet interrompu leur départ pour les montagnes. Curieux de l’entendre, ils sont restés là, dans un coin, et ont écouté ses jérémiades. Forcément, le roi tressaille quand il remarque les deux hommes dans leur accoutrement bachique. Nouvelle mauvaise surprise pour lui : la folie n’a pas seulement pris les femmes de la ville ; les plus sages et nobles aînés ont eux aussi perdu la raison.
Et voilà que les cris de révolte de Penthée redoublent. Quoi ? Le devin Tirésias, le plus fameux interprète des signes divins, s’est affublé d’une nébride en peau de faon ? Et quoi ? Son propre grand-père, Cadmos, le célèbre fondateur de Thèbes, se ridiculise lui aussi en tenant dans sa main un narthex,… Suite

En route vers la grande victoire !

07/01/2013 | Commentaires (0)


Ô TOI MA VOLONTÉ, ma double volonté : en même temps ma petite volonté individuelle, faculté qui me permet de prendre librement mes décisions ; et ma grande volonté, qui me permet de les prendre comme il faut, en conformité avec le monde ! Toi, moteur de tout ce que j’entreprends, de tout ce que je dois entreprendre, tournant de toute nécessité, de toute misère en bonheur ! Toi ma nécessité ! Ô ma volonté, préserve-moi de toutes les petites victoires qui ne font que satisfaire l’ego et détournent de la route qui conduit à la grande victoire !
Toi, ma volonté, toi qui guides et destines en toute nécessité mon âme, toi que j’appelle destin ! Toi qui es à la fois ma petite volonté en moi et la grande volonté au-dessus de moi ! Allez, préserve et réserve-moi, par-delà toutes les petites victoires, une grande destinée, un grand destin !
Et ton ultime grandeur, réserve-la pour ton ultime haut-fait, ton ultime victoire ! Et pourvu que tu sois suffisamment grande… Suite

Devenez durs !

03/01/2013 | Commentaires (0)


« POURQUOI ES-TU SI DUR ! – a demandé un jour le charbon de cuisine au diamant ; ne sommes-nous donc pas tous deux du carbone ? Ne sommes-nous pas de proches-parents ?
Pourquoi êtes-vous si mous ? Ô mes frères, voilà ce que moi, je vous demande : n’êtes-vous donc pas – mes frères ? Ne voulez-vous pas, comme moi, briser les derniers hommes, affronter la mer et voguer en direction du surhomme ?
Pourquoi, au lieu d’être durs, êtes-vous si mous ? Pourquoi, au lieu de vous endurcir, de vous renforcer, avez-vous tendance à mollir et à fléchir ? Pourquoi, au lieu d’être portés par l’acceptation et l’affirmation de toutes choses, y a-t-il tant de dénégation, de reniement dans votre cœur ? Pourquoi êtes-vous à ce point repliés sur vous-mêmes ? Pourquoi y a-t-il si peu de destin dans votre regard ?
Quoi ? Vous ne voulez pas être durs ? Vous ne voulez pas être des destins, des hommes inexorables ? Mais comment alors pourrions-nous faire équipe ? Comment alors pourrions-nous vaincre ensemble ?
Quoi ? Vous ne voulez être que… Suite

Cap sur le surhomme !

31/12/2012 | Commentaires (2)


QUOI, VOUS ME FUYEZ ? Vous êtes effrayés par ce qui vous arrive ? Ma mise en garde contre les bons et les justes vous fait trembler ?
Ô mes frères, mais à quoi vous attendiez-vous quand je vous ai poussé à briser les bons et les justes et les valeurs des bons et des justes ? Vous croyiez que ce serait sans conséquences pour vous et pour l’homme en général ? Détrompez-vous : ce n’est que par là que j’ai arraché l’homme de la terre qu’il exploite et assèche ; que je l’ai libéré du désert rationaliste et moraliste dans lequel il vit depuis la nuit des temps ; ce n’est que par là que je l’ai embarqué sur sa haute mer, en direction du surhomme.
Si, par le passé, l’homme a rencontré la peur, la suspicion, la maladie et quantité d’autres choses qui lui ont donné la nausée, il a toujours su résoudre ses problèmes par son intelligence et ses croyances. Rivé qu’il était sur ses idées de… Suite

Penthée face aux nouveaux maux de Thèbes | Bacchantes (215-247)

28/12/2012 | Commentaires (0)


215-247 – PrésentationALORS QUE TIRÉSIAS ET CADMOS sont sur le point de quitter la ville de Thèbes pour rejoindre les femmes parties danser avec Dionysos-Bacchos dans les montagnes, Penthée arrive vers le palais. En voyage loin de sa cité, le roi a été mis au courant des troubles qui agitent Thèbes : il a appris qu’en son absence, les femmes ont quitté leurs maisons, abandonné la ville pour s’adonner dans les montagnes à de soi-disant fêtes bachiques ; qu’elles se sont élancées dans les endroits les plus reculés pour produire des chœurs en l’honneur d’un dieu tout nouveau, flanqué du nom de… Dionysos. De retour à Thèbes, Penthée ne peut retenir ses cris, qui résonnent tout alentours : quoi, après avoir tout mis en œuvre pour rendre sa cité la plus juste, la plus ordonnée, la plus paisible et donc la meilleure possible, elle se trouve en proie à des maux aussi inédits qu’incompréhensibles ?
Des maux d’autant plus incompréhensibles que les femmes semblent avoir… Suite

Brisez les bons et les justes !

25/12/2012 | Commentaires (4)


Ô MES FRÈRES, AVEZ-VOUS DONC COMPRIS MA PAROLE, ma mise en garde contre les bons et les justes ? Et ce que j’ai dit jadis, il y a longtemps, sur le « dernier homme », vous l’avez compris ? Vous vous rappelez, le plus laid, le plus méprisable des hommes : l’homme d’aujourd’hui, cultivé, imbu de lui-même, qui se croit la mesure de toute chose, qui ratatine tout alors même qu’il est incapable d’enfanter quoi que ce soit ! Vous vous rappelez ? L’homme dont il s’agit de venir à bout !
Dites-moi, les bons et les justes ne représentent-ils pas le plus grand danger pour l’avenir de l’humanité ? Ne sont-ils pas précisément les plus laids des hommes, les hommes les plus méprisables, les « derniers hommes » ? Ceux qu’il faut à tout prix surmonter pour pouvoir avancer en direction du surhomme ?
Allez, brisez, brisez-moi les bons et les justes ! Brisez-moi les plus laids des hommes, les « derniers hommes » et toutes les valeurs qu’ils incarnent ! – Ô mes frères, vous avez compris… Suite

Gare aux bons et aux justes !

19/12/2012 | Commentaires (4)

Ô MES FRÈRES, QUELS SONT LES HOMMES QUI RECÈLENT LE PLUS GRAND DANGER pour l’avenir de l’humanité ? N’est-ce pas ceux qu’on appelle les bons et les justes ?
N’est-ce pas ceux qui, attirés par la lumière de l’idéal, aveuglés par l’idée traditionnelle de bonté, de vérité et de justice, croient savoir et sentir dans leur cœur ce qui est bon et juste ? Ceux qui, forts de leurs croyances, n’hésitent pas à le faire entendre et imposer partout ? Ceux qui, sûrs et fiers de leur savoir, vont jusqu’à vouer au malheur ceux qui, dans le domaine de la morale et de la justice, cherchent encore ?
C’est un comble : ceux qui sont jugés mauvais ou méchants sont au fond moins dangereux que les bons et les justes. Quel que soit le dommage qu’ils font, il est moins grand, moins profond que celui des bons et des justes !
Quel que soit le dommage que commettent ceux qui méprisent le bon équilibre des phénomènes, ceux qui calomnient le… Suite

A qui obéir ?

15/12/2012 | Commentaires (0)


REGARDEZ, LE SAGE SPÉCIALISTE DES VIEILLES ORIGINES ne peut se contenter de sa sagesse historique : il finit toujours par se mettre en quête des sources de l’avenir ; il se met toujours à la recherche de nouvelles origines. Etudier le passé pour lui-même ne mène à rien ; l’étude de l’histoire n’a d’intérêt que si elle est utile pour l’avenir.
Ô mes frères, la période de crise que nous vivons est annonciatrice de grands changements. De nouveaux peuples vont bientôt émerger ; de nouvelles sources bientôt jaillir et gronder vers le bas, et se ressourcer dans de nouvelles profondeurs, aujourd’hui négligées.
Certes, le tremblement de terre que nous vivons détruit et ensevelit beaucoup de fontaines et de puits, provoque quantité de soif et d’épuisement, mais fait en même temps venir à la lumière un grand nombre de forces et de secrets cachés.
Le tremblement de terre a du bon : il révèle de nouvelles sources. En détruisant de vieux peuples, il permet à de nouveaux peuples… Suite

Bonjour tristesse

12/12/2012 | Commentaires (2)


RAYMOND, ELSA, ANNE ET CÉCILE sont les personnages principaux du roman de Françoise Sagan Bonjour tristesse, adapté au cinéma par Otto Preminger. Vous n’avez pas lu le livre ni vu le film ? Pas grave : les forces qui les prennent, de Paris à la Côte d’Azur, sont les mêmes que celles qui nous traversent tous. Comme nous, les quatre personnages font leur possible dans le monde dans lequel ils sont tombés, entre pulsions et raison, joies enfantines et tristesses adultes.
Raymond : le grand enfant
Malgré ses quarante ans bien tassés, Raymond est un grand enfant. II est gâté ; il a tout pour plaire : il est beau, intelligent et riche ; charismatique, charmeur et frivole. En tant que membre de la haute société, il n’a pas le moindre souci, pas le moindre problème : alors que la plupart des gens travaillent, peinent et souffrent, il passe, lui, sa vie dans le délassement, le confort, l’amusement et la jouissance. Avec lui, rien ne semble vraiment sérieux ; tout… Suite

Elevez-vous !

07/12/2012 | Commentaires (0)


VOUS VOULEZ VOUS MARIER ? Veillez à ce que votre mariage ne soit pas une mauvaise conclusion ! Assurez-vous d’avoir trouvé la bonne personne. A toute conclusion hâtive, erronée, s’ensuit – le mariage brisé !
Vous êtes déjà marié ? En cas de mauvaise conclusion, mieux vaut encore le mariage brisé que le long mensonge et le mariage tordu qui dure ! Voici ce que m’a dit une femme qui s’est séparée de son mari : « Certes, j’ai brisé le mariage, mais le mariage m’a d’abord brisée – moi ! »
Ecoutez ce que j’ai pu observer : il n’y a rien de pire, rien de plus vindicatif que les couples mal-assortis. Ils sont tellement frustrés de ne pas pouvoir vivre et courir seuls qu’à la moindre occasion, ils s’en prennent à autrui, font des remarques déplacées, ou simplement secouent la tête.
Voilà donc comment je veux que les gens honnêtes qui s’aiment se prononcent vis-à-vis du mariage : « Nous nous aimons, certes, mais ce n’est pas une raison pour nous pousser au… Suite

The Show Of Life

03/12/2012 | Commentaires (0)

CLIP DU DISQUE « FUTURE VINTAGE » D’ARNO, en concert au Rocking-Chair de Vevey ce mercredi 5 décembre.

Paroles :
Wake up, rise up, don’t fall asleep.
We’re ok with nothing, but rather with something,
We’re the best, better than the rest,
We’re ready for the show, the show of life.
Let the mon(k)ey die, let the money die.
We gone dream for the things we want,
We gone fight for the things we need,
We’re the best, better than the rest
We’re ready for the show, the show of life
Let the monkey die, let the money die
We have seen everything, but live in nothing,
Today and yesterday, we’ll be that tomorrow,
We’re the best, better than the rest,
We’re ready for the show, the show of life
Let the monkey die, let the money die
We gonna dance with the man, the man with that tail
We gonna sing for a man, the man with no plan
We’re the best, better than the rest
We’re ready for the show, the show of life
Let the monkey die, let the… Suite

La danse et le rire

01/12/2012 | Commentaires (0)


VOICI COMMENT JE VEUX QUE SOIENT LES HOMMES ET LES FEMMES : les hommes doivent être prêts pour la guerre, les femmes prêtes à faire des enfants. Mais attention : tous deux doivent toujours être prêts à danser ; et pas seulement avec le corps, mais aussi avec la tête. La lourdeur et le sérieux des guerriers doit les conduire à devenir de légers joueurs ; et la souffrance et le sentiment de responsabilité des futures mères se muer en plaisir et en insouciance.
Il doit en être comme ça pour tout le monde : et chaque journée où nous n’avons pas dansé, ne serait-ce qu’une fois, ne serait-ce qu’un peu, nous devons la considérer comme une journée perdue ! Et chaque vérité que nous avons prononcée sans éclat de rire, fût-il tout petit, nous devons la considérer comme une erreur ! La danse et le rire sont le plus important dans toutes nos entreprises, corporelles et intellectuelles, comme résultat du dépassement de la lourdeur et du sérieux.
***
Traduction… Suite

Hymne homérique à Dionysos I (fin) | Servir et réjouir Dionysos

28/11/2012 | Commentaires (0)


PRIS DE PEUR PAR LA TERRIBLE FUREUR du lion et de l’ours dionysiaques sur le point de les attaquer, les marins cherchent à fuir. Mais, sur le bateau, la marge de manœuvre est restreinte… C’est ainsi qu’ils se réfugient sur la poupe, là où se tient le pilote. Le seul à avoir précédemment reconnu la nature divine de leur prisonnier ; le seul qui désormais garde son calme ; le seul dont le thumos, l’organe qui anime, stimule et excite hommes et dieux, reste modéré.
Mais la fuite des marins vers le pilote ne pondère pas les ardeurs du lion. Bien au contraire : sans délai, ce dernier bondit sur le capitaine. Pour le tuer ? Le dévorer ? Le chant ne le dit pas. Mais les marins n’y réfléchissent pas par deux fois : pour ne pas subir le même sort, les voilà qui plongent dans la mer. A peine dans l’eau, nouveau prodige : les pirates perdent leur aspect humain et se voient métamorphosés en…… Suite

No church in the wild

25/11/2012 | Commentaires (3)


CLIP DE ROMAIN GAVRAS, morceau du disque Watch the Throne des deux stars du rap américain Jay Z & Kanye West.
*
Quand l’injustice et le déséquilibre triomphent, la tension est à son comble : peu s’en faut pour que la violence court-circuite nos idéaux de calme, de confort et de bonheur.
Crise des valeurs. La révolte gronde.
Les idées toutes faites et la bonne conscience ne servent plus à rien. Les structures stérilisantes volent en éclat. Les forces de l’ordre artificiel entrent en conflit avec les puissances musicales d’en-bas. La beauté de surface dévoile une esthétique abyssale.
C’est la guerre : retour de l’instinct animal.
Pour la sauvegarde de la vie.
*

Pas d’église dans un état sauvage
Paroles :
Expression foisonnante de sensations d’un monde absurde, sans horizon, où l’homme risque à chaque instant de dégénérer en animal.
Traduction :
[Frank Ocean]
Des êtres humains dans une foule
Qu’est ce qu’une foule pour un Roi?
Qu’est ce qu’un Roi pour un Dieu?
Qu’est ce qu’un Dieu pour un non-croyant
Qui ne croit en rien?
On… Suite

Bêtes de proie

22/11/2012 | Commentaires (0)


SI LES GENS DE LA POPULACE recevaient leur pain quotidien gratuitement, sans le moindre effort, ce serait une catastrophe ! Très vite, ils ne penseraient qu’à se divertir ; ils deviendraient irresponsables et se mettraient à se plaindre de tout et de rien, à crier à hue et à dia. Que ce soit clair : les gens doivent gagner leur vie, souffrir pour s’entretenir : que leur entretien soit leur seul et juste divertissement !
On a beau vouloir faire des gens des animaux de compagnie, au fond, ce sont des bêtes de proie. Regardez : quel que soit leur « travail », c’est une sorte de vol ; chacun de leur « gain » est une sorte de supercherie ! C’est pourquoi rien ne doit leur être donné : tout ce qu’ils désirent, ils doivent le gagner au prix d’un effort ! Sinon c’est la catastrophe : le triomphe du divertissement, de l’irresponsabilité et de la révolte !
Plutôt que de vouloir en faire des animaux de compagnie, il faut que les gens deviennent de meilleures bêtes… Suite

Hymne homérique à Dionysos I (suite) | Lion et ours dionysiaques

18/11/2012 | Commentaires (0)


APRÈS AVOIR ÉTÉ REMIS À L’ORDRE par le capitaine, le pilote fait hisser les voiles. Très vite, le vent les gonfle et tend les cordages. Et voilà que le noir navire de pirates file sur la mer. Mais le bateau a beau prendre le large, l’inquiétante étrangeté du jeune homme prisonnier ne se trouve pas diminuée pour autant. Bien au contraire : alors que ses liens se défaisaient sans cesse, d’autres actes, plus étonnants et merveilleux encore, se produisent.
Un étrange liquide apparaît soudain sur le bateau : non pas qu’une vague d’eau salée soit venue s’abattre sur le pont, mais un doux breuvage, une boisson odorante y jaillit soudain bruyamment. Dionysos n’y va pas de main morte : il fait ni plus ni moins surgir du vin, son breuvage par excellence, et se répandre une odeur immortelle, rappelant l’ambroisie, la nourriture divine qui confère à ceux qui l’ingèrent une vie sans fin. L’étonnement des marins se transforme en stupeur et en effroi.
D’autant plus… Suite

La mélancolie

14/11/2012 | Commentaires (3)

JE PENSE QUE LA MÉLANCOLIE est le mythe le plus grandiose que, durant vingt-quatre siècles, la civilisation occidentale a élaboré. Personne ne l’égale : ni Apollon, ni Dionysos, ni Hermès, ni le Christ (parce que le Christ est aussi un mythe) : personne n’a sa vitalité, sa multiplicité, son incompréhensibilité, sa force de contradiction ; personne n’est si infini. Le paradoxe est que la mélancolie est née en Grèce et s’est diffusée surtout en Europe : c’est-à-dire dans une civilisation qui a toujours cherché à s’étendre, à se dilater, à conquérir ou au moins à illuminer et posséder avec l’intelligence toutes les choses de l’univers. Peut-être est-ce l’ombre de l’active et brillante lumière occidentale : à moins que la vraie lumière d’Europe soit précisément elle – la nocturne, la ténébreuse mélancolie, avec ses chauves-souris, ses comètes, ses creusets alchimiques, ses herbes magiques, ses chiens désolés.
En premier lieu, la mélancolie se distingue par trois gestes : le menton sur la main, le coude sur le genou, l’œil… Suite

Gala de Swiss Orienteering

10/11/2012 | Commentaires (0)

SCHWEIZ BERN SWISS ORIENTEERING GALA 2012
SUITE AUX CHAMPIONNATS DU MONDE de course d’orientation, PHUSIS Animation a eu le plaisir d’accompagner les stars de la course d’orientation suisse (et par suite mondial) lors de leur célébration à l’occasion du Gala de Swiss Orienteering dans le Kursaal de Berne.
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Réservez-vous pour vos dignes ennemis !

09/11/2012 | Commentaires (0)

J’AIME LES BRAVES QUI NE SE LAISSENT PAS FAIRE. Les gens courageux qui, quand il faut, n’hésitent pas à dégainer. Mais ce n’est pas assez d’être sabreur, d’avoir la main leste, il faut encore savoir à qui on s’en prend, qui on sabre !
D’ailleurs, à bien y regarder, se retenir et passer outre est souvent plus brave que d’embrocher le premier venu. Pourquoi ? Parce que, de la sorte, on se réserve pour l’ennemi qui en vaut vraiment la peine !
Non pas l’ennemi le plus ignoble, le plus vil et le plus méprisable, mais l’ennemi le plus digne d’être détesté : le plus dur, le plus fort, le plus authentique et le plus cruel. Comme je l’ai déjà dit une fois : il faut pouvoir être fier de son ennemi.
Réservez-vous pour l’ennemi qui en vaut vraiment la peine, ô mes amis ! Or pour ce faire, vous devez passer outre beaucoup de choses.
En particulier outre la nombreuse racaille démocratique qui vous bassine les oreilles avec son… Suite

Hymne homérique à Dionysos I | Apparition et rapt d’un beau jeune homme

05/11/2012 | Commentaires (0)


EN GRÈCE ANCIENNE, LES CHANTEURS dont le savoir-faire était restreint, avaient la possibilité, pour leurs compositions, de puiser leur inspiration dans un large répertoire de mythes, de chants et autres expressions préexistantes. Une partie de ce répertoire (d’auteurs inconnus) a été rassemblée dans un recueil appelé les « Hymnes homériques », du nom d’Homère, au vu de la promiscuité linguistique de ces textes avec l’Iliade et l’Odyssée.
L’hymne ci-dessous annonce d’emblée qu’il va être question de Dionysos, le fils de la « très glorieuse » Sémélé, foudroyée par Zeus avant de donner naissance à son fils et d’être finalement divinisée. L’événement que le chant rappelle est l’apparition du dieu au bord de la mer – qualifiée de stérile, sans doute au sens où, au contraire de la terre, elle est impossible à travailler et à cultiver.
L’épiphanie du dieu est des plus charmantes : Dionysos apparaît sous les traits d’un avenant jeune homme ; ses sombres cheveux flottent librement au vent ; un éclatant manteau rouge foncé posé sur… Suite

Tomber pour mieux voler

02/11/2012 | Commentaires (0)


Ô MES FRÈRES, VOUS ME TROUVEZ PEUT-ÊTRE CRUEL, mais je ne peux faire autrement que transmettre les enseignements qui me traversent. C’est pourquoi je me dois de vous dire que ce qui perd l’équilibre, ce qui tombe, il faut encore le pousser !
Nous vivons aujourd’hui une période de déclin, de dégénérescence. Tout ce qui nous entoure a tendance à chuter, à se délabrer. Evidemment, dans cette situation, notre réflexe traditionnel, moral, serait de vouloir le retenir, l’entourer, l’aider, mais moi – je veux encore le pousser ! Et vous voir faire de même ! Loin de vous enseigner à freiner la chute, je vous apprends à accélérer le processus de délabrement.
Connaissez-vous la jouissance de la chute, la volupté qui fait rouler les pierres dans des profondeurs abruptes ? Non ? Vous ne la connaissez pas ? Vous refusez cette joie qui fait pourtant partie intégrante de la vie ?
Mais regardez donc avec quel plaisir les hommes d’aujourd’hui roulent dans mes profondeurs, se précipitent dans mes abîmes ! Regardez… Suite

Fifty shades sans nuances

30/10/2012 | Commentaires (1)


LA RÉCENTE SORTIE DE FIFTY SHADES OF GREY, premier tome de la trilogie à succès d’E.L. James, a fait événement. Vendu à plus de 40 millions d’exemplaires en Angleterre et aux Etats-Unis, le livre se trouve partout. Qu’est-ce qui se cache derrière ce titre à consonance phusique ?
Le mot « shade » signifie à la fois l’ombre et la nuance. Il exprime tout l’intérêt et le mystère inhérent à la vie phusique : ce qui n’est pas en pleine lumière, pas complètement éclairé et éclairci ; ce qui est clair-obscur, marqué par une certaine ambiguïté. Des « shades », le titre du livre d’E.L. James en annonce exactement cinquante. Mais s’agit-il de cinquante nuances de gris ? Ou alors des cinquante ombres de Grey, le jeune milliardaire qui se trouve avec l’étudiante Anastasia Steele au centre du roman ?
Projecteurs aveuglants…
Si le terme de « shades » peut être adéquat pour exprimer la vie, on voit mal comment il peut fonctionner comme titre d’un livre qui s’est déjà vendu à plus de 40… Suite

Attention aux parasites !

25/10/2012 | Commentaires (0)


POUR NE PAS ÊTRE TOUT LE TEMPS EMPÊCHÉ, je trace des cercles autour de moi. Je délimite mes sphères par de saintes frontières : d’un côté il y a ceux qui peuvent m’épauler, de l’autre ceux qui n’en sont pas capables. Comme les montagnes sur lesquelles je grimpe sont toujours plus hautes, il y a forcément de moins en moins de monde autour de moi. Et les montagnes qui composent le massif montagneux que je construis ne sont pas toujours plus hautes, mais aussi toujours plus saintes.
Mais quel que soit l’endroit où vous voulez grimper avec moi, ô mes frères, prenez garde qu’aucun parasite ne grimpe avec vous !
Qu’est-ce que j’entends par parasite ? Toute vermine rampante et collante qui veut se nourrir de vos faiblesses, qui veut s’engraisser à vos recoins malades et écorchés.
Et attention : s’il y a un art ou le parasite excelle, c’est dans celui de deviner les endroits où les âmes qui grimpent vers les hauteurs sont fatiguées. Aussi… Suite

Tirésias et Cadmos en route vers Dionysos | Bacchantes (vers 170-214)

20/10/2012 | Commentaires (0)


170-214 – Présentation
SUITE AU CHANT DU CHŒUR, TIRÉSIAS, le vieux devin aveugle, apparaît aux portes du palais royal de Thèbes. Il annonce avoir rendez-vous avec un homme encore plus vieux que lui : Cadmos, que nous savons être le fondateur de la cité, et que Tirésias présente comme le fils d’Agénor, natif de Sidon, en Phénicie. Conscients de l’importance de Dionysos, les deux vieillards ont prévu de partir rejoindre ses fidèles : de rendre les thyrses vigoureux et resplendissants, d’endosser les peaux de faon, de couronner leur tête de lierre et de participer ainsi aux thiases bachiques dans la montagne.
L’attente de Tirésias n’est que de courte durée : voilà que Cadmos arrive déjà, après avoir reconnu de l’intérieur du palais la sage voix de son non moins sage ami. Paré des vêtements du dieu, il est prêt à rejoindre les troupes dionysiaques. Et ce d’autant plus que la divinité récemment revenue dans la ville n’est autre que son petit-fils, le fils de sa… Suite

Deux types de tables de valeurs

17/10/2012 | Commentaires (0)


Ô MES FRÈRES, IL Y A DEUX TYPES DE TABLES de valeurs qui façonnent nos esprits : celles créées par la fatigue et celles créées par la paresse qui fait tout pourrir. Bien qu’elles se disent différentes et veulent être entendues différemment, elles sont au fond les mêmes : les secondes ne sont que des reprises vides des premières. Laissez-moi vous les présenter à l’aide d’un exemple.
Regardez cet homme, là : il a tant travaillé à créer des tables de valeurs qu’il est en train de mourir d’épuisement ! Il a beau être tout près de parvenir à réaliser son but qui est de créer un ensemble idéal de tables de valeurs, il n’a pas réussi à boucler la boucle ; de fatigue il s’est couché là avec entêtement dans la poussière. Regardez, il n’en peut plus, ce brave !
De fatigue il baille face au chemin qui s’avance toujours et encore devant lui, face à la terre qu’il n’arrive pas à intégrer dans son système, face… Suite

Vous n’avez toujours rien vu

14/10/2012 | Commentaires (0)


ORPHÉE ET EURYDICE sont les deux personnages principaux de Vous n’avez encore rien vu, le dernier film d’Alain Resnais. Suite à la présentation de la mise en abyme qui s’y joue (que vous trouverez ici), voici quelques clés permettant de saisir l’enseignement que nous donnent les deux figures mythiques.
Orphée : le musicien par excellence
L’Orphée de la mythologie est un demi-dieu. Il est le fils du roi de Thrace Œagre et de la Muse Calliope. Sa haute naissance lui fait bénéficier à la fois d’une grande intelligence et maîtrise humaines et d’une puissante inspiration musicale. Maître incontesté de la lyre et du chant, il est connu pour la justesse et la force enchanteresses de sa musique. Au point qu’il charme – et même plus, méduse – le monde entier : les hommes et les femmes, bien sûr, mais aussi les dieux, les animaux, et même les plantes et les pierres.
Un jour, alors qu’il partage – comme il a l’habitude de le faire –… Suite

Vivre ou mourir ?

10/10/2012 | Commentaires (0)


VOICI LA BARQUE DE LA MORT. Et là-bas, en face, c’est peut-être l’entrée dans le grand néant de la mort. Mais qui donc veut grimper dans ce « peut-être » ? Qui donc veut se risquer dans l’incertitude de la mort ?
Nul d’entre vous n’est assez fort pour grimper dans la barque de la mort ! Pourquoi alors voulez-vous continuer à vous présenter comme ça, en pessimistes, en êtres fatigués du monde, fatigués de la vie ?
Vous avez les jambes lourdes, l’esprit lourd, vous vous dites fatigués du monde ! Mais vous continuez à vivre normalement ; vous ne vous êtes même pas retranchés du monde ! Au contraire : à chaque fois que je vous ai vu, je vous ai trouvés plein de désirs, plein de convoitises terrestres ; amoureux de tout, y compris de votre propre fatigue terrestre !
Ce n’est pas pour rien que votre lèvre pend, que vous faites la moue : un petit désir terrestre y est encore attaché ! Et dans votre œil – n’y flotte-t-il pas un petit… Suite

Vous n’avez encore rien vu

07/10/2012 | Commentaires (0)


FILM D’ALAIN RESNAIS, avec Sabine Azéma, Pierre Arditi, Lambert Wilson, Mathieu Amalric, Michel Piccoli, etc. (FRA, 2012). Epoustouflante mise en abyme de la version moderne du mythe grec d’Orphée et d’Eurydice, de l’écran jusque dans nos propres abîmes. Même si on n’y connaît rien en matière de mythes. Actuellement dans les salles.
« Je vous appelle pour vous faire part d’une sombre nouvelle »
Le film s’ouvre sur une sorte de diaporama a priori kitch de figures grecques flottant dans le ciel : on commence par reconnaître un Dionysos ( !), avant d’apercevoir divers Orphée et Eurydice. Puis on tombe sur une série de coups de téléphone, à un, deux, trois, et finalement treize acteurs connus, et même très connus, filmés à fleur de peau. Chacun répond sous sa vraie identité, avec son ton, son expression et ses manières propres.
« Je vous appelle pour vous faire part d’une sombre nouvelle… », leur indique une voie lente, quelque peu maniérée. Leur ami Antoine Anthac, metteur en scène monomaniaque de… Suite

Vouloir libère

04/10/2012 | Commentaires (0)


« APPRENDRE EST DANGEREUX POUR LA VIE : quand on apprend beaucoup de choses, on désapprend le désir, on endort la violence du désir pour devenir purement intellectuel » – voilà ce qu’on se chuchote aujourd’hui dans toutes les sombres ruelles.
« D’une manière générale, tout effort fatigue. La sagesse elle-même, qu’on peut atteindre par l’apprentissage, est fatigante. Rien, nul effort – ne vaut la peine. Ce qu’il faut, c’est ne rien désirer, ne rien vouloir, laisser les choses se faire et se défaire comme elles le veulent ! » – cette nouvelle doctrine de la passivité, cette nouvelle table de valeurs, se répand aujourd’hui un peu partout ; je l’ai trouvée suspendue jusque sur les marchés publics.
Ô mes frères, comme toutes les autres vieilles tables de valeurs, brisez-moi aussi celle-ci ! Vous savez qui l’a suspendue sur vos têtes ? Les fatigués du monde, les prédicateurs de mort, les maîtres ès bâton, les forces de l’ordre. Regardez-la bien, cette table de valeurs : elle veut faire de nous des… Suite

Eschyle | Dionysos, trameur de destin

30/09/2012 | Commentaires (0)


LA TRAGÉDIE DES EUMÉNIDES est la troisième pièce de la trilogie composée par le poète tragique Eschyle. L’action s’ouvre sur un monologue de la Pythie, la fameuse prophétesse du dieu Apollon à Delphes.
Sur le point d’entrer dans la partie la plus sacrée du sanctuaire – celle où, forte de la voix de sa divinité, elle transmet ses oracles aux hommes –, la Pythie se met à prier, non seulement son dieu, Apollon, mais aussi d’autres divinités prophétiques susceptibles de l’aider à guider les hommes.
Elle commence par vénérer la Terre, première gardienne de l’oracle delphique ; puis sa fille Thémis, qui personnifie la loi divine ; puis Phoibé, la grand-mère d’Apollon qui a précédé ce dernier sur le trône de Delphes ; avant de passer finalement à Apollon lui-même.
Au début de notre passage, la Pythie en vient à célébrer les Nymphes, qui elles aussi possèdent un certain pouvoir divinatoire. Pas toutes les Nymphes, bien sûr – il y en a des centaines et des centaines… Suite

Les paroles des calomniateurs du monde

27/09/2012 | Commentaires (2)


VOICI CE QUE DISENT LES PIEUSES PERSONNES, les gens des arrière-mondes, qui se réfugient dans le monde idéal, abstrait, pour mieux se détourner du monde ici-bas. Si je le sais, c’est que je les ai entendu parler à leur conscience. En vérité, je les ai entendu parler comme ça, sans la moindre intention de malice ou de fausseté, – alors même qu’il n’y a rien de plus faux ni de pire au monde :
« Laisse-donc le monde être le monde ! », se disent-ils quand ils se voient poussés à transformer et améliorer comme le fait la plupart le monde qui les entoure et leur déplaît. « Laisse-le être comme il est ! N’essaie surtout pas de le changer, ne lève pas le moindre doigt contre lui ! »
Ou encore, dans une situation de violence entre deux personnes : « Quoi ? Quelqu’un veut étrangler, embrocher, taillader et écorcher son prochain ? Là non plus, ne lève pas le moindre doigt contre lui ! Laisse-le faire ! N’essaie surtout pas de l’en empêcher : c’est… Suite

Bienfait des ordures

23/09/2012 | Commentaires (0)


« POUR CELUI QUI EST PUR, TOUT EST PUR ; la vie est d’une pureté sans borne » – voilà comment parle le peuple. Mais moi, je parle un autre langage. Moi, je dis : pour les porcs qui se vautrent dans la saleté, tout, à la longue, devient une immense porcherie !
Voilà la raison pour laquelle les doux rêveurs ou exaltés qui avancent tête baissée en direction de l’idéal, et dont le cœur tire finalement lui aussi vers le bas – tant leur idéal est inatteignable, et tant ils sont entourés d’impuretés –, sont convaincus que « le monde entier est un monstre d’ordures, un immense et dangereux cloaque ».
Mais ces gens, bien qu’ils visent la pureté et ne voient autour d’eux qu’impureté, sont des esprits malpropres. Parmi eux, les pires sont ceux qui ne se contentent pas de pester de temps en temps contre la saleté du monde qui les entoure, mais qui n’ont de cesse de s’en plaindre ; qui ne trouvent leur… Suite

Bacchantes (vers 135-169) | Joyeuse douceur dionysiaque

20/09/2012 | Commentaires (0)


135-169 – Présentation
A LA FIN DE SA PREMIÈRE INTERVENTION, le chœur s’extasie sur la joyeuse douceur de son dieu lorsqu’il initie les célébrations bachiques. Comme il est heureux et doux Dionysos Bromios quand, dans les montagnes, loin de la vie civilisée, il court avec les membres de ses thiases ! Il se confond avec ses fidèles : ensemble, ils foncent à travers bois et clairières une pareille peau de faon sacrée sur les épaules.
Mais, tout à coup, le dieu se distingue de sa fervente horde. Il plonge sur le sol, attrape une bête, traque son sang, la saigne tel un bouc sacrificiel et se met à en dévorer la chair crue – joie de l’homophagie ! En procédant de la sorte, le dieu est l’exarque des bacchantes : il donne à ses thiases le signal du commencement du rituel festif. Et voilà que Dionysos et son cortège, où qu’ils soient, se voient transposés dans les montagnes asiatiques de Phrygie et de Lydie. Et voilà… Suite

Volonté et vague

17/09/2012 | Commentaires (1)


CETTE VAGUE, COMME ELLE S’APPROCHE AVEC AVIDITÉ, comme s’il s’agissait d’atteindre quelque chose ! Avec quelle hâte anxiogène elle se glisse dans les angles les plus intimes des gorges rocheuses ! Il semble qu’elle veuille y devancer quelqu’un ; il semble qu’il y a là quelque chose de caché, qui a de la valeur, grande valeur.
— Et voici qu’elle revient, un peu plus lentement, encore toute blanche d’excitation, — est-elle déçue ? A-t-elle trouvé ce qu’elle cherchait ? Simule-t-elle la déception ?
— Mais déjà s’approche une autre vague, plus avide et plus sauvage encore que la première. Et son âme semble elle aussi remplie de secrets et de convoitise des trésors ensevelis.
Ainsi vivent les vagues — ainsi vivons-nous, nous autres êtres voulants !
Friedrich Nietzsche, Gai savoir, IV, 310.

Erol Alkan & Boys Noize jouent Waves avec Chilly Gonzales en Piano Remake.
Suite

Travailler, c’est vivre

13/09/2012 | Commentaires (0)


« A QUOI BON VIVRE ? TOUT EST VAIN ! La vie ne vaut pas la peine d’être vécue ! Vivre – c’est battre la paille. Vivre – c’est travailler et souffrir sans raison. Vivre – c’est brûler pour rien, se consumer sans jamais se réchauffer. »
Aujourd’hui encore, ce type de bavardage vieillot passe pour de la « sagesse ». Mais si on honore de tels propos, c’est uniquement parce qu’ils sont vieux et sentent le renfermé ; et qu’on a la fâcheuse habitude de vénérer tout ce qui est vieux et sent le renfermé. C’est chez nous devenu un réflexe : par définition, tout ce qui est ancien est noble ; tellement qu’on va jusqu’à dire que la moisissure ennoblit.
Sur ce point, les enfants disent spontanément exactement la même chose que les prétendus sages. Ils se prononcent comme eux : s’ils craignent le feu, c’est parce qu’il les a brûlés ! Avant que ça arrive, ils ne s’en soucient pas. Regardez les vieux livres de la sagesse : on y trouve beaucoup… Suite

Les photos, elles trichent

10/09/2012 | Commentaires (0)


APRÈS AVOIR REGARDÉ AVEC PASCAL LES PHOTOS DU CAMP de l’an passé à la montagne, Bboul a compris quelque chose d’incroyable : les photos, elles trichent. Oui, elles nous forcent à nous rappeler de choses pas du tout importantes et d’oublier plein de choses qui comptent beaucoup plus. Comme toujours, il en discute avec Ludo.
*
BBouludo Photos
– Tu sais, hier, avec Pascal, on a regardé des photos de notre camp de l’année passée à la montagne.
– Ah ouais ? Et alors ? C’était bien ? Ça t’a fait quoi ? Tu t’y es reconnu, sur les photos ?
– Ben bien sûr que je m’y suis reconnu ! Mais ça m’a fait un peu bizarre…
– Un peu bizarre ? Mais pourquoi ?
– D’abord, elles m’ont rappelé des souvenirs, des bons souvenirs, mais tout à coup il y avait quelque chose qui n’allait plus.
– Mais qu’est-ce qui n’allait plus ? Tu t’es rappelé de mauvais souvenirs ?
– Non, ce n’est pas ça. Ce qui était bizarre, c’est que les photos que je voyais ne… Suite

Nourrir sa vie

07/09/2012 | Commentaires (0)


LA SCÈNE SE PASSE, COMME SI FRÉQUEMMENT EN CHINE ANCIENNE, entre un prince et le sage qu’il reçoit à sa cour. Le prince demande : « J’ai entendu dire que votre maître avait appris [à nourrir] la vie, qu’en avez-vous retenu ? » […]. L’autre lui répond, réservé : « Je maniais le balai à la porte du maître, que voulez-vous que j’en aie retenu ? »
On pourra croire à une dérobade de la part de l’hôte ou considérer qu’il fait montre de trop de modestie, mais tel, je crois, n’est pas le cas. D’abord, parce qu’on sait bien, en Chine, que ne pas répondre, c’est déjà répondre en faisant entendre à l’autre qu’il n’est peut-être pas en mesure de comprendre ; et qu’il devra donc progresser par lui-même s’il veut accéder à la réponse attendue. Mais surtout balayer à la porte dit déjà, de façon élémentaire, me semble-t-il, qu’il n’y a qu’une chose à faire pour affranchir et entretenir sa vitalité : débarrasser au fur et à mesure ce… Suite

Nouvelle noblesse

04/09/2012 | Commentaires (0)


Ô, MES FRÈRES, JE VOUS INDIQUE UNE NOUVELLE NOBLESSE et vous y consacre : devenez pour moi les témoins, les semeurs et les cultivateurs d’un avenir régi par une nouvelle noblesse !
En vérité, la noblesse dont je parle, vous ne pouvez l’acheter comme des denrées aux épiciers, avec de l’argent, de l’or d’épicier. Vous le savez aussi bien que moi : tout ce qui a un prix n’a au fond que peu de valeur ; seul ce qui est gratuit, ce qu’on ne peut pas acheter vaut vraiment quelque chose.
Et il ne s’agit pas non plus d’une noblesse innée. Vous le savez tout aussi bien : ce qui vous rend nobles et honorables ne provient nullement de l’endroit d’où vous venez, de votre origine, mais au contraire du lieu où vous allez et des faits et gestes que vous accomplissez pour y parvenir ! Oui, ce n’est pas votre sang, votre filiation, mais votre volonté et votre pied qui fait de vous quelqu’un de noble… Suite

Sans dureté, on n’est que des esclaves

31/08/2012 | Commentaires (0)


POUR DEVENIR QUELQUE CHOSE, il faut être dur. Dur vis-à-vis de soi-même – et dur vis-à-vis des autres. Sans dureté, on se fait chahuter : on court au plus pressé, au plus facile, au plus agréable, au minimum d’effort – pour un maximum de bêtise.
Au lieu de s’élever dans les hauteurs, au lieu de se surpasser, d’être au-dessus de ses états – et de l’état du monde –, on est guidé par les forces d’un système qui cherche à faire de nous des esclaves, de notre esprit et de nos sens.
*
Ma dureté
Je dois m’élever de cent marches,
Je dois aller là-haut et je vous entends appeler :
« Tu es dur ; sommes-nous donc de pierre ? » –
Je dois m’élever de cent marches,
Et personne ne voudrait être marche.
*
Meine Härte
Ich muss weg über hundert Stufen,
Ich muss empor und hör euch rufen:
« Hart bist du; Sind wir denn von Stein? »—
Ich muss weg über hundert Stufen,
Und Niemand möchte Stufe sein.
Nietzsche, Le gai savoir, « Plaisanterie, ruse et vengeance », 26.
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Importance du passé

27/08/2012 | Commentaires (0)


CE QUE JE VOIS DU PASSÉ ME DONNE UN SENTIMENT DE PITIÉ, DE COMPASSION, tellement il est abandonné :
Abandonné à la grâce, à l’esprit et à la folie interprétative des nouvelles générations. Oui, chaque nouvelle génération interprète à sa guise les événements du passé, les utilise pour en faire un pont, un appui sur lequel s’avancer !
Et cette situation n’est pas sans danger : un grand homme de pouvoir, un grand despote pourrait venir ; un monstre roué, malin, qui, avec sa grâce et sa disgrâce, forcerait et asservirait tout le passé : et le transformerait jusqu’à ce qu’il soit pour lui un pont, un appui sur lequel s’avancer comme il lui chante ; un signe annonciateur, un héraut de tout avenir, un chant du coq.
Mais ce n’est pas tout. Cette situation implique encore un autre danger, qui génère lui aussi compassion et pitié envers le temps passé. Il est lié au fait que, dans le bas-peuple, on soit sans mémoire ; dans la populace en effet,… Suite

Homère | La mort ambigüe d’Ariane

23/08/2012 | Commentaires (0)


L’ODYSSÉE, L’UN DES DEUX GRANDS CHANTS attribués à Homère, raconte les innombrables tours et détours que fait Ulysse, du moment où il quitte le rivage de Troie jusqu’à son retour chez lui, à Ithaque. Des tours et des détours qui le conduisent, entre autres, aux portes de l’Enfer, où séjournent les morts. Si lui, le vivant, se risque auprès des défunts, ce n’est pas par hasard, mais pour y consulter feu Tirésias, le plus fameux des devins grecs, afin qu’il le renseigne sur la tournure que doit prendre son voyage. En accomplissant les libations et sacrifices d’usage pour attirer l’ombre de Tirésias près de lui, Ulysse voit s’approcher en même temps d’autres êtres décédés, comme il le rappelle en racontant cet épisode de son périple.
Là-bas, aux portes de l’Enfer – point de jonction entre les profondeurs abyssales et la surface de la terre –, Ulysse voit notamment apparaître trois femmes : Phèdre, Procris et la belle Ariane, sans doute nommées ensemble… Suite

Rétablir l’équilibre de la vie

17/08/2012 | Commentaires (0)


« TU NE VOLERAS PAS ! TU NE TUERAS PAS ! » A l’époque, par chez nous, les commandements de ce genre couraient les rues. On les considérait même comme saints. On faisait tout pour les honorer : on s’agenouillait, courbait l’échine et allait jusqu’à enlever ses chaussures devant eux.
Mais je vous demande : y a-t-il un endroit au monde où il y a eu de plus grands voleurs et de plus grands assassins que par chez nous, là, justement, où ont triomphés de tels commandements pourtant considérés comme saints et vénérés partout ? Non !
Comment il se fait qu’il en soit ainsi ? Je vais vous le dire : du fait que ces commandements sont en désaccord avec la réalité de la vie. Voilà pourquoi notre monde a été marqué et continue à être marqué par un très grand nombre de vols et de meurtres. Mais dites-moi : n’est-il pas, dans certaines circonstances, bon de voler et de tuer ? Le vol et le meurtre n’est-il pas parfois nécessaire pour rétablir… Suite

Jouer avec les enfants

14/08/2012 | Commentaires (1)


IL Y A QUELQUES TEMPS, EN ANGLETERRE, on a mené une enquête parmi des milliers de parents d’enfants entre cinq et quinze ans. Les parents anglais (comme certainement les parents italiens) ne savent pas jouer avec leurs enfants : ils s’asseyent à côté d’eux devant un jeu vidéo, se taisent et s’ennuient profondément. Lorsqu’ils sont interrogés, ils ont toujours une excuse toute prête : ils n’ont pas le temps, ils souffrent de stress (mot horrible), ils sont préoccupés par la crise économique, par la guerre en Afghanistan, par les prochaines vacances en Italie, par la santé de leur mère, par les prochaines élections politiques, par une partie de bridge avec un cousin ; et s’ils ont plus d’un enfant, ils les accusent d’être incapables de jouer ensemble parce qu’ils se disputent sans cesse. Et naturellement, quoi qu’il arrive, c’est toujours la faute de la société.
L’enquête anglaise révèle une vérité terrible. Bien qu’ils se proclament intelligents et en progrès, les hommes des années 2010… Suite

Trois types de héros

11/08/2012 | Commentaires (2)


DANS CERTAINES CIRCONSTANCES, LE SPORT présente une excellente expression des innombrables forces à l’œuvre dans l’être humain. Chez le sportif, il y va de maîtriser, augmenter, canaliser et fluidifier au mieux les énergies. Non seulement en soi, mais aussi en-dehors de soi ; en lutte contre, mais aussi avec ses adversaires. En vue de maximiser ses possibilités, se dépasser soi-même – et les autres. Et dans certains cas devenir un exemple ; un exemple de ce que peut le corps, de ce que peut l’homme. En cette fin de période hyper-olympique, nous nous sommes plongés dans trois grands champions, autant de héros qui répondent à leur façon aux puissances de l’Occident.
*
ROGER FEDERER : héros de grand style – symbole du triomphe de l’Occident
Roger Federer incarne le grand style, au sens où il maîtrise à merveille les forces qui le traversent et qui, le plus souvent, bouleversent, chahutent, voire écrasent les hommes. Canalisant admirablement les énergies, il parvient à jouer en toute assurance… Suite

Bacchantes (vers 105-134) | Célébration de Thèbes et des grottes de Crète

07/08/2012 | Commentaires (0)


105-134 PrésentationPRIS PAR UN ÉLAN ENTHOUSIASTE  suite à la célébration de la double gestation et naissance de Dionysos, le chœur s’adresse à la « nourrice de Sémélé », c’est-à-dire à la ville de Thèbes, au sens où la cité est le terreau, la terre nourricière de la mère du dieu. Comme les suivantes de Dionysos, Thèbes doit se couronner de la plante grimpante et exubérante qu’est le lierre. L’enjeu est toujours le même : que toute la ville se consacre au dieu et devienne de part en part bacchante. Or pour ce faire, Thèbes doit s’orner de rameaux de chêne et de sapin, se muer en cette sorte de lierre qu’est le smilax, fleurir en abondance et produire des fruits à profusion. Et pour parachever sa métamorphose, il faut encore qu’elle ceinture de laine en boucles blanches sa nébride, sa peau de faon tachetée portée sur les épaules ; il faut qu’elle la ceinture, afin qu’elle ne flotte ni ne traîne, mais soit marquée… Suite

CS 2012 à Berne

01/08/2012 | Commentaires (0)

CS Berne 2012
A L’OCCASION DES CHAMPIONNATS SUISSES en plein air à Berne, PHUSIS Animations a accompagné les athlètes et les spectateurs vers les sommets athlétiques nationaux. Clélia Reuse (CABV Martigny) y a notamment été sacrée pour la première fois championne suisse élite sur 100 m haies.
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Dévoiler en toute connaissance de cause le Bien et le Mal

01/08/2012 | Commentaires (0)


IL EXISTE UNE VIEILLE FOLIE qui s’appelle Bien et Mal. Qu’on le veuille ou non, tout le monde en est imprégné ; tout le monde a le regard rivé sur les valeurs traditionnelles et se demande sans arrêt ce que vaut telle ou telle chose, si elle est bonne ou mauvaise. Jusqu’à aujourd’hui, la roue de cette folie a tourné autour des devins et des astrologues : ce sont eux, qui prédisent l’avenir et lisent dans les étoiles, qui ont à ce jour été les maîtres du Bien et du Mal.
Contrairement à ce qui se passe aujourd’hui, on croyait jadis aux devins et aux astrologues. Raison pour laquelle on croyait que « Tout est destin : tout ce que tu fais, tu le fais parce que tu dois le faire, parce que c’est écrit dans les étoiles, parce que tu n’as pas le choix ! » Jadis, aucune de nos actions n’était la réponse de nos petites idées ou envies personnelles ; chacun de nos actes se… Suite

Pas le droit d’être triste

27/07/2012 | Commentaires (0)


CE WEEK-END, EN SE PROMENANT À LA MONTAGNE AVEC SES PARENTS, BBOUL EST TOMBÉ SUR DES TRUCS DE DINGUES. Des trucs de fous qui lui ont permis de comprendre quelque chose de très important : au fond, on n’a pas le droit d’être triste.
*
Bbouludo-cascade-fourmi
– Tu sais, ce week-end, je n’ai pas été triste !
– Ah bon, ben bravo ! Comment tu as fait ? Qu’est-ce que tu as fait ce week-end ?
– Je suis allé me promener à la montagne avec mes parents.
– Et tu n’as pas été triste ? Moi c’est souvent justement quand je suis avec mes parents que je m’ennuie, que je préférerais être avec toi et repense à comme c’est bien quand on est les deux…
– Oui, moi aussi, au début, ça m’inquiétait un peu, surtout que c’était mon papa qui avait tout organisé. Je me disais que ça risquait d’être un long week-end. Et que j’allais de nouveau être bien triste de ne pas pouvoir être avec… Suite

Tout (s’é)coule

24/07/2012 | Commentaires (1)


LÀ OÙ ON PEUT MARCHER SUR L’EAU, sur des planches posées sur l’eau, là où des rampes et des passerelles enjambent le fleuve, celui qui déclare que « Tout est dans le fleuve » passe logiquement pour un fou. En vérité, même s’il a raison, celui qui prend là à son compte le fameux « Tout coule » attribué à Héraclite se décrédibilise auprès de ses congénères.
Même les moins avisés, les balourds le contrediront : « Comment, tout est dans le fleuve, tout coule ? Mais ouvrez donc les yeux, mon cher ami : les planches, les rampes et les passerelles placées par-dessus le fleuve ne coulent pas le moins du monde, non ? »
« Regardez ! Par-dessus le fleuve tout est ferme : tous les ponts, tous les concepts, toutes les valeurs traditionnelles des choses, tout le « bien » et le « mal » : tout ce qui est placé sur le fleuve est bien ferme ! »
Et c’est plus vrai encore quand vient l’hiver, quand le dur hiver, le dompteur de fleuve transforme les abords du fleuve… Suite

Sophocle | Dionysos face à Lycurgue

20/07/2012 | Commentaires (0)


SOPHOCLE EST UN DES TROIS PLUS GRANDS POÈTES GRECS de tragédie. Sa pièce Antigone raconte le dilemme dans lequel se trouve l’héroïne éponyme suite au duel fratricide de ses deux frères, Etéocle et Polynice. Comment se comporter ? Faut-il suivre la diké, l’ensemble de lois humaines qui régit la vie sur terre ? Ou s’agit-il d’obéir à la thémis, la divine loi immémoriale qui assure l’équilibre de toute chose ? Antigone doit-elle se plier à l’édit promulgué par le roi, son oncle, qui a pris le parti d’Etéocle et voué le cadavre de Polynice aux charognes ? Ou son devoir est-il d’enterrer coûte que coûte son frère ?
Antigone se trouve dans une situation tragique : si elle suit la thémis et rend les honneurs funèbres à Polynice, elle brave la diké et l’interdit promulgué par son oncle ; si au contraire elle obéit à la diké, elle défie l’incontournable thémis. Au final, l’héroïne se plie à la thémis, préférant la punition humaine à la colère des dieux…. Suite

Cul par-dessus tête

15/07/2012 | Commentaires (0)


RÉCIT SONORE D’UNE EXPÉRIENCE EN APESANTEUR dans l’Airbus 0G du CNES (Centre national des études spatiales)…dans le cadre de la résidence des écrivains en impesanteur de l’Observatoire de l’Espace du CNES.
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Réalisation : François Christophe et Pierre Meunier.
Musique originale de Jean-François Pauvros.
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« Il n’y a qu’à monter en l’air et y rester un peu de temps », disait Nijinski.
Je n’ai qu’une certitude : la terre m’attire ; ma mère la terre m’attire. Possessive à l’extrême, notre mère rugueuse ne tolère aucun éloignement. Toute prise de distance, toute tentative d’élévation est illico sanctionnée par un brutal retour au lieu d’origine. Mort ou vif ; ma mère la terre me veut mort ou vif. Elle me veut moi, tout contre elle. Elle ne peut se passer de moi. Je lui importe énormément. Microbe d’un jour, je suis le voulu, le sans cesse réclamé, l’enfant entravé de sa mère. Ça nous tombe dessus au sortir de l’utérus, comme nous crions de nous sentir soudain peser, condamnés… Suite

De la difficulté d’être vrai

09/07/2012 | Commentaires (0)


ÊTRE VRAI, CE N’EST PAS FACILE ; c’est même tellement difficile qu’il n’y a que peu de personnes qui en sont capables ! Et parmi ceux qui en ont les moyens, seuls quelques-uns veulent et choisissent de l’être ! Et de tous, ce sont ceux qu’on appelle les bons, les hommes de bien, qui ont le moins le moyen d’être vrais : les hommes qui, façonnés par la morale traditionnelle, tendent aveuglément au Bien.
Oh les hommes de bien ! Guidés qu’ils sont par la raison et les idées morales, ils sont bien incapables de dire la vérité ; quoi qu’ils fassent, ils mentent ; chez eux, tout est automatiquement mensonge ; leur esprit est comme une maladie pour le corps et pour le tout.
Si les bons sont incapables d’être vrais, c’est qu’ils sont faibles, c’est qu’ils ne supportent pas la vie ; aussi s’inventent-ils des histoires : ils cèdent volontiers, n’ont pas de courage, se rendent facilement à l’opinion d’autrui ; leur cœur ne fait que répéter ce qui se dit ;… Suite

Bacchantes (vers 74-104) | Servir le dieu né deux fois

05/07/2012 | Commentaires (2)


74-103 PrésentationAPRÈS AVOIR ORDONNÉ À TOUS LES THÉBAINS de sortir de chez eux et de se rassembler, en silence, pour laisser le chant en l’honneur de Dionysos se déployer de par le monde, le chœur se met à célébrer celui qu’il appelle « le bienheureux » : l’homme à tel point fortuné par les dieux qu’il en vient à se confondre avec eux, à vivre dans la même joie, la même absence de troubles, soudain  épargné par l’incessant va-et-vient des phénomènes qui caractérise son existence de mortel. Mais qu’on se le dise : si tout le monde peut bénéficier d’une telle faveur, elle n’est toutefois pas accordée à n’importe qui. Loin de là : seul celui qui se comporte comme il faut, qui reconnaît et expérimente comme il se doit la puissance des dieux, qui par suite met tout en œuvre pour se purifier de ses idées et réflexes humains, se trouve ainsi gratifié de la fortune des immortels. Initié à la célébration des mystères… Suite

Nous-autres les premiers-nés

01/07/2012 | Commentaires (0)


OH, MES FRÈRES, VOUS LE SAVEZ : depuis la nuit des temps, le premier-né est toujours un sacrifié. Or nous sommes nous-mêmes des premiers-nés : les premiers-nés d’un nouveau type d’hommes qui, au lieu de régresser au singe et à la machine à force d’aspiration à des idéaux préfabriqués, vise le surhomme.
Blessés par le commun des mortels, nous saignons sur des autels secrets ; condamnés par la vision du monde de la plupart, nous brûlons et rôtissons au nom des vieilles idoles et vieilles valeurs qui guident depuis la nuit des temps les hommes.
Etant donné que ce que nous avons de meilleur en nous est encore jeune et vigoureux, en plein devenir, les vieux gosiers en raffolent. Oui, notre viande est tendre, notre pelage est celui d’un agneau : comment serait-il possible que nous ne tentions pas les vieux prêtres des vieilles idoles !
Et ne nous en cachons pas : il habite encore en nous-mêmes, le vieux prêtre des vieilles idoles qui, pour son festin, se… Suite

Homère | Dionysos se réfugie dans la mer

27/06/2012 | Commentaires (0)


HOMÈRE EST LE PLUS ANCIEN POÈTE GREC que nous connaissons aujourd’hui. Un immense poète, auquel on attribue les deux chants fondateurs de notre tradition que sont l’Iliade et l’Odyssée. Alors que le second présente les pérégrinations du héros Ulysse, le premier raconte quelques jours de la guerre de Troie, le fameux conflit qui oppose pendant dix longues années Grecs et Troyens. Mais de nombreux autres récits s’entremêlent à l’histoire principale. Comme tous les mythes, ces derniers viennent non seulement illustrer les propos du chant, mais encore rappeler à tout un chacun la place qui lui revient au sein du monde. Parmi les nombreuses histoires connexes, il y en a une qui vient illustrer le caractère éphémère de l’existence mortelle en comparaison de celle des dieux, – existence d’autant plus courte si on a l’audace de s’en prendre à un immortel… L’histoire concerne un dénommé Lycurgue qui, un jour, a l’outrecuidance de s’en prendre à… Dionysos.
Lycurgue est un puissant roi de… Suite

Tristesse, quand tu nous tiens…

23/06/2012 | Commentaires (1)


HIER, BBOUL A DE NOUVEAU ÉTÉ TOUT TRISTE. Les trucs que lui a donnés Ludo pour ne pas être triste n’ont pas marché. Ensemble, ils cherchent et trouvent de nouvelles possibilités.
*
Tristesse, quand 2
– Tu sais, hier, j’ai de nouveau été tout triste.
– Ah bon, encore ? Mais pourquoi ? Qu’est-ce qui s’est passé ?
– Ben… c’est bête, je ne sais de nouveau pas trop.
– T’as de nouveau été triste sans raison ? T’as de nouveau pensé à moi, à nous ?
– Je sais que c’est bête, mais j’étais de nouveau triste qu’on ne puisse pas être ensemble.
– Mais alors, et les trucs que je t’ai donnés ?
– Ben j’ai essayé, mais ça n’a pas marché. D’abord, je me suis dit que j’étais bête, que je devais sourire en me rappelant qu’on a été bien ensemble ; et me réjouir qu’on le sera bientôt de nouveau ; parce que toi aussi tu m’aimes bien et que tu aimes bien être avec moi…
– J’ai dit ça moi ? Ce n’est pas… Suite

Rebonds

20/06/2012 | Commentaires (0)


CRÉATION DE PIERRE MEUNIER (texte) ET HÉLÈNE SAGE (musique et instruments originaux). Créé le 27 mai 2011 aux Bouffes du Nord à Paris pour le Festival « Jazz Nomades ».
*
« Dès l’enfance, faire goûter au rebond. Au rebond haut, au rebond. S’il y a bond, il y a rebond. A bon bond bon rebond. Au rebond, il y a bon puis rebond. Il faut du bon bond, pour qu’il y ait du rebond. Dès l’enfance, faire goûter au rebond. Heureux bond. Heureux bond. Plus j’approche des hauteurs, plus mon élan se meurt. A l’endroit où j’arrive, vidé de toute force, mon poids me ré-habite, c’est donc là le sommet. (…) Il n’y a que monter en l’air, et y rester un peu, disait Nijinski »
*

Production : Oléo FIlms • © Festival Jazz Nomades / La Voix est Libre – L’onde & Cybèle / Armor TV/ Cinéplume/TVM et Oléo Films 2011
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Faire honneur à la vie

15/06/2012 | Commentaires (0)


PAR NATURE, LES ÂMES NOBLES ne veulent rien avoir pour rien : rien ne doit leur arriver comme ça, gratuitement, par hasard, pas même la vie. Pour les âmes nobles, tout doit se mériter, être le fruit d’un effort ; la vie elle-même – et la vie avant tout – leur apparaît comme une récompense.
Seul l’homme vulgaire, l’homme de la populace veut vivre pour rien ; d’où sa devise de maximum de plaisir pour un minimum d’effort. Mais nous autres à qui la vie s’est donnée comme elle s’est donnée, en sa noblesse et surabondance, nous ne cessons de nous demander ce que nous pouvons lui donner en retour, à la vie, quel est le meilleur que nous pouvons lui donner en échange !
Et en vérité, telle est notre noble parole : « La promesse que nous fait à nous la vie – celle de pouvoir la vivre comme nous le faisons, en sa noblesse et surabondance, et par suite en son cheminement vers le surhomme… Suite

Bacchantes (vers 55-73) | Le chœur des Lydiennes

11/06/2012 | Commentaires (0)


Prologue 3 Prés H4nDIONYSOS N’EST PAS ARRIVÉ SEUL À THÈBES. Il se trouve accompagné de ses suivantes, ses compagnes de voyage regroupées en ce qu’on appelle un thiase – une confrérie de fidèles réunis pour des rites ne faisant pas partie des cultes officiels de la cité. Il s’agit en l’occurrence d’un groupe de Lydiennes qui chante et danse en l’honneur de son dieu. Le chœur qu’elles forment ne se déplace pas les mains vides : il a amené avec lui des « tambourins phrygiens » ; des instruments de percussion d’origine asiatique qui sont caractéristiques en Grèce des cultes dionysiaques – notamment en raison de leur capacité à mettre en transe musiciens et auditeurs. Dionysos relève d’ailleurs qu’il en est lui-même le concepteur ; lui-même et Rhéa, divinité volontiers nommée la Mère des dieux ou Grande Mère ; généalogiquement la fille de Gaïa (la Terre) et d’Ouranos (le Ciel), l’épouse de Cronos (le roi des Titans), la mère de Zeus et donc… la grand-mère de… Suite

N’épargne pas ton prochain !

08/06/2012 | Commentaires (2)


REGARDEZ, IL Y A LÀ UNE NOUVELLE TABLE DE VALEURS : mais où sont donc mes frères qui m’aident à la porter dans la vallée et dans les cœurs musclés ?
Voici ce que commande mon grand amour pour les hommes les plus lointains : n’épargne pas ton prochain ! Car l’homme est quelque chose qui doit être surmonté ; et si on est trop tendre avec lui, si on le ménage, au lieu de le renforcer, de le conduire vers le surhomme, on l’affaiblit, on le conduit à sa perte, le fait régresser à l’animal.
Bien sûr, il existe de multiples chemins et de nombreuses manières de se surmonter : à toi de trouver ceux qui te conviennent ! Mais une chose est sûre : il ne faut pas les chercher dans la facilité ; il n’y a que les farceurs qui croient qu’« il suffit, pour surmonter l’homme, de lui sauter par-dessus » ; qu’on peut, comme ça, du jour au lendemain, passer de l’homme au surhomme.
Voici ce que tu as à… Suite

Hésiode | Dionysos épouse Ariane

05/06/2012 | Commentaires (0)


DANS LA THÉOGONIE, APRÈS AVOIR RAPPELÉ les exploits, les unions et les descendances de Zeus, Hésiode en vient à célébrer les autres divinités. Dionysos, le fils du puissant Zeus et de la mortelle Sémélé, ne demeure pas en reste.
Hésiode rappelle que Dionysos, qui se distingue en l’occurrence par sa blondeur, sa « chevelure d’or », a pris pour épouse la blonde Ariane, la fille de Minos, le roi de Crète, notamment connu pour avoir fait construire un immense labyrinthe afin d’y cacher le Minotaure – monstre mi-homme mi-taureau, fils illégitime de son épouse et d’un magnifique et dangereux taureau blanc sorti des eaux.
Si le mythe du Minotaure ne se trouve pas dans les vers d’Hésiode qui nous sont parvenus, de nombreux autres auteurs le mentionnent : quatorze Athéniens, sept jeunes hommes et autant de jeunes filles, étaient tirés au sort et envoyés à intervalles réguliers dans le labyrinthe crétois en guise de sacrifice. Mais un jour, les choses viennent à changer : Thésée, le… Suite

Tristesse, quand tu nous prends…

02/06/2012 | Commentaires (0)


HIER, BBOUL A TOUT À COUP ÉTÉ TRISTE. Tout à coup, la tristesse lui est tombé dessus. Comme ça, tout à coup, apparemment sans raison.  Evidemment, il le raconte à Ludo.
*
Tristesse, quand tu nous prends… 1
– Tu sais, hier, j’étais tout triste.
– Tout triste ? Mais pourquoi ?
– Je ne sais pas trop. Dimanche matin, tout à coup, je suis devenu tout triste.
– Comme ça, tout à coup, tu es devenu tout triste ?
– Oui, comme ça.
– Mais il doit bien y avoir une raison, non ? T’arrives pas à dire pourquoi ?
– Non, je ne sais pas. C’est venu comme ça : j’étais tout seul dans ma chambre, ça allait très bien. Et tout à coup, paf, ça n’allait plus.
– C’est bizarre, ça.
– Oui, c’est bizarre.
– Mais t’as réfléchi à pourquoi ça t’a pris ?
– Bien sûr que j’y ai réfléchi.
– Et alors ?
– Rien. Ça n’a rien donné. Je n’ai rien trouvé. Rien du tout.
– Il y a… Suite

De vieilles et de nouvelles tables 3

30/05/2012 | Commentaires (0)


C’EST LÀ AUSSI, EN CHEMIN, EN VOLANT VERS LE LOINTAIN, que j’ai ramassé le mot « surhomme », et que j’ai remarqué que l’homme était quelque chose qui devait être surmonté.
C’est là que je me suis rendu compte que l’homme, loin d’être une fin, un but en soi, n’est qu’un pont, une passerelle entre l’animal et le surhomme. Ainsi, s’il se loue de son midi et de son soir, de son apogée et de son déclin, de ses victoires et de ses défaites, c’est au fond comme chemin vers de nouvelles aurores, de nouvelles possibilités.
La parole proférée par Zarathoustra sur le grand midi – moment où le soleil est au zénith, où la clarté est la plus grande, l’ombre la plus infime, moment où le soleil, sur le point de décliner, célèbre son cheminement vers le soir, le crépuscule, la mort, comme unique chemin vers de nouvelles aurores –, cette parole et toutes les autres que Zarathoustra a suspendues au-dessus de l’homme… Suite

Bacchantes (vers 23-54) | Comment Dionysos se fait reconnaître à Thèbes

26/05/2012 | Commentaires (5)


Prologue 2 – Présentation
DÈS QU’IL ARRIVE, DIONYSOS s’empare de la ville de Thèbes. Non pas par les armes, en écrasant de force les hommes et les phénomènes qui lui résistent. Non, Dionysos s’immisce dans la terre, le terreau, la ressource même de la cité : il y déchaîne les femmes ; il en fait ses suivantes, c’est-à-dire des… bacchantes, du nom de Bacchos, une des fameuses appellations de Dionysos – celle reprise par les Romains, qui l’appelleront Bacchus, et le réduiront toujours davantage au dieu du vin, de l’ivresse, des orgies et de la démesure. Pour faire des femmes ses suivantes, Dionysos leur octroie deux de ses symboles : une peau de faon, appelée nébride en grec, signe d’insouciance, de légèreté et de liberté propre au jeune animal sauvage, ainsi qu’un bâton entouré de feuilles de lierre, un thyrse, qui confère à celui qui le brandit force et vigueur. Après avoir pourvu ainsi les femmes de Thèbes, Dionysos leur fait quitter leur statut… Suite

De vieilles et de nouvelles tables

23/05/2012 | Commentaires (0)


1.
ME VOILÀ ASSIS ICI À NE RIEN FAIRE, à ne rien faire d’autre qu’attendre, entouré à la fois de vieilles tables des valeurs brisées et de nouvelles tables à moitié écrites. Assis ici, à me demander quand viendra mon heure.
L’heure de ma descente, de mon déclin solaire de là-haut : car une fois encore, une dernière fois, je veux quitter la solitude et aller vers les hommes ; une dernière fois, je veux me risquer chez eux pour leur enseigner la sagesse tragique qui me traverse, me guide et me porte.
Si j’attends maintenant, assis là, c’est que je ne veux rien forcer. Avant de partir, des signes doivent me venir, m’indiquer que mon heure est venue : j’attends de voir rire le lion et voler un essaim de colombes dans le ciel.
Entre-temps, je me parle à moi-même, comme quelqu’un qui a toute la vie devant lui. Etant donné qu’il n’y a, par ici, personne capable de me dire quoi que ce soit de… Suite

Dark Shadows

20/05/2012 | Commentaires (2)


NOUVEL OPUS DE TIM BURTON, avec Johnny Depp, Eva Green, Helena Bonham Carter, Michelle Pfeiffer, etc., USA, 2012. Lutte exemplaire des « obscures ombres » qui imprègnent nos esprits et nos vies. Actuellement dans les salles. A ne pas manquer !
Synopsis
En 1752, étouffés dans la misère de la vieille Angleterre, les Collins traversent l’Océan pour commencer une nouvelle vie en Amérique. L’application rigoureuse de nos vieilles valeurs a tôt fait de porter ses fruits : vingt ans plus tard, le fils Collins, Barnabas (Johnny Depp), se trouve à la tête d’une florissante entreprise de pêche.
Alors qu’un avenir radieux lui semble promis, le côté sombre de la vie vient soudain jouer les trouble-fêtes, par l’intermédiaire de la servante familiale Angélique Bouchard (Eva Green). Orgueilleuse, cette dernière aspire depuis son enfance à changer de statut social et gagner l’amour de Barnabas, avec lequel elle vit quelques aventures torrides. Mais quand ce dernier rencontre la douce et pure Josette, qui lui fait découvrir l’amour tendre, heureux, voire… Suite

Amour, amour, amour…

16/05/2012 | Commentaires (0)


L’AMOUR, C’EST APPAREMMENT TOUTE UNE HISTOIRE. Après être resté seul à la maison parce que ses parents sont sortis « en amoureux », Bboul parle d’amour avec Ludo.
*
Bbouludo Amour
– Hier soir je suis resté tout seul à la maison, parce que mes parents sont sortis « en amoureux ».
– « En amoureux » ? Ça veut dire quoi ça ?
– Je ne sais pas du tout, c’est mon papa qui a dit ça. Et quand il l’a dit, il avait son sourire bizarre, le sourire qu’il fait quand il veut cacher quelque chose.
– Et alors t’as découvert ce qu’il cherchait à te cacher ?
– Non pas vraiment, mais ce qui est sûr, c’est que pour mes parents cette sortie « en amoureux » ça avait l’air d’être toute une histoire.
– Toute une histoire ?
– Et bien premièrement, maman s’était faite toute jolie : elle a mis beaucoup de temps à se préparer ; et quand elle est sortie de sa chambre, elle avait mis sa belle robe rouge ; elle a couru à la salle… Suite

Hésiode | Dionysos, fils brillant et immortel

13/05/2012 | Commentaires (0)


HÉSIODE EST UN CHANTEUR GREC DU 8e SIÈCLE AVANT J.-C., auteur de plusieurs textes, dont un chant très fameux, intitulé la Théogonie – titre qui signifie littéralement la naissance des dieux. Il y célèbre les événements les plus importants à l’origine de l’univers : les diverses unions, apparitions, luttes et autres prises de pouvoir divins qui ont rythmé l’établissement du monde grec.
Parmi toutes les divinités, le puissant Zeus occupe une place capitale, également dans la Théogonie. Hésiode nous apprend comment, grâce à sa force et à ses frères et sœurs, le dieu parvient à vaincre les divinités originelles, instaurer l’équilibre sur terre et dans le ciel puis établir son règne.
Outre ces exploits, Hésiode ne manque pas de raconter dans quelle mesure ce dieu des plus volages trompe volontiers son épouse Héra pour s’unir à quantité de déesses et de mortelles, qui le rendent père de toute une série d’enfants. Parmi ces nombreuses liaisons, Hésiode en rappelle notamment une : celle que Zeus… Suite

De l’esprit de lourdeur

08/05/2012 | Commentaires (0)


1.
MA LANGUE BIEN PENDUE – EST CELLE DU PEUPLE. Tellement que je parle de manière trop grossière et trop cordiale pour les gens de bien, les lapins sans cœur mais au pelage de soie. Et mon langage résonne de façon encore plus étrangère aux oreilles des plumitifs, des poissons qui barbotent dans l’encre et autres gratte-papiers dont la plume est aussi rusée qu’un renard.
Ma main – est une main de bouffon. Elle ne peut se retenir de dessiner : malheur à toutes les tables, toutes les parois et tout ce qui a encore de la place pour des ornements et des gribouillages de bouffon !
Mon pied – est un pied fourchu. Grâce à lui je trotte et galope par monts et par vaux, en long et en large, le diable au corps, rempli de joie chaque fois que je cours vite.
Mon estomac – n’est-il pas un estomac d’aigle ? Car de tous les aliments, c’est la viande d’agneau qu’il préfère. Une chose est… Suite

Bacchantes (vers 1-22) | Epiphanie de Dionysos à Thèbes

05/05/2012 | Commentaires (0)


Prologue 1 – Présentation rezoomée
ALORS QUE PENTHÉE, LE ROI DE THÈBES, est sur le point d’employer la force pour ramener les femmes en délire sur le droit chemin, pour les faire revenir des montagnes à la ville, de la nature sauvage à leur foyer, de leur sombre folie à la claire raison, un mystérieux jeune homme, à l’allure orientale, aux cheveux longs et aux habits amples, se présente soudain aux portes de la cité, fameuse pour ses sources de Dircé et son fleuve l’Isménos.
Dès son arrivée, l’étrange individu dévoile son identité : il se nomme Dionysos ; il est le fruit des amours du divin Zeus et de la mortelle Sémélé, qui n’est autre que la fille de Cadmos, le fondateur de la ville. On le devine sans peine : si le dieu se fait jour sous forme humaine et non divine, c’est pour mieux se faire connaître et reconnaître par les Thébains.
La première chose que Dionysos relève en pénétrant dans la cité… Suite

La nuit

01/05/2012 | Commentaires (0)


FILM DE MICHELANGELO ANTONIONI (1961), avec Marcello Mastroianni, Jeanne Moreau et Monica Vitti. Long dévoilement, sur le mode du rêve – beau, envoutant et terrible à la fois – des forces qui travaillent à l’ombre de notre conscience.
Le film s’ouvre sur un traveling descendant le long d’un gratte-ciel milanais, symbole du progrès, de la brillance et de l’aspiration au septième ciel qui imprègne notre civilisation occidentale. Les fenêtres reflètent la ville, le grouillement de la ville ; les interstices dénotent le gris et l’épaisseur du béton. La descente est lente, apparemment inexorable.
Puis on se retrouve abruptement dans une chambre d’hôpital : un médecin injecte de la morphine à un patient qui souffre le martyre. Entouré de livres, on y reconnaît un intellectuel. Il s’agit d’un philosophe, ami proche des deux personnages principaux que sont Giovanni Pontano (Marcello Mastroianni) et à sa femme Lidia (Jeanne Moreau), qu’on rencontre juste après, ensemble, dans la rue, justement en chemin pour rendre visite à leur ami… Suite

Des trois maux 2.

25/04/2012 | Commentaires (0)


APRÈS S’ÊTRE RÉVEILLÉ DE SON DERNIER RÊVE DU MATIN, dans lequel il se voyait peser le monde, Zarathoustra poursuit de jour son aventure en plaçant les trois plus grands maux du monde humain sur une balance : la volupté, la manie de dominer et la manie de soi – autrement dit le plaisir des sens, le despotisme et l’égoïsme. Le voilà qui les présente, tant bien que mal, selon diverses perspectives.
Volupté, plaisir des sens : une épine et même un pieu pour tous les contempteurs du corps en pénitence, pour tous ceux qui dénigrent la dimension charnelle de la vie, qui se réfugient dans la seule pensée et visent le paradis. Volupté, plaisir des sens, un phénomène maudit comme « monde » de l’ici-bas par tous les prédicateurs de l’au-delà, par tous ceux qui prêchent des arrière-mondes, des mondes idéaux ; car la volupté n’a que faire des théories des enseignants de trouble et d’erreur ; elle s’en moque, elle les nargue.
Volupté, plaisir des sens : le… Suite

Voyage organisé

20/04/2012 | Commentaires (0)


ON EST DANS UN CAR POSTAL. On roule depuis un bon moment. Les gens bavardent. On parle, de tout et de rien, comme on le fait d’habitude. Et voilà que le car se met à ralentir : « We are arriving to the most beautiful place of our tour folks. Five minutes, you’ve five minutes to take a picture. »
Le car s’arrête. Les portes s’ouvrent. Les gens sortent avec leur appareil photo à la main, comblés de pouvoir mettre sans effort le magnifique paysage dans la boîte avant de s’exclamer : « Ah, c’est vraiment très beau ! ». Puis ils remontent dans le car et se remettent à bavarder comme avant, de tout et de rien, comme on le fait d’habitude.
De retour à l’hôtel, au souper du soir, tout le monde est ravi, d’autant plus que la nourriture est bonne et que les litres de vin de la région sont compris dans le prix : on a vraiment vu et entendu plein de choses très intéressantes –… Suite

High Low Middle

17/04/2012 | Commentaires (1)


MORCEAU ET CLIP DE MY BRIGHTEST DIAMOND, extrait du disque All Things Will Unwind , sorti en 2011. Shara Worden, doux oiseau phusique : moineau à la force de l’aigle.
*
When you’re privileged you don’t even know you’re privileged
When you’re not
You know
When you’re happy you don’t even know you’re happy
When you’re not
You know
Righteous, heathen
Blinded and seeing
You’re next you’re before
You’re pompous you are poor
You’re hungry yet strangely
You’re working like crazy
Selling, buying
Laughing and crying
High, low, middle
High, low, middle middle
High, low, middle
Keep yourself low, but not too low
Saving, wasting
Dying for a tasting
Banging for a buck
And you’re shit and out of luck
Are you fat or are you eating up your hat
Are you fat
Are you
High, low, middle
High, low, middle middle
High, low, middle
Keep yourself low, but not too low
Lord help you when you’re growing old
Lord help you when you’re tired and cold
Lord help you when the dealin’s done
Lord help you when the gettin’s gone
Lord help you when you’re growing old
Lord help you when you’re tired and cold
Lord… Suite

Des trois maux 1.

13/04/2012 | Commentaires (0)


CE MATIN, DANS MON DERNIER RÊVE, je me trouvais au-delà du monde, sur un promontoire montagneux. Je tenais une balance à la main et pesais le monde.
Oh, dommage que la jalouse aurore soit venue si tôt ! Son rougeoiement m’a réveillé, m’empêchant de terminer mon rêve ! Les braises de mon dernier rêve du matin la rendent toujours jalouse.
Mais voilà comment mon rêve a trouvé le monde : mesurable pour celui qui a du temps, pesable pour le bon peseur, atteignable pour les ailes puissantes, devinable pour les êtres divins qui savent casser les noix et découvrir ce qui se trouve caché sous les coquilles.
Mon rêve : un audacieux navigateur, moitié bateau, moitié bourrasque de vent, taciturne comme les papillons, impatient comme les nobles faucons. Ah, comme il était aujourd’hui patient et avait du temps pour la pesée du monde !
Ma sagesse lui a-t-elle parlé en secret ? Ma rieuse sagesse diurne, ma sagesse de veille qui se moque de tous les « mondes infinis », de tous… Suite

Education physique et sportive

09/04/2012 | Commentaires (0)


BONNE NOUVELLE : BBOUL ET LUDO, DEUX ENFANTS qui sont tombés par hasard sur phusis.ch, ont accepté de nous épauler dans notre tâche d’exprimer la phusis. S’ils se sont reconnus dans de nombreux articles postés ici même, ils ont cependant considérés certains textes très compliqués, voire « chiants ».
Pour répondre à leurs remarques, PHUSIS leur a proposé de mettre la main à la pâte. N’étant pas des experts en écriture, c’est en s’enregistrant à divers moments de la journée qu’ils alimenteront phusis.ch en partageant leurs expériences de la vie dionysiaque. Un vent frais sur le site !
Leur première contribution concerne l’EPS, ce qu’on appelait à l’époque la gym.
*
Bbouludo EPS
Cours d’EPS
– Tu sais, cet après-midi, à l’école, on a l’EPS : l’« Education physique et sportive ».
– Chouette, toi qui aime le sport !
– Non, pas chouette du tout : j’ai pas du tout envie d’y aller.
– T’as pas envie de bouger ?
– Bien sûr que si ! Justement. Mais cette après-midi, on va pas… Suite

Tous touristes

04/04/2012 | Commentaires (2)


LIVRE DE MARIN DE VIRY, publié en 2010 chez Gallimard. « Qu’est-ce qu’un touriste ? Un curieux, un importun, un adepte de la fraternité universelle ? Un voyeur ? Pourquoi 800 millions de personnes embarquent chaque année pour un ailleurs ? Sans but de guerre ni intérêt commercial, sans être contraint à l’exil ou pour raison philanthropique ? Soi-disant pour s’aérer, s’amuser, se distraire, se reposer… ».
De Viry est lauréat du prix Cioran en 2007. Il affectionne les aphorismes du genre « Le monde va si mal que les abrutis n’ont pas même l’air cons ». Tous touristes est un essai-fiction doucement satirique et ironique sur la conception dominante du tourisme – globalement festif, mécanisé; manichéen et stupide.
Loin d’élever le touriste « intelligent », qui enrobe ses envies (farniente, bonne bouffe et autres jouissances de tout genre) de prétextes culturels, de Viry ne dégomme pas non plus les moutons qui partent tranquilles, sans souci, encadrés du matin au soir, du repas aux musées.
De Viry cherche simplement à comprendre. Il pointe. Il… Suite

Les Bacchantes | Prélude

30/03/2012 | Commentaires (0)


Prélude 1 Malcolm – Cadmos et la fondation de ThèbesPOUR NOUS METTRE DANS L’AMBIANCE des Bacchantes d’Euripide, la première chose à faire, c’est de nous rendre en Grèce, la terre de nos célèbres ancêtres les Grecs. Une fois là-bas, il nous faut encore reculer dans le temps. Non seulement de quelques années ou de quelques décennies, ou même de quelques siècles, mais de plusieurs millénaires. Il nous faut reculer jusqu’à cette époque très lointaine, bien différente de la nôtre, marquée par le règne des dieux : une époque où la vie des hommes est tout simplement impensable sans la présence des dieux.
 
Cadmos et la fondation de Thèbes
L’histoire qui nous concerne commence avec un jeune homme du nom de Cadmos. Un jeune homme pas comme les autres en ce qu’il se sent investi d’une mission. Pour la découvrir, il fait ce que tout le monde ferait à sa place : il se rend au sanctuaire de Delphes où siège le plus fameux oracle… Suite

Le retour à la maison

24/03/2012 | Commentaires (0)


OH SOLITUDE ! TOI, SOLITUDE, MON CHEZ MOI ! Alors que la plupart des gens est triste de se retrouver en ta compagnie, moi, c’est sans la moindre larme à l’œil que je reviens chez toi. Oui, je suis resté tellement longtemps – trop longtemps – parmi les hommes, en sauvage, dans le lointain sauvage des hommes, que c’est un bonheur de retourner chez toi ; bonheur synonyme de retour chez moi, à la maison.
Tu peux bien, désormais, me menacer du doigt, comme menacent les mères ; me sourire, comme sourient les mères ; me demander : « Qui est jadis parti de moi en coup de vent, comme un vent tempétueux ?
« Qui a, en partant, crié qu’il est resté trop longtemps assis auprès de moi, tellement longtemps qu’il y a désappris à se taire ! Cela – te taire –, pour sûr que tu l’as désormais appris, les hommes bavards te l’ont appris !
« Oh Zarathoustra, je sais tout : aussi que toi, l’unique, tu t’es senti plus abandonné parmi les… Suite

Intelligence: clarification

21/03/2012 | Commentaires (0)


CHRONIQUE PHUSIQUE DE CLARIFICATION de la dernière chronique, qui a osé venir critiquer ce qui fait la fierté de l’homme occidental, à savoir son intelligence rationnelle, montrant que celle-ci, loin d’être la panacée, l’assurance d’une vie idéale, n’est qu’un moyen de conservation qui a dégénéré en moyen de dissimulation et de tricherie chez cet être vivant particulièrement inadapté à la vie qu’est l’homme occidental.
 
Quand l’intelligence devient pure rationalité
Si l’intelligence est bien d’abord une force ou un produit de la phusis – qui permet à l’homme de survivre malgré ses manques et faiblesses, par exemple en lui permettant de fabriquer des abris, des outils, de cultiver la terre, etc. –, le problème intervient quand, au lieu d’en user comme d’un moyen de conservation, l’homme l’exploite tellement qu’il en vient à perdre le contact avec la terre ; qu’il en vient à faire abstraction des choses ici et maintenant. Outrée, l’intelligence devient alors pure rationalité : abstraite de toute phusis, elle se met à… Suite

Nouveau chantier sur Dionysos

18/03/2012 | Commentaires (1)


GRÂCE À L’ENGAGEMENT ENTHOUSIASTE de nouveaux collaborateurs, PHUSIS a le plaisir d’ouvrir un double chantier sur Dionysos, dieu artiste de la phusis, noyau générateur de tout phénomène vivant. Une partie consistera à présenter, traduire et (ré)actualiser – court passage après court passage – les Bacchantes : tragédie grecque d’Euripide consacrée à Dionysos. L’autre fera de même avec les multiples témoignages du dieu qui nous sont parvenus à travers les âges.
L’enjeu est de taille : permettre à Dionysos de se dévoiler à nouveau, comme formidable clé de lecture et ressource de notre pensée et de nos vies.
 
Euripide : initiateur d’une nouvelle tendance artistique
En Grèce ancienne, au 5e siècle avant J.-C., Euripide est un tragédien à part. Alors que ses collègues expérimentent avec enthousiasme la vie ou phusis dionysiaque et prolongent celle-ci en son ivresse productrice, il reste quant à lui à l’écart. Sobre, distancé et réfléchi, il refuse de se laisser porter par les puissances créatrices et destructrices de toute chose. Loin de faire… Suite

Des renégats

13/03/2012 | Commentaires (0)


LOIN DE TOUTE FRAÎCHEUR PRINTANIÈRE, les choses et les gens rencontrés par Zarathoustra sur les chemins détournés le conduisant à sa caverne étaient marqués par l’automne. Se rappelant son labeur d’abeille butineuse réalisé par le passé, il s’est soudain demandé en soupirant :
Ah, tout ce qui, sur cette prairie, était récemment encore vert et plein de couleurs s’est-il déjà fané et est-il déjà devenu gris ? Combien de miel de l’espoir n’ai-je porté d’ici à mes ruches ! Tous mes efforts ont-ils été vains ?
Comme ces jeunes cœurs sont déjà vieux ! Ou non, je me trompe : ils ne sont pas vraiment vieux, mais seulement fatigués, communs, commodes ! Les voilà qui disent : « Nous sommes redevenus pieux ».
Encore récemment, je les voyais sortir de chez eux tôt le matin, plein d’allant, d’un pied ferme et courageux, à la découverte du monde : mais leur pied de la connaissance s’est vite fatigué. Les affirmateurs curieux qu’ils étaient se sont transformés en calomniateurs ! Négateurs, ils se sont mis à décrier… Suite

Intelligence rationnelle

09/03/2012 | Commentaires (2)


CHRONIQUE PHUSIQUE SUR LE PHÉNOMÈNE peut-être le plus stupéfiant de la nature : l’intelligence rationnelle. Alors qu’elle a été absente de la surface de la terre pendant des éternités, elle est progressivement apparue dans la tête d’un genre d’animal pour le moins spécial : cette drôle de sorte de singe qu’est l’homme.
La question est de savoir comment il se fait que ce soit précisément en lui qu’elle ait émergé ? Les réponses intelligentes courent les rues : les chrétiens prétendent que c’est le Bon Dieu qui l’a accordée à l’homme ; les pragmatiques qu’elle représente ni plus ni moins l’accomplissement final, le couronnement suprême de l’évolution de notre espèce.
Or ces explications sont fausses : si nous avons gagné l’intelligence, c’est au fond par faiblesse et mésentente phusique, comme le dit le PERI PHUSEOS à la page 346 :
« Si l’intelligence s’est faite jour, c’est pour parer à nos faiblesses phusiques ; servir d’auxiliaire, de béquille aux êtres les plus défavorisés, les plus vulnérables et éphémères de la phusis…. Suite

Interview et clip de Jean-Louis Murat

06/03/2012 | Commentaires (0)


JEAN-LOUIS MURAT S’EXPRIME sur France Culture.
Après avoir sorti Grand lièvre, son vingt-quatrième album, en fin d’année dernière, l’Auvergnat Jean-Louis Murat a fait le détour de France Culture pour se laisser interviewer par Frédéric Taddeï.
Alors que l’hebdomadaire musical britannique Mojo voit en lui le Léonard Cohen français, il se considère pour sa part comme un petit artisan.
Amoureux de la nature, de la campagne, du cyclisme, de l’esprit de conquête et de la dimension épique de la vie, il déteste les bruits des villes et voit partout des salauds aux oreilles bouchées. Son regard sur notre monde est pour le moins acéré, que ce soit à propos des médias, de la politique, de l’économie, de l’art, y compris The Artist et Intouchable qu’il vilipende gaiement.
Côté travail, loin de la chanson expérimentale, il fait une musique centriste, « pour le bien des organes », dit-il : le cerveau, le cœur, l’estomac. Il joue, chante et parle avant de réfléchir, en laissant les forces… Suite

Du fait de passer son chemin

04/03/2012 | Commentaires (0)


C’EST AINSI, PAR DES VOIES DÉTOURNÉES, cheminant lentement à travers de nombreux peuples et toutes sortes de villes, que Zarathoustra retournait vers sa montagne et sa caverne. Et voici que, ce faisant, il est inopinément arrivé à la porte de la grande ville. Là, un bouffon écumant a bondi sur lui les mains écartée et s’est mis en travers de son chemin. Ce n’était nul autre que l’individu que le peuple appelait… « le singe de Zarathoustra ». Pourquoi ? Parce qu’il reprenait à Zarathoustra sa manière et le ton de ses discours et ne manquait jamais, dans ce qu’il disait et faisait, de puiser dans le trésor de sa sagesse. Voilà comment le bouffon a alors parlé à Zarathoustra :
« Oh Zarathoustra, c’est ici la grande ville : tu n’as rien à y chercher ; tu as bien plutôt tout à y perdre.
Pourquoi voudrais-tu patauger dans cette boue ? Aie donc pitié de ton pied ! Crache plutôt sur la porte de ville et – passe ton… Suite

La vie est un miroir

29/02/2012 | Commentaires (1)


CHRONIQUE PHUSIQUE SUR UN POÈME. La poésie n’est pas seulement un divertissement de pédants ou une torture scolaire, mais peut aussi, dans certains cas, faire office de guide de vie.
En tant que prolongement poïétique, musical, de la phusis en l’homme, la poésie nous indique comment vivre, comment faire pour avoir un rapport moins aliéné, moins chosiste, moins tordu, moins manipulateur au monde ; comment faire pour entretenir une relation plus honnête, plus équilibrée, plus harmonieuse aux phénomènes.
Michysos présente ci-dessous le poème qui figure en épigraphe du PERI PHUSEOS : la bible phusique, recueil de toutes les vérités découvertes par nos glorieux ancêtres disciples de Dionysos et défenseurs de la phusis…
*
Ein Spiegel ist das Leben.Wonach wir nur auch streben,Als erstes möcht ich nennen,In ihm sich zu erkennen.!!
*
Un miroir est la vie.Ce à quoi seulement nous aspirons,Je voudrais le nommer en premier,S’y reconnaître. ! !
*

Suite

Matador

25/02/2012 | Commentaires (1)


MORCEAU ET CLIP DE MICKEY 3D, extrait de l’album Matador, sorti en 2005.
*
Je n’ai pas peur des Américains,
Ni des cons, ni des politiciens,
Mais j’ai peur de t’attraper la main
Et que tu me m’esquives encore
Je ne sais pas si cet amour est fort
Ou s’il ressemble à la chasse au trésor
Si t’en veux pas sache que je le déplore
Et que je m’excuse encore
Je n’ai pas peur de la mort
Mais que tu m’évites encore
Je te préviens matador
Qu’un jour je t’aurai alors
On a vu des taureaux aimer les toreros
On a vu des taureaux aimer les toreros
Je n’ai pas peur des ordinateurs
Ni des virus exterminateurs
J’ai défoncé tellement de gladiateurs
Qu’ils ont disparu alors
J’aimerais bien t’emmener sur le port
Te refaire le coup du conquistador
J’ai peur que tu joues les toréadors
Et que tu m’esquives encore
Je n’ai pas peur de la mort
Mais que tu m’évites encore
Je te préviens matador
Qu’un jour je t’aurai alors
On a vu des taureaux aimer les toreros
On a vu des taureaux aimer les toreros
Clip :
Suite

Sur le mont des oliviers

21/02/2012 | Commentaires (0)


DURANT L’HIVER, UN HÔTE DIFFICILE vient s’installer chez moi à la maison : le froid. Dès qu’il arrive, il me sert la main en signe d’amitié – et voilà que j’ai mes mains qui virent au bleu.
Certes, comme toute chose, je l’honore, cet hôte difficile, mais je le laisse aussi volontiers assis seul chez moi. Oui, il me plaît de l’abandonner. Et c’est là chose aisée : pour se défaire de lui, il suffit de se mettre en mouvement, de marcher, de bien marcher ! Et pas seulement en pensées…
C’est les pieds chauds et les pensées chaudes que je quitte la maison et avance me mettre à l’abri du vent, vers le coin ensoleillé de mon mont des oliviers.
Et là, je ris de mon hôte sévère, non sans lui être en même temps reconnaissant de la bonne influence qu’il a sur mon chez moi durant mon absence : car il m’attrape encore les mouches et étouffe maints petits bruits qui se font entendre sinon…. Suite

L’adhésivité

17/02/2012 | Commentaires (0)


CHRONIQUE PHUSIQUE SUR L’ADHÉSIVITÉ. Alors que certaines langues de vipères prétendent qu’il y a des êtres adhésifs qui fréquentent phusis.ch, l’heure est à l’interrogation.
Grâce à l’exemple pédagogique du scotch, il se dévoilera que seuls les sots – les personnes scotchées à la pure logique rationnelle – peuvent taxer leur con-génères d’être adhésifs. Bien que for(midablemen)t nombreux, ils se fourvoient.
Regardez donc autour de vous et en vous ! La sagesse phusique s’expérimente et se vérifie partout : il n’y a pas de contraire, mais uniquement des différences de degrés du même.
Attention de ne pas glisser sur la mauvaise pente et de se retrouver soi-même adhérent à la catégorie des… sots ou des… adhésifs.

Suite

Hors Satan

15/02/2012 | Commentaires (0)


FILM DE BRUNO DUMONT (FRA), avec David Dewaele et Alexandra Lematre, 1h50. Film sauvage, enivrant et puissant. A la fois sec et humide, tendre et violent, chaud et froid, court et long, quasi sans paroles, quasi sans pensée, il met nos sens en éveil. Actuellement dans les salles. A ne pas manquer !
On est dans le Nord de la France, à la campagne, vers un petit hameau, entre des herbes et des genévriers qui tremblent sous le vent, des dunes ensablées, des marais, le soleil, les nuages, la pluie et… la mer, infinie, au loin. A quasi chaque plan, on entend un souffle, une présence, lourde et légère à la fois. Forte présence, le plus souvent sur le mode de l’absence.
Mystérieux justicier phusique
On passe du temps avec un homme d’une quarantaine d’années (David Dewaele), le visage ravagé, la démarche en même temps chancelante et assurée. Il vit hors des sentiers battus, dehors, dans les dunes, de quasi rien. Il entretient un… Suite

De la vertu qui rapetisse 3

11/02/2012 | Commentaires (1)

QUAND JE ME MÊLE AUX GENS DU PEUPLE, je ne reste pas silencieux mais laisse entendre maintes paroles. Et pourtant les gens passent à côté de ce que je dis : ils ne savent ni saisir ni garder mes déclarations.
Ils sont surpris de me voir comme je suis. Ils s’étonnent que je ne sois pas venu parmi eux en moraliste, pour les dénigrer, et dénigrer en particulier ce qui touche au corps, aux plaisirs et aux vices ; et pour les mettre en garde de manière générale devant ce qui pourrait leur nuire. En vérité, ils sont même surpris que je ne sois pas venu pour leur dire de se méfier des pickpockets !
Ils s’étonnent du fait que je ne sois pas prêt à m’occuper de leur intelligence, que je ne m’efforce pas de l’aiguiser et la rendre plus drôle. Les gens sont incroyables : ils en demandent toujours plus, comme s’ils n’en avaient pas encore assez des innombrables malins du genre, dont les… Suite

Retour des chroniques

08/02/2012 | Commentaires (3)


APRÈS QUELQUE DIX-HUIT MOI D’ABSENCE, les chroniques phusiques font leur retour sur notre site.
Au plus froid de l’hiver, Michysos reprend son masque et son ton de bouffon pour tenter de briser un peu la glace qui nous entoure et nous envahit.
Depuis le 14 juillet 2010, date de la dernière chronique phusique, nous avons reçu tellement de téléphones, de lettres, de mails, de sms, de mms et autres messages, cadeaux et même chèques d’encouragement en faveur du retour des chroniques phusiques sur www.phusis.ch que nous ne pouvons faire autrement que nous y remettre.
C’est donc reparti pour un tour. Si possible une fois par semaine. Sur des sujets aussi divers que variés. Pour contribuer à la libération de la phusis « en nous et hors de nous ».
*
Suite

La Fessée

07/02/2012 | Commentaires (1)


GEORGES BRASSENS, MORCEAU EXTRAIT DU DISQUE Supplique pour être enterré à la plage de Sète, 1966. Chanson paillarde.
La veuve et l’orphelin, quoi de plus émouvant ?
Un vieux copain d’école étant mort sans enfants,
Abandonnant au monde une épouse épatante,
J’allai rendre visite à la désespérée.
Et puis, ne sachant plus où finir ma soirée,
Je lui tins compagnie dans la chapelle ardente.

Pour endiguer ses pleurs, pour apaiser ses maux,
Je me mis à blaguer, à sortir des bons mots,
Tous les moyens sont bons au médecin de l’âme…
Bientôt, par la vertu de quelques facéties,
La veuve se tenait les côtes, Dieu merci !
Ainsi que des bossus, tous deux nous rigolâmes.

Ma pipe dépassait un peu de mon veston.
Aimable, elle m’encouragea : « Bourrez-la donc,
Qu’aucun impératif moral ne vous arrête,
Si mon pauvre mari détestait le tabac,
Maintenant la fumée ne le dérange pas !
Mais où diantre ai-je mis mon porte-cigarettes ? « 

A minuit, d’une voix douce de séraphin,
Elle me demanda si je n’avais pas faim.
« Ça le ferait-il revenir, ajouta-t-elle,
De pousser la… Suite

De la vertu qui rapetisse 1 et 2

03/02/2012 | Commentaires (0)

1.
QUAND ZARATHOUSTRA ÉTAIT DE NOUVEAU SUR LA TERRE FERME après son voyage en mer, il n’est pas retourné directement dans ses montagnes et sa caverne, mais a emprunté quantité de chemins déjà bien connus. Curieux de voir ce qui s’est passé avec l’homme, il a refait son trajet de jadis en sens inverse. Non sans sonder les choses et se poser de nombreuses questions. Procédant ainsi, il s’est lui-même taxé en plaisantant de « fleuve tortueux qui remonte vers sa source ! » Comment l’homme a-t-il évolué depuis son premier passage ? Est-il devenu plus grand ? Ou au contraire plus petit ? Quelle ne fut pas sa surprise quand il est tombé sur une rangée de nouvelles maisons, qui venaient visiblement d’être construites ! Le voilà qui a alors demandé :
« Mais que signifient ces maisons ? Qui a pu les placer là ? Quel genre d’âme faut-il avoir pour bâtir de telles maisonnettes ? En tout cas pas une grande ! Elles apparaissent bien plutôt comme le symbole même de la… Suite

Le cheval de Turin

30/01/2012 | Commentaires (0)


FILM RADICAL ET ÉPURÉ DE BÉLA TARR, qui présente une phusis au bout du rouleau, sur fond de musique lancinante de Mihály Vig (à écouter en cliquant sur la deuxième vidéo ci-dessous – pourquoi pas tout de suite, en lisant le texte qui suit). Actuellement dans les salles.
Prologue
Le 3 janvier 1889, alors qu’il est à Turin, dans la période la plus bouillonnante et productive de sa vie, Friedrich Nietzsche – philosophe du renversement des valeurs traditionnelles – ne supporte pas de voir un cheval maltraité par un cocher. Il s’approche de l’animal, l’enlace et éclate en sanglots, avant de perdre connaissance. Terrible crise de pitié pour celui qui, justement, a tout mis en œuvre pour libérer l’humanité de la morale et des idéaux chrétiens, tant ceux-ci sont néfastes pour la vie en sa nature et exubérance propres. Terrible, unique et ultime crise de compassion de la part du penseur de la vie dionysiaque en sa surabondance tragi-comique. Suite à… Suite

Avant le lever du soleil

26/01/2012 | Commentaires (4)


Avant le lever du soleilÔ CIEL AU-DESSUS DE MOI, TOI LE PUR ! Toi le profond ! Toi l’abîme de lumière ! Je frissonne de désirs divins en te regardant comme ça, à l’aube, tant tu es intense, puissant et serein dans l’équilibre de tes contraires.
Me lancer dans ta hauteur – voilà ma profondeur ! Me cacher dans ta pureté – voilà mon innocence !
Comme le dieu voile sa beauté, c’est voilé de pureté que tu caches tes étoiles. Et comme le dieu, tu n’as pas besoin de parler pour me témoigner ta sagesse.
Muet au-dessus de la mer mugissante, tu t’es aujourd’hui ouvert à moi. Et voilà que ton amour et ta pudeur se révèlent à mon âme, elle aussi mugissante, comme la mer.
Tu es venu vers moi dans toute ta beauté, voilé de pureté dans ta beauté. Tu n’as même pas besoin d’ouvrir la bouche pour me parler, tant ta sagesse est évidente :
Ô, ciel au-dessus de moi, comment n’ai-je deviné toute la pudeur et… Suite

La nature comme phusis : éclosion ou fabrication ?

21/01/2012 | Commentaires (2)


Nantes 2012 resume et questions

VERSION ÉCRITE DE L’ÉMERGENCE DE LA PHUSIS à NANTES le 13 janvier dernier dans le cadre du Cycle de conférences sur la nature organisé par la Société Nantaise de Philosophie. Vous trouverez ci-dessus l’enregistrement (hélas tantôt de qualité moyenne…) de l’excellent résumé de Joël Gaubert ainsi que de la stimulante discussion qui a suivi.
*
Nous vivons une époque formidable. Les progrès réalisés par la science et la technique nous permettent de vivre dans un confort et un bien-être toujours croissants et de jouir de possibilités inouïes, qui feraient assurément pâlir nos plus glorieux ancêtres ; et qui font en tout cas baver tous ceux qui ne sont pas (encore) immergés dans notre monde occidental. Pour autant qu’on ait suffisamment d’argent, on peut faire et acquérir à peu près tout ce qu’on veut : quasi tout nous devient accessible. Nos puissantes et ingénieuses industries sont en train de fabriquer les objets les plus pratiques et insoupçonnés et de faire… Suite

La phusis – éclosion ou fabrication ?

10/01/2012 | Commentaires (3)


VENDREDI, LA PHUSIS A ÉMERGÉ À NANTES, dans le cadre d’un cycle de conférences sur la nature organisé par la Société Nantaise de Philosophie. En attendant de pouvoir découvrir ici-même le texte de la conférence, vous trouverez ci-joint, en guise d’amuse-bouche, son résumé de quelques lignes.
*
La nature comme phusis – éclosion ou fabrication ?
Dominé qu’il est par la science et la technique, notre monde est en train de faire de tout phénomène, y compris de l’homme, un simple objet, affaire d’une possible fabrication, consommation et manipulation. Mais comment en sommes-nous arrivés là ? D’où provient cette vision et puissance partout à l’œuvre ? Relève-t-elle de la volonté de certains hommes – scientifiques, ingénieurs, économistes, chefs d’entreprises, etc. ? A bien y regarder, il n’en est rien : ces derniers en sont à vrai dire eux-mêmes tributaires.
Mais où et comment cette tendance s’est-elle donc faite jour ? Se peut-il qu’elle provienne de la philosophie ? Et que, partant, elle seule pourrait nous en libérer ? Le retour aux débuts… Suite

D.Quichotte et les éoliennes

06/01/2012 | Commentaires (0)


CLIP DU DERNIER MORCEAU DE BESTAIRE, DERNIER DISQUE DE PHILIPPE CRAB, sorti fin 2011.
*
Ecrit et composé par Philippe Crab
Interprété par Philippe Crab (guitare, voix, accordéon) Léonore Boulanger (voix)
*
Images extraites de « Don Quijote » d’Orson Welles et de Jesus Franco,
montée par Aurélien Merle.

 

Voici le clip :

Suite

De la béatitude contre-volonté

02/01/2012 | Commentaires (0)


Z-De la béatitude contre-volonté
APRÈS AVOIR ABANDONNÉ LES ÎLES BIENHEUREUSES et s’être séparé de ses amis, c’est ainsi, le cœur rempli d’énigmes – du genre de celles du nain et du portique instant, ou alors du chien hurlant aux côtés du jeune berger mordu en plein gosier par un terrible serpent –, c’est ainsi, le cœur rempli de telles énigmes et débordant d’amertumes solitaires, que Zarathoustra a vogué sur sa nouvelle mer en direction de nouveaux horizons. Mais quelques jours de voyage en haute mer lui ont permis se refaire. A quatre jours seulement de distance de ses amis, il avait en effet déjà surmonté toute sa souffrance. Alors qu’il a été d’abord en retrait, courbé et réticent, l’esprit lourd et plein de mystères, il se tenait désormais de nouveau debout, en vainqueur, le pied fermement posé sur son destin. Voilà comment il a alors parlé à sa conscience réjouie :
*
Me voici de nouveau seul. Et voulant être seul. Me voici de… Suite

Losing My Religion

29/12/2011 | Commentaires (1)


LE PLUS GROS TUBE DE L’IMMENSE GROUPE QU’EST R.E.M. Extrait de l’album Out of Time (1991). « Losing my religion » est à entendre au sens de « perdre son calme », « perdre confiance » (vieille expression du sud des États-Unis). Michael Stipe – leader et chanteur du groupe – présente le morceau comme expression d’une désillusion amoureuse. Du monde idéal que promet notre tradition ?
*
Paroles :
Life is biggerLa vie est plus grandeIt’s bigger than youPlus grande que toiAnd you are not meEt tu n’es pas moiThe lengths that I will go toLes longueurs que j’atteindraiThe distance in your eyesLa distance dans tes yeuxOh no I’ve said too muchOh non, j’en ai trop ditI set it upJe l’ai provoqué
That’s me in the cornerC’est moi dans le coinThat’s me in the spotlightC’est moi sous le feu du projecteurLosing my religionPerdant mon calmeTrying to keep up with youEssayant d’être à ta hauteurAnd I don’t know if I can do itEt je ne… Suite

Du visage et de l’énigme

25/12/2011 | Commentaires (0)

Z-De la vision et de l’énigme
1.
ÉTANT DONNÉ QU’UN HOMME DES ÎLES BIENHEUREUSES est monté en même temps que Zarathoustra à bord du bateau, le bruit de la présence de ce dernier a tôt fait de parvenir aux oreilles des matelots. Suite aux dires de l’homme, une grande curiosité et une grande attente est née à son sujet. Pourtant, Zarathoustra était tellement froid et sourd de tristesse, tellement envahi par ses sombres pensées, qu’il est d’abord demeuré en retrait. Deux jours durant, il est resté dans son coin, muet, sans répondre au moindre regard ou à la moindre question. Ce n’est que le soir du second jour qu’il est progressivement sorti de sa torpeur. Comme il y avait quantité de choses intéressantes, étranges et dangereuses, qui se disaient sur le bateau, le curieux qu’il est s’est alors rouvert au monde. Tout en continuant à se taire, il a commencé à se remettre à écouter. Oui, l’embarcation et les gens qui s’y… Suite

Roads

21/12/2011 | Commentaires (0)


MORCEAU DE DUMMY, DISQUE DE PORTISHEAD SORTI EN 1994.
Paroles :
Oh, can’t anybody see,
We’ve got a war to fight,
Never found our way,
Regardless of what they say.
How can it feel, this wrong,
From this moment,
How can it feel, this wrong.
Storm,
In the morning light,
I feel,
No more can I say,
Frozen to myself.
I got nobody on my side,
And surely that ain’t right,
Surely that ain’t right.
Oh, can’t anybody see,
We’ve got a war to fight,
Never found our way,
Regardless of what they say.
How can it feel, this wrong,
From this moment,
How can it feel, this wrong.
How can it feel this wrong,
From this moment,
How can it feel, this wrong.
Oh, can’t anybody see,
We’ve got a war to fight,
Never found our way,
Regardless of what they say.
How can it feel, this wrong,
From this moment,
How can it feel, this wrong.
Clip :
Suite

Le voyageur

17/12/2011 | Commentaires (0)

« VOUS REGARDEZ VERS LE HAUT, quand vous exigez de la hauteur, pour vous fixer un but. Et moi je regarde en bas, parce que je suis élevé, parce que je suis déjà en hauteur.
Qui d’entre vous peut en même temps rire et être élevé ?
Celui qui grimpe sur la plus haute montagne rit de tous les jeux de deuil et sérieux de deuil. »
Zarathoustra, « De l’écriture et de la lecture » (I, 7)
*
C’est sur le coup de minuit que Zarathoustra a pris son chemin par-dessus la crête de l’île. Il est parti au milieu de la nuit pour arriver au petit matin sur l’autre rive : car c’est là, de l’autre côté de la montagne, qu’il voulait embarquer vers de nouveaux horizons. Il y avait en effet là une bonne rade, où non seulement des bateaux de la région, mais aussi étrangers, venaient jeter l’ancre. Des embarcations qui emmenaient quantité de personnes voulant traverser la mer depuis les îles bienheureuses. Chemin faisant, en grimpant… Suite

7 seconds

14/12/2011 | Commentaires (1)


TUBE DE YOUSSOU N’DOUR ET NENEH CHERRY réalisé en 1994.
*
Au fond des corps,
Au fond des cœurs,
Sur les visages d’enfants,
Des millions de voix
Qui disent l’innocence,
Le jeu, la joie possibles
Du monde.
*
Clip :
Paroles:
Couplet 1 : Youssou N’dour (en wolof/Senegalais)]
Boul ma sene,Ne me regarde pas de loinBoul ma guiss madi re nga fokni maneNe regarde pas mon sourire, en pensant que je ne sais pasKhamouma li neka thi sama souf ak thi guinawCe qui est au-dessus et sous moiBeugouma kouma khol oaldine yaw li neka si yawJe ne veux pas que tu me regardes et pensesMo ne si man, li ne si mane moye dilene diapaleQue ce qui est en toi est en moi, ce qui est en moi est là pour les aider
[Neneh Cherry]Roughneck and rudeness,Fureur et dureté,We should be using, on the ones who practice wicked charmsNous devrions nous bouger, loin de ceux qui pratiquent les mauvais sortsFor the sword and the stonePour le soleil et la pierreBad to the boneMauvais jusqu’au… Suite

L’heure la plus silencieuse

10/12/2011 | Commentaires (0)


QUE M’EST-IL ARRIVÉ, MES AMIS ? Vous me voyez défait, troublé, entraîné, malgré moi docile, prêt à partir – ah, mes amis, quelque chose me force à me séparer de vous !
Oui, Zarathoustra ne peut plus rester parmi vous ; Zarathoustra doit une nouvelle fois retourner dans sa solitude. Et cette fois, c’est sans joie que l’ours retourne dans sa caverne ! Oui, contrairement aux autres fois, où j’étais content de partir, où j’avais besoin de quitter les gens pour me refaire, il m’est cette fois difficile de vous abandonner, tant je commençais à vous aimer.
Que m’est-il arrivé, mes amis ! Qui me pousse ainsi ? Qui ordonne cela ? Ah, je ne veux rien vous cacher : c’est ma furieuse maîtresse qui veut qu’il en soit ainsi ! C’est elle qui m’a dit que je devais vous quitter. Mais vous ai-je déjà parlé de ma terrible maîtresse ? La connaissez-vous ? Vous ai-je déjà dit comment elle s’appelle ?
Mon heure la plus silencieuse, tel est son nom. Et voilà que pas… Suite

Double nature du langage

06/12/2011 | Commentaires (1)


LE LANGAGE EST UN PHÉNOMÈNE DE PREMIÈRE IMPORTANCE : il nous permet d’exprimer nos pensées et sensations et par là de partager notre vie et rapport au monde. Depuis l’aube de notre civilisation, le langage est considéré comme le principal trait distinctif de l’homme vis-à-vis de l’animal. C’est ainsi qu’en Grèce ancienne, les premiers philosophes ont défini l’homme – en démarcation des autres phénomènes de la nature, et en particulier de l’animal –  en termes d’« être vivant » qui se différencie du fait qu’il est « doué de langage ».
A bien y regarder, le langage possède aujourd’hui une place et une puissance géographiquement et historiquement inégalées. Il apparaît comme un axe et pivot non seulement de nos expériences et pensées individuelles, mais encore, à bien plus grande échelle, du mouvement de mondialisation de notre vision du monde. La globalisation des processus scientifiques, techniques, économiques, politiques, industriels, sociaux, moraux, etc. se joue en effet par le biais du langage. Ou plus précisément dit par… Suite

Du bon sens humain

02/12/2011 | Commentaires (0)


CE N’EST PAS LA HAUTEUR QUI EST TERRIBLE, mais la pente pour y parvenir !
Quand les gens sont sur une pente abrupte, ils sont pris par un double sentiment, de peur et de désir : ils ont en même temps leur regard qui sombre vers le bas, vers l’abîme, et leur main qui se tend vers le haut, vers les sommets. Ils sont marqués par une double volonté : à la fois d’éviter la chute et de parvenir à grimper. Et voilà que leur cœur se trouve pris de vertige.
Ah, mes amis, devinez-vous la double volonté de mon cœur, de mon cœur à moi, bien différent de celui de la majorité des gens ?
Êtes-vous étonnés si je vous dis que ma pente et mon danger sont à l’envers de la plupart ? Loin d’être marqué par la peur, mon regard ne s’élance pas vers le bas, mais vers le haut. Et ma main, loin de tendre vers les hauteurs, voudrait bien plutôt se tenir et… Suite

Lettre du voyant

29/11/2011 | Commentaires (0)


EXTRAIT DE LA LETTRE ADRESSÉE PAR ARTHUR RIMBAUD à Paul Demeny le 15 mai 1871. Sur la tâche du poète, du vrai poète qui ne se contente pas d’alimenter le romantisme fadasse.
*
« La première étude de l’homme qui veut être poète est sa propre connaissance, entière ; il cherche son âme, il l’inspecte, Il la tente, l’apprend. Dès qu’il la sait, il doit la cultiver ; cela semble simple : en tout cerveau s’accomplit un développement naturel ; tant d’égoistes se proclament auteurs ; il en est bien d’autres qui s’attribuent leur progrès intellectuel ! – Mais il s’agit de faire l’âme monstrueuse : à l’instar des comprachicos, quoi ! Imaginez un homme s’implantant et se cultivant des verrues sur le visage.
Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant.
Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en… Suite

De la rédemption

25/11/2011 | Commentaires (0)


UN JOUR OÙ ZARATHOUSTRA A TRAVERSÉ LE GRAND PONT qui conduit à la partie de la ville qui est pleine d’estropiés et de mendiants, il s’est vu apostrophé en ces termes par un bossu :
« Regarde, Zarathoustra ! Ton enseignement n’est pas vain : même le peuple apprend de toi et fait toujours plus confiance à ta doctrine. Mais pour qu’il puisse te croire complètement, te faire entièrement confiance, il faut encore que tu fasses quelque chose : tu dois encore nous convaincre nous, les estropiés ! Regarde, tu as ici un joli choix d’infirmes ; c’est en vérité une occasion à ne pas manquer ! Le mieux serait que tu fasses comme jadis Jésus-Christ : guérir des aveugles, faire courir quelques paralytiques ; et tu pourrais aussi enlever un peu de poids des épaules de celui qui en a trop. Ce serait, je pense, le bon moyen pour que les estropiés croient en toi, Zarathoustra ! »
Mais voilà comment, Zarathoustra a répondu à son interlocuteur, renouant avec une vieille sagesse populaire :… Suite

Le sens

21/11/2011 | Commentaires (0)


DOMINIQUE A, « LE SENS », paroles et clip du morceau de l’album La Musique (2009). Et si, au lieu de chercher désespérément le sens, on se mettait à s’interroger sur la valeur ?
*
Paroles :
J’ai tout essayé
J’ai pas trouvé le sens
J’ai cherché dans la rue
J’ai écrit « j’ai aimé »
J’ai voyagé, j’ai cru
J’ai nié des évidences
J’ai nagé nu, mais désolé
J’ai pas trouvé le sens
J’ai pas envie de sauter
J’ai pas envie d’une balle
Je préfère exister
Même si c’est pour que dalle
J’aime bien respirer
J’aime bien me sentir sale
J’aime avoir de la chance
Et me faire embrasser
Mais bien sûr si j’y pense
Tout ça n’a pas grand sens
Mais bien sûr si j’y pense
Aujourd’hui, braderie
J’offre tout ce que j’ai
Je donne tous mes objets
Mes souvenirs aussi
Contre un sens à ma vie
Même un qui fait son temps
Même un peu décevant
Même que pour les vacances
Même que le temps d’une danse
J’ai tout essayé
J’ai pas trouvé le sens
On dit que pour beaucoup
C’est la même béance
En ont-ils tous conscience
Tout le temps ou pas à-coups
Peut être… Suite

Repos du guerrier

16/11/2011 | Commentaires (1)


L’ART DES MUSES EST D’UNE TOUTE-PUISSANTE RICHESSE PHUSIQUE : comme le révèle la première Pythique de Pindare, après les fidèles efforts, les forces de la magie, de l’amour, du sommeil, de la possession, de la vie et de la mort finissent par se conjuguer.
*
Ayant relâché des deux côtés son aile rapide
Sur le sceptre de Zeus, l’aigle s’endort.
D’un nuage au sombre aspect,
Doux fermoir des paupières
Le son de la musique
A enveloppé sa tête courbée.
Endormi, le roi des oiseaux balance son dos onduleux
Au rythme des poussées de la musique.
(Pindare, Pythique, I)
*
L’aile véloce de l’aigle est relâchée. Posé sur le sceptre du dieu des dieux, la tête baissée, le roi des oiseaux se laisse envahir, enivrer, embrumer par le son de la musique. Enveloppé par des élancements semblables aux souffles du vent, au va-et-vient des vagues et de tout phénomène, l’oiseau de proie s’assoupit, plonge dans un sommeil profond. Paisible, docile, il balance sans s’en rendre compte son dos onduleux au rythme des ondes mélodiques… Suite

Le devin

11/11/2011 | Commentaires (0)


« – ET J’AI VU UNE GRANDE TRISTESSE S’ABATTRE SUR LES HOMMES. Les meilleurs d’entre eux, les créateurs eux-mêmes, étaient fatigués de leurs œuvres, épuisés par la vie.
Un enseignement se répandait un peu partout, accompagné de cette croyance : « Tout est vide, tout est égal, tout est passé ! » disait-on tout azimut. Mélange de nihilisme et de nostalgie.
Et toutes les collines du monde renvoyaient le même écho mélancolique : « Tout est vide, tout est égal, tout est passé ! »
Bien sûr que nos efforts ont été récompensés ; bien sûr que notre travail nous a permis de récolter beaucoup de choses : mais pourquoi donc tous nos fruits nous ont-ils pourri et bruni dans les mains ? Qu’est-ce qui, la nuit dernière, nous est tombé dessus de la méchante lune ?
Toutes nos œuvres se sont avérées vaines : notre vin s’est transformé en poison, le mauvais œil de la lune et du soleil a roussi nos champs et nos cœurs.
Nous sommes tous devenus secs ; et si le feu nous tombe encore… Suite

Devant la loi

07/11/2011 | Commentaires (0)


FRAGMENT DU PROCÈS DE FRANZ KAFKA, publié en 1925. Introduction à l’excellent film The Trial, réalisé par Orson Welles en 1962 (avec Anthony Perkins).
*
Devant la loi se dresse le gardien de la porte. Un homme de la campagne se présente et demande à entrer dans la loi. Mais le gardien dit que pour l’instant il ne peut pas lui accorder l’entrée. L’homme réfléchit, puis demande s’il lui sera permis d’entrer plus tard. «C’est possible», dit le gardien, «mais pas maintenant». Le gardien s’efface devant la porte, ouverte comme toujours, et l’homme se baisse pour regarder à l’intérieur. Le gardien s’en aperçoit, et rit. «Si cela t’attire tellement», dit-il, «essaie donc d’entrer malgré ma défense. Mais retiens ceci: je suis puissant. Et je ne suis que le dernier des gardiens. Devant chaque salle il y a des gardiens de plus en plus puissants, je ne puis même pas supporter l’aspect du troisième après moi.» L’homme de la campagne ne s’attendait pas à… Suite

Des grands événements

03/11/2011 | Commentaires (0)


EN PLEINE MER, NON LOIN DES ÎLES BIENHEUREUSES – les îles des amis de Zarathoustra vers lesquelles il a été poussé du haut de ses montagnes –, il existe une île sur laquelle fume constamment une montagne de feu, une sorte de volcan. Le peuple, et parmi celui-ci en particulier les petites vieilles, en disent qu’elle recouvre la porte de l’enfer ; qu’elle est placée comme un bloc de pierre devant l’entrée des enfers, où un étroit chemin conduirait au travers de la montagne.
Or, à l’époque où Zarathoustra séjournait avec ses amis sur les îles bienheureuses, un bateau a un jour jeté l’ancre en bord de l’île où se trouve la montagne fumante ; son équipage y est allé pour y tirer des lapins. Mais vers midi, alors que le capitaine et ses gens s’étaient rassemblés pour manger, il s’est passé quelque chose de très mystérieux : tout à coup, un homme leur a volé par-dessus dans les airs. Et sa voix disait… Suite

Alors on danse

29/10/2011 | Commentaires (4)


MORCEAU DE STROMAE, EXTRAIT DE L’ALBUM CHEESE, sorti en 2010. Clip officiel et genèse phusico-musicale du buzz avec Jamel Debouze.
*
Alors on d…
Qui dit étude dit travail,
Qui dit taf te dit les thunes,
Qui dit argent dit dépenses,
Qui dit crédit dit créance,
Qui dit dette te dit huissier,
Lui dit assis dans la merde.
Qui dit Amour dit les gosses,
Dit toujours et dit divorce.
Qui dit proches te dit deuils car les problèmes ne viennent pas seuls.
Qui dit crise te dit monde dit famine dit tiers- monde.
Qui dit fatigue dit réveille encore sourd de la veille,
Alors on sort pour oublier tous les problèmes.
Alors on danse…
Et la tu t’dis que c’est fini car pire que ça ce serait la mort.
Quand tu crois enfin que tu t’en sors quand y en a plus et ben y en a encore!
Est-ce la zik ou les problèmes, les problèmes ou bien la musique.
Ca t’prend les tripes ca te prend la tête et puis tu pries pour que ça s’arrête.
Mais c’est ton… Suite

Des poètes

26/10/2011 | Commentaires (0)


« DEPUIS QUE JE CONNAIS MIEUX LE CORPS, a dit un jour Zarathoustra à un de ses disciples, l’esprit ne m’apparaît plus que sur la mode du comme si : comme une image, une fantaisie, une fiction du corps lui-même. Et il en va de même de tout ce que l’esprit appelle l’« impérissable » – la vérité, l’idéal, le bien, le beau, etc. : tout cela ne m’apparaît pas moins comme une image ou une fantaisie du corps. »
Voici ce que le disciple a alors répondu : « Je t’ai déjà entendu parler ainsi par le passé ; et je m’en souviens, tu avais alors ajouté : « Mais les poètes mentent trop. » Pourquoi, au juste, disais-tu que les poètes mentent trop ? »
« Pourquoi ? », a rétorqué Zarathoustra : « Tu me demandes pourquoi ? Tu es pourtant bien placé pour savoir que je n’appartiens pas à ceux à qui on a le droit de demander leur pourquoi !
Si tu es d’accord de croire que mon expérience de vie n’est pas d’aujourd’hui, mais de hier, tu… Suite

Du fond des gorges

22/10/2011 | Commentaires (1)


NOUVEAU SPECTACLE DE PIERRE MEUNIER, créé début novembre prochain à Dijon, avant une tournée dans toute la France. Avec Pierre Meunier, François Chattot et Pierre-Yves Chapalain. Provocateur et perturbateur musical : Alain Mahé. Courez-y !
*
Texte de présentation de Pierre Meunier :
« Ce qui distingue la poésie de la parole machinale, c’est que la poésie justement nous réveille, nous secoue en plein milieu du mot. Ce dernier se révèle alors à nous d’une étendue bien plus vaste que nous ne l’imaginions, et nous nous souvenons soudain que parler veut dire : se trouver toujours en chemin. » (Ossip Mandelstam)
*
Il s’agirait d’ouvrir un chantier de travail autour de la question du rapport conflictuel entre le mot, le sens et la pensée dans l’enceinte du corps qui parle. Ou qui voudrait pouvoir parler. Et qui s’étonne que ça n’aille pas de soi.
Cette bataille incessante entre les mots qui voudraient être dits pour eux-mêmes, pour se déployer dans toute leurs dimensions, et la pensée qui… Suite

Des érudits

19/10/2011 | Commentaires (2)


ALORS QUE J’ÉTAIS TRANQUILLEMENT ENDORMI SUR L’HERBE, un mouton est soudain venu brouter la couronne de lierre que j’avais sur la tête, symbole de force végétative et de persistance du désir. Et il ne s’est pas contenté de la dévorer, mais a encore commenté son action en affirmant : « Zarathoustra n’est plus un érudit ».
Alors que j’avais jadis une place parmi les érudits – place à part, il est vrai, tant c’est toujours le cycle éternel de la vie et de la mort qui m’a intéressé et travaillé –, voilà que le mouton a profité de mon sommeil pour me déposséder de ma marque distinctive et me signifier que je n’avais plus rien à faire dans sa communauté : il a brouté ma couronne, a fait son constat et s’en est allé dans la pente raide, fier de son acte et de sa parole. Comment je peux savoir que les choses se sont passées ainsi ? C’est un enfant qui me l’a raconté.
Oui, j’aime… Suite

Subjectif, le jugement du goût ?

15/10/2011 | Commentaires (0)


V et P s’interrogent sur le jugement du goût en dégustant une Humagne Blanche. Quelle est la valeur d’une affirmation en matière de goût ? En quoi le jugement d’un expert est-il plus pertinent que celui de Monsieur tout le monde ? Le jugement du goût est-il toujours subjectif ? Ou peut-il avoir une portée objective ? Le dialogue de V et de P propose de distinguer jouisseurs, amateurs, spécialistes et imposteurs en matière de vin.
*
Le texte se trouve à vrai dire depuis la naissance de PHUSIS.CH dans les profondeurs (cachées) de sa partie VIN ET PHILOSOPHIE ; partie dans laquelle vous trouverez – faut-il le rappeler ? – le noyau phusique de nos travaux.
*
V : Cette Humagne Blanche de Marie-Thérèse Chappaz est vraiment excellente !
P : Oui, je la trouve moi aussi très bonne.
V : C’est un vin équilibré : le nez est sur les fleurs blanches avec de petites nuances végétales nobles ainsi qu’une touche de fumée froide. En bouche, le corps présente une matière souple, ample,… Suite

De l’immaculée connaissance

12/10/2011 | Commentaires (0)


LORSQUE, HIER, LA LUNE S’EST LEVÉE A L’HORIZON, elle était si large, si grosse, si opulente, si brillante, là-bas, couchée au loin, que j’ai cru qu’elle voulait faire naître un soleil.
Mais il n’en était rien : elle ne faisait que mentir, sa grossesse n’était que feinte. J’avais tort de croire à son côté féminin, de me dire qu’elle était capable d’engendrer, d’accoucher. Je me suis alors rendu compte qu’il fallait que je change ma manière de voir la lune : depuis, je veux davantage encore croire à l’homme qu’à la femme qu’elle est.
Bien sûr, homme, cette timide noctambule ne l’est pas vraiment non plus, mais elle l’est en tout cas plus que femme. Il est vrai, ce n’est pas en homme, le pas assuré, solide, franc, mais au contraire avec mauvaise conscience qu’elle déambule sur les toits.
Il y a certes dans la lune un moine, un homme engagé à suivre les règles d’un ordre bien établi, les lois du cosmos, mais c’est… Suite

To be or not to be

09/10/2011 | Commentaires (5)


EXTRAIT DE L’ACTE III, SCÈNE 1 D’HAMLET DE SHAKESPEARE. D’abord en traduction française, en anglais ensuite, puis dans l’interprétation de Kenneth Branagh dans son film éponyme.
Hamlet incarne l’homme dionysiaque par excellence : s’il n’agit pas, c’est qu’il a plongé son regard dans les tréfonds de la vie, parce qu’il en possède une connaissance vraie, profonde, tragique – et qu’il refuse de se voiler la face. La leçon d’Hamlet est aux antipodes de la sagesse à bon marché de Hans le rêveur qui, en bon moderne, n’agit pas non plus, mais quant à lui parce qu’il est incapable de se décider parmi les trop nombreuses possibilités qui découlent de son excès de réflexion.
*
To be, or not to be, that is the question.
Whether ’tis nobler in the mind to suffer
The slings and arrows of outrageous fortune,
Or to take arms against a sea of troubles,
And, by opposing, end them. To die, to sleep,
No more, and by a sleep to say we end
The heartache, and… Suite

Du pays de la culture

04/10/2011 | Commentaires (6)


UN JOUR, LORS D’UN DE MES VOLS VERS LE LOINTAIN, j’ai volé trop loin dans l’avenir : un frémissement d’horreur s’est soudain emparé de moi.
Quand, là-bas, au loin, j’ai regardé autour de moi, je n’ai trouvé personne, pas le moindre élément familier. Voici que le temps qui s’écoule était soudain devenu le seul phénomène que je reconnaissais, mon seul contemporain.
Horrifié par ma vision, j’ai alors rebroussé chemin, volé en retour vers chez moi, dans le temps présent – non sans me hâter toujours davantage pour me retrouver au plus vite en terrain connu : c’est ainsi que je suis arrivé vers vous, hommes actuels, et au pays des gens instruits, informés, cultivés : le pays de la culture.
A mon retour, pour la première fois de ma vie, je vous ai regardé d’un bon œil. Au vu des circonstances passées j’étais, une fois n’est pas coutume, rempli de désir pour vous : vraiment, je suis revenu le cœur avide, nostalgique.
Mais que m’est-il arrivé ? J’avais beau… Suite

Ça pousse !

30/09/2011 | Commentaires (1)


MOUVEMENT FILMIQUE DE PIERRE MEUNIER extrait de « Et ça continue ! », © La Belle Meunière et Baíacadez Films, 2007.
*
Ça pousse, ça résiste, ça écrase, ça aplatit, ça nie la forme, ça ne voudrait plus rien voir, ça voudrait s’allonger, et puis que ça se termine, que ça se termine – assez tenu debout !
« Ça s’y prépare, ça le redoute, la tombée du grand, heureux, là, ça résiste, ça résiste, c’est ce qui s’appelle résister, manifester de la résistance, exister en résistant, affronter l’ennemi en résistant, lui résister, et être ensemble pour résister, parce que tout seul, pris un à par un, bien sûr, ce serait une rigolade, pour le grand là, de les écraser, de les écrabouiller, de les aplatir. Non mais s’ils restent ensemble, puisqu’ils restent ensemble,  puisqu’ils se tiennent ensemble, même si le lien qui les groupait, qui en faisait un bloc, le lien, la mer l’a emmené déjà, la mer n’a qu’un but c’est de… Suite

Des hommes sublimes

26/09/2011 | Commentaires (3)


JE SUIS UN OCÉAN PAISIBLE ; calme est le fond de la mer que je suis : qui donc pourrait deviner qu’il recèle des monstres, des êtres en même temps effrayants et farceurs !
Inébranlable est ma profondeur ; mais elle n’a rien à voir avec le calme plat auquel on aspire généralement ; dans la sérénité de ma profondeur brillent quantité d’énigmes et de rires flottants qui auraient tôt fait d’ébranler la plupart. Vous me connaissez : Je ne m’appuie pas sur la vie idéale pour avancer, je ne cherche nullement à lui ressembler, mais me plonge dans le labyrinthe de la vie tragique pour le, la et me surmonter.
J’ai vu aujourd’hui un homme très bien ; un de ces hommes que tout le monde admire : homme sublime, solennel, en même temps très savant et pénitent de l’esprit ; illustre, et rempli de remords face à Dieu, se sentant toujours d’une manière ou d’une autre coupable. Oh, comme mon âme a ri de sa laideur !
Fier, la poitrine bombée,… Suite

Habemus papam

22/09/2011 | Commentaires (1)


FILM DE NANNI MORETTI, avec Michel Piccoli, Nanni Moretti, etc. (ITA, 2011, 1h44). Actuellement dans les salles.
*
Suite aux funérailles du pape, le Conclave se réunit pour élire son successeur. L’excitation est grande, à tous les étages de la fusée de faux-semblants nihilistes : tout en bas, du côté des réacteurs, le peuple qui ressemble davantage à une foule de supporters de football de divers pays qu’à de pieux fidèles ; en-dessus, au premier étage, des journalistes, pantins médiocres aussi paradeurs qu’incultes ; plus haut encore, au deuxième étage, l’homme d’importance qu’est le Chef communication du Vatican, sorte d’Hermès dégénéré, Polonais rempli de vide et de ruses bas de gamme pour cacher la vérité ; et, finalement, tout en haut, dans le cockpit, les cardinaux, électeurs et papables qui, loin de tenir les commandes de l’engin spatial, apparaissent comme une bande de gentils vieillards cacochymes et médicamentés. Les habits et gestuelles sont grandioses, les individus terriblement creux.
Lors du Conclave, les cardinaux ne sont pas tant… Suite

Parmi les filles du désert

19/09/2011 | Commentaires (0)


NOUS SOMMES À LA MONTAGNE, DANS LA CAVERNE d’un étrange prophète nommé Zarathoustra, entourés de quelques hommes qui, comme nous, sont effrayés de voir ce que le monde est devenu, à force de suivre les jeunes filles du soleil et de négliger la face cachée de la lumière : une mer de mélancolie, pleine de vieille et sombre affliction, de mauvais tours, de mesquinerie, de jeux méchants, de secrète misère, de vaine gloriole, d’air morne, etc. ; un désert sous un ciel nuageux. Effrayés aussi de voir ce que les hommes eux-mêmes sont devenus : des individus égoïstes, malades, efféminés, dégénérés, au sens où, à force de se laisser aveugler par les lumières de la vérité, nous avons hypertrophié notre raison et perdu notre rapport à la terre, le sens de la terre, et sommes nous-mêmes devenus des déserts dans le désert.
Nous nous trouvons donc en compagnie d’hommes qui, comme nous, ont quitté ce monde idéaliste et nihiliste pour se réfugier dans les… Suite

Des filles du soleil aux filles du désert

15/09/2011 | Commentaires (2)


ON LE SAIT : C’EST EN GRÈCE, AU VIe SIÈCLE AVANT J.-C., que pointent les premières lueurs de la pensée rationnelle qui domine aujourd’hui nos esprits. On s’accorde généralement pour dire que l’événement fondateur de notre vision du monde a lieu chez le poète et penseur Parménide ; plus précisément dit dans le prologue de son fameux Poème intitulé – les phusiciens ne s’en étonneront pas – Peri phusikos, Sur la phusis, la nature comme éclosion à la lumière à partir des profondeurs cachées.
Il y est question d’un jeune homme pas comme les autres, qui se distingue par sa soif de lumière, son aspiration pour la stabilité et la connaissance ; soif qui l’a poussé à parcourir toutes les villes et à s’occuper de tous les domaines et savoirs accessibles aux hommes. Et grâce à ses efforts, il est bel et bien parvenu à s’élever loin au-dessus de ses semblables, dans les plus hautes sphères de la connaissance, aux confins des savoirs… Suite

De l’autodépassement

10/09/2011 | Commentaires (2)


VOUS PRÉTENDEZ, VOUS LES PLUS SAGES, VOUS OCCUPER DE LA VÉRITÉ ; vous vous présentez toujours en quête de vérité. « Volonté de vérité », voilà comment vous appelez ce qui vous pousse et vous excite ?
Mais moi, votre volonté de vérité, je l’appelle autrement : je l’appelle « volonté de rendre pensable tout ce qui est » ! Car vous ne faites rien d’autre que réduire le monde qui vous entoure à votre pensée, à faire entrer toute chose dans vos catégories de pensée et de raison.
Ce que vous voulez, ce n’est pas d’abord, comme vous le dites, dévoiler la vérité, mais réussir à faire entrer les phénomènes dans votre pensée, les rendre pensable. Pourquoi ? Vous ne vous l’avouerez pas : parce que vous doutez – d’ailleurs à bon droit – que les choses soient vraiment pensables.
Aussi forcez-vous la main au phénomènes de la vie pour les réduire en concepts abstraits, faciles à manier et à ranger : pour qu’ils s’emboîtent à votre volonté, se plient à vous ! Tel… Suite

23 | live

05/09/2011 | Commentaires (1)


MORCEAU LIVE DU DISQUE 23 DE BLONDE REDHEAD (2007).
Les belles rencontres – profondes, intenses, sans faux-semblants – sont rares. Tellement rares qu’elles sont de véritables fêtes.
Il y en a qui disent qu’elles ne se font pas avec des gens, mais uniquement avec les choses, les phénomènes. Parce qu’ils ne trichent pas, parce qu’ils sont sincères, montrent toujours le maximum de ce qu’ils cachent.
Qu’y a-t-il de plus beau, en effet, que de rencontrer un arbre, un brin d’herbe, une coccinelle, une fourmi ? Sans triche, d’égal à égal ; et de se rendre compte que nous sommes, au fond, le même. Juste un peu plus compliqué, juste un peu moins honnête, juste un peu moins capable de se dire, de se partager, bref un peu moins ouvert à… la rencontre.
Et pourtant de telles rencontres existent aussi avec des gens ! Quelle fête ! Quel bonheur ! Toi et moi, ensemble, le même, traversés par les même forces, de fond en comble.
Amour fusionnel ? Si… Suite

L’homme phusique

31/08/2011 | Commentaires (0)


LE PREMIER RÉFLEXE DE L’HOMME PHUSIQUE est d’abandonner sa subjectivité individuelle et ses aspirations personnelles pour laisser résonner, en lui et autour de lui, par ses pensées et ses actes, les puissances phusiques, dionysiaques qui régissent le monde. Il s’agit pour lui de découvrir et libérer partout de nouvelles possibilités d’existence. En toute honnêteté, en toute authenticité. En faisant vibrer la part phusique qui l’habite et l’entoure.
L’homme phusique est un signe vers le monde en sa nature d’enfantin jeu divin. Une porte ouverte sur de nouveaux horizons de pensée et de vie. Il met tout en œuvre pour que l’homme se libère l’esprit, et le corps. Il se bat contre l’abrutissement, la quête de profit, la consommation, le divertissement et l’indifférence qui se généralisent. Il est un terroriste de la pensée, ou plutôt de l’absence de pensée.
Suite

Melan-cholia

24/08/2011 | Commentaires (4)


FILM DE LARS VON TRIER, avec Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg, Alexander Skarsgard, Charlotte Rampling, John Hurt, etc. (FRA/DAN/SWE/GER/2011, 2h16). Actuellement dans les salles.
« Dans un quelconque coin perdu de l’univers s’écoulant de manière scintillante en d’innombrables systèmes solaires, il y eut une fois un astre sur lequel des animaux intelligents inventèrent la connaissance. Ce fut la minute la plus orgueilleuse et la plus mensongère de l’“histoire universelle”, mais ce ne fut cependant qu’une minute. Après quelques souffles de la nature, l’astre se figea et les animaux intelligents durent mourir » (Nietzsche, « Vérité et mensonge au sens extra-moral »)
Prologue
Sur fond de prélude tonitruant du Tristan und Isolde de Wagner – annonce d’une périlleuse attirance amoureuse –, on voit apparaître en grande pompe une succession d’images d’une beauté sublime, à la limite du surnaturel : alternance de mouvements oniriques en hyper-ralenti, d’un fameux tableau de Bruegel en train de brûler et de l’inquiétant déplacement spatial de deux immenses planètes. Le ton et la clé du film… Suite

Le chant de tombes

21/08/2011 | Commentaires (0)


LÀ-BAS, AU LOIN, SUR LA MER, SE TROUVE l’île aux tombes, la silencieuse île aux tombes, où continue à vire tout le passé, tout ce qui est mort. Là-bas, au loin, sur la mer, se trouvent aussi les tombes de ma jeunesse. Je veux désormais y voguer pour y déposer une couronne – une couronne toujours verte, symbole non de mort mais de vie.
C’est ainsi, résolu dans mon cœur, que j’ai traversé la mer.
Ô vous, tombes de ma jeunesse, visages et apparitions de ma jeunesse ! Ô vous, tous les regards de l’amour, vous, tous les instants divins, marqués par l’insouciance, la naïveté, l’affirmation de toute chose, le jeu ! Comme vous m’êtes morts vite, si vite ! Je me souviens aujourd’hui de vous comme de mes morts, comme de mes proches trop tôt disparus.
Une odeur suave, libératrice du cœur et des larmes me vient de vous, vous mes morts préférés. En vérité, elle ébranle et libère en même temps le cœur du… Suite

Leprest est mort

17/08/2011 | Commentaires (1)


ALLAIN LEPREST, UN DES SECRETS LES MIEUX GARDÉS de la chanson française n’est plus. Après avoir lutté contre le crabe et l’avoir apparemment vaincu, il s’est donné la mort lundi. Par amour pour la vie.
Homme et artiste de l’excès,
Poète à la voix rocailleuse,
Jongleur de mots,
Raconteur d’histoires, de gens,
Combattant d’une vie intense, saine, juste,
Une vie tout en musique où on écoute ceux qui ont quelque chose à dire, à partager, à proposer,
Où on se fiche des malins qui font les malins,
Qui font les heureux, les lisses, les intéressants.
Défenseur des marginalisés,
Subtile parolier pour ses amis,
Romain Didier, Enzo Enzo, Jehan, Jacques Higelin, Juliette Greco, etc.
Inconnu du grand public, parce qu’étranger au jeu du show-biz et à l’industrie du disque.
Homme et artiste de l’excès, de la surabondance, de la vie – au point de préférer la mort.
*
« C’est peut-être » est un des morceaux de Voce a mano (1992) ; le morceau est mis en musique par Richard Galliano. Les paroles se trouvent sous la… Suite

Faire résonner la musique de la vie

15/08/2011 | Commentaires (0)


LOIN DE L’ABSENCE DE SENS, DE LA FUITE EN AVANT dans le travail stérile, l’appât du gain et de reconnaissance, la consommation, la communication et autres divertissements superficiels qui subjuguent l’ego de chacun, l’expérience phusique fait de l’homme un musicien : un musicien qui met tout en œuvre pour jouer le jeu, la partition de la vie. Comme l’étaient jadis de manière éminente les chanteurs et poètes, et comme le sont aujourd’hui encore les véritables artistes (de la vie), il devient musicien au sens où il laisse résonner en lui et en dehors de lui les forces que lui soufflent ce que les Grecs ont appelé les Muses : la musique de la vie, la vie en sa musicalité et harmonie propre.
Jamais il ne survalorise ses intérêts, ses désirs et ses craintes, les aspirations et répulsions propres à son esprit humain (trop humain). Toujours, il cherche à accompagner le mouvement de la vie elle-même, à prolonger la productivité de la phusis en… Suite

Le chant de danse

10/08/2011 | Commentaires (0)

UN SOIR, ALORS QUE ZARATHOUSTRA TRAVERSAIT LA FORÊT avec ses disciples, en quête d’une fontaine, il est tombé sur une verte prairie, une clairière silencieuse entourée d’arbres et de buissons : des jeunes filles y dansaient, toutes ensembles. Reconnaissant Zarathoustra, elles ont soudain interrompu leur danse ; mais Zarathoustra s’est alors approché d’elles dans un geste d’amitié et leur a parlé en ces termes :
« N’arrêtez pas de danser, charmante jeunes filles ! Ce n’est pas un rabat-joie au regard méchant, un ennemi des jeunes filles qui vient vers vous.
Je suis l’avocat de dieu devant le diable : l’avocat du bien face au mal. Et vous le savez mieux que personne, légères danseuses : dans mon sens, c’est-à-dire dans le sens de la vie ici et maintenant, le diable, le mal, c’est l’esprit de lourdeur. Ne vous arrêtez pas à cause de moi ! Comment pourrais-je être l’ennemi des danses divines, des pieds légers de jeunes filles aux belles chevilles ?
Je suis certes une forêt et une nuit d’arbres… Suite

Rehab

04/08/2011 | Commentaires (0)


TOUS LE MONDE LE SAIT : AMY WINEHOUSE est morte le 23 juillet dernier.
Ce que personne ne sait, c’est où s’en est allé la force qui portait sa divine et étrange voix.
En guise d’hommage, nous vous proposons Rehab, fameux titre de 2006.
Rehab signifie désintoxication, réinsersion, réhabilitation.
A méditer.
Comme toujours, vous trouverez les paroles sous la vidéo.

Paroles :
They tried to make me go to rehab but I said ‘no, no, no’
Yes I’ve been black but when I come back you’ll know know know
I ain’t got the time and if my daddy thinks I’m fine
He’s tried to make me go to rehab but I won’t go go go
I’d rather be at home with Ray
I ain’t got seventy days
Cause there’s nothing
There’s nothing you can teach me
That I can’t learn from Mr Hathaway
I didn’t get a lot in class
But I know it don’t come in a shot glass
They tried to make me go to rehab but I said ‘no, no, no’
Yes I’ve been… Suite

Qui ne joue pas ne vit pas

31/07/2011 | Commentaires (2)


CE QUI DISTINGUE L’HOMME DES AUTRES phénomènes de la nature est le jeu. Presque tout, dans nos existences, est en effet joué. On joue en une seule journée plus de rôles que l’acteur le plus sollicité durant toute sa carrière.
On ne se comporte pas en famille comme avec ses amis, à l’école comme dans le métro, au magasin comme au poste de police, dans le salon de son appartement comme dans la cage d’escaliers de son immeuble, avec ses parents comme avec son garagiste.
De même que les règles du foot ne s’appliquent pas à celles du hockey, les règles et conventions d’un milieu ne correspondent pas à celles d’un autre. Où que l’on soit, on cherche à les connaître et s’y adapte.
Le jeu est le plus manifeste de la contingence humaine : il n’est pas de rôle, de fonction, de situation, d’attitude, de sentiment qu’on ne soit capable de jouer.
Si l’homme était assigné à sa propre nature aussi nécessairement que l’animal… Suite

Le chant de nuit

26/07/2011 | Commentaires (0)


IL FAIT NUIT. FINIE L’AGITATION DU JOUR : toutes les fontaines jaillissantes parlent maintenant plus fort. Et mon âme est elle aussi une fontaine jaillissante ; elle parle elle aussi plus fort.
Il fait nuit. Voilà que se réveillent tous les chants des amoureux. Et mon âme est elle aussi le chant d’un amoureux. Non pas que j’aime quelqu’un, que j’y pense tout le temps, au point d’être privé de sommeil, mais parce que je suis pris par des forces de vie surabondantes.
Quelque chose d’inapaisé, d’inapaisable est en moi et veut se faire entendre. J’ai en moi une lumière, un désir d’amour qui parle lui-même le langage de l’amour. Excité, insatiable, je ne suis plus maître de moi-même, tant je suis transporté par un souffle amoureux de vie.
Je suis lumière : ah, si seulement j’étais nuit ! Si seulement je pouvais me fondre dans la nuit ! Mais telle est ma solitude : je suis ceinturé de lumière.
Ah, si seulement j’étais sombre et nocturne ! Si seulement je… Suite

La révolution des crabes

22/07/2011 | Commentaires (0)


COURT-MÉTRAGE D’ARTHUR DE PINS, FRA, 2003.
La révolution, ça veut dire… tourner.
« Dans les eaux marronâtres de l’estuaire de la Gironde, entre les rochers repeints au fuel et le sable vaseux qui abrite les meilleures huîtres du monde, personne ne se doute de la tragédie qui nous frappe depuis 120 millions d’années, nous les pachygrapsus marmoratus, appelés communément chancres mous, ou plus souvent crabes dépressifs… »

Vous trouverez le site d’Arthur de Pins ici.
Suite

Des sages illustres

18/07/2011 | Commentaires (0)


VOUS AVEZ BEAU PRÉTENDRE LE CONTRAIRE, sages illustres, scientifiques, spécialistes et autres journalistes, tous que vous êtes, vous avez été utiles au peuple – et non à la vérité ! Au contraire de ce que vous dites, tout ce que vous avez fait n’a nullement servi la vérité, mais n’a fait que jouer le jeu du peuple. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on vous a témoigné tant de respect et vous a placé si haut.
Et c’est aussi pour cette raison qu’on a été jusqu’à supporter votre scepticisme, votre incroyance : en tant que plaisanterie et détour vers le peuple ; comme le maître laisse faire ses esclaves et va même jusqu’à se délecter de leur exubérance. Vous ne vous en êtes peut-être pas même rendu compte, au fond, vous n’êtes rien d’autre que le jouet du peuple.
Alors que vous, le peuple vous aime – forcément, vous lui êtes utiles –, il y en a d’autres qu’il déteste. Qu’il déteste comme les chiens détestent… Suite

Les statues meurent aussi

14/07/2011 | Commentaires (0)


FILM RÉALISÉ PAR ALAIN RESNAIS ET CHRIS MARKER en 1953.
« Quand les hommes sont morts, ils entrent dans l’histoire. Quand les statues sont mortes, elles entrent dans l’art. Cette botanique de la mort, c’est ce que nous appelons la culture. »
C’est ainsi que commence le documentaire court-métrage réalisé par Resnais et Marker sur l’anthropologie et la muséification de l’art. Si le propos concerne avant tout l’art africain, il traite en somme la question du rapport qu’entretient l’Occident avec l’« autre », et par suite avec tous les phénomènes de la nature : rapport d’objectivation, de canalisation et de stérilisation des puissances mystérieuses qui façonnent et guident le monde ; forces que nous appelons… phusiques.
Réalisé en pleine expansion de l’anthropologie, Resnais et Marker en critiquent l’ethnocentrisme, forme de colonisation, germe de la mondialisation, à l’occidentale. Jugé scandaleux, le film a fait l’objet d’une interdiction de plusieurs années en France. Aujourd’hui encore, on ne le voit et trouve guère.
Vous en trouverez ci-dessous la vidéo en trois parties et,… Suite

Des tarentules

10/07/2011 | Commentaires (0)


REGARDE, C’EST LA GROTTE DE LA TARENTULE ! Tu veux voir l’animal en personne ? Approche un peu : sa toile est suspendue ici. Touche-la du doigt, pour la faire trembler ; tu verras, elle aura vite fait de venir voir ce qui se passe.
Et hop : la voilà déjà, pleine de bonne volonté, docile. Bienvenue, tarentule ! On te reconnaît bien, avec ton triangle, ton emblème noir sur le dos. Mais figure-toi que pour ma part, je ne te connais pas seulement de l’extérieur, je sais aussi ce qui siège dans ton âme.
Je vais te le dire : c’est la vengeance qui siège dans ton âme : une croûte noire se forme à l’endroit où tu mords tes proies ; et c’est avec vengeance que ton venin s’infiltre en eux, les travaille, et leur fait tourner l’âme !
Vous l’aurez remarqué : je vous parle en parabole. L’image de la tarentule, c’est vous, vous autres êtres qui faites tourner les âmes, vous autres prédicateurs de l’égalité ! Oui, vous êtes pour… Suite

Publique

04/07/2011 | Commentaires (2)


MATHILDE MONNIER A CRÉÉ PUBLIQUE À MONTPELLIER EN 2005.
Avec Germana Civera, Ondine Cloez, Corinne Garcia, Natacha Kouznetsova, I Fang Lin Lemoisson, Ana Sofia Neves Gonçalves, Avelen Parolin, Filiz Sizanli
Voilà bientôt vingt ans que Mathilde Monnier explore, en archéologue de l’âme et du corps, les aspects insolites du corps et du mouvement. A chaque spectacle, elle démantèle la matière pour parvenir à une nouvelle approche. De l’isolement social à la différence en passant par les phénomènes de masse : langage du corps qui exprime le monde d’aujourd’hui.
Publique est le premier volet d’un dyptique. Sur fond de musique de PJ Harvey.
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De la racaille

28/06/2011 | Commentaires (1)


LA VIE EST UNE SOURCE DE PLAISIR. L’eau qui en jaillit est propre et pure, gage de bonheur. Sauf quand la racaille s’en mêle. Oui, partout où s’abreuve la canaille, les fontaines sont empoisonnées.
Je suis favorable à tout ce qui est propre, tout ce qui est pur. Mais je ne supporte pas de voir autour de moi la racaille : les bouches ricaneuses, les impurs et leur soif maladive.
Faibles, souffrant du manque, ils ont jeté leur œil au fond de la fontaine ; ils ont scruté la vie jusque dans ses moindres détails ; et ils ont fini par lui dire « non » et se mettre à chercher à la transformer à leur guise. Regardez : voilà que leur sourire défavorable brille hors de la fontaine.
Avec leur lubricité – drôle de lubricité, soif effrénée d’idéal –, ils ont empoisonné l’eau sainte de la vie. En aspirant à un monde parfait, en y rêvant et en mettant tout en œuvre pour l’atteindre, ils se sont déracinés… Suite

Give me the words

24/06/2011 | Commentaires (1)


NOUVELLE VAGUE 1, « In A Manner Of Speaking », reprise de Tuxedomoon, 2004.
*
Paroles :
In a Manner of speaking
I just want to say
That I could never forget the way
You told me everything
By saying nothing
In a manner of speaking
I don’t understand
How love in silence becomes reprimand
But the way that i feel about you
Is beyond words
Oh give me the words
Give me the words
That tell me nothing
Oh oh oh oh give me the words
Give me the words
That tell me everything
In a manner of speaking
Semantics won’t do
In this life that we live we only make do
And the way that we feel
Might have to be sacrified
So in a manner of speaking
I just want to say
That just like you I should find a way
To tell you everything
By saying nothing.
Oh give me the words
Give me the words
That tell me nothing
Oh oh oh oh give me the words
Give me the words
That tell me everything
Oh give me the words
Give me the words
That tell me nothing
Oh oh oh oh give me the… Suite

Des vertueux

20/06/2011 | Commentaires (6)


VOUS ÊTES LAS, ENDORMIS ? Vos sens sont ramollis ? Ne les laissez pas dans cet état ; ne les ménagez pas ! Convoquez les plus grandes forces possibles pour les secouer, les réveiller ! Parlez-leur à coups de tonnerre et de feux d’artifices célestes !
La voix de la beauté est bien différente de ces immenses puissances. Elle parle doucement. Si doucement que l’endormi, justement, n’y pas accès, ne peut l’entendre. Aussi ne se glisse-t-elle que dans les âmes les plus éveillées.
Pour me protéger de la bêtise d’autrui, j’ai un bouclier. Il consiste en ma sensibilité et mon humour. Aujourd’hui, mon bouclier a tremblé et ri doucement : rire sacré et tremblement de beauté.
C’est de vous autres vertueux qu’a ri aujourd’hui ma beauté. Voici comment sa voix est arrivée à mes oreilles : « Ils veulent encore – être récompensés ! », voilà ce que mon bouclier m’a indiqué.
Tel est ce qui vous distingue, vous autres vertueux : vous voulez être récompensés ! Vous voulez une récompense pour votre vertu, un ciel pour… Suite

John Gabriel Borkman

15/06/2011 | Commentaires (0)


SPECTACLE PUISSANT, D’UNE ÉBLOUISSANTE FORCE de profondeur et de jeu. Pièce d’Henrik Ibsen (1896), mise en scène par Thomas Ostermeier (Dir. du Schauspielhaus de Berlin). En tournée à Kléber-Méleau (Lausanne) jusqu’au 19 juin 2011. En allemand surtitré.
Tragédie familiale, contemporaine : la fierté, le pouvoir, l’argent, la gloire, la rancune, l’esprit de vengeance l’emportent sur tout sentiment humain, toute vie équilibrée. Jusqu’à l’escroquerie. Jusqu’aux cris. Jusqu’à la maladie. Jusqu’à la mort.
Un plateau couleur de givre, envahi par une fumée basse. Murs et plafonds blancs. Salon… scandinave. Chic, sobre, froid, comme bon nombre de nos salons : très inconfortable. Climat d’oppression. D’étouffement. Propice à la révolte de… Dionysos.
John Gabriel Borkman est un célèbre banquier : rationaliste assoiffé d’or, de puissance et de gloire. A tel point qu’il a non seulement négligé les siens mais a fini par se retrouver cinq ans durant derrière les barreaux. Le voilà sorti depuis huit années, ruiné, ruminant sans cesse, à peu de chose près seul, tel un loup… Suite

Des bisoux

14/06/2011 | Commentaires (2)


NOUVEAU MORCEAU DU DERNIER DISQUE de Philippe Katerine
Des bisoux
On est là pour quoi
On est là pour qui
Dans les magasins
A se prendre la tête
Au fond qu’est ce qu’on veut
Au fond qu’est ce qu’on cherche
Quand on s’prend la tête
Mais qu’est ce qu’on attendDes bisoux…
Quand on se dit fuck
J’te défonce la gueule
Tout en insultant
Les papa les maman
Au fond qu’est ce qu’on veut
Au fond qu’est ce qu’on cherche
Quand on se dit fuck
Mais qu’est ce qu’on attend
Des bisoux…
De façon générale
Et très globalement
En définitive
Mais qu’est ce qu’on attend
Pour se faire
Des bisoux…
 

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Des prêtres

10/06/2011 | Commentaires (0)


UN JOUR, DANS LA RUE, EN CROISANT DES PRÊTRES EN PROMENADE, Zarathoustra a fait un signe à ses disciples et leur a parlé en ces termes :
« Voici des prêtres : bien qu’ils soient mes ennemis, passez-moi à côté d’eux en silence et l’épée endormie, bien rangée dans son fourreau ; inutile de leur chercher querelle !
A bien y regarder, il y a aussi des héros parmi eux. Beaucoup d’entre eux ont trop souffert – tant souffert qu’ils veulent à leur tour faire souffrir.
Ce sont de méchants ennemis : leur humilité, leur modestie les rend intouchables. Et même plus : leur déférence a un côté vindicatif ; il n’y a même rien de plus vindicatif sur terre. Quiconque s’en prend à eux se voit aussitôt réprouvé, souillé. Telle est leur vengeance : quoi qu’il arrive, ils ont la bonne conscience, la morale, la justice pour eux.
Et pourtant, malgré tout, nous ne sommes pas si éloignés d’eux. Au fond, nous sommes même bien semblables, pour ne pas dire les mêmes…. Suite

Sagesse d’art martial

06/06/2011 | Commentaires (0)


UN ÉLÈVE DEMANDE À SON MAÎTRE d’aïkido : « Comment fais-tu pour ne jamais tomber ? Ne jamais perdre l’équilibre ? » Le maître de répondre d’un air étonné : « Je suis à vrai dire toujours en train de tomber, mais j’ai, à force d’entraînement, appris à me récupérer très vite ».
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Le travail du critique

02/06/2011 | Commentaires (2)


PIETRO CITATI SUR L’INTERPRÉTATION DE TEXTES.
Citati nous dit à peu près tout ce qu’il faut savoir et mettre en œuvre en matière de littérature. En toute légèreté, porté qu’il est par Hermès, son dieu à lui, dieu aux pieds ailés : dieu des brigands, du vol, du secret, du mystère et de la ruse ; messager de Zeus qui traverse volontiers l’abîme qui sépare vivants et morts ; divinité des frontières et des passages ; dieu qui brise les tabous ; patron des bergers, des voleurs, des fossoyeurs et des hérauts.
Tous les phusiciens s’y retrouveront.
« Le critique ne peut compter que sur la constance, la patience, la dureté quasi maniaque de son attention ; pas un instant il ne peut perdre de vue le livre qu’il étudie, lit, relit et relit et relit encore, en espérant qu’il se lassera de défendre son secret. Si les dieux le protègent, et plus particulièrement le petit Hermès enfant qui est son dieu personnel, lui aussi peut parvenir… Suite

Des compatissants

29/05/2011 | Commentaires (2)


MES AMIS, ÉCOUTEZ LA PAROLE MOQUEUSE que j’ai entendue à mon égard en me promenant parmi les hommes : « Voyez-donc Zarathoustra ! Ne déambule-t-il pas parmi nous comme parmi des animaux ? » Pour me railler, la personne en question a repris de manière superficielle et détournée mes propos concernant la dégénérescence de l’homme en animal.
Au lieu de demander si je ne me promène pas parmi les hommes comme parmi des animaux, elle aurait mieux fait d’affirmer : « L’homme de la connaissance déambule en tant qu’homme parmi des animaux. » Oui, quand je dis que l’homme dégénère en animal, je ne fais pas qu’une image : je décris en toute connaissance de cause une réalité. A force de viser égoïstement l’idéal, de se vautrer dans la jouissance, l’homme passe à côté de la plupart des possibilités qui le distinguent des bêtes. Loin d’être le vivant doué de raison qu’il prétend être, il devient un animal moral, d’une part régi par ses instincts, ses pulsions (animal), d’autre part… Suite

Rouvrir

24/05/2011 | Commentaires (2)


DOMINIQUE A, « ROUVRIR », morceau du disque L’horizon, 2006.
*
Toute ma vie
Je n’ai fait que rouvrir
Des fenêtres et des portes claquées
Ni poignées ni serrures
Ne m’ont fait reculer
C’est étrange qu’aujourd’hui
Je me mette à faiblir
C’est ce bruit
Qu’aura fait la dernière
Porte claquée, c’est ce bruit
Il était différent
Il était
Plus sévère
Tu as fermé si fort
En sortant.
Et cette porte
Je ne peux pas l’ouvrir
Car si j’ouvre et que rien ne m’attend ?…
Mais tu vas revenir
Je le sens.
Jusqu’ici
Je n’ai fait que rouvrir
Mais cette fois
C’est sur toi que je compte ardemment
Assise face à la porte
Je t’attends
Mais peut-être attends-tu
Que je vienne t’ouvrir ?
*
Essai de clipEssai Reouvrir Dominique A di lagneau13
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Sur les îles bienheureuses

21/05/2011 | Commentaires (0)


LES FIGUES SONT MÛRES. Elles sont bonnes, sucrées, pulpeuses. Tellement que le vent du Nord les fait tomber des arbres ; et qu’en tombant, leur peau rouge se déchire. Regardez, je suis moi-même un vent du Nord pour les figues mûres : je les libère de leur attache.
Les enseignements que je vous prodigue sont pareils aux figues mûres : gorgés de sucre, ils sont prêts à tomber. Après avoir longuement mûris dans les hauteurs, voilà qu’ils vous arrivent de là-haut, mes amis. Ne manquez pas de boire leur jus et de savourer leur chair ! Partout alentours, c’est l’automne et le ciel pur de l’après-midi : il est l’heure de déguster les fruits qui ont lentement mûris durant l’été.
Voyez la plénitude, le trop-plein qui nous entoure ! Comme il est beau, entouré de tant de surabondance, de regarder au loin, de regarder vers des mers lointaines, gage de toutes les possibilités !
Jadis, on disait Dieu quand on regardait vers les mers lointaines. Oui, jadis, Dieu était le… Suite

L’écologie en bas de chez moi

17/05/2011 | Commentaires (7)


IEGOR GRAN, L’écologie en bas de chez moi, livre publié chez P.O.L. en 2011.
« Voici qu’un soir de mai 2009, en rentrant dans l’immeuble où j’habite, j’aperçois une drôle de petite réclame sur le tableau des informations, ce carré de liège où l’on annonce les coupures d’eau, les pendaisons de crémaillère, les gants perdus et les adolescents disponibles pour le baby-sitting, le coin sympa du voisin sympa, la fenêtre de tir de la sociabilité obligatoire. Ecrit à la main, en capitales, on y lit ceci : « Ne manquez pas ! Le 5 juin, projection du film Home de Yann Arthus-Bertrand, sur France 2. Nous avons tous une responsabilité à l’égard de la planète. Ensemble, nous pouvons faire la différence. » En bas est agrafée une pastille bleue : la photo de la Terre vue de très loin, que des mains prosélytes ont grossièrement découpée aux ciseaux, probablement dans un magazine télé. Comprenez : l’heure est grave, la Terre elle-même a paraphé l’appel,… Suite

L’enfant avec le miroir

14/05/2011 | Commentaires (0)


APRÈS AVOIR QUITTÉ SES DISCIPLES, Zarathoustra s’est retiré des hommes et est retourné dans la montagne et la solitude de sa caverne. Là-haut, il a attendu, tel un semeur qui attend de voir pousser les semences qu’il a disséminées. Mais à la longue, son âme s’est remplie d’impatience et de désir pour ceux qu’il aimait : car il avait encore beaucoup à leur donner. Tel est en effet le plus difficile : fermer par amour la main ouverte ; rester pudique en donnant ; savoir se retirer après avoir donné.
C’est ainsi qu’ont passé pour le solitaire les lunes et les années. Mais comme lors de son premier séjour dans les hauteurs, sa sagesse a de nouveau poussé au point de recommencer à lui faire mal. Alors que la plupart des hommes souffrent du manque, Zarathoustra s’est de nouveau vu souffrir d’excès de plénitude, de trop plein de sagesse.
Mais voilà qu’un matin, il s’est… Suite

Y’a d’la haine

10/05/2011 | Commentaires (1)


LES RITAMITSOUKO, « Y’A D’LA HAINE », morceau du disque Système D, EMI, 1993.
*
On n’a pas que de l’amour
Ça non !
On n’a pas que de l’amour à revendre
Ça oui ! Y’a d’la haine
On n’a pas que de l’amour
Ça non ! Y’a d’la haine
La haine aussi
Faut qu’elle se répande
Sans que ça freine
Y’en a même un sacré bon paquet
Eh ouais
Ouais quand même
Quand même
On n’a pas que de l’amour
Ça non !
On n’a pas que de l’amour à revendre
Ça oui ! Y’a d’la haine
(…)
*
Clip :

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PHUSIS.CH 1er anni

06/05/2011 | Commentaires (1)


PHUSIS.CH FÊTE SON 1ER ANNIVERSAIRE.
Le pauvre type qui s’efforce d’animer le site – et par suite la phusis – sort de son trou pour célébrer à sa manière l’événement.
Patio in distans. Tant bien que mal.
Vous le savez : PHUSIS.CH cherche depuis une année à vous faire des signes en direction de la phusis comme ensemble : à semer des graines pour qu’elle se développe, à donner des clés pour la comprendre, l’aimer et l’expérimenter dans son ensemble. Il s’agit de nous rappeler quelle chance nous avons de faire partie de la phusis. D’être une partie de la phusis. D’être en vie. De vivre. Une chance – et un honneur à la fois. Chance et honneur mystérieux, de l’ordre de la fête – tous les jours, quoi qu’il arrive.Pour être tout à fait clair, on peut dire que notre tâche phusique apparaît double : 1) parvenir à surmonter les chaînes qui empêchent la phusis de se déployer ; chaînes qui emprisonnent la vie, la catégorisent,… Suite

De la vertu qui donne, 3.

05/05/2011 | Commentaires (0)


APRÈS AVOIR DIT CES MOTS, Zarathoustra s’est de nouveau tu, comme quelqu’un qui n’a pas encore dit son dernier mot. Longtemps, il est resté silencieux, dubitatif, soupesant dans ses mains le bâton au manche doré et au serpent que lui ont offert ses disciples. Quand il a enfin repris la parole, il leur a parlé ainsi, d’une voix une nouvelle fois transformée :
Je m’en vais seul maintenant, mes disciples ! Vous aussi, partez maintenant. Et seuls ! Je veux qu’il en soit ainsi. Bien sûr, il nous serait plus commode, plus agréable de rester ensemble, mais il ne faut pas confondre l’agréable avec ce qu’il convient de faire.
En vérité, je vous conseille de vous éloigner de moi, de vous défendre contre Zarathoustra ! Et même mieux : d’avoir honte de lui ! Qu’est-ce qui vous dit que je ne raconte pas n’importe quoi ? Qu’est-ce qui vous dit que je ne vous ai pas trompé ? L’heure est venue d’aller vérifier ce que valent mes enseignements. Vérification qui… Suite

Enivrez-vous

01/05/2011 | Commentaires (5)

CHARLES BAUDELAIRE, « ENIVREZ-VOUS », XXXIIIe poème des Petits poèmes en prose. Le spleen de Paris, 1869.
***
Enivrez-vous
Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.
Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront : « Il est l’heure de s’enivrer ! Pour n’être… Suite

De la vertu qui donne, 2.

27/04/2011 | Commentaires (0)


À CE STADE, ZARATHOUSTRA S’EST TU un moment et a regardé ses disciples avec amour, sans doute le même que celui qui l’avait jadis poussé à quitter son refuge dans les montagnes et à retourner auprès des hommes. Le voilà qui a alors continué son discours en ces termes, d’une voix soudain transformée :
Restez-moi fidèles à la terre, mes frères, avec la force de votre vertu, avec la puissance de votre force morale ! La nouvelle vertu que vous savez, la vertu surabondamment riche qui donne sans compter, n’enseigne en somme que cela : la fidélité à la terre. Non pas la fidélité au monde des idées intelligibles, de la morale traditionnelle, mais à la vie ici et maintenant, à la terre. Oui, je vous en prie et vous en conjure : faites que votre amour qui donne et votre connaissance servent le sens de la terre !
Ne laissez pas votre vertu et votre amour s’envoler loin du terrestre et fracasser leurs ailes contre les… Suite

Il faut que tu respires

24/04/2011 | Commentaires (2)


MICKEY 3D, RESPIRE, morceau du disque Tu ne vas pas mourir de rire (2003).
Paroles
Approche-toi petit, écoute-moi gamin,
Je vais te raconter l’histoire de l’être humain
Au début y avait rien au début c’était bien
La nature avançait y avait pas de chemin
Puis l’homme a débarqué avec ses gros souliers
Des coups d’pieds dans la gueule pour se faire respecter
Des routes à sens unique il s’est mis à tracer
Les flèches dans la plaine se sont multipliées
Et tous les éléments se sont vus maîtrisés
En 2 temps 3 mouvements l’histoire était pliée
C’est pas demain la veille qu’on fera marche arrière
On a même commencé à polluer le désert
Il faut que tu respires, et ça c’est rien de le dire
Tu vas pas mourir de rire, et c’est pas rien de le dire
D’ici quelques années on aura bouffé la feuille
Et tes petits-enfants ils n’auront plus qu’un oeil
En plein milieu du front ils te demanderont
Pourquoi toi t’en as 2 tu passeras pour un con
Ils te diront comment t’as pu laisser… Suite

De la vertu qui donne, 1.

19/04/2011 | Commentaires (0)


APRÈS AVOIR FAIT SES ADIEUX À LA VILLE chère à son cœur, dont le nom est « la vache multicolore » – toujours au sens de l’immense organisme bariolé qui avale et digère tout sur son passage –, Zarathoustra s’en est allé, suivi, escorté par un cortège de disciples. A un carrefour, il s’est arrêté et leur a dit qu’il voulait maintenant marcher seul ; car il était un ami de la marche solitaire. C’est alors que ses disciples lui ont offert un cadeau en guise d’adieu : un bâton au manche en or, avec un serpent enroulé autour du soleil. Zarathoustra s’est réjoui du bâton et s’est appuyé dessus. Puis il a parlé en ces termes à ses disciples :
Dites-moi donc : savez-vous comment l’or est devenu la valeur suprême ? Je vais vous le dire : du fait qu’il est rare, inutile, brillant, et doux dans son éclat ; du fait qu’il est surabondamment riche et se donne toujours tel qu’il est.
Si l’or est devenu la valeur… Suite

Tricky, Really Real

14/04/2011 | Commentaires (2)


TRICKY, « REALLY REAL », in : Mixed Race, Domino Recording, 2010.
*
Printemps artificiel.
Eclosion idéaliste.
En cherchant à se hisser au niveau de la beauté idéale,
On finit par devenir comme elle,
Pure forme, simple surface.
Objet de toutes les convoitises, certes,
Mais image vide de contenu.
Non sans que Dionysos gronde çà et là.
*

Paroles:
Pas trouvées. Si quelqu’un les découvre, c’est évidemment volontiers.
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De la mort libre

10/04/2011 | Commentaires (7)


EN REGARDANT VIVRE ET MOURIR LES GENS, on se rend compte que la majorité d’entre eux meurt trop tard, et qu’il n’y a que quelques rares personnes qui meurent au contraire trop tôt. L’enseignement qui dit « Meurs au bon moment ! » n’est visiblement pas encore entré dans les mœurs. Il apparaît encore étrange.
Or tel est justement l’enseignement de Zarathoustra : il apprend à mourir ni trop tard, ni trop tôt, mais au bon moment. Juste quand il faut.
Bien sûr, pour mourir au bon moment, il faut aussi savoir vivre au bon moment. Comment celui qui passe à côté de sa vie pourrait-il ne pas passer également à côté de sa mort ? Le conseil que je donne aux gens de trop, aux superflus, leur est malheureusement inatteignable : ne pas être né ! Comme dit une vieille sagesse grecque : « Le bien suprême ? Il t’est absolument inaccessible : c’est de ne pas être né, ne pas être, n’être rien. En revanche, le second des biens est pour… Suite

Dansez et vivez !

06/04/2011 | Commentaires (4)


PINA, FILM DE WIM WENDERS avec Pina Bausch, Regina Advento, Malou Airoudo, Ruth Amarante, Jorge Puerta Armanta, Rainer Behr (FRA/GER, 2011, 1h43). Dès aujourd’hui au cinéma.
Film documentaire prévu « sur » la fameuse chorégraphe Pina Bausch. Décédée en été 2009, elle contraint le réalisateur Wim Wenders à interrompre son travail avant de le reprendre et l’accomplir « pour » Pina Bausch avec ses danseurs de l’Ensemble du Tanztheater Wuppertal.
Est-ce de la DANSE, est-ce du THÉÂTRE, ou simplement LA VIE ? L’AMOUR, LA LIBERTÉ, LA LUTTE, LE DÉSIR, LA JOIE, LE DÉSESPOIR, LA RÉCONCILIATION, LA BEAUTÉ, LA FORCE. « Dansez, dansez… sinon nous sommes perdus »

L’article sera sans doute complété.
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De l’enfant et du mariage

02/04/2011 | Commentaires (0)


J’AI UNE QUESTION À TE POSER, mon frère : elle fera office de sonde lancée dans ton âme pour y mesurer sa profondeur.
Tu es jeune et souhaites te marier et avoir un enfant. Mais je te demande : as-tu vraiment le droit de souhaiter un enfant ?
Es-tu le vainqueur, le triomphateur de toi-même, le souverain des sens, le maître de tes vertus ? Es-tu suffisamment fort pour donner la vie à un enfant et ensuite l’éduquer comme il se doit ? Voilà ce que je te demande.
Ou ton souhait n’est-il que le fruit d’une pulsion animale, d’un besoin naturel ? Ou est-ce l’esseulement qui te pousse à procréer ? La volonté de faire comme les autres ? Ou alors l’insatisfaction vis-à-vis de toi-même ? Est-ce parce que tu t’ennuies, parce que tu veux qu’il se passe quelque chose dans ta vie que tu veux fonder une famille ?
Il faut que tu saches que je veux que ton aspiration à avoir un enfant provienne de ta victoire et de ta liberté…. Suite

Les jeunes pousses

30/03/2011 | Commentaires (3)


FRANÇOIZ BREUT, LES JEUNES POUSSES, morceau du disque A l’aveuglette (2008). Ici : en session acoustique en plein air. Vous trouverez les paroles sous la vidéo.
*
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La vie, un enfant qui joue.
Le jeu, l’inutile, comme idéal de ce qui est comblé de force.
L’enfance de dieu, παῖς παίζων.
Notre enfance à tous.
*
*

Paroles
« Ils ne demandent qu’à courir dans l’herbe tendre cheveux au vent, bourgeons fougueux et rayonnants ivres de cris et pleins d’élans. Dans les cours toutes ratatinées, ils se défoulent à perdre haleine. Les trottoirs sont toujours trop étroits pour tant d’énergie qui se déploie. On aimerait qu’ils soient sans limite, que leur course n’ait jamais de fin. Qu’ils puissant prendre leurs jambes à leur cou et hurler comme des loups. Les jeunes poussent à toute allure bien étourdis par l’air cinglant. La sève déborde, les branches s’allongent vers la lumière qui ne fait que passer. Ils rêvent … Suite

De la morsure de la vipère

26/03/2011 | Commentaires (0)


UN JOUR QU’IL FAISAIT CHAUD, Zarathoustra a, une fois n’est pas coutume, fait une sieste sous un figuier, les bras repliés sur son visage. C’est alors qu’est venue une vipère, qui l’a mordu dans le cou. Zarathoustra de se réveiller dans un cri de douleur, d’ôter les bras de son visage et de regarder le serpent. Reconnaissant les yeux de Zarathoustra, l’animal s’est retourné maladroitement et a voulu partir. « Attends, a alors dit Zarathoustra ; tu n’as pas encore reçu mon remerciement ! Tu m’as réveillé juste au bon moment ; mon chemin est encore long. » « Ton chemin est encore court », a alors dit tristement la vipère. « Mon poison est mortel. » Et Zarathoustra de rigoler. « Quand donc un dragon est-il mort du poison d’un serpent ? – a-t-il rétorqué. Mais reprends donc ton poison ! Tu n’es pas assez riche pour me l’offrir. » Et la vipère lui a alors une nouvelle fois sauté au cou et lui a léché sa plaie.
Quand un jour Zarathoustra racontait… Suite

Carré magique

23/03/2011 | Commentaires (1)


MYSTÉRIEUSE PERFECTION LANGAGIÈRE.
Palindrome. Les lettres sont inscrites dans un carré de 5 cases sur 5, de telle façon qu’elles puissent être lues de haut en bas, de bas en haut, de gauche à droite et de droite à gauche.
*
S      A      T      O      R
A      R      E      P      O
T      E      N      E      T
O      P      E      R      A
R      O      T      A      S
*
Le semeur (SATOR)
Arepo
tient dans ses mains (TENET)
l’œuvre (OPERA)
et les roues de la fortune (ROTAS) »
*
La plus ancienne représentation du carré a été trouvée dans la villa de Proculus dans les ruines de Pompéi. Elle date au moins de 79 apr. J.-C. Le palindrome se retrouve par la suite un peu partout dans le monde.
A méditer.
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Des petites vieilles et petites jeunes

20/03/2011 | Commentaires (0)


POURQUOI, ZARATHOUSTRA, TE FAUFILES-TU COMME ÇA, timidement, à travers le crépuscule ? Et que caches-tu si précautionneusement sous ton manteau ?
« S’agit-il d’un trésor qu’on t’a offert ? Ou d’un divin enfant qui t’est né ? Ou as-tu volé quelque chose ? T’avances-tu dès lors toi-même sur les chemins des voleurs, toi l’ami des méchants, de ceux que les gens de bien tiennent pour mauvais ? »
Et Zarathoustra de répondre : en vérité, mon frère, ta première idée est la bonne, ce que je porte là, caché sous mon manteau, est un trésor qu’on m’a offert : une petite vérité.
Mais pas n’importe laquelle. Il s’agit d’une vérité spéciale, récalcitrante. Elle est comme un jeune enfant : si on ne la bâillonne pas, elle crie extrêmement fort.
En m’avançant, seul, sur mon chemin, aujourd’hui, à l’heure où le soleil se couche, j’ai rencontré une petite vieille, qui a parlé en ces termes à mon âme :
« Comme à tout le monde, Zarathoustra nous a aussi dit beaucoup de choses, à nous autres les femmes, mais… Suite

La phusis est mauvaise économiste

18/03/2011 | Commentaires (0)


LA PHUSIS EST MAUVAISE ÉCONOMISTE.
Ses dépenses sont tellement grandes,
Tellement plus grandes que la recette qu’elle escompte,
Qu’elle a beau être riche, surabondamment riche,
Elle finira par se ruiner un jour.
Avant de renaître de ses cendres.
*
Forces phusiques universelles,
Profondes, fidèles, honnêtes,
Jusque dans la mort.
Forces humaines égoïstes,
Superficielles, irresponsables, consommatrices,
Prisonnières d’un substitut de vie.
Lutte violente.
Cœurs souffrants.
Solitude.
*
Se découvrant juste divertissant,
Le phusicien ne sait plus trop s’il doit être triste ou fâché.
Amer, il se sent pillé, ruiné, mort.
Avant que Dionysos ne s’en mêle :
Allez, avance, idiot, tu retrouveras la joie,
Il suffit aujourd’hui de faire comme si tu étais joyeux.
La volonté d’être joyeux
Est déjà un premier pas en direction de la renaissance.
Suite

Bull Fight

08/03/2011 | Commentaires (3)


CLIP NON OFFICIEL de Massive Attack, Splitting The Atom, 2009.
Phusis et idéalisme
Courber l’échine
Sang de taureau
Brillance et arrogance de l’homme
Chant du bouc
Danse à mort
Art de vivre

Paroles
The baby was born
Nettles and Ferns
The evening it chokes
The candle it burns
This disguise covers
Bitter lies
Repeating the joke
The meaning it dies
Pass me a coat I’m not a-
‘fraid to leave
I’m letting you know
I know what you need
I’ll turn you around
This beautiful town
And then you’ll believe it when your eyes then deceive you
Its easy, dont let it go
Its easy, dont let it go
Its easy, dont let it go
Don’t Lose It
Its getting colder outside
Your rented space
They shadow box and they
Paper chase
It never stops
And we’ll never learn
No hope without dope
The jobless return
The bankers have bailed
The mighty retreat
The pleasure it fails
At the end of the week
You take it or leave
Or what you receive
To what you receive
Is eternited leave
Its easy, dont let it go
Its easy, dont let it go
Its easy, dont let it go
Don’t lose it
Incandescent light at doors
In adolescent menopause
In little… Suite

Du chemin du créateur

03/03/2011 | Commentaires (4)


TU VEUX, MON FRÈRE, ALLER DANS LA SOLITUDE ? Tu veux quitter le monde des gens et trouver le chemin vers toi-même ? Tu as bien raison, mais ne le fais pas tout de suite, histoire que tu ne le fasses pas n’importe comment : écoute d’abord ce que j’ai à te dire.
Ce que j’ai à te dire n’a rien à voir avec les propos du troupeau dont tu as longtemps fait partie : « Celui qui cherche se perd facilement lui-même », dit le peuple, ressassant à qui veut l’entendre qu’il est risqué de se poser des questions sur soi-même et sur le monde. Et voilà qu’il marginalise les êtres sensibles, qu’il pousse les chercheurs dans la solitude. Non sans leur signifier en même temps que l’homme est un être social, et que, par suite, « toute solitude est coupable ». La foule n’a pas de tolérance pour celui qui cherche autre chose que ce qu’elle a et propose déjà.
Prends garde : comme tu es né dans le… Suite

Black Swan

01/03/2011 | Commentaires (8)


BLACK SWAN, FILM DE DARREN ARONOFSKY avec Natalie Portman, Vincent Cassel, Mila Kunis (USA, 2010, 1h43).
Nina (Natalie Portman) compte parmi les meilleures ballerines du prestigieux New York City Ballet. Elle a grandi et vit dans un cocon rose-clair, tout de douceur, de peluches, de boîtes à musique et à bijoux, de pureté, de beauté, d’amour. Cocon très occidental. Trop occidental. Couvée par une mère ambitieuse, ancienne danseuse frustrée, son rêve d’enfant est de devenir une grande danseuse, meilleures que toutes les autres, plus belle, plus brillante : une danseuse étoile. Ambiance de conte.
Dès le début, le film est marqué par une présence inquiétante, menaçante, dans le dos de Nina. Comme si une force occulte, un monstre fantomatique cherchait à la traquer ; de plus, elle souffre d’étranges éruptions cutanées. On le comprend très vite : l’œuf idéaliste est sur le point de se briser. La petite fille en quête de perfection est assaillie de toute part, de l’extérieur et de l’intérieur. La vie… Suite

Cinéma FRA – USA

27/02/2011 | Commentaires (2)


SCÈNE D’IMPROVISATION DANSÉE.
Tanguy Viel, écrivain dont on aura l’occasion de reparler ici, commence par lire un texte, entouré par Mathilde Monnier et Loic Touzé, deux grands chorégraphes et danseurs. Puis il laisse tomber ses feuilles et se met à faire du mime gestuel avec ses compères.
Le texte de Viel parle de cinéma. De la différence entre le cinéma français et le cinéma américain. Et de la différence entre la mentalité française et américaine. Tout simplement. Tout naïvement. En proférant des énormes vérités.
« Nous autres Français, nous n’avons peut-être pas de très bons cinéastes, mais nous avons de très bons critiques. Dès lors qu’on appartient à un pays qui a passé des siècles à faire salon, qui a inventé à peu près toutes les formes de fauteuils pour faire la conversation, il n’y a pas d’alternative. C’est même pour ça que nous sommes meilleurs critiques que les Américains. Mais c’est aussi pour ça qu’on est moins bons cinéastes […] » Voilà comment débute… Suite

De l’amour du prochain

23/02/2011 | Commentaires (3)


VOUS VOUS PRESSEZ AUTOUR DE VOTRE PROCHAIN et avez de belles paroles pour cela ? Réflexe occidental. Réflexe chrétien. Dès que vous pouvez, vous vous empressez d’aller vers autrui, de l’entourer, de partager quelque chose avec lui. Et vous parlez d’amour du prochain. Empressement et amour qui vous donnent bonne conscience. Mais je vous le dis : votre amour du prochain n’est autre que votre mauvais amour de vous-mêmes.
En vous précipitant vers votre prochain, vous ne faites que vous fuir vous-mêmes. Si vous vous intéressez aux autres, à la vie des autres, c’est pour ne pas avoir à penser à la vôtre, de vie. Et vous cherchez à faire de votre sollicitude une vertu. Vous présentez votre amour pour autrui comme une qualité. Mais n’allez pas croire que je suis dupe : je perce à jour votre désintérêt, votre indifférence. Au fond, votre bienveillance, votre amour n’est que feinte : vous n’êtes pas intéressés par votre prochain. Vous ne vous supportez simplement pas vous-mêmes…. Suite

Pindare, Hyporchème phusique

21/02/2011 | Commentaires (4)


PINDARE EST UN CHANTEUR-POÈTE DE LA GRÈCE ARCHAÏQUE, celle des VIIIe au Ve siècle avant notre ère. Un chanteur poète de cette époque à laquelle le savoir et la sagesse n’étaient pas encore l’affaire des scientifiques, des intellectuels, des professeurs et autres journalistes, mais des artistes. C’est à eux que revenait la tâche d’éduquer les hommes : par leurs œuvres, par leurs compositions, ils guidaient leurs semblables dans la vie, leur indiquant les chemins à prendre et à éviter.
Le poème ci-dessous est un fragment d’« hyporchème », chant en l’honneur d’Apollon et d’Artémis, dieux frère et sœur qui incarnent deux faces du même : Apollon le dieu solaire de la belle forme, des arts et de la civilisation ; Artémis la déesse lunaire de la chasse et de la nature sauvage.
Le passage en question est tout ce qui nous est parvenu de ce chant. Il consiste en une remarque de Pindare concernant la puissance du divin :
*
θεῷ δὲ δυνατὸν μελαίνας
ἐκ νυκτὸς ἀμίαντον ὄρσαι φάος,
κελαινεφέϊ δὲ σκότει
καλύψαι… Suite

De mille et un buts

15/02/2011 | Commentaires (9)


ZARATHOUSTRA A TRAVERSÉ BEAUCOUP DE CONTRÉES et rencontré beaucoup de peuples. Ce faisant, il a découvert les valeurs de beaucoup de peuples, ce qu’ils considèrent comme bien et ce qu’ils estiment être mal, autrement dit leurs règles morales. Et Zarathoustra n’a pas trouvé plus grande puissance sur terre que ces valeurs du bien et du mal.
L’évaluation des valeurs se trouve à l’origine de tous les peuples. Nul d’entre eux ne peut vivre sans principes moraux. Pour se conserver, chacun d’entre eux doit décider de ce qui est bien et de ce qui ne l’est pas. S’il ne le fait pas, son déclin est assuré. Et son évaluation, il doit toujours la faire de manière indépendante de son voisin, voire même en distinction de celui-ci.
Voilà ce que j’ai observé : les choses qu’un peuple trouve bonnes, un autre n’y reconnaît que plaisanterie et ignominie. Et la réciproque n’est pas moins vraie : il y a beaucoup de choses qu’on appelle ici mauvaises et… Suite

PJ Harvey : live webcast

13/02/2011 | Commentaires (0)


LE 14 FÉVRIER à 21h00, PJ HARVEY EN DIRECT.
Pour célébrer la sortie de son dernier disque, Let England Shake, PJ Harvey nous donne rendez-vous lundi 14 février à 21h00 pour une messe noire à la Maroquinerie à Paris.
Rendez-vous à ne pas manquer !
Pour voir le concert Deezer Offline de PJ Harvey du 14 février à 21h00 en direct de la Maroquinerie, cliquez ici.
Let England Shake est en outre en écoute intégrale là.

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Homme expliqué

09/02/2011 | Commentaires (5)


L’HOMME EXPLIQUÉ AUX FEMMES. L’avenir de la masculinité, Flammarion, 2010 (240 p.).
Livre étrange d’un philosophe-écrivain prolixe, auteur d’essais sur des thèmes aussi divers que variés, toujours à la mode : racisme, loft, réforme de l’orthographe, violence, amour, bonheur et, dans son dernier livre… l’homme, expliqué avant tout à partir de la sexualité.
Il intervient régulièrement dans les débats de société, fait des conférences dans le monde entier. Philosophe vitaliste et provocateur. Ouvreur de portes et de fenêtres. Libérateur phusique ?
Épigraphe : « Avoir une belle femme qu’il pourra montrer, jouir d’un métier où l’on décide des choses : telle sont les obligations qu’il a remplies. Il a eu tout ce qu’il voulait, tout ce qu’il avait appris à vouloir. Et maintenant, quoi. Maintenant, rien. Il ne lui reste plus qu’à gagner encore plus de bons points à l’école : brillante carrière, belle destinée. Il n’imagine pas d’autre vie que celle-là, qu’il édifie avec amertume, en vue de l’amertume. Une plénitude malheureuse. » (Christian Bobin, La… Suite

De l’ami

04/02/2011 | Commentaires (1)


« II Y A TOUJOURS QUELQU’UN DE TROP AUTOUR DE MOI » – voilà ce que se dit le solitaire. Donc il cherche à être le plus souvent possible seul. Mais : « A la longue, une fois un finit toujours par faire deux ! » A force d’être seul, le solitaire vient à parler avec lui-même : d’un côté parle « Je », de l’autre « Moi ». Et les deux de discuter.
Mais le « Je » et le « Moi » ont tendance à être trop assidus dans la discussion. Leur engagement perturbe sa solitude et la sérénité du solitaire. Au point qu’il lui faut un ami, pour que la discussion ne décline pas.
Pour le solitaire, l’ami est toujours le troisième : le bouchon qui empêche que la discussion des deux autres s’enfonce dans les profondeurs. Il permet au solitaire de ne pas couler, de garder la tête haute.
Hélas, tous les solitaires sont marqués par trop de profondeur. Et ont tendance à s’y enfoncer. Telle est la raison pour laquelle ils aspirent à… Suite

Dithyrambe

31/01/2011 | Commentaires (7)


DITHYRAMBE | NAISSANCE DE LA VIGNE
Court-métrage de Brice Tourneux, musique de Maurilio Cacciatore.
Site Internet de Brice Tourneux
Site Internet de Maurilio Cacciatore

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De la chasteté

27/01/2011 | Commentaires (2)


J’AIME LA FORÊT. ON Y VIT BIEN. Dans les villes au contraire, on vit mal : on y rencontre trop de gens guidés par leurs pulsions sexuelles. Trop de gens assoiffés de plaisirs charnels. Bref : trop de gens en rut.
N’est-il pas préférable de se retrouver entre les mains d’un assassin que dans les rêves d’une femme en chaleur ? Ne vaut-il pas mieux risquer de se faire tuer que d’être prisonnier des fantasmes idéalistes, amoureux, d’une femme transie de désir ? Les fantasmes romantiques d’amour fusion ne sont-ils pas pires que la mort ?
Et regardez-moi donc ces hommes : regardez leur œil qui dit qu’ils ne connaissent rien de mieux sur terre que de se trouver couchés auprès d’une femme, de coucher avec une femme. De se perdre en elle, dans le plaisir de la pure sensualité.
Au fond, leur âme n’a pas de hauteur – ni de profondeur. Leur âme est une eau stagnante : vaseuse, boueuse. Malheur à eux si en plus leur vase, leur… Suite

Professeur Rollin

23/01/2011 | Commentaires (2)


« COMMENT FAIRE POUR RETENIR LES QUATRE CHIFFRES qui constituent le secret de VOTRE votre carte bancaire ? » Vous voulez savoir ? Ça tombe bien : c’est justement à cette question que répond le Prof. François Rollin.
François Rollin. Drôle de personnage. Difficile à cerner. Cultivateur de décalage. Et de vie. Guerrier en lutte contre la connerie.
Au Festival du rire de Montreux, il avait fait scandale dans un spectacle limite d’insolence (voir la seconde vidéo).
Ici, François Rollin nous donne donc son truc mnémotechnique pour garder notre code bancaire en mémoire sans peine et sans risque de se faire déposséder.

François Rollin (a) fait plein de choses : ancien journaliste au Monde, puis chroniqueur dans les revues Vu de gauche et Fluide glacial, il est auteur, acteur et comédien. Il a travaillé avec plein de monde, dont Edouard Baer et l’équipe des Guignols de l’info.
On peut actuellement l’entendre tous les jours de la semaine à 17h55 sur France Culture (L’Œil du larynx). Il intervient aussi dans des émissions… Suite

Des mouches sur la place du marché

18/01/2011 | Commentaires (7)


FUIS DANS TA SOLITUDE, MON AMI ! Je vois bien l’effet que te font les mouches et autres insectes humains : le bruit des grands hommes t’étourdit, les piqures des petits t’insupportent.
Rappelle-toi comment la forêt et le rocher savent dignement se taire avec toi. Et si tu ressemblais de nouveau à l’arbre aux larges branches que tu aimes : calme et aux aguets, suspendu au-dessus de l’agitation de la mer ?
Là où cesse la solitude commence la place du marché. Et là où commence la place du marché commence aussi le bruit des grands acteurs et le bourdonnement des mouches venimeuses.
Pour la foule, les meilleures choses n’ont de valeur que si elles sont représentées, mises en scène. Il faut qu’on puisse les lire dans les journaux, les voir à la télévision, les entendre à la radio. Sinon elles ne valent rien, et sont très vite oubliées. Raison pour laquelle le peuple appelle grands hommes les représentants, les metteurs en scène.
Oui, le peuple ne… Suite

Zarathoustra | De la nouvelle idole

09/01/2011 | Commentaires (9)


IL Y A ENCORE, MES FRÈRES, DES LIEUX OÙ IL EXISTE DES PEUPLES ET DES TROUPEAUX. Des endroits où les gens vivent en harmonie les uns avec les autres. Ensemble. Mais ce n’est pas le cas chez nous : non, chez nous, il n’y a plus de peuple, plus de troupeau. Chez nous, il n’y a plus que des États.
L’État ? Vous voulez savoir ce que c’est que l’État ? Allez ! Ouvrez-moi grand vos oreilles, je vais vous le dire : l’État, c’est la mort des peuples.
Si les peuples et les troupeaux sont marqués par la chaleur, la cordialité, ce qu’on appelle État est au contraire froid, anonyme. L’État est un monstre sans âme, le plus froid de tous les monstres froids. Un monstre qui n’est pas seulement froid, mais qui, de plus, ment froidement. Voici un de ses mensonges préférés ; voici comment un de ses mensonges préférés rampe hors de sa bouche : « Moi, l’État, je suis le peuple », dit-il froidement.
Mais quel mensonge ! L’État… Suite

Mourir à plusieurs

05/01/2011 | Commentaires (3)


MORCEAU D’ARNO, EXTRAIT DU DISQUE Jus de box, sorti en 2007 chez EMI.
Jus de box est le 32e disque ( !) d’Arno, tête brûlée de la chanson française.
Arno : sorte de fou, voyant inspiré loin de toute érudition, de tout papier glacé et de toute aseptisation. Force brute qui laisse gronder des plus informes profondeurs les plus grandes beautés musicales, qui joue avec les contraires, les larmes et les sourires, le noir et le blanc, toujours pour faire parler la vie.
Arno ou : comment écrabouiller un éléphant avec le petit doigt, comme ça, en passant, mine de rien.
Les petites oreilles sauront apprécier. D’abord le clip, non sans résonances avec certains passages du Zarathoustra, ensuite le texte. Puis, en bonus, un autre clip et un autre texte, d’un tout autre genre…

Paroles de « Mourir à plusieurs »
Des frigos, des multi robots
Des huiles de vidange, des gaz à gogo
Des liquides toxiques pour bien qu’elle astique
Et du silicone pour être esthétique
Ca fait moins peur
De mourir à plusieurs
Avec ardeur,… Suite

Zarathoustra | De la guerre et du peuple guerrier

31/12/2010 | Commentaires (4)


IL Y VA DE NOS MEILLEURS ENNEMIS COMME DE NOS MEILLEURS AMIS : nous ne voulons pas qu’ils nous ménagent. Laissez-moi donc vous dire la vérité : il ne faut pas que les personnes que nous détestons ou aimons vraiment – pas seulement comme ça, en passant, de manière superficielle, mais vraiment, de fond en comble –, il ne faut pas qu’elles nous épargnent.
Mes frères de guerre, sachez-le : je vous aime du fond du cœur ; et je suis en même temps aussi votre meilleur ennemi. Les deux à la fois parce que je vous connais : je suis et ai été votre semblable. C’est pourquoi jamais je ne vous traiterai avec indulgence ; jamais je ne vous ménagerai. Laissez-moi donc vous dire la vérité !
Mieux que quiconque, je connais l’aversion et la jalousie qui habitent votre cœur. Oui, vous n’êtes pas assez grands pour ne pas connaître la haine et l’envie. Pas encore assez grands pour ne vous préoccuper que du bien de la vie…. Suite

PJ | The Last Living Rose

26/12/2010 | Commentaires (0)


BIENTÔT UN NOUVEL ALBUM DE Polly Jean HARVEY !
Let England Shake sort le 14 février 2011. Album co-produit par PJ Harvey, Flood, John Parish et Mick Harvey, enregistré dans le Dorset, dans une église du XIXe siècle.
Pour se mettre l’eau à la bouche, un clip est apparu sur le site officiel de PJ Harvey. Il s’agit du premier des 12 clips réalisés par Seamus Murphy, photographe très inspiré, lui aussi (à découvrir ici).
Oui, lui aussi : PJ ne semble pas avoir perdu son inspiration. Tout porte à croire qu’elle continue son bonhomme de chemin de chercheuse et de trouveuse musicale. Vers la limite. Vers le caché. Vers l’équilibre, précaire. Vers la multiplicité de possibilités. Toujours sur la pointe des pieds. Toujours en union avec les contraires. Toujours avec une puissance inouïe dans les soubassements.
Le grand style : maîtrise du chaos que l’on est.

Le morceau qui donne le titre à l’album, Let England Shake, PJ l’a présenté à la TV en… Suite

Zarathoustra | Des prédicateurs de la mort

21/12/2010 | Commentaires (4)


LA VISION CHRÉTIENNE DU MONDE A DONNÉ NAISSANCE À DES HOMMES inspirés par des forces divines mortifères : les prédicateurs de la mort. Ne nous en plaignons pas. Heureusement qu’ils existent. La terre est tellement remplie d’êtres superflus, qui nuisent à l’évolution des phénomènes, que le prêche du renoncement à la vie est une aubaine. Oui, la terre est si corrompue par la foule, par les beaucoup trop nombreux, que la doctrine de la « vie éternelle » qui pousse les gens à se détourner de la vie ici et maintenant apparaît comme un bienfait nécessaire !
On appelle les prédicateurs de la mort par deux noms de couleurs : « jaunes », ou alors « noirs ». « Jaune », couleur la plus chaude, intense, violente et aveuglante ; couleur du métal en fusion, du soleil ; symbole de la puissance des dieux du ciel, de la jeunesse et de l’éternité divine ; couleur synonyme de lumière, d’intelligence et de vie. Couleur des prédicateurs lorsqu’ils louent leurs arrière-mondes. « Noir », absence ou somme de toutes… Suite

En chemin vers la poésie

15/12/2010 | Commentaires (6)


TOUS LES JOURS, NOUS SOMMES PRIS PAR D’INNOMBRABLES AFFAIRES. Nous passons le plus clair de notre temps à nous hâter. Nos journées sont régies par mille et une choses que nous avons à faire, à régler, à voir, à commenter, à acquérir, à essayer, à goûter, etc. Nous n’avons pas une minute pour nous. Pas un instant de calme. De cette tranquillité qui permet de se plonger en soi-même, de s’expérimenter en tant que phénomènes naturels, de se mettre à l’écoute des forces qui nous traversent, de respirer et exprimer le monde à pleins poumons. Que ce soit directement, en nous ouvrant et nous donnant à la nature ; ou alors indirectement, par l’intermédiaire des artistes, des poètes et autres défricheurs de sentiers. Fuite en avant. Fuite du monde. Perte de soi-même. Irresponsabilité divertissante.
Les artistes, les poètes ? On ne sait pas trop ce qu’ils font. L’art, la poésie ? On ne sait pas trop ce qu’ils sont. Evidemment, tout le monde peut… Suite

Zarathoustra | De l’arbre à la montagne

10/12/2010 | Commentaires (6)


L’ŒIL AVISÉ DE ZARATHOUSTRA LUI AVAIT FAIT REMARQUÉ UN JEUNE HOMME qui faisait tout pour ne pas le rencontrer. Et un soir, alors qu’il se promenait seul dans les montagnes encerclant la ville qu’on appelle « La vache multicolore » – immense organisme bigarré qui avale et digère toute herbe fraîche sur son passage –, voici qu’il tombe sur ce jeune homme. Ce dernier était assis, appuyé contre un arbre, plongeant un regard fatigué dans la vallée.
Zarathoustra n’a pas hésité une seconde : il s’est approché de lui, a saisi des deux mains l’arbre contre lequel il s’appuyait et a prononcé ces mots : « Si je voulais secouer cet arbre de mes mains, je n’y parviendrais pas. Mais le vent que nous ne voyons pas le torture et le plie à sa guise. Nous aussi, ce sont des mains invisibles qui nous martyrisent et tordent le plus gravement. Le visible est une chose, l’invisible une autre. »
A ces mots, le jeune homme s’est levé d’un… Suite

Citati | Le journal de Nijinsky

05/12/2010 | Commentaires (0)


PIETRO CITATI, LA MALATTIA DELL’INFINITO. LA LITTERATURA DEL NOVECENTO, « Le journal de Nijinsky » Camille Semenzato (trad.), Milano, Mondadori, 2008, p. 206-211.
Comment peut-on parler d’un danseur – le plus célèbre de tous les danseurs – presque un siècle après qu’il ait cessé de traverser les scènes de l’Europe et du monde ? Nous pouvons parler d’un texte littéraire, même s’il n’en reste que des fragments que nous rassemblons avec peine : ou d’un tableau, bien que nous en regardions des copies et des reproductions. Mais de quelqu’un qui s’exprimait dans un bond, dans un vol, dans un geste, dans une expression de la tête ou du bras ? Sur Vaslav Nijinsky, né en 1890, mort fou en 1950, nous avons d’infinis témoignages : les signes d’un ébahissement et d’une stupeur sans égal : de très belles photographies et dessins ; mais le reste a disparu un jour de 1917, lorsqu’il est monté pour la dernière fois sur scène. Il avait un pied comme la griffe… Suite

Zarathoustra | De la lecture et de l’écriture

29/11/2010 | Commentaires (4)


DE TOUT CE QU’ON ÉCRIT, JE N’AIME QUE CE QUI L’EST AVEC SON SANG ; non pas avec l’intelligence et la rationalité éveillées qui caractérisent tout homme occidental, mais avec le véhicule de la vie qu’est le sang. Ecris avec ton sang : et tu apprendras que le sang est esprit. Un esprit bien différent de notre logique consciente, un esprit qui ne calcule pas, qui ne triche pas : l’esprit de la vie.
Bien sûr, il n’est pas facile de comprendre le sang d’autrui. Donc il ne faut pas lire n’importe comment. Il faut se prendre le temps, lire lentement, attentivement, faire tous les efforts pour parvenir à se plonger dans les textes, à pénétrer en eux, à fusionner avec eux. Je déteste les lecteurs superficiels, qui flânent, qui ne font que manipuler, objectiver et traiter de manière informative et utilitaire ce que recèlent les livres.
La grande majorité croit que l’écrivain écrit pour le lecteur, qu’il aiguise sa plume pour plaire à son… Suite

Tricky | Wanna die

23/11/2010 | Commentaires (0)


TRICKY, MAKES ME WANNA DIE, in Pre-Millenium Tension, Island/PolyGram Records, 1996. En concert au Bierhübeli de Berne ce jeudi 25 novembre.
Voilà déjà quinze ans que Tricky fait gronder Dionysos. Un fou qui joue le jeu du monde. Qui incarne le monde. Les forces contradictoires du monde. Par-delà bien et mal.
L’expérimentation, toujours, coûte que coûte. No more no less.
Sus à l’analyse, à l’objectivation, à la ratiocination, à la stratégie et au jugement qui dominent notre drôle de monde !
Vous n’y croyez pas en voyant le clip ci-dessous ? Réécoutez le morceau en vous occupant des paroles.
Paroles :
Follow where Mary goes
Cherish the things she knows
Says if I change my stride
Then I’ll fly
She makes me wanna die
Change my stride
Then I’ll fly
Look to the sun
See me in psychic pollution
Walking on the moon
How could you dare?
Who do you think you are?
You’re insignificant
A small piece, an ism
No more no less
You try to learn the universe
Can’t even converse in uni-verse
You know it’s ironic smoking hydroponic
She makes me… Suite

Zarathoustra | Du pâle criminel

19/11/2010 | Commentaires (2)


VOUS AUTRES JUGES ET SACRIFICATEURS, VOUS QUI AVEZ POUR PRINCIPE de ne jamais conduire un animal au pilori avant de le voir hocher de la tête ; vous qui attendez du coupable qu’il se reconnaisse comme tel ; regardez, le pâle criminel que voici vient justement d’avouer son forfait ! Regardez, son œil exprime le grand mépris ! Non pas pour vous – il est même d’accord avec votre sentence –, mais pour lui-même, pour l’acte qu’il a commis ; il se dédaigne lui-même, lui et son acte. En fait, c’est son Moi qu’il méprise ; car c’est lui qui l’a poussé à faire ce qu’il n’aurait pas dû.
Regardez ce que dit son œil : « Mon Moi est quelque chose qui doit être surmonté. Je considère mon Moi comme le grand mépris de l’homme ». Ce criminel n’est pas dupe, il reconnaît dans son petit Moi le responsable de son délit. Tout comme il se rend compte que la seule façon qu’il a de s’en sortir est d’être… Suite

Sexamor au théâtre

15/11/2010 | Commentaires (1)


SEXAMOR, DE PIERRE MEUNIER ET NADÈGE PRUGNARD, mise en scène Pierre Meunier. Au Centre dramatique national de Besançon du 7 au 11 décembre. Courez-y !

« Une femme et un homme sur le plateau du théâtre, entourés de mécanismes et de matières animés, vont s’affronter, se séduire, se provoquer, s’exciter, se confier, se défier, s’abandonner, se rapprocher, se moquer… Jusqu’à épuisement de leurs forces.
Il s’agira également de rendre compte par le discours de l’activité de la pensée, voire de son affolement, lorsqu’elle s’efforce de cerner ce qui la dépasse de toute façon.
Tentatives d’approfondir et de rendre présent cela, qui tient à la fois de l’énigme, de l’imaginaire, du récit impossible.
Il… Suite

Zarathoustra | Des joies et des passions

12/11/2010 | Commentaires (0)


IL FAUT QUE TU SACHES, MON FRÈRE, que la force morale, la vertu qui te caractérise, tu ne l’as en commun avec personne. Bien sûr, comme elle est ton guide de vie, tu en es fier et tu voudrais pouvoir l’appeler par son nom, lui parler et la cajoler ; tu voudrais pouvoir parfois lui tirer l’oreille et te divertir, faire équipe, t’amuser avec elle, également aux yeux du monde.
Mais regarde : dès que tu la nommes, dès que tu essaies d’en faire part aux gens qui t’entourent, voilà que toi et ta vertu perdez ce qui vous distingue ; voilà que vous devenez foule et troupeau ! En cherchant à vous décrire, en employant un mot qui appartient au vocabulaire courant, vous avez tôt fait d’être réduits à ce que tout le monde met sans réfléchir sous ce nom. Et n’avez aucune chance de vous faire entendre comme ceux que vous êtes.
Tu ferais mieux de dire, quitte à intriguer la foule : « Ce qui… Suite

Israel Galvan | La curva

09/11/2010 | Commentaires (0)


LA CURVA (TABULA RASA), SPECTACLE D’ISRAEL GALVAN, avec Israel Galvan, Inés Bacán et Sylvie Courvoisier, du 7 au 19 décembre 2010 au théâtre de Vidy/Lausanne. A ne pas manquer !
Un immense danseur de flamenco (Israel Galvan), une chanteuse des origines de la terre (Inés Bacán « cante jondo ») et une grandiose pianiste (Sylvie Courvoisier). Trois univers pour une grande jubilation phusique.
Spectacle à ne pas manquer. Attention : il n’y a déjà presque plus de places !
Site d’Israel Galvan

Suite

Houellebecq, La carte et le territoire

06/11/2010 | Commentaires (0)


MICHEL HOUELLEBECQ, LA CARTE ET LE TERRITOIRE, Paris, Flammarion, 2010, 428 pages. Prix Goncourt 2010.
Livre moins agressif, moins polémique que les précédents de Houellebecq, un des plus grands auteurs français contemporains. Pas de critique acerbe de l’islam, pas de crachat sur le christianisme, pas de coup de balais du monde occidental en général. S’il s’en prend à quelque chose, c’est à la formidable petite sphère du people culturel parisien, et donc aux journalistes qui l’alimentent. En toute froideur, sinon indifférence.
Plume comme toujours très souple, bien acérée, qui fait parler un état d’esprit fatigué, épuisé. A vrai dire celui de Houellebecq lui-même, qui intervient d’ailleurs dans le roman ; d’abord discrètement, puis toujours plus, jusqu’à l’excès, avant de disparaître, déchiré, déchiqueté.
Et pourtant La carte et le territoire n’est pas une autofiction. Houllebecq n’y est qu’une sorte de supplément du personnage principal, qui s’appelle Jed, et qui est un artiste plastique honnête, travailleur, porté, traversé par de mystérieuses forces créatrices auxquelles il obéit…. Suite

Zarathoustra | Des contempteurs du corps

02/11/2010 | Commentaires (0)


J’AI MON MOT À DIRE À CEUX QUI DÉNIGRENT LE CORPS. Non pas que je leur demande de bouleverser ce qu’ils savent et enseignent ; non pas que je les pousse à ce qu’ils aient moins de mépris pour le corps, ou à ce qu’ils fassent, par leurs enseignements, par les exemples qu’ils donnent, qu’on méprise moins le corps. Non, je souhaite bien plutôt qu’ils soient plus radicaux que ce qu’ils sont déjà dans leur rapport au corps, qu’ils le dénigrent plus encore.
Il n’y a pas de compromis qui vaille : au point où ils en sont, ce qu’ils ont de mieux à faire est de dire adieu au corps. Ce n’est que quand ils seront devenus suffisamment radicaux dans leur dénigrement, quand ils auront complètement écarté leur corps, qu’ils n’auront plus de mauvaise influence. Ils seront alors tellement loin de leur corps qu’ils ne sauront même plus parler : ils seront devenus muets – et donc incapables de raconter leurs histoires.
« Je suis… Suite

Kassovitz | La haine

28/10/2010 | Commentaires (0)


LA HAINE, DE MATHIEU KASSOVITZ, avec Vincent Cassel, Hubert Koundé, Saïd Taghmaoui (FRA, 1995, 95’). Le 28.10.2010 sur Arte.
Film français culte des années nonantes. Chronique de deux bavures policières en banlieue. La haine passe d’abord par les mots. Si elle se matérialise, c’est à la suite d’un engrenage. De circonstances. De bêtise. De peur. Et finalement de colère.
Synopsis : Trois copains d’une banlieue ordinaire traînent leur ennui et leur jeunesse qui se perd. Ils vont vivre la journée la plus importante de leur vie après une nuit d’émeutes provoquée par le passage à tabac d’Abdel Ichah par un inspecteur de police lors d’un interrogatoire.
Notre jour viendra s’en est inspiré, avec le même Vincent Cassel… 15 ans plus tôt.
Quand la violence (face terrible de Dionysos) court-circuite la parole.

Suite

Drôle de jeunesse

28/10/2010 | Commentaires (0)


KABOOM, DE GREGG ARAKI AVEC THOMAS DEKKER, Haley Bennet, Chris Zylka (GBR, 2010 1h26). Première Queer Palm de l’histoire du Festival de Cannes. En salles actuellement.
La jeunesse dans tous ses états, en plein nihilisme, tragi-comique : entre rêve et réalité, idéalisme et matérialisme, peurs et désirs, plongée dans des hallucinations terrifiantes, des pulsions bigarrées, des pouvoirs diaboliques et une kyrielle de mystères insensés : Kaboom, « cocktail d’homosexualité, de teen-movie, de comic fantasy », dit-on çà et là. Le tout finalement sous-tendu par l’idée d’un complot global.
« Twin Peaks (David Lynch) à l’université », selon Araki lui-même, qui n’hésite pas à proclamer qu’il cherche à revivifier le cinéma, selon lui sinon mort du moins en train de mourir dans le conservatisme des idées et des images toutes faites.
Synopsis : Smith mène une vie tranquille sur le campus – il traîne avec sa meilleure amie, l’insolente Stella, couche avec la belle London, tout en désirant Thor, son sublime colocataire, un surfeur un peu simplet –… Suite

Zarathoustra | Des prédicateurs d’arrière-mondes

26/10/2010 | Commentaires (0)


Suite de la retraduction commentée du Zarathoustra de Nietzsche. Troisième chapitre des Discours de Zarathoustra. Les précédents se trouvent ici.
***
ZARATHOUSTRA NE S’EN CACHE PAS : jadis, sa folie l’avait lui aussi, comme tous les prédicateurs d’arrière-mondes, poussé à imaginer un autre monde que celui dans lequel nous vivons. Un monde caché, secret, mystérieux, qui se trouve derrière notre monde, par-delà celui-ci, et qui en serait tout compte fait à l’origine. Un monde métaphysique, disent les philosophes, qui se distingue du nôtre par sa nature accomplie, éternelle, sa constance et stabilité, sa pureté, beauté, bonté et vérité parfaites.
L’ici et maintenant de notre monde m’apparaissait alors comme l’œuvre d’un dieu. Discours chrétien : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre ». D’un dieu souffrant et torturé. Interprétation personnelle : s’il l’a fait, c’est pour se libérer et se détourner de sa propre souffrance.
Le monde m’apparaissait alors comme un rêve et une invention d’un tel dieu. Une fumée colorée pour les yeux d’un être divinement… Suite

Bashung – Arno | Petits amis

22/10/2010 | Commentaires (0)


J’AI TOUJOURS RÊVÉ D’ÊTRE UN GANGSTER, de Samuel Benchetrit (FRA, 1h48, 2002). Extraits.
Rencontre improbable entre deux montres sacrés de la chanson française, Alain Bashung et Arno, en tournée. Dans un restoroute. Pour un échange délicieux, marqué par quelques actes manqués, phusiques ?
1.       Retrouvailles aux toilettes
2.       Discussions, sur eux, une chanson, l’art, la création.
Si on est honnête, et fidèle à son travail, on finit toujours par ressembler à son meilleur ennemi.

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Zarathoustra | Des chaires de la vertu

19/10/2010 | Commentaires (1)


Suite de la retraduction commentée du Zarathoustra de Nietzsche. Deuxième chapitre des Discours de Zarathoustra. Les précédents se trouvent ici.
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ON VANTAIT À ZARATHOUSTRA UN SAGE qui s’entendait à parler du sommeil et de la vertu. Un homme que les bonnes paroles auraient rendu très fameux et fort riche. Et qui ferait que tous les jeunes se précipitent devant sa chaire pour l’écouter. Curieux, Zarathoustra n’a pas manqué de se mêler à la foule pour se faire une idée. Voici ce qu’il a entendu de la bouche du sage :
Soyez plein de respect et de pudeur devant le sommeil ! Telle est la première chose ! Et évitez tous ceux qui dorment mal et qui veillent la nuit ! Même le voleur est pudique à l’égard du sommeil : que ce soit avant ou après son forfait, c’est toujours en silence qu’il se dérobe à travers la nuit, sur la pointe des pieds, pour éviter de réveiller les gens.
Le gardien du sommeil qu’est le rêve se… Suite

Hommes sans dieux

15/10/2010 | Commentaires (2)


DES HOMMES ET DES DIEUX, de Xavier Beauvois avec Lambert Wilson, Michael Lonsdale (FRA, 2h00, 2010). Grand Prix et Prix du jury œcuménique du Festival de Cannes 2010.
On est dans les années 1990. Dans un monastère cistercien perché dans les montagnes du Maghreb, non loin d’un village musulman. Huit drôles de moines chrétiens français y habitent, vaquent à leurs occupations, simples, domestiques, de jardinage et de chants.
Contre toute attente, ils apparaissent d’emblée très humains, très artificiels, très peu portés par Dieu. Davantage comme des paumés qui ont fui notre monde que des religieux suivant un appel divin, de spiritualité, d’humilité, de paix intérieure.
La seule vertu théologale qui se fait jour est celle de la charité. Les moines s’engagent pour autrui, font le bien, à commencer par Luc (Michael Lonsdale – fidèle à lui-même dans sa drôlerie), le médecin. Les deux autres vertus théologales, la foi et espérance, leur sont quasi étrangères.
Mis à part Luc, et à la longue aussi Christophe… Suite

Discours de Zarathoustra : Des trois métamorphoses

12/10/2010 | Commentaires (2)


Suite de la retraduction commentée du Zarathoustra de Nietzsche. Premier chapitre des Discours de Zarathoustra. Les chapitres précédents se trouvent ici.
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JE VOUS NOMME TROIS MÉTAMORPHOSES DE L’ESPRIT : comment l’esprit devient chameau, le chameau lion, et finalement le lion enfant.
Si tout esprit humain doit porter beaucoup de choses lourdes, l’esprit fort, endurant, respectueux, se distingue des autres par sa volonté de supporter les plus pesantes. « Qu’est-ce qui est lourd ? », demande-t-il en s’agenouillant tel le chameau pour qu’on le lui charge sur le dos. Et « qu’est-ce qui est le plus lourd ? », interroge-t-il les héros, non sans chercher à devenir comme eux. « Dites-le moi, que je le prenne sur moi et me réjouisse de ma force. » Car il n’y a pas de joie plus grande pour le chameau que de supporter une charge très lourde, de surmonter une épreuve extrêmement difficile.
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Larry Clark censuré

08/10/2010 | Commentaires (3)


LARRY CLARK EST UN DES PLUS GRANDS PHOTOGRAPHES américains de l’histoire. Il présente prochainement à Paris une rétrospective de l’ensemble de son œuvre qui, depuis quelques 40 ans, imprègne non seulement la photo et la publicité, mais aussi le cinéma et l’art en général.
Sa spécialité ? L’adolescence : sa beauté, ses doutes, ses dérives. Ses photos sont toujours réalistes, touchent volontiers la question du sexe, de la drogue, de la violence et de la mort. Les quelques films qu’il a fait ces dernières années (Kids, Bully, Ken Park), portent eux aussi sur l’adolescence. Films à succès, notamment auprès des adolescents.
Nous vivons une époque formidable. Dans un climat de chasse aux sorcières. A l’heure des derniers préparatifs de l’exposition, les avocats de la Mairie de Paris ont estimé que certaines œuvres risquaient de tomber sous le coup de loi de la protection de l’enfance (articles 227-23 et 227-24). L’exposition a donc été interdite aux moins de 18 ans, le public précisément auquel elle… Suite

Prologue de Zarathoustra 10

06/10/2010 | Commentaires (2)


Suite de la retraduction commentée du Zarathoustra de Nietzsche. Dernier chapitre du prologue. Les neuf premiers se trouvent ici.
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LE SOLEIL SE TROUVAIT EN PLEIN MIDI. Après avoir reconnu sa nouvelle vérité et pris les résolutions qu’elle exige, Zarathoustra a soudain levé la tête et regardé le ciel d’un air interrogateur – car il venait d’entendre, au-dessus de lui, le cri perçant d’un oiseau. Surprise : un aigle était en train de fendre l’air en larges cercles ! Et à y regarder attentivement, il n’était pas seul : un serpent y était suspendu. Non pas comme une proie, dans ses griffes ou dans son bec, mais comme un ami, enroulé autour de son cou.
« Ce sont mes animaux ! » s’est exclamé Zarathoustra, réjoui du fond du cœur de retrouver les deux bêtes de compagnie de sa retraite montagneuse : « L’animal le plus fier sous le soleil et l’animal le plus avisé sous le soleil – ils sont partis en reconnaissance. Ils veulent savoir si Zarathoustra est toujours… Suite

11’09″01 | Sean Penn

03/10/2010 | Commentaires (6)


11’09″01 (2002) EST LA RÉUNION DE ONZE RÉALISATEURS du monde entier, invités à présenter un court-métrage sur les attentats du 11 septembre 2001 à New York.
Chaque film avait pour unique consigne de durer 11 minutes, 9 secondes, et 1 image. Le résultat présente de nombreuses perspectives alternatives à la vision unique des médias.
Le film proposé est celui de Sean Penn, immense acteur américain, plein d’idées, et pas inintéressant non plus comme réalisateur.
Et si le terrorisme était tantôt une révolte de Dionysos face à notre monde malade, factice et desséché ?

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Parole de Zarathoustra, Prologue 9

28/09/2010 | Commentaires (0)


Suite de la retraduction commentée du Zarathoustra de Nietzsche. Les premiers chapitres se trouvent ici.
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ZARATHOUSTRA A DORMI LONGTEMPS. Tellement longtemps que non seulement l’aube, mais tout le matin a passé sur son visage. Quand enfin il a ouvert les yeux, il a commencé par jeter un regard étonné sur la forêt et le silence qui l’entouraient. Puis il a plongé son regard en lui-même. Avant de se lever en sursaut, poussant un cri de joie, tel un marin qui a vu la terre après des semaines de navigation solitaire en eaux profondes. Zarathoustra a vu une nouvelle vérité.
Voilà comment il a ensuite parlé à son cœur : « Une lumière m’est venue : j’ai besoin de compagnons, de compagnons vivants, – pas des morts et des cadavres que je porte avec moi sur mon chemin. Non, j’ai besoin de compagnons vivants, qui me suivent parce qu’ils veulent se suivre eux-mêmes – et en même temps aller là où je veux aller. Une lumière… Suite

Notre jour viendra

25/09/2010 | Commentaires (0)


NOTRE JOUR VIENDRA de Romain Gavras, avec Olivier Barthelemy, Vincent Cassel (FRA, 2010, 1h35). Actuellement sur les écrans.
Auteur de deux clips qui ont agité le petit monde culturel (Stress de Justice et Born Free de M.I.A.) parce que violents et amoraux, le fils de Costa-Gavras passe au long métrage avec Notre jour viendra.
Allégorie de notre époque formidable, sur fond de racisme anti-roux. Présentation d’un monde de misère. Puis un cheminement vers la révolte, la libération, l’affirmation de soi, jusqu’à l’excès. Étrange fraternité, violence et beauté tragiques. En vue de sortir du nihilisme – ou alors de s’y enfoncer. Grande maîtrise technique et esthétique.
« Ma démarche consiste à m’attaquer à la morale explicative, présente partout. Ce n’est d’ailleurs jamais le réalisme des scènes violentes qui suscite les plus fortes réactions mais l’absence de mode d’emploi : je ne dis jamais ouvertement ce qui est bien et mal. Pas plus que je ne m’explique quand il y a polémique. Mon avis sur la question… Suite

Parole de Zarathoustra, Prologue 8

23/09/2010 | Commentaires (7)

Suite de la retraduction commentée du Zarathoustra de Nietzsche. Les premiers chapitres se trouvent ici.
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ZARATHOUSTRA A CHARGÉ LE CADAVRE du funambule sur son dos et s’est mis en chemin. Il n’avait pas encore fait cent mètres qu’un homme s’est glissé vers lui et lui a chuchoté quelque chose dans l’oreille. Tiens, c’était le clown de la tour. « Va t’en de cette ville, ô Zarathoustra, a-t-il dit. Il y en a trop qui te détestent ici. Les bons et les justes te détestent. Ils t’appellent leur ennemi et dénigreur. Les croyants de la vraie croyance te détestent : ils t’appellent le danger de la foule. Ta chance a été qu’on se soit moqué de toi, Zarathoustra. Et ils ont raison : tu parles vraiment comme un clown. Ta chance a été que tu te sois occupé du chient mort. En t’abaissant ainsi, tu t’es sauvé la vie, au moins pour aujourd’hui. Mais va t’en de cette ville – sinon, demain, c’est par-dessus toi… Suite

Katerine | La banane

21/09/2010 | Commentaires (2)


PHILIPPE KATERINE EST UN OVNI. La banane est le tube de son dernier disque, qui s’appelle… PHILIPPE Katerine (sortie le 27 septembre chez votre disquaire – s’il existe encore d’ici-là).
Chez lui, la phusis dionysiaque prend de drôles de masques. En même temps popu, branché, intello, sot, agaçant, attirant, superficiel, profond, etc.
Il est incernable, mais toujours léger.
La banane s’annonce comme le tube de cette fin d’été. Tutube qui, comme tous les tutubes, a quelque chose de bien mystérieux, et de bien envoûtant.

Vous trouverez le site internet de Philippe Katerine en cliquant ici.
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Parole de Zarathoustra, Prologue 7

17/09/2010 | Commentaires (0)


Suite de la retraduction commentée du Zarathoustra de Nietzsche. Les premiers chapitres se trouvent ici.
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ENTRE-TEMPS, LE SOIR EST TOMBÉ SUR LA PLACE DU MARCHÉ. La foule s’est progressivement dispersée. Même la curiosité et l’effroi finissent par fatiguer les hommes. Zarathoustra, lui, est resté assis à côté du mort. Seul, plongé dans ses pensées, il a oublié le temps. Ce n’est que quand il a fait complètement nuit et qu’un vent froid s’est levé que le solitaire s’est relevé. « Belle pêche, en vérité, pour Zarathoustra aujourd’hui ! Bon, c’est vrai, il n’a pas attrapé d’homme, mais il ramène au moins un cadavre ».
« L’existence humaine est inquiétante, toujours dénuée de sens ». Difficile, de nos jours, d’avoir un chez soi dans le monde. Depuis que le guide suprême de nos valeurs et de nos faits et gestes n’est plus que l’ombre de lui-même, l’homme est bien démuni. Les choses n’ont plus guère de sens. Du moins au-delà de nos faibles volontés de confort, de jouissance,… Suite

Meunier | Chambord

14/09/2010 | Commentaires (1)


COURT-MÉTRAGE EXTRAIT DU DVD « ET ÇA CONTINUE ! » DE PIERRE MEUNIER, un film en 11 mouvements de matière. Il y reprend une partie de son spectacle intitulé « Au milieu du désordre ». Seul, devant la caméra. Sans public. Pour une étonnante réflexion phusique.
Tout le monde le sait : le château de Chambord est un des plus fameux et stupéfiants de la Loire. Château de toutes les démesures, chef d’œuvre de la Renaissance française et du génie de l’homme.
Que convient-il d’y faire avec un enfant ? L’y emmener pour lui inculquer la notion de beauté universelle, témoin du génie humain, quitte à ce que ce soit à coup de taloche ? Ou alors le laisser nous guider vers les secrets oubliés, par exemple d’un tas de cailloux derrière le parking ?
Et hop hop hop: voilà que Pierre Meunier fissure quelques dalles de bétons dans nos têtes.
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Parole de Zarathoustra, Prologue 6

11/09/2010 | Commentaires (8)

Suite de la retraduction commentée du Zarathoustra de Nietzsche. Les premiers chapitres se trouvent ici.
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IL FAUT S’IMAGINER LE TABLEAU. Zarathoustra vient de terminer son discours. Silencieux devant la foule hilare, il est en train de se rendre compte à quel point il est incompris par ses semblables. Et combien ils le détestent. Au-dessus de la place du marché, depuis quelques minutes déjà, le funambule s’est mis à l’ouvrage : il est sorti d’une petite porte, là-haut, au sommet de la tour, et a commencé à s’avancer sur la corde raide en direction de l’autre tour, en face de la première.
A ce moment, il s’est passé quelque chose qui a fait que tout le monde soit resté bouche-bée, le regard fixe. Alors que le funambule se trouvait à mi-chemin, la porte dont il était sorti s’est ouverte à nouveau. Et un étrange individu, tout bariolé – on aurait dit un clown – en a bondi et s’est mis à le suivre à… Suite

Radiohead au Japon

08/09/2010 | Commentaires (0)


RADIOHEAD : IMMENSE GROUPE DE (POST-)ROCK ALTERNATIF
Etape japonaise de sa tournée 2008. Concert immense à Saitama. 1h28 sur Youtube !
Grand moment phusique, devant des milliers de personnes. Fusion avec Dionysos – et ce dans un contexte complètement socratique  !
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Pietro Citati : « L’art du portrait »

07/09/2010 | Commentaires (1)


« L’ART DU PORTRAIT » EST LE DERNIER CHAPITRE DE PORTRAITS DE FEMMES, livre de Pietro Citati, publié en 1992 (chez RCS Rizzoli – Milan), traduit en 2001 par Brigitte Pérol (chez Gallimard).
Pietro Citati : le maître par excellence de la critique littéraire. D’une critique littéraire non pas de la réception (objectivation et manipulation des textes), mais de la production (en même temps analyse et prolongation des mystérieuses forces qui traversent auteurs et livres). Critique phusique, s’il en est.
« L’art du portrait » en est l’exposition. Le texte est relativement long (pour un article sur Internet), mais de bout en bout délicieux et stimulant pour l’ami du lento et de la phusis dionysiaque. Vous allez vous régaler !
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Pietro Citati, Portraits de femmes, « L’art du portrait », Gallimard, 2001
Je n’ai jamais envié un artiste autant que le peintre qui peint sur le vif le portrait d’une femme, d’un homme ou d’un groupe d’enfants silencieux. Si merveilleux que soient une nature morte, une… Suite

Parole de Zarathoustra, Prologue 5

03/09/2010 | Commentaires (2)


Suite de la retraduction commentée du Zarathoustra de Nietzsche. Les premiers chapitres se trouvent ici.
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LE DISCOURS QUE ZARATHOUSTRA EST EN TRAIN DE PROFÉRER à la foule sur la place du marché est pour le moins énigmatique, métaphorique. Le ciel a été trop clair, l’atmosphère trop lourde. De gros nuages se sont formés sur les reliefs, l’orage s’est fait menaçant. Telle la lourde goutte d’eau qui tombe du sombre nuage, Zarathoustra est l’annonciateur de l’éclair qu’est le surhomme. Éclair qui vient rétablir l’équilibre entre ciel et terre.
Après s’être présenté ainsi, Zarathoustra a fini par se taire. Il faut dire que les gens s’étaient mis à rire. Du gros rire dont seul est capable un groupe, et plus encore une foule. Rire moqueur, grossier, atroce, assassin. Plein de candeur, sans même en être affecté, Zarathoustra a simplement constaté : « Les voilà debout, qui rient : ils ne me comprennent pas, je ne suis pas la bouche pour ces oreilles. Doit-on d’abord leur briser les… Suite

Comment approcher une œuvre art ?

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